Stade Bergeyre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Stade Bergeyre
Stade Bergeyre.jpg

Vue panoramique du stade Bergeyre en 1922

Généralités
Adresse
Construction et ouverture
Ouverture
1918
Démolition
1926
Utilisation
Clubs résidents
Sporting Club de Vaugirard
Olympique de Paris
Équipement
Capacité
15 000
Localisation
Coordonnées
Localisation sur la carte du 19e arrondissement de Paris
voir sur la carte du 19e arrondissement de Paris
Red pog.svg
Localisation sur la carte de France
voir sur la carte de France
Red pog.svg
Localisation sur la carte de Paris
voir sur la carte de Paris
Red pog.svg

Le stade Bergeyre est un ancien stade du 19e arrondissement de Paris, nommé en hommage à Robert Bergeyre.

Histoire[modifier | modifier le code]

Géo André remporte le 110 m haies lors des compétitions inaugurales du stade Bergeyre.

À l'approche de la Première Guerre mondiale, le stade du club omnisports Sporting Club de Vaugirard au parc d’Issy-les-Moulineaux en stade est réquisitionné par les autorités militaires. Déplacé au peu pratique stade de Port Aviation à Juvisy-sur-Orge, le SCV se met à la recherche d'un meilleur site en particulier pour pratiquer le rugby à XV. Il identifie une butte isolée des Buttes-Chaumont. Les travaux débutent en avril 1914 mais sont stoppés puis fortement ralentis par l'entrée en guerre[1].

La manifestation inaugurale est une rencontre internationale d’athlétisme, le « Meeting des champions alliés », le avec notamment des militaires français et américains. L'américain Jim Duncan remporte le concours du lancer du disque avec un jet à 45,42 m. Le français Géo André, international de rugby et pilote de chasse, remporte les concours du 110 mètres haies et du saut en hauteur[2].

Financé grâce au mécénat de son ancien coéquipier du SCV Gaston François-Sigrand, le stade prend le nom de Robert Bergeyre, ancien joueur de rugby du club et premier joueur du SCV tombé au front, le . La guerre décime les effectifs du club alors qu'il jouait les premiers rôles dans le championnat de Paris entre 1911 et 1914[3], qui maintient cependant sa participation aux compétitions pendant le conflit pour trois ans grâce à une entente provisoire avec le Sporting club universitaire de France, puis en 1917-1918 et 1918-1919 avec le National Boxing Club afin de récupérer des joueurs britanniques[1].

Si la presse évoque une capacité de 15 à 20 000 personnes, ces chiffres semblent surévalués. En revanche, le stade dispose de « vestiaires spacieux avec salles de douches, WC, lavabos, etc. », selon le président du SCV Allemant, qui fait du stade Bergeyre un des meilleurs équipements sportifs de la capitale et même de France, ce qui lui permet d'accueillir des grandes compétitions[2]. Il accueille des compétitions de de football, de rugby, d'athlétisme et même de diverses autres attractions. Le stade Bergeyre est le lieu de la finale de la Coupe de France de football 1919-1920. En 1924, plusieurs matchs de football des Jeux olympiques s'y tiennent[4],[5].

Compte tenu de ses ambitions omnisports à Paris, le Sporting Club de Vaugirard fusionne avec le club de football de l’Olympique de Pantin, vainqueur de la toute première Coupe de France de football en 1918. Il change de nom le et devenir l'Olympique de Paris[1].

Fin mai 1921, s'y tient une Fête des caf’conc’ organisée au profit de la maison de retraite des artistes lyriques fondée par Dranem à Ris-Orangis. Y participent notamment le fantaisiste Dranem, le chanteur Maurice Chevalier, la chanteuse Mistinguett et l'acteur américain Charlie Chaplin. Les diverses manifestations sont des rentrées d’argent appréciables pour l'Olympique car le sol instable du stade nécessite d'onéreux et fréquents travaux de consolidation que le club finit par ne plus pouvoir financer. Dès 1924, il est question de le fermer en même temps qu’est négocié l'absorption du club par le Red Star, basé à Saint-Ouen. Le terrain voit encore se dérouler sur sa pelouse des rencontres en 1925 mais il est vendu en avril 1926 par la famille de Gaston François-Sigrand au lotisseur immobilier Charles Pélissier[1].

Le stade Bergeyre est démoli en 1926[6] afin de laisser place à un lotissement d'habitations, l'actuelle butte Bergeyre.

En 1923, dans son recueil Les Chants du stade[7],[8], Paul Souchon le décrit en ces termes dans un poème : « C'est un plateau de gazon, / Une île claire et tranquille / Que vient battre à l'horizon / Le flux de l'immense ville. »[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « Robert Bergeyre, rugbyman du Lycée Michelet et du Sporting Club de Vaugirard », michelet-vanves.ac-versailles.fr (consulté le 26 décembre 2014)
  2. a et b « Histoire de la Butte Bergeyre », des-gens.net, (consulté le 26 décembre 2014)
  3. « Gaston François-Sigrand, ancien élève de Michelet : un mécénat dans le rugby parisien et une enseigne dans la confection encore présente », michelet-vanves.ac-versailles.fr (consulté le 26 décembre 2014)
  4. CONSEIL DE PARIS Conseil Municipal Extrait du registre des délibérations Séance des 14 et 15 novembre 2011, sur le site de la Ville de Paris
  5. [PDF]« VIIIe Olympiade 1924 », Comité olympique français (consulté le 29 octobre 2014)
  6. Fédération française d'athlétisme, « L'Athlétisme : bulletin officiel de la Fédération française d'athlétisme (1921-1932) », Bibliothèque nationale de France (consulté le 25 décembre 2014)
  7. Paul Souchon, Les Chants du stade, éd. du Monde nouveau, , 148 p., p. 41.
  8. Pierre Charreton, « Poétique du paysage sportif », dans Lire le paysage, lire les paysages : Actes du colloque des 24 et 25 novembre 1983, Saint-Étienne, Centre interdisciplinaire d'études et de recherches sur l'expression contemporaine (CIEREC), , 304 p. (ISBN 2-901559-09-3), p. 111–120.
  9. Pascal Grégoire-Boutreau, « Les stades : Sept pour le septième ciel », dans Pierre-Marie Descamps et Yannick Lebourg (dir.) et avec Damien Burnier, Coupe de France : La folle épopée, Issy-les-Moulineaux, L'Équipe, , 431 p. (ISBN 978-2-915535-62-4), p. 310.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Lien externe[modifier | modifier le code]