Stéphane Peterhansel

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Stéphane Peterhansel
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Stéphane Peterhansel en novembre 2015 lors de la conférence de presse du Dakar 2016.
Biographie
Surnom Peter
Date de naissance (52 ans)
Lieu de naissance Échenoz-la-Méline
Nationalité Drapeau de la France France
Carrière
Années d'activité 1987 -
Qualité Pilote automobile et moto de rallye-raid
Équipe Peugeot sport

Stéphane Peterhansel, dit Peter, né le 6 août 1965 à Échenoz-la-Méline (Haute-Saône), est un pilote de moto et auto de rallye-raid français.

Il détient le record absolu de victoires au Rallye Dakar avec 13 victoires, 6 en catégorie moto avec Yamaha (1991, 1992, 1993, 1995, 1997 et 1998) et 7 en auto, avec Mitsubishi (2004, 2005, 2007), Mini (2012, 2013) et Peugeot (2016, 2017). Seuls Hubert Auriol et Nani Roma ont également réalisé l'exploit de s'imposer dans les deux disciplines, moto et auto, sur cette épreuve. Il est également le recordman de victoires "scratch" aux ISDE, avec 5 succès, en 1988, 1989, 1991, 1994 et 1995 ainsi que sur le Trèfle Lozérien, avec 9 victoires, sur Husqvarna (1987) et Yamaha (1988 à 1991 et 1993 à 1997).

En 1997, il est nommé citoyen d'honneur de la ville de Vesoul[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Il naît le 6 aout 1965 à Échenoz-la-Méline, à 2 km au sud de Vesoul, dans la Haute-Saône. Son père participait à de petits rallyes auto et à des courses de trial moto.

À 8 ans, son père lui offre sa première moto. Ce dernier l'initie à sa passion, et l'emmène avec lui dans les compétitions. La forêt, les reliefs, les grands espaces, et les circuits de moto-cross des environs de Vesoul deviennent ses terrains de jeux et d'entraînement.

En 1979, à l'âge de 14 ans, il est champion de France de skateboard en catégories, "Slalom", "Figure Libre", "Descente" et "Combiné". Il intègre l'équipe de France et participe aux championnats d'Europe. «C'était ma passion principale. J'y passais mes week-end et mes soirées.»

La ville de Vesoul décida, plus tard, de rappeler cette première passion de Stéphane Peterhansel pour le skateboard, en créant un skatepark, dénommé, "Skatepark Peterhansel", dans le quartier du Stade, à proximité du Stade René-Hologne.

Compétition moto[modifier | modifier le code]

Stéphane Peterhansel signe des autographes à Buenos Aires le 31 décembre 2009

En 1980, à l'âge de 15 ans, il arrête complètement le skateboard et décide de se consacrer exclusivement à la compétition moto, grâce au soutien et à l'aide financière de son père. Il remporte ses premières courses d'enduro, en s'inscrivant frauduleusement, sous l'identité de son père, car n'ayant pas l'âge requis, mais avec également nombre de disqualifications pour le même motif.

Deux ans après, il décide d'arrêter l'école avec le souhait de devenir pilote professionnel. Son père lui propose alors de le financer, de le soutenir et de l'entraîner une année et, mais en cas d'échec, lui impose de l'intégrer au sein de son entreprise de plomberie familiale.

À 18 ans, avec enfin le permis de conduire en poche, il peut légalement s'inscrire sur les compétitions d'enduro. Financé et soutenu par son père, il remporte le Championnat de France d'Enduro 1981. Il décroche ensuite le Trophée de sélection Chaboulange et du même coup son premier contrat professionnel, et salaire, avec la marque de moto suédoise Husqvarna, sous les couleurs de l'importateur français, Marcel Seurat, directeur de la SIMA. Il participe alors, avec son équipier, Laurent Pidoux, à de nombreuses épreuves, d'enduro, mais aussi de supermotard, de bajas, ainsi qu'à à des manches de championnat du monde de moto-cros et même jusqu'au Supercross de Paris-Bercy.

La moto Yamaha XTZ850R avec laquelle Stéphane Peterhansel a gagné son quatrième Dakar en 1995.

En 1987, il signe avec Jean-Claude Olivier, PDG de Yamaha Motor France afin de pouvoir courir les rallyes africains, et principalement le Paris-Dakar, épreuve phare de la discipline et ultra-médiatisée, à l'époque. Intégré au team officiel, il terminera 18e du classement général pour sa première participation au rallye, en 1988, mais profondément marqué par le grave accident de son coéquipier, l'ancien champion du monde de moto-cross, le Belge André Malherbe, devenu tétraplégique, suite à une chute. La même année, il se marie avec Corinne, avec qui il s'installe à Vesoul, et remporte, avec la France, les championnats du monde par équipes aux ISDE (International Six Day of Enduro), qui se déroulent, pour l'occasion, en France, à Mende.

En 1989, il finit 4e du classement général du Paris-Dakar, remporté par Gilles Lalay, sur Honda 750 NXR.

