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Stéphane Guillon

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Stéphane Guillon
Description de cette image, également commentée ci-après

Stéphane Guillon au festival du cinéma américain de Deauville (2011).

Naissance (53 ans)
Neuilly-sur-Seine
Nationalité Française
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession
Conjoint

Stéphane Guillon est un acteur, humoriste et chroniqueur de radio et de télévision français, né le à Neuilly-sur-Seine[1], qui s'est fait connaître du grand public au début des années 2000 par ses chroniques sur Canal+ et France Inter.

Biographie

Stéphane Guillon, fils de la galeriste Fanny Guillon-Lafaille[2] et de Pierre-Marie Guillon, conseiller en gestion de patrimoine, est exclu de son lycée alors qu'il est en classe de seconde. Ses parents l'ayant inscrit dans un cours privé, "Les Hirondelles", situé près de la gare Saint-Lazare, à Paris[1], pour y préparer le baccalauréat, il choisit de suivre une formation de comédien[3], notamment les cours de théâtre de Jean-Laurent Cochet et Vera Gregh. De 17 à 35 ans, il tourne dans une dizaine de téléfilms, dont aucun ne lui permet de "percer". Sa carrière d'humoriste débute en 1990[1] avec un premier spectacle solo intitulé C'est dur pour tout le monde !, qu'il présente au café-théâtre "Le Movies", une salle de vingt places qui accueille à la même époque les premiers spectacles de Jamel Debbouze, Dany Boon, Laurent Savard, Jean-Luc Lemoine et Michel Muller.

En 1999 et 2000, il collabore à la chronique Fallait pas l'inviter avec Michel Muller sur Canal+, dans le cadre de l'émission Nulle part ailleurs, qu'anime alors Nagui.

Stéphane Guillon en 2011 au festival du rire de Montreux.

C'est en tant que chroniqueur qu'il se fait connaître du grand public. Il intervient en effet dans La Grosse Émission, sur Comédie !, en 2001-2002[4]. Puis, après s'être fait remarquer sur scène dans son spectacle solo Petites horreurs entre amis au festival d'Avignon en 2002, puis au Théâtre de la Main d'Or au printemps 2003[5], il rejoint l'équipe du Fou du roi, que dirige Stéphane Bern sur France Inter. Celui-ci lui propose de le suivre à la télévision, sur Canal+, dans son émission 20h10 pétantes, où il assure une chronique entre 2003 et 2005. Après l'arrêt de l'émission, il continue sur la même chaîne avec Thierry Ardisson dans Salut les Terriens ! à partir de 2006. À partir de janvier 2008, il tient une chronique quotidienne intitulée « L'humeur de... » dans Le Six trente dix sur France Inter. Suite à un certain nombre de polémiques, cette chronique est supprimée par Jean-Luc Hees à l'été 2010[6].

Il continue à mener en parallèle sa carrière d'humoriste sur scène, avec Liberté (très) Surveillée, son dernier spectacle en date, ainsi que d'acteur au cinéma.

Le 6 décembre 2010, jour de ses 47 ans, il est le maître de cérémonie de la soirée de clôture du Festival de comédie de Montreux. Le spectacle, intitulé Même pas peur ! Carte blanche à Stéphane Guillon est inédit et diffusé en direct sur France 4. Stéphane présente les sketchs d'humoristes dont il apprécie le talent comme Jean-Marie Bigard, Jean-Luc Lemoine ou Stéphane Rousseau et de jeunes comédiens tels que Malik Bentalha, Éric Antoine et d'autres. Ces prestations sont émaillées de ses propres interventions caustiques. Cette soirée cartonne et regroupe plus d'un million de téléspectateurs, ce qui constitue la plus grosse audience de la soirée sur la TNT[7].

En juin 2012, il annonce ne pas vouloir continuer la saison suivante dans l'émission Salut les Terriens ![réf. nécessaire]; avant d'y faire son retour en septembre 2015.

Son spectacle Certifié conforme est nommé meilleur spectacle solo au Globe de Cristal 2016[8].

Vie privée

Depuis 2005, il vit en couple avec Muriel Cousin, chroniqueuse télé et radio[9], qui collabore à l'écriture de ses textes et le met en scène[10],[11]. Ils se sont mariés le , à la mairie de Ville-d'Avray[12].

