Sri Lanka

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République démocratique socialiste du Sri Lanka

ශ්‍රී ලංකා ප්‍රජාතාන්ත්‍රික සමාජවාදී ජනරජය (si)

இலங்கை சனநாயக சோசலிசக் குடியரசு (ta)

Democratic Socialist Republic of Sri Lanka (en)

Drapeau
Drapeau du Sri Lanka.
Blason
Emblème du Sri Lanka.
Description de l'image Sri Lanka (orthographic projection).svg.
Hymne national Sri Lanka Matha
Administration
Forme de l'État République
Président de la République Maithripala Sirisena
Premier ministre Ranil Wickremesinghe
Langues officielles Singhalais, tamoul, anglais (langue de lien)[1],[2]
Capitale Sri Jayawardenapura Kotte, une partie des institutions se trouve à Colombo

6°54′N, 79°54′E

Géographie
Plus grande ville Colombo
Superficie totale 65 610 km2
(classé 120e)
Superficie en eau Négligeable
Fuseau horaire UTC + 5 h 30
Histoire
Indépendance Du Royaume-Uni
Date
République

Démographie
Gentilé Srilankais
Population totale (2017[3]) 22 409 381 hab.
(classé 56e)
Densité 342 hab./km2
Économie
Monnaie Roupie srilankaise (LKR​)
Divers
Code ISO 3166-1 LKA, LK​
Domaine Internet .lk
Indicatif téléphonique +94

Le Sri Lanka est un État insulaire de 65 610 km2 du sous-continent indien, situé au sud-est de l'Inde, et peuplé d'environ vingt-deux millions de personnes.

Il est appelé en forme longue république démocratique socialiste du Sri Lanka, en singhalais Sri Lankā, Śri Lanka, Çri Lanka ou Śrī Laṅkā, ශ්‍රී ලංකා et Sri Lankā Prajathanthrika Samajavadi Janarajaya, ශ්‍රී ලංකා ප්‍රජාතාන්ත්‍රික සමාජවාදී ජනරජය, en tamoul Illankai, இலங்கை et Illankai Chananaayaka Chosalisa Kudiyarasu, இலங்கை சனநாயக சோஷலிசக் குடியரசு et en anglais Sri Lanka et Democratic Socialist Republic of Sri Lanka ; il a porté auparavant les noms de Tambapanni par les premiers habitants, Taprobane par les grecs, Serendip (ou Serendib) par les arabes, puis Ceylan jusqu'en 1972.

Le pays possède une diversité religieuse, culturelle et linguistique marquée. Ainsi, le Sri Lanka possède deux langues officielles reconnues par la Constitution du pays à parts égales, le singhalais et le tamoul. La première est prédominante dans la plus grande partie du pays, car environ 73,8 % de locuteurs sont cingalais, pour environ 26,1 % de tamouls.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte du Sri Lanka.

Le Sri Lanka est situé dans l’océan Indien, à environ 31 km du sud-est de l'Inde, les deux pays étant séparés par le détroit de Palk, mais quasiment reliés par le pont d'Adam. Sa superficie est de 65 610 km2 et sa population s’élève à plus de 20,4 millions d'habitants[4]. Point culminant : le mont Pidurutalagala, à 2 524 m.

Les principales villes sont Colombo (capitale économique, 690 000 habitants en 2003), Kandy et Galle. Les villes autour de Colombo sont Dehiwala-Mount Lavinia (196 000 hab.), Moratuwa (170 000 hab.). La ville la plus septentrionale du pays, Jaffna (129 000 hab.), est aujourd’hui dans la zone contestée entre les militants tamouls et le gouvernement. La capitale politique est Sri Jayawardenapura Kotte, située à 15 km au sud-est de Colombo.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du Sri Lanka.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Les premières traces d'activités humaines au Sri Lanka date d'il y a 125 000 ans, à plus de 500 000 ans[5].

Les premiers habitants connu de l'îles sont les Vedda[6]. Une ethnie de près de 2500 personnes.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Statue de Bouddha à Dambulla.