L'année suivante, il est rejoint chez Yamaha par Cyril Neveu, alors recordman des victoires sur le rallye, avec 5 succès. Son premier fils Nicolas naît pendant la course, le jour ou Stéphane gagne la spéciale et prend la tête du rallye. Mais trois étapes plus tard, il se perd dans le désert et abandonne. Mais en avril et mai suivants, il se rattrape et remporte, coup sur coup, les rallye de Tunisie puis du Rallye du Maroc.

En 1991, à 25 ans, c'est la consécration et la célébrité, car il remporte, enfin, après 3 tentatives, son 1er Paris-Dakar à moto, devant Gilles Lalay et Thierry Magnaldi. Il conserve son titre les deux années suivantes, dont le Paris-Le Cap, en 1992, et s'adjuge également le Paris-Moscou-Pékin.

Après une année d'absence, en 1994, en raison d'un changement de réglementation, néfaste à Yamaha, il revient sur le Dakar en 1995, et y remporte à nouveau la victoire, devant Jordi Arcarons et Edi Orioli, le pilote espagnol ayant décuplé la motivation de Peterhansel, suite à une réclamation pour assistance non-conforme, ce dernier a malgré tout réussi à revenir en tête malgré une pénalité conséquente de 10 minutes. C'est déjà sa 4e victoire sur l'épreuve, à une unité de Cyril Neveu. L'année suivante, en 1996, il abandonne à la suite d'une erreur de ravitaillement, en gazole, due au responsable du ravitaillement de la course. Sa réclamation n'étant pas jugée recevable, il préfère se retirer de la course car jugeant trop dangereux d'évoluer dans les profondeurs du classement où cette pénalité l'avait relégué.

En 1997 et 1998, il remporte ses 5e et 6e victoire sur le Paris-Dakar, égalant puis dépassant Cyril Neveu. Il remporte également, en 1997, le championnat du monde d'enduro 250 cm³ 2-temps, face à Giovanni Sala. Après cette 6e victoire sur le Paris-Dakar, il décide de changer de catégorie, une terrible souffrance au poignet pendant toute la course le pousse à se fixer de nouveaux objectifs : le Paris-Dakar en voiture (moins physique), mais également le championnat du monde d'enduro 400 cm³ 4-temps, sur la nouvelle Yamaha 400 WRF, et le Trophée Andros sur glace, sous contrat avec Nissan.

Compétition auto[modifier | modifier le code]

Peterhansel, vainqueur du Rallye Lisboa Dakar 2007 avec sa Mitsubishi Pajero Montero à l'arrivée à Dakar le 20 janvier.

Il court son 1er Paris-Dakar en voiture, en 1999, avec Nissan et finit 7e au classement général. En 2000, il monte sur son premier podium, dès sa 2e participation, en terminant 2e au classement général, derrière Jean-Louis Schlesser, au sein de sa propre structure et au volant d"un buggy prototype du constructeur automobile Français Méga. Il court ensuite les Rallye du Maroc et de Dubaï, toujours avec Mega, avant que la petite marque ne déclare forfait pour l'édition 2001 du Dakar. Peterhansel récupère alors le volant d'un Nissan Pathfinder, de l'équipe Dessoude, avec lequel il remporte la catégorie Production. L'année 2001 le voit également, une nouvelle fois, sacré champion du monde d'enduro, en moto 250 cm³ 4-temps, au sein du team Yamaha-Italie. Courant 2002, il rejoint l'équipe officielle Mitsubishi en rallye-raid et remporte l'année suivante le rallye de Tunisie et le rallye de Dubaï.

La consécration arrive en 2004 lorsqu'il remporte son 1er Rallye Dakar automobile avec Mitsubishi. Il conservera son titre en 2005 et le remportera à nouveau en 2007, ce qui lui vaudra d'être lauréat du Prix Roland Peugeot de l'Académie des sports, du plus bel exploit automobile français de l'année[2].

En 2003 et 2006, il abandonne la victoire lors des ultimes kilomètres pour deux erreurs de pilotage, et en 2007, il crée une petite polémique en ayant été vu "polluant" l'auge d'un point d'eau d'Afrique en y refroidissant le mécanisme d'embrayage de son moteur[3].

Lors de l'édition 2009, il abandonne dès le début de l'épreuve sur problème mécanique. Ce sera sa dernière participation avec Mitsubishi, et après le retrait du constructeur nippon, il s'engage avec l'équipe BMW X-Raid.

En 2012, il remporte son quatrième Dakar auto sur une Mini du team X-Raid. Dominé en performances pures par Robby Gordon sur Hummer, certains lui reprochent d'avoir perdu son sang-froid en percutant un motard au milieu d'un gué au second tiers de l'épreuve[4]. Robby Gordon, finalement déclassé pour véhicule non conforme, du fait d'un système de suralimentation moteur déclaré illégal, après avoir été jugé conforme aux vérifications de départ, Stéphane Peterhansel remporte une nouvelle fois la course en catégorie Auto.