Stéphane Guillon a trois enfants nés d'une précédente union et une fille, Violette, née de sa relation avec Muriel Cousin.

Controverses

Après le ralliement de Nicolas Dupont-Aignan à Marine Le Pen, au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle de 2017, Guillon déclare le sur LCI : « Il a perdu sa maman il y a deux jours, donc j’ai respecté ce moment. Je me suis dit que ma mère aurait fait la même chose si je m’étais engagé aux côtés de Marine Le Pen et si j’avais déclaré être son Premier ministre, vouloir travailler avec elle : je pense que ma mère se serait aussi laissée mourir comme Madame Dupont-Aignan »[13]. Le porte-parole de Nicolas Dupont-Aignan, Laurent Jacobelli, dénonce le même jour ces propos : "Jeudi 27 avril, la mère de Nicolas Dupont-Aignan est en effet décédée dans ses bras. Le caractère de cette déclaration suite à un drame familial est profondément abject"[14]. Déplorant le mauvais goût de Stéphane Guillon, Eric Guéguen le décrit dans le mensuel Causeur comme « l’un des parangons de la résistance en carton dont les médias nous abreuvent »[15].

Chroniques

Dans 20h10 pétantes

Dans l'émission 20h10 pétantes, il a à plusieurs reprises suscité la colère, voire l'hostilité de certains invités :

  • Le 14 mars 2005, le chanteur Vincent Delerm lui reproche de quitter le plateau juste après sa chronique, le privant ainsi de la possibilité de répondre. Il a sorti un numéro de L'Équipe et l'a lu durant la chronique de Guillon, jouant le « coup du mépris »[16].
  • Le 30 mars 2005, l'actrice Agnès Soral lui reproche de faire de l'humour à propos du viol dont elle a été victime; à quoi Guillon répond qu'il fustigeait la police espagnole chargée de retrouver le violeur et qu'il ne voulait pas heurter Agnès Soral[17].
  • Benjamin Castaldi obtient de la production de l'émission que son portrait ne soit pas diffusé[18].

Sur Dominique Strauss-Kahn

Le , Dominique Strauss-Kahn, alors directeur général du Fonds monétaire international (FMI), est la cible de Stéphane Guillon dans sa chronique matinale sur France Inter[19]. Avant de commencer son entretien avec Nicolas Demorand, immédiatement après la chronique, il déclare avoir « assez peu apprécié les commentaires » de Guillon[20],[21], ce qui déclenche un nombre record de connexions à la vidéo de la chronique[22].

Le président Nicolas Sarkozy dénonce alors « l'humour méchant » du chroniqueur, à propos de cette chronique et de celle où Guillon compare Martine Aubry à un petit pot à tabac[21]. Guillon prendra le parti d'en rire et déclare que sa place pour l'année suivante est assurée[23].

Le 2 mars 2009, Guillon est l'invité de l'émission Mots croisés sur France 2 pour débattre de l'humour et de ses limites[24] et revenir sur l'épisode Strauss-Kahn. Quelques jours plus tard, le 6 mars, l'humoriste participe, accompagné de Didier Porte, à un plateau d'Arrêt sur images sur le thème « Les humoristes sont des journalistes de complément »[25]. Les deux humoristes y dénoncent une différence de traitement de l'humour entre les radios privées et publiques, et voient dans l'attaque du président une manière d'atteindre Jean-Paul Cluzel, alors directeur de Radio France.

Cette chronique sur Strauss-Kahn et ses conséquences ont eu un large retentissement, certains organes de presse non francophones ayant même repris l'information[26].

Sur Éric Besson

Le 22 mars 2010, au lendemain des élections régionales, Guillon consacre sa chronique de France Inter à Éric Besson, alors ministre de l'Immigration, qu'il assimile à un suppôt du nazisme œuvrant, "en taupe", à l'instauration d'une France "pure et blanche" avec "Marine Le Pen comme présidente"[27]. Le ministre lui ayant proposé de s'expliquer dans le cadre d'un débat télévisé, l'animateur refuse, comme l'indiquera la direction de la chaîne I-Télé, qui proposait d'accueillir ce débat[réf. nécessaire].