L'un des premiers texte faisant références à l'île sont les deux épopées mythologiques de Ramayana, qui ont lieu entre le IIIe siècle av. J.-C. et le IIIe siècle de notre ère[7].

Cette île était nommée la Taprobane sur la carte de Ptolémée. Elle joua un rôle important dans les échanges commerciaux maritimes pendant l'Antiquité et elle est citée dans Le Périple de la mer Érythrée.

Le bouddhisme est probablement introduit dans l'île au IIIe siècle av. J.-C., sous l'impulsion du fils de l'empereur indien Ashoka[8].

Empire Pandya (-600 à 1345)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Empire Pandya.

Royaume d'Anuradhapura (-377 à 1017)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Royaume d'Anuradhapura.

Une civilisation prospère se développa dans des villes comme Anurâdhapura. Cette civilisation, au cours du Ve siècle, créa une « hydrocratie » sous l'influence du bouddhisme, autour d'immenses réservoirs d'eau artificiels (comme dans l'Empire khmer).

Le Mahavamsa (« la grande généalogie ») est un texte écrit (IVe siècle) en langue pâli par le moine Mahanama. Ce texte raconte les histoires des rois cingalais et dravidiens de l'île. Il couvre une période qui s'étend de l'avènement du roi Vijaya en 543 av. J.-C. au règne du roi Mahasena (334-361 apr. J.-C.). Le Culavamsa, ou « la petite généalogie » a continué cette tradition écrite jusqu'au XIXe siècle. Depuis 1070, Cingalais en majorité bouddhistes et Tamouls en majorité hindouistes, sont présents sur la plus grande partie du territoire.

Autres royaumes[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Royaume de Polonnaruwa (1056 à 1232)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Royaume de Polonnaruwa.

D'après des textes cingalais, la partie méridionale de l'île aurait subi deux attaques de la part de Candrabhanu, souverain de la principauté malaise de Tambralinga (aujourd'hui Nakhon Si Thammarat dans le sud de la Thaïlande). La première aurait eu lieu en 1247. Candrabhanu est défait par le roi Parâkramabâhu II (règne 1236-1270), mais il réussit néanmoins à prendre le contrôle du nord de l'île. Candrabhanu lance une seconde attaque en 1262, cette fois-ci avec l'aide de forces tamoules et cingalaises. Il est de nouveau défait et tué en combat. L'influence de Tambralinga disparaît au XIVe siècle. Si l'on excepte l'influence malaise à Madagascar, cet épisode est le seul exemple d'une expédition venant du sud-est asiatique, en-dehors des limites de cette région.

Royaume de Jaffna (1215 à 1624)[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Royaume de Jaffna et Ârya Chakravarti.

Le Sri Lanka connut, à plusieurs reprises, le règne de rois tamouls, en particulier sous l'empire de Chola, en Inde du Sud.

Royaume de Kandy (1469 à 1815)[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Royaume de Kandy et Liste des rois de Kandy.

Autres royaumes[modifier | modifier le code]

Période coloniale[modifier | modifier le code]

Colonisation portugaise (1597 à 1658)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ceylan portugais.

Les Portugais ont principalement étendu leur domination sur les territoires du Royaume de Kotte et des villages Vannimai du nord de Ceylan. L'arrivée des Portugais sur l'île était accidentelle sachant qu'ils étaient venu pour le commerce de la cannelle.

Le Portugal va maintenir sa domination sur l'île de 1505 à 1658.

En 1638, le Royaume de Kandy voisin signe le traité de Kandy avec l'Empire colonial néerlandais pour chasser les Portugais. Ces derniers sont vaincus en 1658.

Colonisation néerlandaise (1658 à 1796)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ceylan néerlandais.

Après la signature du traité de kandy de 1638, le roi Râjasimha II désigne les Hollandais comme nouveau protecteur de l'île. Une guerre éclate donc entre les Pays-Bas et le Portugal pour le contrôle de l'île (guerre néerlando-portugaise). Les Pays-Bas en prennent définitivement le contrôle en 1658.

Colonisation britannique (1796 à 1948)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ceylan britannique.

