Stéphane Breton (cinéaste)

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Stéphane Breton
Description de cette image, également commentée ci-après
Stéphane Breton dans le transsibérien
Naissance à Paris, France.
Nationalité Drapeau de la FranceFrançaise
Profession cinéaste photographe ethnologue
Site internet http://www.stephane-breton.com

Stéphane Breton est un cinéaste, photographe, ethnologue français, né en 1959 à Paris (France) [1]. Il enseigne à l'Ecole des hautes études en sciences sociales.

Il tourne ses films documentaires seul, se chargeant de l’image et du son. La solitude du dispositif de tournage a une signification bien précise : elle permet au cinéaste de recueillir l’intimité des choses et des êtres [2] et surtout d’être présent face à eux dans son propre film.

Les premiers films documentaires de Stéphane Breton ont été produits par Serge Lalou, Les Films d'ici[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Stéphane Breton a vécu dans les hautes-terres de Nouvelle-Guinée, dans la province indonésienne de Papua, où il a fait une recherche de terrain ethnographique de plusieurs années. Il y a réalisé Eux et moi (63 min, 2001). Tourné en coulisses, du point de vue d'une caméra subjective, ce film raconte les relations ambiguës et les négociations d’épicier de l’ethnologue avec les gens du village wolani où il vivait.

Son deuxième film en Nouvelle-Guinée, Le Ciel dans un jardin (62 min, 2003) ; Grand prix 2005 du documentaire de l'année de la Société civile des auteurs multimédia, raconte le dernier voyage, nostalgique et contemplatif, de l’ethnologue. L’œil y est attiré par l’intimité des choses, c’est un film sur le temps qui coule, comme au robinet[4].

Il a réalisé Un été silencieux[5] (52 min, 2005), pendant l’estive des Kirghizes dans les Monts Tian Shan, non loin de la Chine. En prêtant attention aux moments ordinaires, le film décrit les disputes de bergers vivant sous la même tente, ainsi que la solitude du cinéaste, présent sans être là, au milieu d’eux mais à distance de tout regard.

En bas de chez lui, dans les rues de Paris, il a tourné Le Monde extérieur (54 min, 2007), une déambulation poétique doublée d’une ethnographie aberrante et lilliputienne. C’est une sorte de Eux et moi à l’envers, le cinéaste dirigeant cette fois sa caméra vers les gens de « son village », qu’il observe à travers l’œil faussement candide d’un ami lointain, ignorant de la ville et de la foule, à qui il s’adresse en faisant mine de s’interroger sur des choses si simples qu’elles paraissent douées d’une vie secrète.

Avec Nuages apportant la nuit (30 min, 2007), il aborde une fiction expérimentale avec des images fixes en noir et blanc. C’est le conte mystérieux et féerique d’un voyage se déroulant dans une forêt obscure et froide [6], entraîné par la musique entêtante de Karol Beffa.

Il a fondé et dirigé au musée du quai Branly une collection de films documentaires intitulée L'Usage du monde, produite par Les Films d'ici et Arte[7],[8].

Il a réalisé La Maison vide (52 min, 2008). C’est un western sans revolver, filmé à distance d’ivrogne, qui se passe dans une ancienne communauté espagnole du Nouveau-Mexique rongée par la rouille, la bière et les vents de sable.

Il a réalisé La Montée au ciel (52 min, 2009). Au creux d’une vallée du Népal, au bout d’un chemin usé par tant de siècles et tant de pieds, deux vieux bergers s’évadent de leur village de brahmanes pour gagner les hauteurs : merde à tous les coins de rue, pureté des cœurs, éblouissement[9].

Il a réalisé Quelques jours ensemble (90 min, 2014), dans un train, au milieu de la Russie, soixante mille kilomètres dans un compartiment de troisième classe où les personnages les plus inattendus montent et descendent, saucissonnent, bavardent, rêvassent, dorment – et surtout racontent leur vie brisée.

Il a réalisé Les Disparus (7 min, 2014), une installation vidéo sur les dormeurs d'un train russe[10].