Sur France Inter

Stéphane Guillon devant la Maison de la Radio à Paris, le 1er juillet 2010, lors du rassemblement de protestation contre les licenciements de Stéphane Guillon et Didier Porte de France Inter.

Stéphane Guillon a plusieurs fois critiqué Philippe Val, directeur de France Inter depuis l'été 2009, et Jean-Luc Hees, président de Radio France nommé par Nicolas Sarkozy durant l'été 2009, les accusant de mettre l'humour à l'index lorsqu'il touche les puissants, en particulier les hommes politiques. Il a pris position sur les conséquences d'une chronique d'un de ses collègues de France Inter, Didier Porte, rappelé à l'ordre après avoir fait dire à Dominique de Villepin, dans un billet d'humour au ton grossier, qu'il sodomisait le président de la République par la pensée.

Stéphane Guillon a notamment demandé à Philippe Val de préciser quelle devait être la limite de l'humour si l'on commençait à vouloir le restreindre. Il a rappelé que Val était représenté en 1987 sur l'affiche d'un spectacle d'humour en train de sodomiser le ministre de la Culture de l'époque, François Léotard[28],[29].

Quelques jours plus tard, Jean-Luc Hess annonçait que Stéphane Guillon et Didier Porte ne seraient pas reconduits à la rentrée 2010, éviction commentée le matin même par Guillon dans sa chronique[30],[31],[32]. Dans cet ultime billet, il déplore la « liquidation totale des humoristes » et les pratiques actuellement en cours à France Inter, dont il revisite le slogan « France Inter : écoutez l'indifférence ! »[33]. Il ajoute cependant : « France Inter est une radio de gauche qui se comporte comme la pire entreprise de droite »[34]...

De nombreuses personnalités politiques ou du monde de la radio ont réagi à la suite de ce non-renouvellement de contrat, principalement pour dénoncer la perte d'indépendance de Radio France et en particulier de France Inter. Une lettre ouverte est diffusée à destination des auditeurs de la radio, dans laquelle le personnel de France Inter se dit "sous le choc" et rappelle son "attachement indéfectible à la liberté de ton, à l’impertinence, à l’exigence, à la différence"[35], tandis qu'une pétition est lancée par des auditeurs et des salariés de Radio France (réunissant plus de 40 000 signatures au 1er juillet et plus de 85 000 au 31 août 2010)[36]. Le 1er juillet, environ deux mille personnes se sont rassemblées devant la Maison de la Radio, siège de Radio France, pour manifester leur soutien à Guillon et Porte et demander leur réintégration[37].

Le , France Inter est condamné par le conseil de prud'hommes de Paris à verser à Stéphane Guillon 212 011,55 euros de dommages et intérêts pour licenciement abusif[38],[39]. La cour d'appel de Paris confirme cette décision en janvier 2013, ajoutant à la décision précédente 23 000 euros au titre du préjudice moral[40].

Filmographie

Stéphane Guillon lors du salon du livre de Paris en mars 2012.

Cinéma

Télévision

DVD

  • 2007 : En avant la musique
  • 2008 : Portraits au vitriol
  • 2011 : Liberté (très) surveillée