L'Empire britannique intégra l'île de Ceylan en tant que province en 1796 au détriment des Hollandais. Le territoire devint officiellement une colonie entre 1802 et 1948. Au début ce territoire ne comprenait pas le Royaume de Kandy, devenu un protectorat en 1815, mais à partir de 1817 les possessions britanniques couvrent toute l'île de Ceylan. Ce contrôle britannique fut confirmée au Congrès de Vienne, en 1814 et 1815 puis par la convention de Kandy de 1815.

Très rapidement, les Kandyans se sont rebellés et ont mené une guérilla. Le mécontentement à l'égard des activités britanniques se transforma bientôt en rébellion ouverte, débutant dans le duché d'Uva en 1817. Ces batailles sont connues sous le nom de Rébellion d'Uva, ou encore de Troisième Guerre de Kandy. Elle se termina après une sanglante répression de la part des Britanniques. La principale cause de la rébellion était religieuse ; les Kandyans voyant les Britanniques comme une menace envers leurs traditions bouddhistes, considérées par les insulaires comme faisant partie intégrante de leur vie. Ce fut le dernier soulèvement de ce genre. La réaction brutale de la Grande-Bretagne, en massacrant tous les rebelles, ayant servi d'avertissement au reste de la communauté. C'est après cette rébellion que le Royaume de Kandy a été annexé à Ceylan en 1817.

L'administration anglaise introduisit au XIXe siècle la culture du thé, ainsi qu'un réseau ferroviaire.

Les politiques racistes de G. G. Ponnambalam, dirigeant tamoul, et de son homologue cingalais, S. W. R. D. Bandaranaike, déclenchèrent, pendant les années 1930, des troubles entre les deux communautés. Les premiers affrontements eurent lieu en 1939, après un discours enflammé du dirigeant tamoul Ponnamabalam[9]. Par contre, les actions indépendantistes furent non-violentes et adoptèrent une approche progressive et constitutionnelle.

Depuis l'indépendance[modifier | modifier le code]

Commonwealth[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dominion de Ceylan.

Guerre civile du Sri Lanka[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre civile du Sri Lanka.

La Seconde Guerre mondiale retarda les troubles ethniques sur l'île et un gouvernement modéré, dirigé par Don Stephen Senanayake, premier ministre, déclara l'indépendance le . Après la mort de Senanayake, une coalition nationaliste cingalaise menée par Bandaranaike gagna les élections. Le gouvernement de S. W. R. D. Bandaranaike, au pouvoir en 1956, instaura le cingalais comme seule langue officielle, première loi emblématique discriminante à l'égard de la minorité tamoule.

Les Tamouls, surtout le parti souverainiste tamoul (Tamil Arasu Kachchi), organisèrent des manifestations pacifiques contre l'usage d'une langue officielle unique. En 1958 un pogrom anti-Tamouls fait 500 victimes et en 1959 S. W. R. D. Bandaranaike est assassiné par un moine bouddhiste cingalais. En 1972, le bouddhisme est décrété religion d'État et l'admission des Tamouls à l'université devient sélective.

Les Tamouls et très majoritairement les jeunes, prennent alors les armes sous forme de plusieurs groupes de guérilla. En 1977, une modification de la loi sur la langue officielle reconnaît à nouveau — mais un peu tard — le tamoul comme langue officielle.

Une guerre civile prend de l'ampleur à compter de 1983 : elle oppose le gouvernement central à l'organisation des Tigres de libération de l'Îlam tamoul (en anglais LTTE - Liberation Tigers of Tamil Eelam), conduite par Velupillai Prabhakaran, et devenue unique représentante de la résistance armée. En prenant en compte les événements d'avant la guerre proprement dite, cette guerre civile a causé la mort de plus de 100 000 personnes depuis 1972.

Le Sri Lanka a été gravement touché par le tsunami du 26 décembre 2004 autant au niveau matériel qu'au niveau humain.

Après la trêve de 2002-2005, le conflit s'accélère et rentre dans une phase décisive en 2009. Avec l'appui logistique de la Chine et du Pakistan, le président Rajapakse (élu sur un programme ultra-sécuritaire) mène une « guerre contre le terrorisme » dont il veut purger le pays. L'offensive est particulièrement sanglante avec 40 000 morts selon des estimations qui ne prennent pas en compte plusieurs dizaines de milliers de disparus (dont une grande partie de civils). L'ONU estime que dans cette phase ont été commis de part et d'autre des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, le gouvernement srilankais ayant refusé toute aide humanitaire.

