Spermogramme

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Un spermogramme est un examen médical au cours duquel on analyse le sperme d'un homme, généralement dans le cadre d'un bilan de stérilité d'un couple.

Méthode et protocole[modifier | modifier le code]

L'examen vise à quantifier les spermatozoïdes normaux et anormaux[1], étudier leur mouvement[2] et leur morphologie, ainsi que doser différentes substances que le sperme doit normalement contenir. La méthode de David a été présentée en 1972 aux spécialistes puis publiée en 1975 puis adoptée par de nombreux laboratoires. Elle classe les anomalies en 13 catégories, avec un protocole de classification à entrées multiples pouvant décrire plusieurs anomalies pour un même spermatozoïde. Elle a été complétée au début des années 90 par deux catégories d'anomalies (les "têtes irrégulières" sont mieux décrites), en 2 sous-catégories correspondant aux atypies de la région acrosomique[3] et de la région post-acrosomique (forme, contour, texture).

Article détaillé : spermatozoïde.

Conditions :

  • Le spermogramme se fait après une période d'abstinence sexuelle de trois à cinq jours (période qui doit être connue et rappelée dans le rapport, car elle peut expliquer un volume moindre de sperme et une moindre densité de spermatozoïdes)[4]. Les bains chauds sont à éviter dans ce laps de temps.
  • Pour réduire le délai entre le recueil et l'analyse, on recueille généralement le sperme du sujet directement au laboratoire, où il se masturbe dans une pièce prévue à cet effet, après s'être soigneusement lavé les mains et le pénis.
  • Le sujet ne doit pas être atteint d'une maladie infectieuse.

Normalisation : En France, le Journal Officiel du 28 avril 1995 précise la nomenclature de la spermiologie ; il prévoit que

  • le recueil doit avoir lieu au laboratoire après miction;
  • le commentaire indique toujours le « délai de continence ».
  • L'examen de base comprend :
- Spermogramme et spermocytogramme : B 110.
- Test post-coïtal[5],[6] ou test de Huhner (TPC) : B 45.
  • Les épreuves complémentaires peuvent être :
- L’exploration biochimique[7],[8] de la fonction prostatovésiculaire (B 175).
- L’exploration de la fonction épididymaire (B 85).
- L’étude de l’éjaculat fractionné (pour oligospermie confirmée) (B 130).
- Le test de migration-survie des spermatozoïdes (B 120).
- La recherche d’une immunisation anti-spermatozoïde chez l’homme
- La recherche d'anticorps fixés sur les spermatozoïdes (Martest) ou immunobilles (B 50)[9].
- La recherche indirecte d’anticorps anti-spermatozoïdes dans le sérum sanguin et dans le plasma séminal (B 280).
- Test de pénétration du mucus cervical, test croisé (B 120).
- La Recherche d’une immunisation anti-spermatozoïde chez la femme (dans le sérum sanguin et simultanément dans le mucus cervical) (B 280).
- Étude d’une éjaculation rétrograde (B 110).
- Coloration des spermatozoïdes au bleu d’aniline (B 50).»

Ces examens ne sont pris en charge, qu'après demande d’entente préalable, accompagnée des résultats des examens de base, et si ces derniers sont perturbés. Un algorithme de décisions guide le médecin.

Ce que décrit le spermogramme[modifier | modifier le code]

  • le volume de l'éjaculat (de 2 à 6 millilitres normalement) ; pour vérifier que les glandes annexes (prostate, vésicule séminale, etc.) ont une capacité de sécrétion normale
  • le pH (normal entre 7,2 et 8), autre indicateur sur les sécrétions des glandes annexes
  • la viscosité du sperme
  • la quantité de spermatozoïdes (numération) par millilitre d'éjaculat ; normalement de 20 à 250 millions, ou au moins 40 millions pour tout l'éjaculat
  • la motilité des spermatozoïdes  :
    • une heure après le recueil, au moins 50 % des spermatozoïdes doivent avoir un déplacement progressif, dont 25 % doivent se déplacer rapidement
    • trois heures après le recueil, au moins 30 % des spermatozoïdes doivent avoir une mobilité normale progressive
  • la vitalité des spermatozoïdes, normalement 75 % d'entre eux au moins sont vivants à l'éjaculation
  • la morphologie des spermatozoïdes, normalement au moins 30 à 50 % d'entre eux sont correctement formés
  • dosage du zinc, du citrate (ou acide citrique) et des phosphatases acides produits par la prostate
  • dosage du fructose produit par la vésicule séminale
  • dosage de la L-carnitine produite par l'épididyme
  • dosage de l'alpha-glucosidase produite par l'épididyme

Observation[modifier | modifier le code]

Elle se fait visuellement pour l'aspect du sperme et au laboratoires (d'andrologie) sous microscope optique, après préparation de l'échantillon avec des colorants. Une coloration de Shorr ou plus souvent coloration de Papanicolaou rend mieux visible l'acrosome, la région post-acrosomique, la pièce intermédiaire et le flagelle même dans les spermes les plus visqueux. Diverses outils de coloration sont commercialisés, certains permettant la conservation de la coloration pour un examen ultérieur.