Il a réalisé Les Forêts sombres (52 min, 2014), chez les Chors, petite population autochtone d'un village de la Sibérie du sud.

Il a réalisé Chère humaine (40 min, 2015), un film expérimental avec les photos en noir et blanc de Michael Ackerman, Lorenzo Castore, Arja Hyttiäinen et Juan Manuel Castro Prieto.

Maître de conférences à l’École des hautes études en sciences sociales, il enseigne l’anthropologie et le cinéma documentaire[11]. Spécialiste de l’ethnologie de la Mélanésie, Stéphane Breton a été longtemps membre du Laboratoire d’anthropologie sociale (CNRS - EHESS - Collège de France)[12]. Il l'est désormais du Centre de recherche sur les arts et le langage (CNRS-EHESS).

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 1994 : Un dieu au bord de la route – film documentaire, diffusé sur Arte (court-métrage – Nigéria).
  • 2001 : Eux et moi – film documentaire, diffusé sur Arte[13](moyen-métrage – Nouvelle-Guinée).
Eux et moi
  • 2003 : Le Ciel dans un jardin – film documentaire, diffusé sur Arte [14] (moyen-métrage – Nouvelle-Guinée).
Le ciel dans un jardin
  • 2005 : Un été silencieux – film documentaire, diffusé sur Arte[15](court-métrage – Kirghizstan).
Un été silencieux
  • 2007 : Le Monde extérieur – essai documentaire, diffusé sur Arte[16](court-métrage – Paris).
Le monde extérieur
  • 2007 : Nuages apportant la nuit – film expérimental, diffusé sur Voyages (court-métrage – Nouvelle-Guinée)[17].
Nuages apportant la nuit
  • 2008 : La Maison vide – film documentaire, diffusé sur Arte (court-métrage – Nouveau-Mexique).
La maison vide
  • 2009 : La Montée au ciel – film documentaire, diffusé sur Arte (court-métrage – Népal).
La montée au ciel
  • 2014 : Quelques jours ensemble – film documentaire, diffusé sur Arte (long-métrage – Russie).
Quelques jours ensemble
  • 2014 : Les Disparus – installation vidéo, (court-métrage – Russie).
  • 2014 : Les Forêts sombres – film documentaire, diffusé sur France 5 (court-métrage, Russie).
  • 2015 : Chère humaine – film expérimental, diffusé sur Arte (court-métrage).

Les films de Stéphane Breton sont montés avec Catherine Rascon.

Production de films[modifier | modifier le code]

Stéphane Breton a fondé et dirigé la collection de films documentaires L’usage du monde, produite avec Serge Lalou - Les Films d'ici, Arte et le musée du quai Branly. Il en a été le directeur artistique. La collection s’est terminée en 2010 après la réalisation de six films.

Cette collection de six films se veut une mémoire de l’humanité locale à l’aube du XXIe siècle, tournée dans les plis et les ourlets du monde moderne à la manière de ce qu’Albert Kahn avait entrepris au début du siècle précédent avec Les archives de la planète en envoyant photographes et cinéastes aux quatre coins du monde. Ces films ont été diffusés sur Arte en 2010[7] et édités dans un coffret DVD[18].

  • 2007 : Les Hommes de la forêt 21 (un chantier forestier du Gabon) – un film de Julien Samani.
  • 2008 : Lumière du Nord (un village du nord de la Russie) – un film de Sergueï Loznitsa.
  • 2008 : L’Argent du charbon (des camionneurs vendant du charbon sur les routes de Chine) – un film de Wang Bing.
  • 2008 : La Maison vide (un village du Nouveau-Mexique) – un film de Stéphane Breton.
  • 2009 : La Montée au ciel (un village du Népal) – un film de Stéphane Breton.
  • 2010 : Il nous faut du bonheur (une vieille femme russe exilée au Kurdistan irakien) – un film d’Alexandre Sokourov et Alexeï Jankowski.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • En 2005, Stéphane Breton reçoit pour Le Ciel dans un jardin le prix du meilleur documentaire de l’année décerné par la Société civile des auteurs multimédia [19].

