Numéro du 25 juillet 2017

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Brèves

Jeu vidéo« Wikipedia : the text aventure » est un jeu old-school utilisant les textes des articles de l'encyclopédie pour raconter une histoire où l'utilisateur se déplace de page en page. Cette narration débute par une ville choisie par le joueur, qui peut ensuite vivre sa propre expérience avec des mots à taper au le clavier tels que « go », « examine », ou encore « take it ». Partir par exemple de la page de la Maison-Blanche permet de la visiter page par page. Essayez le jeu ! [3] [4]

Wikitribune, encorewikitribune.com n'a semble-t-il toujours pas changé depuis que la presse s'est enflammée lors de son annonce fin avril. On peut se poser des questions sur la nécessité d'avoir produit tant de publicité pour ce site toujours en attente. Notons par ailleurs la présence d'une page de l'encyclopédie qui lui est consacrée, Wikitribune (d · h · j · · PàS), et qui a donc pour objet un site encore sans contenu.

Découverte du fonctionnement du site — Le journal L'Express a découvert que Wikipédia publie librement MediaWiki, le logiciel qui l'héberge. Ainsi, sont cités dans cet article au doux nom « L'extrême droite aussi a ses "Wikipédia" » des sites maintenus par un unique contributeur [5] (le seul site en français). Puisque tout le monde peut créer son propre site internet semblable à notre encyclopédie, la logique de ce journalisme reste à être définie [6].

Députés français (suite) — Nous vous avions parlé dans notre numéro précédent de la création, par la communauté wikimédienne, de nombreuses pages relatives aux députés nouvellement élus en France. C'est dans Wikimag que nous avons eu vent de l'article de Thierry Noisette, dans l'Obs, qui montre que certains de ces nouveaux élus (Alain Péréa, Buon Tan, Émilie Guerel et Didier Martin) n'ont pas résisté à la tentation d'amender eux-mêmes, et à leur avantage, les pages qui les concernent, sans craindre l'effet Streisand.

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Dans les coulisses de la Wikimedia

Interface d'édition — Si vous modifiez les pages façon wikitexte, vous avez peut-être remarqué quelques changements à l'interface. Les éléments visuels sous la fenêtre d'édition (coches, boutons, liens) sont en couleur. Le nombre d'octets restants du résumé est affiché (maximum : 255). [7]

Commons en pixels — Dans Wikimedia Commons, les catégories comprennent dorénavant les mesures en pixels des illustrations en plus de leur poids (exemple).

Nombre de fichiers dans Commons — Wikimedia Commons a franchi la barre symbolique de 40 millions de médias. [8] Ce nombre est cependant petit comparativement aux treize milliards de photos de Flickr [9], mais ce dernier héberge principalement des photos non libres de droits et de qualité variable.

Labs labs labsTool Labs, les serveurs qui hébergent la majorité des bots et des outils logiciels, a été renommé en Toolforge. De même, l'ensemble de l'infrastructure se nomme à présent Cloud VPS au lieu de Labs. Aucun changement découlant de ces renommages n'est encore prévu, telle qu'une modification des noms de domaine.

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Mur photos — Dans le cadre de la rédaction d'un dossier de demande de financements, le Projet:Les Sans PagEs a créé un mur photo des articles qu'il a rédigé : Projet:Les sans pagEs/Articles récents/Photos. Cette nouvelle manière de voir les articles est beaucoup plus attirante qu'une simple liste. De quoi donner une originalité à l'appel à commentaire de soutiens Clin d'œil

Hovercard — La fonction Aperçus de page (Hovercard) est activée (dès le 24 juillet) pour tous les lecteurs de la Wikipédia en français, identifiés ou anonymes.

Score de révision — Dans vos préférences (en bas de page), vous pouvez activer un « Score de révision ». Le moteur de Wikipédia, s'appuyant sur ORES, produit une appréciation qualitative des modifications, indiquant si, selon le programme, elles sont potentiellement problématiques et donc à relire.

Notifications — À partir du 26 juillet, vous pourrez indiquer une liste noire de contributeurs ne pouvant plus vous envoyer de notifications [10].

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Crise à Wikimédia France

Wikimedia-logo.svg Été 2017 : la crise à Wikimédia France
vue par les RAW

juin : des Lyonnais indépendants 
juillet : chronologie de la crise 
août : annonce de l'AG extraordinaire

Wikimédia FranceCette association est en crise depuis quelques années selon certaines personnes. Le Signpost y a consacré sa Une. Vous pouvez consulter une chronologie de cette crise, dont les points saillants sont repris dans la liste qui suit.

