Stèles

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Page d'aide sur l'homonymie Pour le livre de Yang Jisheng, voir Stèles. La Grande famine en Chine, 1958-1961.

Stèles est un recueil de poèmes à thème chinois publié par Victor Segalen en 1912.

Genèse[modifier | modifier le code]

Ce livre fut rédigé durant le voyage en Chine de Segalen. La première publication date de 1912 aux Presses du Pei-t’ang, Pékin avec une présentation à la chinoise, soit 81 exemplaires hors commerce sur papier de Corée et environ 200 exemplaires sur vélin parcheminé). En 1914, une édition augmentée de 16 nouveaux poèmes est imprimée. Cette édition fut republiée en 1922 chez Georges Crès à Paris.

Originalité formelle[modifier | modifier le code]

Estampage d'une stèle chinoise du XIVe siècle.

Une stèle se présente sous la forme suivante :

  • titre
  • cadre rectangulaire qui délimite le poème et qui figure les arêtes des stèles de pierre
  • épigraphe en caractère chinois
  • strophes parfois séparées les unes des autres au moyen d'un petit cercle

Structure[modifier | modifier le code]

Précédés d'une préface, les poèmes sont répartis en six ensembles :

  • Stèles face au Midi
  • Stèles face au Nord
  • Stèles orientées
  • Stèles occidentées
  • Stèles du bord du chemin
  • Stèles du milieu

Certaines stèles ont été écartées du recueil et sont publiées en annexe dans les éditions modernes.

Extrait[modifier | modifier le code]

Des lointains

Des lointains, des si lointains j'accours, ami, vers toi, le plus cher. Mes pas ont dépecé l'horrible espace entre nous.

De longtemps nos pensers n'habitaient plus le même instant du monde : les voici à nouveau sous les mêmes influx, pénétrés des mêmes rayons.

Tu ne réponds pas. Tu observes. Qu'ai-je déjà commis d'inop- portun ? Sommes-nous bien réunis : est-ce bien toi, le plus cher ?

Nos yeux se sont manqués. Nos gestes n'ont plus de symétrie. Nous nous épions à la dérobée comme des inconnus ou des chiens qui vont mordre.

Quelque chose nous sépare. Notre vieille amitié se tient entre nous comme un mort étranglé par nous. Nous la portons d'un commun fardeau, lourde et froide.

Ha ! Hardiment retuons-la ! Et pour les heures naissantes, prudemment composons une vivace et nouvelle amitié.

Le voulez-vous, Ô mon nouvel ami, frère de mon âme future ?

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