Rétrospectives de films[modifier | modifier le code]

  • 2006 Institut für Ethnologie und Afrikanistik, Ludwig-Maximilians-Universität, Munich.
  • 2006 Harvard Film Archive, Harvard University, États-Unis.
  • 2012 “Retrospective in Visual Anthropology”, World Film Festival, Tartu, Estonie.
  • 2012 “Mediating Camera”, Moscow International Festival of Visual Anthropology, Moscou.
  • 2017 Rétrospective, Doc Buenos-Aires, Argentine.
  • 2017 Rétrospective intégrale et master class, Festival Visions du réel, Nyon, Suisse.
  • 2017 Rétrospective intégrale, « De la vie sauvage à la vie rêvée », musée du quai Branly, Paris.   

Festivals de films[modifier | modifier le code]

Les films de Stéphane Breton ont été sélectionnés et primés dans de nombreux festivals :

  • en France : Festival international du documentaire (Marseille), Festival du Réel (Centre Georges Pompidou, Paris), États-généraux du documentaire (Lussas), Festival Premiers plans (Angers), Rencontres du cinéma (Paris), Étonnants voyageurs (Saint-Malo), Le Grand Bivouac (Albertville), Les écrans documentaires (Arcueil), Festival de films documentaires (Lasalle), Festival du film ethnographique Jean Rouch (Paris), Festival de cinéma (Douarnenez), Festival international du film insulaire (île de Groix).
  • à l'étranger : Visions du réel (Nyon, Suisse), World Film Festival (Tartu, Estonie), International Documentary Film Festival (Sheffield, Royaume-Uni), Viennale (Vienne, Autriche), Trento Film Festival (Trente, Italie), International Festival of Visual Anthropology (Moscou, Fédération de Russie), International Film Festival (Rotterdam, Pays-Bas), Rencontres Internationales du documentaire (Montréal, Canada), International Ethnographic Film Festival (Göttingen, République fédérale allemande), Shadow Film Festival (Amsterdam, Pays-Bas), Gijòn Film Festival (Gijòn, Espagne), Trieste Film Festival (Trieste, Italie), Doc Buenos Aires (Buenos Aires, Argentine), Festival del Film (Locarno, Suisse).   

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 2006-2007 : commissaire général de Qu’est-ce qu’un corps ? exposition d’anthropologie au musée du quai Branly[20] (avec la collaboration de Michèle Coquet, Michael Houseman, Jean-Marie Schaeffer, Anne-Christine Taylor et Eduardo Viveiros de Castro).
  • 2010-2011 : commissaire de Dans le blanc des yeux, masques primitifs du Népal, exposition d’anthropologie au musée du quai Branly (avec la collaboration de Marc Petit) [21].

Publications[modifier | modifier le code]

Stéphane Breton publie des articles d’anthropologie, de philosophie des sciences sociales ou des chroniques sur la télévision et le cinéma dans Esprit, L'Homme, American Ethnologist, Social Anthropology, Current Anthropology.

Il a publié :

  • 1989 : La Mascarade des sexes, Calmann-Lévy, (essai d’anthropologie) – (ISBN 2702118313).
  • 1991 : Les Fleuves immobiles, Calmann-Lévy, (récit de voyage en Nouvelle-Guinée) – (ISBN 2702120334).
  • 1991 : Des hommes nommés brume (avec Jean-Louis Motte), Arthaud, (album de photos et récit de voyage en Nouvelle-Guinée) – (ISBN 2700309596).
  • 2005 : Télévision, Grasset (puis en Poche, collection « Pluriel »), (essai d’analyse et de critique du langage télévisuel reprenant ses chroniques mensuelles dans Esprit) – (ISBN 2012792901).
  • 2006 : Qu’est-ce qu’un corps ? Musée du quai Branly & Flammarion, (essai d’anthropologie accompagnant l’exposition dont Stéphane Breton a été le commissaire général, ouvrage réalisé avec la collaboration de Michèle Coquet, Michael Houseman, Jean-Marie Schaeffer, Anne-Christine Taylor et Eduardo Viveiros de Castro) – (ISBN 2915133174).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]