Stanislas de Clermont-Tonnerre

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Stanislas de Clermont-Tonnerre
Stanislas Marie Adelaide.jpg

Stanislas de Clermont-Tonnerre.

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Stanislas Marie Adélaïde, comte de Clermont-Tonnerre (8 novembre 1757 - assassiné à Paris le 10 août 1792), est un officier et homme politique français, partisan d'une monarchie constitutionnelle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né au château d'Hamonville, à Mandres-aux-Quatre-Tours (Duché de Bar) , le 8 novembre 1757, Stanislas est le fils aîné du marquis François-Joseph de Clermont-Tonnerre (1726-1809) et de sa première épouse, Marie Anne de Lentilhac de Gimel, ainsi que le petit-fils du duc Gaspard de Clermont-Tonnerre (1688-1781), maréchal de France.

Suivant la carrière des armes, il devient colonel du 1er régiment de cuirassiers.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Élu en 1789 premier député de la noblesse de Paris aux États généraux, il conduit avec le duc d'Orléans les 47 députés nobles qui rejoignent l'Assemblée nationale le 25 juin, après le serment du Jeu de paume. Il sera élu président de l'Assemblée nationale à deux reprises, le 17 août 1789, puis le 12 septembre de la même année (le président de l’Assemblée nationale était élu pour 15 jours et n’était pas directement rééligible).

Dans un discours célèbre fin décembre 1789, il prend position pour l'accession des Juifs à la citoyenneté en déclarant : « Il faut tout refuser aux Juifs comme nation et tout accorder aux Juifs comme individus »[1]. Partisan d'une monarchie constitutionnelle à l'anglaise, il réclame l'établissement de deux Chambres et le veto itératif pour le roi. Avec Pierre Victor Malouet, il fonde successivement le Club des Impartiaux (1790), puis la Société Amis de la Constitution monarchique qui réunit les conservateurs de l'Assemblée partisans d'une monarchie tempérée à l'anglaise, les monarchiens, et rédige avec Jean-Pierre Louis de Fontanes le Journal des Impartiaux. Étranglé par les poursuites judiciaires et les manifestations hostiles, la Société doit fermer à la veille de la fuite du roi à Varennes (21 juin 1791).

En septembre 1791, Clermont-Tonnerre publie une Analyse raisonnée de la Constitution française qui constitue le premier ouvrage critique sur la question. Non rééligible à l'Assemblée législative qui succède à la Constituante, il publie ses Opinions en octobre 1791 (quatre volumes in-octavo). En avril 1792, il se joint à la conjuration Malouet qui prévoit de faire sortir Louis XVI de Paris non plus en cachette comme durant le triste épisode de Varennes, mais à la tête d’une petite troupe et de le conduire vers Rouen où un yacht est prévu pour gagner l’Angleterre. Le 6 août 1792, la reine oppose son veto au déclenchement du plan Malouet prévu pour le lendemain.[2]

Décès[modifier | modifier le code]

Clermont-Tonnerre est arrêté lors de la chute de la royauté, le 10 août 1792. Il vient d'être relâché lorsqu'il est massacré par des émeutiers en rentrant chez lui. Il meurt défenestré à Paris, le 10 août 1792.

Famille[modifier | modifier le code]

Portrait « en sultane » de Marie Louise Joséphine Delphine de Rosières de Sorans, connue sous le nom de « marquise de Clermont-Tonnerre[3] », par Élisabeth Vigée-Lebrun, 1785.

Il épouse en 1782 Marie Louise Joséphine Delphine de Rosières de Sorans ( - 26 octobre 1832, Paris), dont il aura trois enfants. Seule leur fille aînée parviendra à l'âge adulte ; elle se mariera en 1803 avec Esprit Louis Charles Alexandre Savary de Lancosme (1784-1853), fille de Louis-Alphonse Savary de Lancosme. Marie Louise Joséphine fut dame pour accompagner (1782-1789) de Madame Élisabeth, sœur de Louis XVI. Elle épouse en secondes noces, en 1802, le dernier marquis de Talaru, sans postérité[4].

Sources partielles[modifier | modifier le code]

  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Stanislas de Clermont-Tonnerre » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, (Wikisource)
  • Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889, éd. Bourloton, Paris, 1889, tome 2, 2/CLEMENT_CLUSERET.pdf de Clément à Cluseret, p. 187.
  • Biographie universelle, ancienne et moderne, éd. Michaud frères, Paris, tome 9 (Cl-Co), p. 90-92.
  • François-Xavier Feller, Dictionnaire historique ou Histoire abrégée des hommes qui se sont fait un nom par leur génie, leurs talents, leurs vertus, leurs erreurs ou leurs crimes, éd. L. Lefort, Lille, 1832, tome 4, p. 45-46.
  • François Furet et Ran Halévy (dir.), Orateurs de la Révolution française, t. 1, Les Constituants, 1989, Paris, Gallimard (Bibliothèque de La Pléiade), pp. 1256-1261.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Histoire des Juifs en France
  2. Mémoires de Malouet (publiés par son petit-fils le baron Malouet), 1868, Paris Librairie académique Didier et Cie, t. 2, p. 135.
  3. « Marquise de Clermont-Tonnerre » : titre de courtoisie, son beau-père vécut trop longtemps pour que son mari ait le temps de devenir marquis.
  4. « roglo.eu », Louis Justin Marie de Talaru (consulté le 16 janvier 2011).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Du Bus, Stanislas de Clermont-Tonnerre et l'échec de la révolution monarchique (1757-1792), éd. F. Alcan, Paris, 1931, 524 pages.
  • Richard Ayoun, Les Juifs de France, de l'émancipation à l'intégration (1787-1812), éd. L'Harmattan, Paris, 1997, 319 pages, p. 66-70 (ISBN 2738453465).