  • août 2013 : nomination de Nathalie Martin au poste de directrice exécutive. Elle est chargée des ressources humaines, sans supervision du conseil d'administration.
  • mai 2015 : le Funds Dissemination Committee (FDC), département de la WMF chargé d'allouer des subventions à des organismes (dont Wikimédia France), « s'étonne de l'augmentation de 20% du budget, alloué au personnel. Il relève aussi la difficulté à exprimer en termes concrets une vision stratégique, et l'ambition des objectifs qui semblent ne pas pouvoir être atteints. »
  • mai 2016 :
    • le FDC « émet de nombreuses critiques sur l'efficacité des actions menées et la bonne utilisation de l'argent du mouvement [...] Il souligne que l'impact en ligne mesuré par les indicateurs est en deçà de ce qu'on pourrait attendre. Il recommande de se pencher sur la soutenabilité des projets par les communautés locales une fois le projet terminé. »
    • élection d'Émeric Vallespi au poste de président du CA de Wikimédia France.
  • juin 2016 : apparition d'un bandeau sur les en-têtes des pages de la Wikipédia en français, sans l'accord de la communauté. La personne mise en cause semble avoir agi sans consulter la communauté. La direction de Wikimédia France conteste sa responsabilité. Benoît Prieur démissionne devant le refus de la direction de dire qu'elle a été impliquée dans ce « bandeaugate ».
  • décembre 2016 : le CA de Wikimédia France fait parvenir à Benoît Prieur une lettre de menaces de poursuites judiciaires.
  • janvier 2017 : Harmonia Amanda, « membre très active de Wikimedia France » et référente du groupe Wikidata, démissionne.
  • février :
    • Harmonia Amanda demande la correction d'un lien dans le rapport d'activités de l'association auprès de la Foundation en précisant que WMFr a brusquement cessé tout soutien à ses ateliers suite aux incidents du week-end Stratégie qui ont conduit à sa démission.
    • démission discrète de Caroline Becker du CA de Wikimédia France. Elle n'a pas mentionné aux autres membres du CA que la WMF a demandé confirmation sur l'abandon du soutien à Harmonia Amanda. Le CA interprète cela comme de n'avoir pas prévenu d'une enquête sur une « accusation de harcèlement » qui viserait entre autres la directrice générale de l'association. Caroline Becker est aussi membre du Grant Advisory Committee, qui conseille la Foundation sur l'allocation de bourses de projet et qui est une entité indépendante du FDC.
  • avril : nomination au poste de secrétaire général du conjoint de la directrice générale, poste qui relève directement de la directrice générale. Commentaire du FDC : « Aucune motivation n'est apportée pour justifier la nécessité pour WMFr d'avoir deux cadres pour un si petit nombre de salariés. »
  • 2 mai : nomination de deux personnes au CA à la suite de plusieurs démissions dans les mois précédents. Les pseudonymes wiki(m/p)édiens des deux personnes sont inconnus et ces deux personnes n'ont pas encore échangé avec les membres de l'association.
  • 4 mai : selon la direction, les démissions s'expliquent par des menaces de poursuites judiciaires.
  • 11 mai :
    • désinscription de plusieurs membres et contractuels de la liste de discussion par son administrateur.
    • selon Émeric Vallespi, président du CA, trois membres démissionnaires « sont parties prenantes d'une conspiration plus générale » qui met en danger l'association.
  • 14 mai : le FDC réduit sensiblement la subvention accordée à Wikimédia France (montant demandé : 686 000  ; montant accordé : 343 000  ; montant alloué l'année précédente : 570 000 ). Le FDC appuie sa décision sur trois observations : (1) « les résultats ne sont pas à la hauteur des fonds reçus », (2) « potentiel en matière de retombées significatives [...] n’est pas suffisant » et (3) il « s'inquiète de la récente évolution organisationnelle de l'association et de sa gouvernance ». La directrice générale accuse le FDC de « dysfonctionnement organisationnel » ; selon elle, l'enquête pour harcèlement, abandonnée, pèserait lourdement contre Wikimédia France. Un membre du CA de Wikimédia France juge que le FDC excède son mandat lorsqu'il décide du montant de la subvention en fonction de la structure organisationnelle d'une association affiliée.
  • 7 juin :
    • Wikimédia France se plaint auprès de l'ombudsman et du CA de la WMF à propos de la décision du FDC.
