Soy boy

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Soy boy (littéralement homme soja) est un terme péjoratif souvent utilisé dans les forums en ligne, notamment par l'extrême droite[1] pour insulter les hommes féminisés, ou présentant des traits affectifs, relationnels et cognitivo-représentationnels associés à la femme[2],[3].

Description[modifier | modifier le code]

Le magazine La Nef donne une description de l'homme soja. Ce dernier serait un « vegan, bobo, progressiste, quelquefois altermondialiste, d’autre fois petit bourgeois sans saveur macronien. C’est un homme en demi-teinte, émasculé en propre comme au figuré ; il refuse d’hériter et répugne à transmettre ; il est hors-sol, qu’il soit de gauche ou de droite, sensible à la sensibilité, propice à toutes les lâchetés et les conformismes. C’est un petit salarié et un petit consommateur qui ne croit en rien sinon en lui ; en rien de plus grand que lui-même, ni en Dieu ni en la nation. On irait dire qu’il épouse le siècle, surfe sur la tendance, poussé vers la féminisation de son esprit, déconstruit totalement sur le plan intellectuel et moral.[4] »

Effet du soja sur le métabolisme masculin[modifier | modifier le code]

Selon Paul Joseph Watson, ce terme est basé[5] sur la présence de phytoestrogènes dans les graines de soja. En effet, d'après une étude de chercheurs de l'université Harvard, parue en 2008 dans la revue Human Reproduction (en)[6], manger régulièrement du soja ferait baisser le taux de concentration du sperme et jouerait un rôle dans l'infertilité masculine[7],[8].

Selon une étude américaine publiée en 2012 dans la revue Journal of Consumer Research (en)[9], les mangeurs de viande seraient largement considérés comme virils par rapport aux végétariens[10],[11],[12]. Le magazine GQ ironise en disant que « le soja, ce serait pour les femmes, qui sont trop sensibles pour tolérer la souffrance animale impliquée par un régime carnivore »[13].

Histoire[modifier | modifier le code]

La première occurrence de l'expression « soy boy » apparaît en 2008 dans le clip de la chanson Ur So Gay de Katy Perry, sur une plaque d'immatriculation[source secondaire nécessaire].

The Daily Dot suggère qu'il aurait pu être lancé par Mike Cernovich (en), une personnalité des médias sociaux d'extrême droite, qui utilise le terme pour insulter les gens sur Twitter depuis des mois[2]. Toutefois, James Allsup (en) affirme avoir inventé l'insulte[2].

Usage[modifier | modifier le code]

Le terme est utilisé par les trolls d'internet[14] et par des youtubeurs d'extrême droite comme Papacito[15]. Il vise les hommes perçus comme gauchistes, social justice warriors, végétaliens[16] ou des groupes similaires dont les hommes présenteraient des traits et des valeurs féminins[17]. Le terme est utilisé lors de débats en ligne[14].

En 2021, Colby Covington (en), combattant de MMA, utilise le terme pour se moquer de son adversaire Dustin Poirier[18], et une personnalité politique de droite, le républicain Madison Cawthorn, affirme que les hommes de gauche aiment porter des masques pendant la pandémie de Covid-19 car ils sont des hommes soja[19].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Maxime Macé et Pierre Plottu, « L’extrême droite obsédée par sa virilité », Libération (consulté le ).
  2. a b et c (en) Rachel Hosie, « Soy boy: What does this online insult mean? », The Independent, (consulté le ).
  3. (en) Jules Joanne Gleeson, « An Anatomy of the Soy Boy », sur New Socialist, (consulté le ).
  4. Nicolas Kinosky, « En finir avec l’homme-soja », La Nef, (consulté le ).
  5. (en) Alex Henderson, « Inside the "soy boy" conspiracy theory: It combines misogyny and the warped world of pseudosciece », sur Salon.com, (consulté le ).
  6. (en) Jorge E. Chavarro, Thomas L. Toth, Sonita M. Sadio et Russ Hauser (en), « Soy food and isoflavone intake in relation to semen quality parameters among men from an infertility clinic », Human Reproduction (en), vol. 23, no 11,‎ , p. 2584–2590 (PMID 18650557, PMCID PMC2721724, DOI 10.1093/humrep/den243).
  7. Claire Frayssinet, « Le soja rend les hommes moins fertiles », Femme actuelle (consulté le ).
  8. Catherine Bennetau-Pelissero, « Manger trop de soja peut nuire à la fertilité », sur Slate.fr, (consulté le ).
  9. (en) Paul Rozin, Julia M. Hormes, Myles S. Faith et Brian Wansink, « Is Meat Male? A Quantitative Multimethod Framework to Establish Metaphoric Relationships », Journal of Consumer Research (en), vol. 39, no 3,‎ , p. 629–643 (DOI 10.1086/664970).
  10. « Les vrais mâles mangent de la viande rouge, c’est prouvé », sur Atlantico.fr, (consulté le ).
  11. « Les hommes carnivores sont perçus comme plus virils », La Presse, (consulté le ).
  12. Catherine Delvaux, « Pourquoi les hommes aiment tant la viande rouge », sur 7sur7, (consulté le ).
  13. Maïa Mazaurette, « La guerre des mots : comment les masculinistes tentent d'imposer le contrôle sur les hommes », GQ France, (consulté le ).
  14. a et b (en) Ellen Scott, « What is a soy boy? », Metro, (consulté le ).
  15. Rebecca Fitoussi, « Samuel Laurent : « Twitter est un salon parisien qui prend une importance disproportionnée » », Public Sénat, (consulté le ).
  16. (en) Brent Cunningham, « Plant-based meat and the knock-down, drag-out fight for the American diet », The Highlight, sur Vox, (consulté le ).
  17. (en) George Reynolds, « Why do people hate vegans? », The Guardian, (consulté le ).
  18. (en) Jack Figg, « Covington slams 'fake nice guy' Dustin Poirier and UFC star's wife Jolie », The US Sun, (consulté le ).
  19. (en) Oliver Willis, « Madison Cawthorn: The left loves wearing masks because they're 'soy boy cowards' », sur The American Independent, (consulté le ).