Spirale d'Ulam

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En mathématiques, la spirale d'Ulam, ou spirale des nombres premiers (dans d'autres langues, elle est appelée aussi horloge d'Ulam) est une méthode simple pour la représentation des nombres premiers qui révèle un motif qui n'a jamais été pleinement expliqué. Elle fut découverte par le mathématicien Stanislaw Marcin Ulam, lors d'une conférence scientifique en 1963.

Description[modifier | modifier le code]

Ulam se trouva coincé, contraint d'écouter « un exposé très long et très ennuyeux ». Il passa son temps à crayonner et se mit à gribouiller des entiers consécutifs, commençant par 1 au centre, dans une espèce de spirale tournant dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Il obtient une grille régulière de nombres, démarrant par un 1 au centre, et spiralant vers l'extérieur comme ceci :

Première étape menant à la spirale d'Ulam : écrire les nombres naturels selon le sens inverse des aiguilles d'une montre.

Puis, il entoura tous les nombres premiers, il obtint alors l'image suivante :

Petite spirale d'Ulam.

À sa surprise, les nombres entourés tendaient à s'aligner le long de lignes diagonales. L'image suivante illustre ceci. C'est une spirale d'Ulam de 200 × 200, où les nombres premiers sont noirs. Les diagonales noires sont clairement visibles.

Petite spirale d'Ulam.

Il apparaît des lignes diagonales comportant une quantité de nombres tracés. Ceci semble rester vrai, même si le nombre central du départ est plus grand que 1. Ceci implique qu'il existe beaucoup de constantes entières a, b et c telles que la fonction :

génère un nombre extraordinairement grand de nombres premiers tel que n contienne {1, 2, 3...}. Ce fut si significatif que la spirale d'Ulam apparut sur la couverture de Scientific American en mars 1964.

À une distance suffisante du centre, les lignes horizontales et verticales sont aussi clairement visibles.

Pour les traqueurs de nombres premiers, ces nombres étaient familiers. Au XVIIIe siècle, Euler avait avancé la formule n2 + n + 17 qui, pour des valeurs successives de n, donnait des nombres premiers de n = 0 à n = 15. En fait, ces seize nombres premiers sont ceux qui apparaissent sur la diagonale principale du schéma de Ulam : 17, 19, 23, 29, 37, 47, 59, 73, 89, 107, 127, 149, 173, 199, 227 et 257. Euler proposa une autre formule, n2 - n + 41 qui, pour des valeurs successives de n entre 1 et 40, ne produit que des nombres premiers[1]. Par calcul sur ordinateur, on montra que la formule d'Euler n2 - n + 41 était étonnamment bonne, puisqu'elle engendre des nombres premiers inférieurs à dix millions dans 47,5 % des cas[réf. souhaitée]. Ulam trouva d'autres formules dont les pourcentages de succès étaient presque aussi bons que pour celle d'Euler.

À la grande déception des amoureux de nombres premiers comme Paul Erdős, Ulam, conscient que ses gribouillages n'aboutissaient pas à grand chose, abandonna ce sursaut de fantaisie et retourna donner des conférences sur la relation entre science et moralité.[réf. souhaitée]

Spirale du nombre de diviseurs[modifier | modifier le code]

Spirale du nombre de diviseurs des 100 000 premiers entiers naturels.

Une autre façon de mettre en évidence des alignements obliques est de tracer au-dessus de chaque nombre, un disque de diamètre égal à son nombre de diviseurs. Les nombres premiers sont donc représentés par un disque de diamètre 2.

Variantes[modifier | modifier le code]

Triangle de Klauber avec des nombres premiers générés par le polynôme d'Euler x2  −  x  +  41 surlignés.
Triangle de Klauber avec des nombres premiers générés par le polynôme d'Euler x2  −  x  +  41 surlignés.

Un article de 1932 de Klauber décrit un triangle dans lequel la ligne n contient les nombres (n - 1)2 + 1 à n2. Comme dans la spirale d'Ulam, les polynômes quadratiques génèrent des nombres qui se trouvent dans les lignes horizontal. Les lignes verticales correspondent aux nombres de la forme k2 - k + M. Les lignes verticales et diagonales avec une forte densité des nombres premiers sont évidents dans la figure.

Spiral de Sacks.
Spirale de Sacks.

Robert Sacks a conçu une variante de la spirale d'Ulam en 1994. Dans la spirale de Sacks, les entiers non-négatifs sont tracées sur une spirale d'Archimède plutôt qu'une spirale carrée utilisée par Ulam, et sont espacés de telle sorte qu'un carré parfait se produit lors de chaque rotation complète. (Dans la spirale d'Ulam, deux carrés se produisent chaque rotation.) Le polynôme d'Euler générateur de nombre premier, x2-x+41, apparaît maintenant comme une seule courbe où x prend les valeurs 0, 1, 2, ... Cette courbe approches asymptotiquement d'une ligne horizontale dans la moitié gauche de la figure. (Dans la spirale d'Ulam, le polynôme d'Euler forme deux lignes diagonales, l'un dans la moitié supérieure de la figure, l'autre dans la moitié inférieure de la figure).

Spirale d'Ulam de taille 150x150 montrant nombres premiers et composés.
Spirale d'Ulam de taille 150x150 montrant nombres premiers et composés.

Une structure supplémentaire peut être observée lorsque des nombres composés sont également inclus dans la spirale d'Ulam. Le numéro 1 a un seul facteur, lui-même; chaque nombre premier a deux facteurs, lui-même et 1; les nombres composés sont divisibles par au moins trois facteurs différents. La taille du point représentant un entier et indique le nombre de facteurs et la coloration des nombres premiers en rouges et des nombres composés en bleus produisent la figure ci-contre.

Spirale hexagonale avec les nombres premiers en vert et les nombres avec de nombreux facteurs en bleu foncé.
Spirale hexagonale avec les nombres premiers en vert et les nombres avec de nombreux facteurs en bleu foncé.

Les spirales suivantes génèrent également des lignes riches en nombres premiers, par exemple, des spirales hexagonales.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Ulam spiral » (voir la liste des auteurs).

Bibliographie[modifier | modifier le code]