Stéphane Israël

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Stéphane Israël
Stéphane Israël (cropped).jpg
Stéphane Israël en 2013.
Fonction
Président-directeur général
Arianespace
depuis
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Stéphane Israël est un haut fonctionnaire français né le .

Magistrat à la Cour des comptes, il travaille dans l'industrie aéronautique au sein d'Astrium, filiale d'EADS, avant de devenir directeur de cabinet d'Arnaud Montebourg. Il est nommé PDG d'Arianespace en 2013.

Il est par ailleurs l'auteur de plusieurs travaux historiques, dont en 2005 un ouvrage au sujet des élèves de l'École normale supérieure — établissement dont il est également issu — durant la Seconde Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Stéphane Israël est le fils d'un professeur de droit et d'une mère psychanalyste.

Il est scolarisé au lycée Jean-Baptiste-Say. Admirateur de François Mitterrand durant sa jeunesse, il milite dans l'association SOS Racisme. Il suit les classes préparatoires du lycée Henri-IV, où il corédige une feuille intitulée Le Même et l'Autre. Il intègre l'École normale supérieure, où il obtient l'agrégation d'histoire. Il est aussi titulaire d'un DEA en histoire[1].

Israël fait partie dès 1996 des collaborateurs de Laurent Fabius[2]. Il entre à l'ENA (promotion Nelson-Mandela) sans passer par Sciences Po[3],[4].

En 2012, il intègre la promotion 2012 des Young Leaders de la French-American Foundation[5] .

Cour des comptes, enseignement et recherche historique[modifier | modifier le code]

À partir de 2001, Israël est magistrat à la Cour des comptes. Il est affecté à la 2e chambre, qui se consacre à la défense nationale, à l'espace et à l'industrie[3],[4].

De 2005 à 2007, il est professeur associé[En quoi ?] à l'École normale supérieure. Dans le cadre d'un partenariat avec l'Université de Paris 1, il fonde et dirige une préparation aux concours de la haute fonction publique, Prép'ENA[2].

En 1994, il signe un texte sur Jérôme Carcopino dans Les Facs sous Vichy[6], et en 2004, écrit avec Rémy Rioux et Laurent Wauquiez sur la mémoire de la khâgne dans le volume d'hommage à Hélène Rioux, Printemps d'histoire. En 2005, il tire de son mémoire de DEA un ouvrage sur les élèves de l'École normale supérieure durant la Seconde Guerre mondiale[7].

EADS[modifier | modifier le code]

En 2007, il commence son parcours dans l'industrie aéronautique et spatiale en devenant conseiller de Louis Gallois, alors dirigeant d'EADS. Il passe quatre ans dans la filiale spatiale du groupe, Astrium[8], où il est notamment chargé du contrôle de gestion du programme du missile balistique M51[3]. De 2010 à 2012, il dirige, au sein d'Astrium Services, le programme européen de surveillance de la Terre (Global Monitoring for Environment and Security, ou GMES)[4]. Il fait alors connaître ses idées sur la politique industrielle, à travers une note pour la fondation Terra Nova et une contribution à un ouvrage collectif dirigé par Patrick Weil : 80 propositions qui ne coûtent pas 80 milliards[3],[9].

Ministère du Redressement productif[modifier | modifier le code]

À partir de mai 2012, Stéphane Israël dirige le cabinet d'Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif[10]. Un différend sur le dossier Florange les oppose durant la négociation entre le gouvernement et le groupe sidérurgique ArcelorMittal. Le ministre assure qu'il a été « réglé le jour même » et loue les « capacités exceptionnelles » d'Israël, tandis que la presse évoque une rupture entre les deux hommes et annonce le prochain départ du directeur de cabinet[8].

Arianespace[modifier | modifier le code]

Jean-Yves Le Gall devant être nommé à la présidence du Centre national d'études spatiales (CNES) en avril 2013, Stéphane Israël est annoncé comme l'un des prétendants à sa succession à la tête d'Arianespace[8],[11]. Le , il est nommé PDG, à l'unanimité, par le conseil d'administration d'Arianespace, qui regroupe le CNES et l'industrie européenne des lanceurs spatiaux[12]. Boris Vallaud le remplace au poste de directeur de cabinet d'Arnaud Montebourg[13].

Stéphane Israël prend ses fonctions le 22 avril. Commentant son arrivée, la presse évoque une nomination « politique » et un cas de « pantouflage »[11],[14]. Il est néanmoins soutenu par Louis Gallois, qui estime : « Stéphane a passé cinq ans chez EADS, dont quatre à s'occuper des lanceurs et des satellites, il sait de quoi il parle »[15]. La Commission de déontologie de la fonction publique, saisie par Israël afin qu'elle examine un éventuel conflit d'intérêt et confirme sa nomination, rend un avis favorable sans réserves[14].

