Stéphane Bouillon

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Stéphane Bouillon
Image dans Infobox.
Stéphane Bouillon en 2014.
Fonctions
Secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale
depuis le
Directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur
-
Préfet du Rhône
-
Préfet des Bouches-du-Rhône
-
Préfet du Bas-Rhin
-
Directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur
-
Michel Bart (d)
Préfet de la Corse-du-Sud
-
Préfet de la Loire
-
Bernard Boube (d)
Christian Decharrière (d)
Préfet de la Sarthe
-
Michel Camux (d)
Préfet de l'Aube
-
Michel Pinauldt (d)
Philippe Rey (d)
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (65 ans)
CambraiVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Autres informations
Distinctions

Stéphane Bouillon, né le à Cambrai (Nord), est un haut fonctionnaire français.

Préfet, plusieurs fois en poste territorial (Aube, Sarthe, Loire, Corse-du-Sud, Bouches-du-Rhône et Rhône), directeur de cabinet de deux ministres de l'Intérieur (Claude Guéant et Christophe Castaner), il est secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale depuis le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Stéphane Bouillon est élève de l’Institut d’études politiques de Paris, dont il est diplômé en 1979[1]. Il est titulaire d'un DEA de droit public. Il est admis à l’École nationale d’administration, où il est membre de la promotion Louise Michel (1982-1984).

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Il est successivement préfet de l'Aube en 2001, puis préfet de la Sarthe en 2003, préfet de la Loire en 2006. Il est nommé le , préfet de la Région Corse, préfet de Corse-du-Sud, hors classe, poste qu’il occupe jusqu’en 2011.

Il devient directeur de cabinet du ministre de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration Claude Guéant en [2], poste qu'il perd avec l’élection de François Hollande le [3].

En 2013, Stéphane Bouillon devient préfet de la Région Alsace et préfet du Bas-Rhin. Le , il est désigné « préfet préfigurateur » pour la région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine[4].

Le , Stéphane Bouillon est nommé préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, préfet de la zone de défense et de sécurité Sud, et préfet des Bouches-du-Rhône[5].

Le , il remplace Henri-Michel Comet en tant que préfet du département Rhône et de la région Auvergne-Rhône-Alpes — ainsi que de la zone de défense et de sécurité Sud-Est —, à la suite de la décision du conseil des ministres de mettre fin aux fonctions du préfet sortant, mis en cause par l'inspection générale de l'administration dans l'enquête sur l'attentat du à la gare de Marseille-Saint-Charles[6].

À compter du , il est à nouveau directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur, auprès de Christophe Castaner[7] puis de Gérald Darmanin[8] jusqu'au , date de cessation de ses fonctions[9]. Il est nommé secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale à compter du [10] et devient ainsi le premier préfet à occuper le poste[11].

Affaires judiciaires[modifier | modifier le code]

Affaire Belhadad[modifier | modifier le code]

Le , deux mois après l'affaire Mehrah, alors que Stéphane Bouillon est directeur de cabinet de Claude Guéant, il publie un communiqué annonçant la présence de cinq terroristes en France, dont Ali Belhadad, pour lesquels il demande et obtient l'expulsion[12]. Ali Belhadad est présenté comme ayant « été condamné pour son rôle dans les attentats de Marrakech de 1994 ». Lors de son recours en référé devant le tribunal administratif, la représentante du ministère rappelle qu'une « note blanche » des services de renseignement évoque ses relations avec des « vétérans d’Afghanistan », son emploi dans une librairie « fondamentaliste » parisienne et un dîner avec un ancien de Guantánamo[13]. Mais Ali Belhadad n'a jamais été condamné dans les attentats de Marrakech, c'est une erreur de la direction du renseignement de la préfecture de police parisienne[13].

Ali Belhadad est expulsé et ne pourra revenir en France qu'après une procédure longue de deux ans : les recours déposés auprès de Claude Guéant puis de son successeur en 2013, Manuel Valls sont restés sans effet[14].

Le Stéphane Bouillon est reconnu coupable de diffamation contre Ali Belhadad et condamné à 7 000  en dommages et intérêts et 800  d'amende avec sursis[15].