Les LTTE cessent le combat le après l'annonce de la mort de M. V. Prabhakaran. Et le chef de l’État srilankais Mahinda Rajapakse déclarera solennellement le devant le Parlement la victoire écrasante de la République Démocratique et Socialiste du Sri Lanka.

En 2011 la RDS du Sri Lanka continue de percevoir des fonds importants de l'ensemble de la Communauté internationale sous forme d'aide au développement et à la reconstruction. Des ONG locales (les autres restant interdites) s'occupent d'améliorer la situation des 300 000 Tamouls qui ont tout perdu lors du conflit et sortent sporadiquement des camps de réfugiés sous contrôle militaire où ils ont vécu plusieurs mois.

En absence d'observateurs, ou de journalistes étrangers, le gouvernement reste libre de comptes à rendre sur ses intentions de dialogue, mais il est à signaler que son budget d'armement n'a pas baissé depuis 2009.

Des ONG dénoncent le fait que le gouvernement a abandonné les populations tamouls et a donné les pleins pouvoirs et assuré l'impunité à l'armée dans les régions tamouls depuis la fin de la guerre contre les terroristes du LTTE[10].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique au Sri Lanka.

Le peuple élit un président pour un mandat de cinq ans renouvelable deux fois depuis la révision constitutionnelle du . Il est à la fois le chef d'État, le chef de gouvernement et le commandant en chef des forces armées. Le président est responsable devant le Parlement de ses actes et du respect de la Constitution et des lois. Il peut être révoqué par un vote des 2/3 des parlementaires avec l'accord de la Cour suprême. Le président nomme et dirige un cabinet de ministres, qui sont responsables devant le parlement. L'actuel président de la République est Maithripala Sirisena depuis le 9 janvier 2015.

Le parlement est monocaméral et comprend 225 parlementaires élus au suffrage universel dans chaque province au scrutin proportionnel plurinominal pour un mandat de six ans. Le président peut dissoudre le Parlement et provoquer de nouvelles élections une fois par an. Le Parlement vote les lois. Le président du Parlement (speaker) est élu par les parlementaires. Mais la démocratie n'est pas parfaite, les élections présidentielles de 2010 ont été entachées de fraude et la liberté d'expression n'a pas été respectée.

Après plus d'un quart de siècle, la guerre civile qui a ravagé le pays a connu son épilogue en mai 2009[11].

Alliances et partis politiques[modifier | modifier le code]

Le pays est basé sur le système de Westminster propre aux pays ayant fait partie de l'Empire britannique, avec un parti au pouvoir, et un parti d'opposition. Depuis l'indépendance en 1948, le pouvoir est partagé entre les mains de deux partis mastodontes : le Parti national uni représentant la droite cingalaise conservatrice et libérale; et le Sri Lanka Freedom Party représentant la gauche cingalaise socialiste. Ces deux partis ont mis en place un système d'alliance politique qui a verrouillé le choix des électeurs entre ces deux partis.

Divisions administratives[modifier | modifier le code]

Le Sri Lanka possède neuf provinces, elles-mêmes divisées en 25 districts.

Villes importantes :

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie du Sri Lanka.

Le produit intérieur brut (PIB) du Sri Lanka était d'environ 82 milliards de dollars en 2015 Quelques indicateurs économiques pour 2015 :

  • PIB réel (milliards $) : 76,3
  • PIB réel par habitant : 3 967 $ US
  • Taux de chômage : 4,6 %
  • Dette publique: 76 %
  • Croissance : 4,8 %
  • Inflation : 0,9 %
  • Balance des paiements (milliards $) : −2,1
  • Importations : 27,96 %
  • Exportations : 20,53 %
  • Balance commerciale (en % du PIB): - 7.43
  • Transferts de revenus des travailleurs émigrés : + 13,4 %
  • Dépenses publiques de santé : 1,96 % du PIB
  • Dépenses militaires : 2,53 % du PIB

Production[modifier | modifier le code]

Pêcheurs sur échasses près de Unawatuna.