Spectacles solo

Théâtre

Récompense

Bibliographie

Notes et références

  1. a, b et c Mathias Gurtler, « CV de stars : Stéphane Guillon », sur vsd.fr, 20 décembre 2006. Consulté le 22 mars 2009.
  2. Il est le neveu du chanteur Gilbert Laffaille.
  3. Mikaël Demets et Mélanie Carpentier, « Le masque et la plume : Interview de Stéphane Guillon », sur Evene, novembre 2005. Consulté le 22 mars 2009.
  4. « La Grosse Émission : les 3 éditions », sur tele7.fr. Consulté le 22 mars 2009.
  5. « Biographie de Stéphane Guillon : Un matador malin et malicieux », sur le site officiel de Stéphane Guillon, 20h40 productions. Consulté le 22 mars 2009.
  6. « Jean-Luc Hees annonce le retrait de Stéphane Guillon de l'antenne de France Inter », LeMonde.fr, 23/06/2010.
  7. bonne audience pour Stéphane Guillon et france 4
  8. « Les nommées 2016 »
  9. « Bio de Stéphane Guillon », sur gala.fr.
  10. Camille Tassel, « Stéphane Guillon », Le Magazine Info, 21 décembre 2006.
  11. « Stéphane Guillon, auteur à voix haute », sur le site de la SACEM.
  12. Guillon se marie sous le regard d'Hollande sur tvmag.lefigaro.fr, 28 septembre 2011
  13. « VIDEO. Présidentielle: Stéphane Guillon ironise sur le décès de la mère de Dupont-Aignan », 20minutes.fr,‎ (lire en ligne)
  14. « Guillon blague sur la mort de la mère de Dupont-Aignan, le candidat dénonce des "propos abjects" », sur huffingtonpost.fr, (consulté le 20 mai 2017)
  15. Guillon contre Dupont-Aignan: la haine tranquille, Eric Guéguen, causeur.fr, 3 mai 2017
  16. Emmanuel Poncet, « Langue de pitre », Libération, 29 avril 2005.
  17. « Le «sniper» de Bern dans le film de TF1 », TVMag.com, 12 avril 2005.
  18. « Langue de pitre », sur lepoint.fr,
  19. « L'humeur de... Stéphane Guillon - Visite de DSK à France Inter : tous aux abris », sur le site de France Inter, 17 février 2009. Consulté le 22 mars 2009. La chronique de Guillon.
  20. « Le Sept dix : Dominique Strauss-Kahn », sur le site de France Inter, 17 février 2009. Consulté le 22 mars 2009. La réaction de Strauss-Kahn à la chronique de Guillon.
  21. a et b François-Xavier Bourmaud et Charles Jaigu, « Les politiques sous le feu roulant des humoristes », sur lefigaro.fr, 20 mars 2009. Consulté le 22 mars 2009.
  22. Gégoire Biseau et Marie Guichoux, « Stéphane Guillon, le tombeur de DSK », sur liberation.fr, 20 février 2009. Consulté le 22 mars 2009.
  23. « L'humeur de... Stéphane Guillon - Enfin la reconnaissance du président ! », sur le site de France Inter, 3 mars 2009. Consulté le 22 mars 2009.
  24. « Mots croisés, 2e débat : Peut-on rire de tout ? », sur le site de France 2, 2 mars 2009. Consulté le 22 mars 2009.
  25. L'émission d'@rrêt sur images (contenu payant)
  26. (en) Lara Marlowe, « Intrigue in France as compelling as its politics », The Irish Times,‎ (lire en ligne).
  27. « Stéphane Guillon est "un lâche", selon Éric Besson », sur le site du Nouvel Observateur, 28 mars 2010. Consulté le 29 mars 2010.
  28. « Stéphane Guillon sodomise le Président de la République », sur le site de Libération, 14 juin 2010.
  29. « FRANCE INTER - Stéphane Guillon, la provocation de trop ? », sur le site Le Point.fr, 14 juin 2010.
  30. « Stéphane Guillon et Didier Porte virés de France Inter », sur le site de Libération, 23 juin 2010.
  31. « C'est fini pour Stéphane Guillon et pour Didier Porte sur Inter », sur le site de 20 Minutes, 23 juin 2010.
  32. « Hees-Guillon, les dessous d'un divorce », sur le site Le Point.fr, 23 juin 2010.
  33. « Stéphane Guillon, "petit tyran" limogé de France Inter », dépêche de l'agence Reuters, 23 juin 2010.
  34. Élisabeth Lévy, « France Inter, une “radio de gauche” : Le Service public vu par Stéphane Guillon », dans Causeur, 1er juillet 2010.
  35. « A France Inter, «nous sommes sous le choc» », sur le site de Libération, 24 juin 2010.
  36. Pétition pour une radio publique indépendante
  37. « France Inter: manifestation de 2.000 personnes pour soutenir Porte et Guillon », sur le site de Libération, 1er juillet 2010.
  38. Jean-Baptiste Chastand, « Radio France condamné pour le licenciement de Stéphane Guillon », LeMonde.fr, 28 janvier 2011.
  39. « Stéphane Guillon fait condamner Radio France », Le Parisien, 28 janvier 2011.
  40. Stéphane Guillon : Radio France condamnée en appelLibération 16 janvier 2013

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