En 2013, il participe à son 14e Dakar auto et y remporte son 5e succès pour un nouveau record dans la discipline, en devançant désormais Ari Vatanen, titulaire de 4 victoires.

En 2014, et au terme d'une course très éprouvante en difficultés, il termine 2e et un peu désabusé, puisque depuis plusieurs jours avant l'arrivée, Peterhansel ne cessait de gagner du temps sur son concurrent, son coéquipier et néanmoins ami, Nani Roma, chez X-Raid, avant que les dirigeants de l'écurie ne décident, par soucis de sécurité, de figer les places des trois Mini. Nani Roma l'emporte donc devant Peterhansel et Nasser al-Attiyah, devenant ainsi le 3e pilote à gagner l'épreuve dans les deux catégories, moto et auto.

En juin 2014, Peugeot officialise l'arrivée de Stéphane Peterhansel au sein de son équipe, en vue du Dakar 2015. Il participe alors aux essais de développement du buggy Peugeot 2008 DKR, avec Carlos Sainz et Cyril Despres, et pour les grands débuts en course de l'auto, sur le rallye, il obtient le meilleur classement final des 3 équipages, en terminant 11e.

En 2015, il remporte le China Grand Rallye devant Cyril Despres, et offre ainsi sa première victoire à la Peugeot 2008 DKR 15+, version améliorée de la voiture précédemment engagée au Dakar. En parallèle, il participe aux essais de développement du nouveau buggy Peugeot 2008 DKR 16.

En 2016, toujours copiloté par Jean-Paul Cottret il remporte son 12e Dakar, le 6e en catégorie auto, après avoir signé 3 victoires d'étapes. Il offre ainsi à Peugeot sa 5e victoire au Dakar, 25 ans après la dernière, celle d'une 405 Turbo 16, pilotée par Ari Vatanen, en 1990. Il gagne à nouveau l'édition 2017, au volant du nouveau buggy 3008 DKR, alors que, comme en 2016, il était généralement distancé, en vitesse pure, par son nouvel équipier, le nonuple champion du monde WRC, Sébastien Loeb, mais qu'il arrivait à faire la différence en navigation et en lecture du terrain.

Palmarès[modifier | modifier le code]

  • Recordman de victoires au Rallye Dakar avec 6 victoires, sur Moto Yamaha (1991, 1992, 1993, 1995, 1997 et 1998), 7 victoires Automobile Mitsubishi, (2004, 2005 et 2007), Mini (2012, 2013) et Peugeot (2016, 2017).
  • Recordman de victoires scratch aux ISDE avec 6 victoires, sur Yamaha (1988, 1989, 1991, 1994 et 1995)
  • Recordman de victoires à l'enduro du Trèfle Lozérien, sur Husqvarna et Yamaha, avec 9 victoires, sur Husqvarna (1987) et Yamaha (1988, 1989, 1990, 1991, 1993, 1994, 1995 et 1997)
  • 11 fois champion de France d'enduro, sur Husqvarna et Yamaha
  • 1987, vainqueur du Trèfle Lozérien, sur Husqvarna
  • 1988, champion du monde d'enduro par équipe (France) et victoire scratch aux ISDE - Yamaha
  • Vainqueur du Trèfle Lozérien, sur Yamaha
  • 1989, victoire scratch aux ISDE (Allemagne) - Yamaha
  • Vainqueur du Trèfle Lozérien, sur Yamaha

Rallye Dakar[modifier | modifier le code]

Il compte 28 participations et 13 victoires (6 à moto et 7 en auto). Il a remporté 33 victoires d'étapes en moto et 38 en auto soit un total de 71 victoires d'étapes.

Moto[modifier | modifier le code]

Année Categorie Marque Position Victoires d'etapes
1988 Moto Drapeau du Japon Yamaha 18e 1
1989 4e 6
1990 abandon 1
1991 1er 1
1992 1er 4
1993 1er 3
1995 1er 4
1996 abandon 3
1997 1er 7
1998 1er 3

Auto[modifier | modifier le code]

Année Categorie Marque Position Victoires d'étapes
1999 Auto Drapeau du Japon Nissan 7e 0
2000 Drapeau de la France Mega 2e 2
2001 Drapeau du Japon Nissan 12e 0
2002 Drapeau du Japon Mitsubishi abandon 1
2003 3e 6
2004 1er 2
2005 1er 4
2006 4e 3
2007 1er 0
2008 Epreuve annulée – remplacée par Rallye d'Europe centrale
2009 Auto Drapeau du Japon Mitsubishi abandon 0
2010 Drapeau de l'Allemagne BMW 4e 4
2011 4e 1
2012 Drapeau du Royaume-Uni Mini 1er 3
2013 1er 2
2014 2e 4
2015 Drapeau de la France Peugeot 11e 0
2016 1er 3
2017 1er 3

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]