Le secteur primaire correspond à 12,6 % de la totalité de la production. Au Sri Lanka, on cultive surtout le riz, la canne à sucre, toutes sortes de grains, les épices, des fruits et légumes, le thé, le latex, la noix de coco et on élève bœufs et poissons.

Pour ce qui est du secteur secondaire, il représente 29,7 % de toute la production. Parmi les plus importantes industries, il y a le traitement du caoutchouc, l'industrie du thé, de la noix de coco, du tabac et plusieurs autres matières premières agricoles, sans oublier les télécommunications, l'assurance et le secteur bancaire. Le tourisme, le textile, le ciment, le raffinage du pétrole, des services de technologie de l'information et de la construction sont des activités importantes.

Le secteur tertiaire prend la plus grande place avec 57,7 % de la production totale. Sur les 18 aéroports du pays, 14 sont bétonnés. Il y a 1 449 km de voies ferrées et 91 907 km de routes.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la démographie entre 1961 et 2003, en milliers d'habitants (chiffres de la FAO, 2005).

En 2016, la population du Sri Lanka est estimée à 22,23 millions d'habitants. Quelques données démographiques pour 2015[4] :

Santé[modifier | modifier le code]

  • Espérance de vie : 70 ans
  • Indice de fécondité (2000-2005) : 2
  • Taux de mortalité infantile : 17
  • Population de moins de 15 ans : 24,8 %
  • Population âgée de 65 ans et plus : 5,8 % (74 ans d'espérance de vie...?)

Le Sri Lanka a été, pendant des décennies, un des pays avec le plus haut taux de suicides au monde[12]. Toutefois, le nombre de suicides est passé du record de 8449 morts soit 46,6 en 1995 à 4225 soit 21 en 2007[12]. Cette baisse peut s'expliquer par diverses mesures prises au milieu des années 1990 dont la principale a été la décriminalisation du suicide en éliminant la honte qui lui est liée[12].

Droits de l'homme[modifier | modifier le code]

Le non-respect des droits de l'homme au Sri Lanka a été dénoncé par de nombreuses organisations, dont Amnesty International, Human Rights Watch et le département d'État des États-Unis.

Torture[modifier | modifier le code]

Outre les nombreuses exactions commises pendant la guerre civile[13], un rapport récent de Free from Torture montre que le gouvernement continue à pratiquer la torture de façon courante[14].

Viol et violence contre les femmes[modifier | modifier le code]

Les femmes sont victimes de nombreuses violences, et l'inaction des pouvoirs publics est dénoncée par plusieurs organismes, dont l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés[15]. Un rapport de l'Organisation des Nations unies de septembre 2013 a révélé, quant à lui, que 97 % des violeurs au Sri Lanka n'étaient pas inquiétés par la justice[16].

En avril 2014, un projet de loi vivement critiqué par la presse internationale[17] envisage de permettre aux violeurs d'épouser leur victime pour éviter des sanctions judiciaires. Le président de l'Assemblée Nationale Chamal Rajapaksa a quant à lui déclaré que les violences faites aux femmes relevaient de leur propre responsabilité et certainement pas de celle des hommes[18]. Quelques jours après l'abolition d'une loi de 1979 qui interdisait aux femmes d'acheter de l'alcool, le président du Sri Lanka a finalement décidé de la remettre en vigueur[19].

Extrémisme[modifier | modifier le code]

Le groupe bouddhiste extrémiste et islamophobe Bodu Bala Sena a été menacé de poursuites pour abus des droits de l'homme après les élections de janvier 2015[20].

Religions[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Islam au Sri Lanka et Catholicisme au Sri Lanka.

Les bouddhistes – d'obédience theravāda – représentaient 69,1 % de la population en 2001[21]. Cependant, la Constitution de 1972 n'a pas donné au bouddhisme le statut de religion d'État. Elle lui reconnaît une place privilégiée, mais garantit l'égalité de traitement aux autres croyances[22].
En 2001, les hindous étaient 11,6 %, les musulmans 7,6 %, et les chrétiens – pour la plupart catholiques, – 6,2 %[21]. Les protestants descendants des colons hollandais sont désormais très peu nombreux : beaucoup ont émigré vers l'Occident[23].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Langues[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langues au Sri Lanka.