    • embauche d'un stagiaire en lobbying, qui est aussi président d'une collectif politique soutenu par Émeric Vallespi, président du CA de Wikimédia France.
  • 8, 9, 12, 15, 20 et 23 juin : démission de six référents (Pyb, Symac, Mathis_B, Lyokoï, Litlok et VIGNERON).
  • 11 juin : la liste de discussion de Wikimédia France est soumise à censure selon certains, modération selon d'autres. Un bénévole décide de poursuivre les discussions sur Le Bistro de Wikipédia. Des contributeurs font observer que la Wikipédia en français poursuit son existence peu importe les activités de Wikimédia France. Un contributeur réplique que Wikimédia France a des sous. Un autre contributeur fait observer que Wikimedia Suisse éprouve aussi des problèmes internes.
    À partir de ce moment, les discussions sur ce qui est appelé par certains le « WMFrGate » deviennent récurrentes sur le Bistro.
  • 20 juin : le président du CA de Wikimédia France, Émeric Vallespi, est élu député suppléant.
  • 25 juin : Émeric Vallespi démissionne du poste de président de Wikimédia France, tout en restant membre.
  • 28 juin : la WMF valide la décision du FDC sur le financement de Wikimédia France.
  • 8 juillet :
    À partir du 8 juillet, plusieurs contributeurs affichent la carotte en signe de solidarité avec Jules Xénard.
    licenciement de Jules Xénard, chargé de mission sensibilisation et pilier de la communauté de Wikipédia en français, pour « faute grave »[1]. Une vague de sympathie pour Xénard et d'indignation envers WMFr suit. Les discussions à propos du « WMFrGate » deviennent quotidiennes sur le Bistro pendant plusieurs jours. Plusieurs actions sont envisagées : pétition, demande d'intervention de la WMF dans le dossier, demande d'une réunion extraordinaire de l'association, topic-ban de Wikimédia France sur le site, création d'une nouvelle association, etc.
  • 8 juillet : tandis que le licenciement de Jules Xénard vient d'être effectué, Rémi Mathis, ancien président de Wikimedia France ironise sur Twitter avec Marie-Alice Mathis, vice-présidente du CA et Nathalie Martin, directrice générale. De son point de vue, les réactions des communautés wikipédiennes et wikimédiennes relèvent du « psychodrame »[2].
  • 9 juillet :
    • démission du trésorier de Wikimédia France, ce qui constitue la 5e démission au sein du CA en cinq mois.
    • Nathalie Martin révèle l'identité d'un wikimédien, ce qui contrevient aux règles de la Wikipédia en français, qui prévoient de sanctionner cet agissement par un blocage immédiat.
  • 10 juillet : Florence Devouard souligne sur une liste de diffusion que plusieurs membres demandant une assemblée générale extraordinaire sont radiés ou se voient refuser leur renouvellement d'adhésion à l'association[3]. Marie-Alice Mathis lui répond que « des demandes d’adhésion sont arrivées de la part de gens, anciens adhérents de l’association et/ou investis dans le mouvement, dont les positions publiques (Twitter, le Bistro, etc) montrent clairement qu’ils viennent pour réclamer des têtes. Le CA est en droit de refuser leur adhésion selon les statuts et le règlement intérieur, et cela ne nous semble pas illégitime quand des personnes qui délaissaient l’association reviennent au milieu d’une crise avec cet état d’esprit »[4]. Et de préciser : « Le but du CA est ici justement de permettre un débat apaisé, en faisant clairement la différence entre les membres de bonne foi prêts au débat constructif, et ceux dont les actions nuisent à l'association (ceux qu'on appelle souvent des trolls). »[5]
  • 11 juillet :
    • Le CA de WMFr envoie un courriel à ses membres faisant état de la situation. Le courriel est copié-collé et commenté par Chris Keating sur la liste Wikimedia-I.
      • Dans le long courriel, le CA mentionne que « Cette volonté de gérer l’association comme un projet aboutit à chaque fois au même scénario désastreux : après quelques mois ou quelques années, les mêmes critiques infondées reviennent (incompétence, opacité, autoritarisme, mise à l’écart des bénévoles...) et les attaques pleuvent sur les listes, sur les réseaux sociaux… » « Beaucoup d’autres chapitres et la fondation elle-même rencontrent des problèmes de gestion des salariés, d’ingérence de bénévoles et de souffrance au travail ».
      • En ce qui concerne Jules Xenard, le CA écrit : « Jules a décidé unilatéralement de choisir ses tâches et son périmètre d’action », ce qui ne pouvait mener qu'à son licenciement.