Au microscope à lumière transmise, à un grossisement x100 à immersion, sans anneau de phase, l'observateur étudie au minimum la morphologie de 100 et si possible 200 spermatozoïdes, sans intégrer dans sa numération les cellules immatures (dont spermatides Sd1). Des têtes isolées de spermatozoïdes sont par contre comptabilisées comme forme anormale.

Recensement des anomalies[modifier | modifier le code]

La classification de David, modifiée, est la méthode la plus utilisée. L'observateur (compétent et donc formé à cette pratique) compte, pour au moins 100 et si possible 200 spermatozoîdes atypiques le nombre d'anomalies.
Quand le nombre de spermatozoïdes est trop bas, l'observateur se base sur au moins 50 spermatozoïdes, mais ne traduit pas le taux de spermatozoïdes normaux et anormaux en pourcentage. Et il rappelle en conclusion le manque la fiabilité des taux d'anomalies surtout pour les anomalies rares.

Le rapport décrit qualitativement et quantitativement :

  • les anomalies[10] de la tête, classées en 7 catégories : têtes allongées, amincies, microcéphales, macrocéphales, multiples, présentant un acrosome anormal ou absent, présentant une base (région postacrosomique) anormale
  • les anomalies de la pièce intermédiaire (PI), classées en trois catégories : PI avec reste cytoplasmique, Pl grêle, Pl angulée et,
  • les anomalies de la pièce principale (PP), classées en 5 catégories : PP absente, PP écourtée, PP de calibre irrégulier, PP enroulée et PP multiple

En complément, l'observateur évalue

  • le taux de flagelles isolés et/ou de spermatozoïdes en lyse
  • le taux de cellules de la lignée blanche,
  • le taux d'autres cellules (cellules du tractus urogénital)
  • le taux de fragments cellulaires.

d'autres anomalies

  • présence de globules rouges ou résidus sanguins

Pour une meilleure prise en compte du nombre moyen d'anomalies associées par spermatozoïde anormal, l'observateur - depuis 1988 - inscrit dans son rapport l' Index d'anomalies multiples (ou IAM ) qui est le rapport du nombre total d'anomalies recensées au nombre total de spermatozoïdes anormaux.

Normes OMS 2010 (Organisation Mondiale de la Santé) et anomalies[modifier | modifier le code]

• Volume du sperme > 1,5 mL (1,4 - 1,7)

Si < 1,5 mL : Hypospermie

Si > 6 mL : Hyperspermie

• Concentration des spermatozoïdes > 15 millions/mL (12 - 16)

Si = 0 : Azoospermie

Si < 15 millions/mL : Oligospermie

Si > 200 millions/mL : Polyspermie

• Nombre total de spermatozoïdes dans l'éjaculat > 39 millions/éjaculat

• Motilité progressive des spermatozoïdes > 32 % (31 à 34)

• Motilité totale des spermatozoïdes > 40 % (38 - 42)

Si non, Asthénospermie

• Morphologie normale des spermatozoïdes > 4 % (3,0 - 4,0)

Si < 4 % = Tératospermie

• Vitalité des spermatozoïdes > 58 % (55 - 63)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Gonades

Système hormonal

Malformations, anomalies :

Cancers ;

Médecine, Recherche

Divers ;

Systèmes et organes du corps humain[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Clavert A, Bourguignat A, Siest JP, Férard G. Enquête sur la pratique du spermogramme en France. Andrologie 1997 ; 7 : 443-9.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. DAVID G., BISSON P., CZYGLICK F., JOUANNET P., GERNIGON C.: Anomalies morphologiques du spermatozoïde humain. Proposition pour un système de classification. J. Gynecol. Obst. Biol. Reprod. (Paris), 1975, 4 (suppl), 37-86.
  2. GUERIN J.F., JOUANNET P.: Le mouvement du spermatozoïde humain et son évaluation. Contr. Fert. Sex., 1988, 16, 555-558.
  3. FENICHEL P.: Tests d’exploration de la fonction acrosomique. Applications en infertilité masculine. Contr. Fert. Sex., 1991, 19, 703-709.
  4. SCHWARTZ D., LAPLANCHE A., JOUANNET P., DAVID G.: Within subjects variability of human semen in regard to sperm count, volume total number of spermatozoa and lenght of abstinence. J. Reprod. Fertil., 1979, 57, 391-395.
  5. LAVAUD M.C.: Le test post-coïtal. Andrologie, 1994, 4, 346-352.
  6. EMPERAIRE J.C.: Le test post-coïtal et le test de pénétration. Leur signification dans un bilan de stérilité. Gynécologie, 1991, 42, 405-414.
  7. SOUFIR J.C.: Exploration biochimique du sperme humain. In: Médecine de la reproduction masculine. Edited by G. Schaison, P.Bouchard, J. Mahoudeau, F. Labrie. Paris: Flammarion Médecine Sciences, 1984, 4, 69-83.
  8. GRIZARD G., JANNY L., HERMABESSIERE J., SIROT J., BOUCHER D.: Seminal biochemistry and sperm characteristics in infertile men with bacteria in ejaculate. Arch. Androl., 1985,15,181-186.
  9. KREMER J., JAGER S.: The significance of antisperm antibodies for sperm-cervical mucus interaction. Human Reprod., 1992, 7, 781-784.
  10. Document de l'Université de strasbourg sur la spermiologie reprenant de manière schématisée les types d'anomalies (avec illustrations)