Langues officielles : singhalais 69,5 %, tamoul 29,5 %[1], autres 1 %. Toutefois, la politique du pays tolérait « difficilement » l'utilisation et l'enseignement du tamoul. Au bout du compte, un locuteur tamoul se devait de parler le cingalais pour pouvoir s'adresser ou émettre des demandes au sein de l'administration. Cette ségrégation linguistique devient un peu moins courante aujourd'hui.

Selon le recensement de 2012, 87,0 % des Srilankais sont capables de parler le cingalais (14 670 239 locuteurs), 28,5 % le tamoul (4 807 584) et 23,8 % l'anglais (4 019 583). L'anglais est le première langue étrangère enseignée mais seulement 0,1 % de la population a l'anglais comme langue maternelle. Sans être langue officielle, il est parfois utilisé comme langue de travail par le gouvernement et est considéré comme une « langue de lien » par la Constitution srilankaise.

Un créole malais est parlé par la communauté des Malais de Sri Lanka, mais son utilisation est en déclin. Quant à la langue des Vedda, elle ne serait plus du tout en usage[24].

Le français, bien après l'anglais, demeure la deuxième langue étrangère enseignée et le nombre d'apprenants au primaire et au secondaire a progressé de 30 % entre 2010 et 2014.

Le néerlandais a quasiment disparu depuis le début des années 1930. Les Burghers, descendants de Néerlandais, souvent métissés, sont au nombre d'environ 39 000 en 2013, mais ils parlent souvent le cingalais, et un grand nombre de Burghers parlent anglais en seconde langue. Les Burghers qui savent parler néerlandais sont très rares de nos jours.

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture du Sri Lanka.

Sites archéologiques et naturels[modifier | modifier le code]

Sites archéologiques :

Autres :

Musique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musique srilankaise.

Jours fériés[modifier | modifier le code]

À l'époque de l'Esala Perahera, la lune de juillet-août, la relique déposée dans le Temple de la Dent parcourt les rues de Kandy où a lieu le Perahera en l'honneur d'une canine du Bouddha. Dix nuits durant, entourés de baladins, musiciens et danseurs, des éléphants escortent la relique dans les rues de la ville. Le soir de la pleine lune, la fête atteint son apogée. Jusqu'à cent éléphants défilent ensemble dont beaucoup sont « ornés ».

Codes[modifier | modifier le code]

