Stèles géodésiques de Sausheim et Oberhergheim

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Stèles géodésiques de Sausheim et Oberhergheim
Oberhergheim-3955.jpg
Mire d'Oberhergheim.
Présentation
Type
Construction
Propriétaire
État
Patrimonialité
Logo monument historique Classé MH (1979, stèle géodésique)
Localisation
Pays
Région
Département
Communes

Les stèles géodésiques de Sausheim et Oberhergheim sont deux mires topographiques situées dans le département français du Haut-Rhin, dans le Grand Est, respectivement à Oberhergheim (au nord) et Sausheim (au sud), entre Mulhouse et Colmar.

Historique[modifier | modifier le code]

Mire d'Oberhergheim : « Terme septentrional d'une base de 19 045 14 mètres mesurée sous le règne de Napoléon empereur des Français pour servir la carte de l'Helvétie et à la détermination de la grandeur et de la figure de la Terre en août MDCCCIV. »[1],[2]

Les deux stèles ont été élevées en août 1804, sous le règne de Napoléon Ier, par l'équipe de l'astronome Maurice Henry (1763-1825) dans le cadre de l'établissement d'une carte de la Suisse sous domination française[3],[4]. Le but de l'opération était, à quelques kilomètres de la frontière franco-suisse, de mesurer la distance séparant les deux stèles (19,045 km). Cette distance, dite base d'Ensisheim (du nom de la commune d'Ensisheim située environ à mi-chemin entre les deux stèles), a ensuite servi à la triangulation. C'est à l'époque la plus longue base ainsi mesurée à la surface de la Terre[5].

La stèle de Sausheim aurait dû initialement se trouver sur la colline de Rixheim, en raison des effets de la réfraction atmosphérique[6], et une troisième stèle aurait dû être érigée à Jungholtz-Thierenbach[7].

Les stèles prennent la forme d'obélisques ou de pyramides constituées de six blocs de grès rose des Vosges superposés, pour une hauteur de 5 m (l'ensemble étant surmonté, à Sausheim, de deux autres blocs qui portent sa hauteur à 7 m). Elles sont entourées par douze bornes plus petites disposées en cercle.

Elles constituent une appropriation de la forme de la pyramide et de l'obélisque, après la campagne d'Égypte[8].

Elles ont toutes deux été classées au titre des monuments historiques par arrêté du [9],[10],[11],[12]. La stèle méridionale de Sausheim a été restaurée en 1985[2],[12].

Selon Charles Grad dans la revue Le Tour du monde en 1886, la stèle méridionale portait à l'origine un écusson à l'effigie de Bonaparte, qui a été cassé par les Autrichiens lors de l'invasion de 1813[13].

Coordonnées géographiques[modifier | modifier le code]

Sausheim, Stèle géodésique 2.jpg

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Les coordonnées de cet article :

Les coordonnées géographiques des deux stèles sont (dans le système ETRS89) :

Références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Chappet, Roger Martin, Alain Pigeard et André Robe, Guide napoléonien : Descriptifs des musées, monuments, stèles, curiosités sur l'histoire de 1795 à 1815 en France et à l'étranger, Paris, Lavauzelle, coll. « Biblio Clio » (no 3), , 383 p., p. 101–102.
  2. a et b Alain Chappet, Roger Martin et Alain Pigeard, Le Guide Napoléon : 4 000 lieux de mémoire pour revivre l'épopée, Paris, Tallandier, coll. « Bibliothèque napoléonienne », , 974 p. (ISBN 2-84734-246-X), p. 283–284.
  3. Martin Rickenbacher (Swisstopo), « L'extension de la carte de France vers la « Suisse » entre 1780 et 1815 », Le CFC, no 191,‎ , p. 25–39 (lire en ligne).
  4. Pierre Deslais, L'Alsace, géographie curieuse et insolite, Rennes, Éditions Ouest France, , 117 p. (ISBN 978-2-7373-6364-1), p. 88.
  5. Charles De Villeudeuil, La Grande Encyclopédie : Inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts, vol. 5 : Baillière - Belgiojoso, Paris, Henri Lamirault (lire en ligne), « Base - II. Géodésie », p. 569.
  6. François Joseph Delcros, « Notice sur les altitudes du Mont-Blanc et du Mont-Rose, déterminées par des mesures barométriques et géodésiques », Annuaire météorologique de la France, vol. 3,‎ , p. 267 (lire en ligne).
  7. Raymond Oberlé (dir.), Lucien Sittler (dir.) et Centre de recherches et d'études rhénanes (dir.), Le Haut-Rhin, vol. 3 : R-Z, Colmar, Alsatia, , 1762 pages p. (ISBN 2-7032-0165-6), p. 1331–1332.
  8. Dominique Toursel-Harster et Bernadette Schnitzler, « À chacun son Égypte : Les manifestations de l'égyptomanie en Alsace », Cahiers alsaciens d'archéologie, d'art et d'histoire, Société pour la conservation des monuments historiques d'Alsace, vol. 42,‎ , p. 216–217.
  9. Notice no PA00085569, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  10. Michèle Bardout, « Stèle (stèle géodésique) », pour l'Inventaire général du patrimoine culturel, 1987, dans la base Palissy, ministère de la Culture, notice no IM68001998.
  11. Notice no PA00085672, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  12. a et b Michèle Bardout, « Stèle géodésique dite pyramide de Sausheim », pour l'Inventaire général du patrimoine culturel, 1991, dans la base Palissy, ministère de la Culture, notice no IM68004353.
  13. Charles Grad, « À travers l'Alsace et la Lorraine », Le Tour du monde,‎ , p. 410 (lire en ligne), repris dans Charles Grad, L'Alsace, le pays et ses habitants, Paris, Hachette, (lire en ligne), p. 194.
  14. Site no 6824209 : Oberhergheim IX (point a), Réseau géodésique français, IGN.
  15. Site no 6830002 : Sausheim II (point a), Réseau géodésique français, IGN.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Bonnel, « Monuments napoléoniens d'Alsace : Les stèles géodésiques de Sausheim et d'Oberhergheim », Bulletin historique de la ville de Mulhouse, no 2,‎ , p. 105–111
  • (de) Martin Rickenbacher, Napoleons Karten der Schweiz: Landesvermessung als Machtfaktor, 1798–1815, Baden, Hier und Jetzt (de), (ISBN 978-3-03919-196-3, lire en ligne), chap. 4.4.4 (« Die Basis von Ensisheim »), p. 176–185

Article connexe[modifier | modifier le code]