À la tête d’Arianespace, Stéphane Israël mène plusieurs chantiers dont le premier conduira à la décision d’augmentation du volume de la coiffe d’Ariane 5 sans perte de performance. Cette décision a pour but de répondre à l'accroissement de la taille des satellites de télécoms et au développement des satellites à propulsion électrique. Plusieurs autres chantiers opérationnels destinés à adapter la gamme de lanceurs et de services d’Arianespace ont été́ engagés en 2013, notamment la construction d’un nouveau bâtiment de remplissage dédié à Soyouz sur le site de Kourou (NBR) et ceci pour accroitre les cadences de lancement du CSG[16].

Sous sa direction, l’entreprise enregistre un carnet de commandes record en 2013 (18 contrats signés pour 1,4 milliard d’euros dont 15 satellites géostationnaires pour Ariane 5 soit 60 % de part de marché), mais également en 2014. Stéphane Israël annonce lors du salon 11 nouveaux contrats signés en 2014[17] soit un total de 38 satellites à lancer pour plus de 4,5 milliards d’euros[18]. Cette même année, Arianespace réalise un record de lancements avec 6 Ariane, 4 Soyouz et 1 vega.

Dès avril 2014, Stéphane Israël prend rapidement position sur Ariane 6. Il plaide, sur la base d’une étude Arianespace réalisée auprès de 18 opérateurs du marché [19] pour une Ariane 6 modulaire et plus compétitive, notamment en la dotant de la capacité d’opérer le lancement double [20]. Face à la concurrence de l’Américain Space X, Stéphane Israël engage une politique d’amélioration de la compétitivité d’Arianespace en réduisant le prix des lancements. En décembre 2014, il appelle à une réduction des coûts de l’ensemble de la filière spatiale européenne avant même l’arrivée d’Ariane 6[21].

En mars 2017, Stéphane Israël, président d’Arianespace SAS et Directeur général d’Arianespace Participation, entre au comité exécutif d’Airbus Safran Launchers en tant que directeur des programmes de lanceurs civils Ariane 5 et Ariane 6. 

Il est président du club d'affaires France-Corée de MEDEF international depuis 2018[22].

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • En mars 2017, Stéphane Israël est élu « Satellite Executive of the Year » à l'occasion du congrès Satellite 2017[23].
  • 2017 : Médaille du service diplomatique coréen pour son action en tant que président du comité des mécènes dans le cadre de l'année France-Corée[22]

Ouvrage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.sudoc.fr/20140043X.
  2. a et b Élise Karlin, « Un chef, deux plumes », L'Express,
  3. a, b, c et d Yann Verdo, « Stéphane Israël, Cheville ouvrière du Redressement productif », Les Échos,
  4. a, b et c Thierry Masure, « Stéphane Israël, un littéraire passé à l'espace et l'industrie », AFP,
  5. « Past Classes | French-American Foundation », sur frenchamerican.org (consulté le 19 juin 2015)
  6. https://www.persee.fr/doc/rhmc_0048-8003_1996_num_43_1_1811_t1_0177_0000_2.
  7. https://journals.openedition.org/histoire-education/1180.
  8. a, b et c Yann Philippin, Laure Bretton, « Montebourg et son dircab, une rupture à retardement », Libération,
  9. Cécile Maillard, « La vision industrielle du directeur de cabinet de Montebourg », L'Usine nouvelle,
  10. Barbara Leblanc, « La garde rapprochée d'Arnaud Montebourg », L'Usine nouvelle,
  11. a et b Sylvestre Huet, Yann Philippin, « Arianespace : nouveau boss et crispations », Libération,
  12. « Stéphane Israël nommé nouveau P-DG d'Arianespace », Le Point,
  13. « Nouveau dir.cab pour Montebourg », Le Figaro,
  14. a et b Emilie Lévêque, « Stéphane Israël chez Arianespace, un pantouflage en toute discrétion », L'Expansion,
  15. Dominique Gallois, Cédric Pietralunga, « Le "dircab" de Montebourg à la tête d'Arianespace », Le Monde,
  16. « Espace : les 8 atouts d’Arianespace pour rivaliser avec SpaceX » (consulté le 19 mai 2015)
  17. http://www.arianespace.com/news-press-release/2014/news-press-releases-fr-14/9-8-2014-Euroconsult2014-FR.pdf
  18. https://www.lesechos.fr/09/09/2014/LesEchos/21767-077-ECH_arianespace-resiste-bien-a-la-concurrence-de-spacex.htm
  19. « stephane-israel-arianespace-compte-rester-leader-mondial »
  20. « Si Ariane 6 arrive à faire du lancement double, elle devient vraiment l'arme fatale »
  21. « Arianespace appelle la filière spatiale à réduire ses coûts »
  22. a et b Nouvelles nominations au sein de MEDEF International, MEDEF, 6 mars 2018
  23. [SATELLITE 2017 Le PDG d'Arianespace élu « Satellite Executive of the Year »], Air & Cosmos, 9 mars 2017

Liens externes[modifier | modifier le code]

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