Le Sri Lanka a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Gouvernement du Sri Lanka, « The constitution of Sri Lanka: Chapter IV - Language », sur http://www.priu.gov.lk/ (consulté le 16 janvier 2011) : « Official Language. 18. The Official Language of Sri Lanka shall be Sinhala. Tamil shall also be an official language. English shall be the link language. National Languages. 19. The National Languages of Sri Lanka shall be Sinhala and Tamil. ».
  2. L'anglais est considéré comme une « langue de lien » par la Constitution srilankaise, et est à ce titre parfois utilisé comme langue de travail par le gouvernement.
  3. (en) « The World Factbook — Central Intelligence Agency », sur www.cia.gov (consulté le 8 avril 2018).
  4. a et b Catherine Gouëset, « République démocratique socialiste de Sri Lanka Quelques données de base » dans l'Express du 7 avril 2010 [lire en ligne].
  5. (en) Rohan Hettiarachchi, « PRE- AND PROTOHISTORIC SETTLEMENT IN SRI LANKA », sur www.lankalibrary.com.
  6. (en) Deraniyagala, S. U., « Early Man and the Rise of Civilisation in Sri Lanka: the Archaeological Evidence », lankalibrary.com (consulté le 15 juillet 2014).
  7. (en) Keshavadas, Sant, Ramayana at a Glance, Motilal Banarsidass, (ISBN 81-208-0545-3).
  8. Jacques Dupuis, Histoire de l'Inde, 2e éd., Éditions Kailash, 2005, p. 133.
  9. Jane Russell, Communal Politics under the Donoughmore Constitution, Tisara Publishers, Colombo 1982
  10. Vanessa Dougnac, « Sri Lanka : la face cachée du tourisme », sur lepoint.fr, .
  11. Cédric Gouverneur, « Au Sri Lanka, des braises couvent sous le béton : Les Tamouls sous la coupe de l’armée », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne).
  12. a, b et c (en) (en) Integrated Regional Information Networks (IRIN), « Sri Lanka: Suicide rate drops, but more people using poison », (consulté le 8 août 2009).
  13. United Nations, Report of the Secretary-General’s Panel of Experts on Accountability in Sri Lanka, 2011
  14. United Nations, Out of the Silence: New Evidence of Ongoing Torture in Sri Lanka
  15. « Sri Lanka: Situation des femmes », sur refworld.org.
  16. (en) « Why Do Some Men Use Violence Against Women and How Can We Prevent It? », sur partners4prevention.org.
  17. « SRI LANKA. Bientôt un paradis pour les criminels », sur courrierinternational.com, .
  18. « Speaker Chamal Rajapaksa says violence against women is their own fault »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 19 octobre 2017).
  19. « Le Sri Lanka restaure une ancienne loi interdisant aux femmes d'acheter de l'alcool », Minutenews,‎ (lire en ligne).
  20. (en) Patrick Peebles, Historical Dictionary of Sri Lanka, Rowman & Littlefield Publishers, (ISBN 978-1-4422-5585-2, lire en ligne), p. 59.
  21. a et b Données provisoires issues du recensement de 2001, World Factbook de la CIA [1]
  22. Tessa Bartholomeusz, « First Among Equals: Buddhism and the Sri Lankan State », in Ian Harris (dir.), Buddhism and Politics in Twentieth-Century Asia, Pinter, Londres, 1999, p. 173.
  23. Éric Meyer, Sri Lanka : entre particularismes et mondialisation, La Documentation française, Paris, 2001, p. 40 (ISBN 2-11-004714-3).
  24. (en) « Sri Lanka », sur Ethnologue, Languages of the World, 18th edition, 2015, SIL International (consulté le 9 juillet 2015).

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) John Clifford Holt (dir.), The Sri Lanka reader : history, culture, politics, Duke University Press, Durham, NC, 2011, 772 p. (ISBN 978-0-8223-4982-2)
  • (en) C. A. Gunarwardena, Encyclopedia of Sri Lanka, New Dawn Press, New Delhi, 2006 (2e éd.), 399 p. (ISBN 978-1932705485)
  • Éric Meyer, Sri Lanka : entre particularismes et mondialisation, La Documentation française, Paris, 2001, 183 p. (ISBN 2-11-004714-3)
  • Octave Sachot, L'Île de Ceylan et ses curiosités naturelles, 5e éd. augmentée et ornée de gravures, Paris : Victor Sarlit, 1869, 356 p. [2]

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Sri Lanka : musiques rituelles et religieuses (Herman C. Vuylsteke, collecteur), Radio-France, Paris ; Harmonia mundi, Arles, 1992, CD (51 min 08 s) + brochure (16 p.)
  • Sri Lanka : maîtres-tambours guérisseurs (François Jouffa, collecteur), Buda Musique, Paris, Universal (distrib.), 2004, 2 CD (1 h 14 min 12 s, 1 h 14 min 14 s) + 1 brochure
  • Les maîtres de Sri Lanka : enregistrement sonore in situ, (François Jouffa, collecteur), Frémeaux & associés, Vincennes, Nocturne, 2007, CD (1 h 04 min 07 s) + 1 brochure (16 p.)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Ceylan et les Maldives (ou Sri Lanka, l'île resplendissante), film documentaire de Jacques Santou, Civilisations du monde, Paris, ADAV (distrib.), 200X (1993) 49 min (DVD)
  • Sri Lanka : de bon augure, film documentaire de Marc Mopty, L'Harmattan Vidéo, Paris ; Zarafa Films, Pantin (distrib.), 2006 (2003), 52 min (DVD)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]