Affaire des boues rouges[modifier | modifier le code]

En , Stéphane Bouillon autorise, par arrêté préfectoral, la société Altéo à continuer d'exploiter ses usines de Gardanne et à rejeter dans la mer des effluents aqueux dépassant les limites réglementaires pour une durée de six ans[16]. Ces effluents possiblement toxiques et issus de l’activité de transformation de minerai de bauxite pour la production d'alumine sont rejetés directement dans les eaux du parc national des Calanques. Le préfet affirme suivre la position du gouvernement. La ministre de l'Écologie, Ségolène Royal, s'était déclarée défavorable au renouvellement de cette autorisation en novembre, elle réitère son désaccord après la prise de cet arrêté estimant que « l’ordre est venu du Premier ministre au préfet, direct » et que « c’est une mauvaise décision qui est essentiellement suscitée par le chantage à l’emploi »[17].

Affaire des permis illégaux à Coti Chiavari[modifier | modifier le code]

Le , Stéphane Bouillon est condamné pour faute, par le tribunal administratif de Bastia, pour l'autorisation de permis de construire illégaux à Coti-Chiavari[18]. Cette condamnation fait suite à l'action en justice des associations de protection de l'environnement U Levante et le GARDE. Le , la veille de son départ de Corse, il avait accordé à Julien Peretti quatre permis de construire pour la « réhabilitation de ruines », en réalité pour un restaurant au bord de mer et sept villas, tous appelés des « bergeries », au lieu-dit Saparella, sur un espace remarquable, et ce alors que la direction départementale des territoires et de la mer avait émis quatre avis défavorables[19].

Décorations[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Invitation du Préfet Bouillon aux Sciences Po Alumni | Sciences Po Alumni », sur sciencespo-alumni.fr (consulté le )
  2. « Stéphane Bouillon, itinéraire d'un préfet exemplaire qui avait tout pour plaire », Corse Matin, 3 mars 2011.
  3. « La gauche remplace les sarkozystes aux postes clés », Le Figaro, 4 août 2012.
  4. « Stéphane Bouillon “ préfet préfigurateur ” de la grande région », L’Alsace, 23 avril 2015.
  5. «Le préfet d'Alsace, Stéphane Bouillon, nommé en Provence-Alpes-Côte d'Azur, et remplacé par le préfet de la Franche-Comté », Dernières nouvelles d’Alsace, 15 juillet 2015.
  6. Présidence de la République, « Compte-rendu du Conseil des ministres du mercredi 11 octobre 2017 », www.elysee.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. Arrêté du 17 octobre 2018 portant nomination au cabinet du ministre de l'intérieur.
  8. Arrêté du 7 juillet 2020 portant nomination au cabinet du ministre de l'intérieur.
  9. « Arrêté du 13 juillet 2020 portant cessation de fonctions au cabinet du ministre de l'intérieur », sur legifrance.gouv.fr, (consulté le ).
  10. « Conseil des ministres du  », sur elysee.fr (consulté le ).
  11. Jean-Dominique Merchet, « Le préfet Stéphane Bouillon nommé SGDSN », sur L'Opinion, .
  12. « Stéphane Bouillon, préfet d'Alsace, condamné pour une erreur commise lorsqu'il était directeur de cabinet de Claude Guéant » sur les Dernières nouvelles d'Alsace.
  13. a et b « Expulsé par Guéant, le faux terroriste Ali Belhadad pourra revenir en France », sur L'Obs (consulté le )
  14. « La justice annule l'expulsion d'un Algérien accusé à tort de terrorisme » sur Le Monde, 13 février 2020.
  15. « Le préfet d’Alsace condamné pour diffamation lors de son passage au ministère de l’Intérieur » sur Rue 89.
  16. « PACA : le préfet autorise pour 6 ans le rejet des boues rouges dans le Parc national des Calanques », sur sciencesetavenir.fr, .
  17. « Rejets de boues rouges, Ségolène Royal attaque Matignon », sur la-croix.com, .
  18. « Préfet de Corse-du-Sud : condamnation pour faute », sur ulevante.fr, (consulté le ).
  19. Tribunal administratif de Bastia, « N° 1500783 », sur levante.fr, (consulté le ).
  20. Décret du 13 juillet 2015 portant promotion et nomination.
  21. Décret du 31 décembre 2005 portant promotion et nomination.
  22. Décret du 21 mai 2021 portant promotion et nomination dans l'ordre national du Mérite.
  23. Décret du 14 mai 2010 portant promotion et nomination.
  24. Décret du 30 avril 2002 portant promotion et nomination.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]