      • Toujours selon le CA, Christophe Henner, ancien président de WMFr et actuel président de la WMF, agit contre les intérêts de WMFr. L'association s'est plainte auprès de la WMF, de plusieurs façons, mais la WMF n'aurait jamais répondu favorablement aux demandes de WMFr. Selon le CA de WMFr, Christophe Henner aurait ainsi conseillé d'interroger seulement Caroline Becker sur les accusations d'harcèlement qui, toujours selon le CA, auraient été émises par Harmonia Amanda et le CA n'aurait appris qu'a posteriori l'enquête de la WMF.
Nathalie Martin (directrice générale de WMFr) et Christophe Henner (président du CA) en novembre 2015.
  • Dans son courrier, le CA de WMFr met également gravement en cause d'anciens Présidents de Wikimedia France :
    • « Nous avons ensuite été contraints de signaler à la fondation des agissements graves de Christophe Henner à l’encontre de Nathalie Martin quand il était président de Wikimédia France et donc l’employeur de Nathalie, puis lorsqu’il est devenu président de la fondation. Un premier mail à ce sujet avait été envoyé par Émeric (président du CA à l’époque) à Christophe et Katherine Maher (directrice exécutive de la fondation), le 07/03, pour lui demander des explications sur ses agissements. »
    • « Nous vous faisons part de notre indignation concernant le fait que certaines attaques très virulentes au sujet du CA et de la direction émanent de personnes qui, loin de poursuivre les idéaux qu’elles affichent, tentent de masquer leurs motivations réelles et leurs conflits d’intérêts (paid editing, formation rémunérée déguisée en bénévolat; tentative de récupérer les demandes de formations arrivant à l’association via OTRS pour les facturer pour son activité personnelle, etc). »
  • 12 juillet :
    • Katy Love, Director of Resources de la WMF, commente la situation sur Wikimedia-I.
    • une vidéo Youtube et une page du siteweb de GoCardLess sont publiées sur le bistro. On y voit Cyrille Bertin, secrétaire de Wikimedia France faire la promotion des solutions IRaiser et GoCardless aux dépens de la solution libre CiviCRM. Dans la vidéo il rappelle : « Historiquement, pour nos levées de fonds, en France, on utilisait un logiciel qui correspondait plutôt à nos valeurs parce qu'OpenSource, parce que Libre. Le seul problème que l'on rencontrait était la mise à jour de ce logiciel-là. » Il déclare ensuite : « Grâce à GoCardless, on ne s’occupe plus de rien et nous économisons 3h de tâches administratives par mois ». 1er des statuts de l'Association WikiMedia France rappelle ses objectifs : « L’association dite « Wikimédia France – Association pour le libre partage de la connaissance » [...] a pour but de soutenir la connaissance libre notamment au travers des projets Wikimédia. ».
  • 13 juillet :
    • le conseil d'administration de Wikimedia France valide l'assemblée générale anticipée demandée par de nombreux membres.
    • démission de Mazuritz, référent du groupe local de Montpellier.
  • 18 juillet : Thierry Coudray, un ancien président de Wikimedia France s'étant volontairement tenu à l'écart depuis quatre ans, publie une longue réponse au courrier du CA publié le 11. Son ton apaisé et son argumentaire construit contrastent agréablement avec les crispations récentes.

Le journaliste Thierry Noisette a résumé la crise actuelle dans un papier paru dans l'Obs.

Nous signalons à nos lecteurs que les archives de la liste de discussions WikimediaFr se trouvent ici. À la lumière de ces récents événements, on pourra utilement relire WOSNI, et notamment la contribution de Dominique Cardon (« Surveiller sans punir. La gouvernance de Wikipédia ») ou celle d'Alexandre Hocquet (« Wikipédia en tant que forum : une analyse de réseaux sociaux pour l'ethnographie de la production d'articles »).

Wikipédia — objet scientifique non identifié, sous la direction de Lionel Barbe, Louise Merzeau et Valérie Schafer, Presses universitaires de Paris ouest, 2015.

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Citations originales
Notes
Références
  1. Jules, « JJe viens d'être licencié de @Wikimedia_Fr « pour faute grave ». », Twitter.com (consulté le 18 juillet 2017)
  2. [1].
  3. « Wikimediafr: Non renouvellement d'adhésions », Lists.wikimedia.org (consulté le 18 juillet 2017)
  4. « Wikimediafr: [Discussions WMFr: Non renouvellement d'adhésions », Lists.wikimedia.org, (consulté le 18 juillet 2017)
  5. [2].