Souverain Collège du rite écossais pour la Belgique

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Souverain Collège du rite écossais pour la Belgique
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Cadre
Forme juridique Association sans but lucratif
But Juridiction maçonnique
Fondation
Fondation 9 décembre 1962
Origine Drapeau de la Belgique Belgique
Identité
Siège Rue de Laeken, 79 - 1000 Bruxelles
Structure Rassemble 16 chapitres, 10 aréopages et 1 conseil initiatique supérieur
Membres 2 600 (2015)

Le Souverain Collège du rite écossais pour la Belgique est une juridiction des hauts-grades, faisant partie de la famille du REAA. Son organisation est décentralisée. Elle professe la liberté absolue de conscience. Elle est la juridiction la plus importante en Belgique.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire de la juridiction commence en Belgique en 1960, lorsque le Suprême Conseil de Belgique[Note 1] dénonça le 20 janvier (décret du 13 janvier) le Traité de 1880 [Note 2] qui le liait au Grand Orient de Belgique (GOB), dans une relation mutuellement exclusive, pour reconnaître comme obédience régulière, la Grande Loge de Belgique (GLB), qui venait d'être constituée en décembre de l'année précédente [Note 3]. Il continua néanmoins à recruter temporairement (jusqu'au 31 décembre 1965) [Note 4] dans les loges du Grand Orient de Belgique, selon une liste limitative [Note 5],[1]. Dès la fin de l'année 1960, des chapitres REAA (4e-18e) se détachèrent du Suprême Conseil de Belgique, ou se créèrent par scission, et se déclarèrent autonomes. Le 7 mai 1961, huit d'entre eux formèrent officiellement la « Grande Alliance des Chapitres » [2], qui noua des « relations fraternelles » officielles avec le Grand Orient de Belgique le 18 février 1962. En 1962, se créa le « Conseil des aréopages » (19 au 30e), suivi rapidement par la création d'un « Conseil Initiatique Supérieur »(31e au 33e), le 18 novembre 1962 [3]. La juridiction complète, masculine, fut installée le 9 décembre 1962 et est officiellement inaugurée le 24 février 1963, sous le nom de « Souverain Collège du Rite Écossais Rénové pour la Belgique » [4]. C'est en 1966 que le Grand Orient de Belgique conclut une convention avec cette nouvelle juridiction.

Le 17 novembre 1974, elle modifia son nom en « Souverain Collège du rite écossais pour la Belgique » (SC-RE)[5].

Depuis 1979, son recrutement au niveau des loges symboliques est devenu inter-obédientiel, à la suite de la scission de la GLB et la création de la GLRB. Pour tenir compte de la nouvelle configuration, une nouvelle convention fut établie le 25 novembre 1979[6].

Le Souverain Collège du rite écossais pour la Belgique compte en 2015 environ 2 600 membres (données recueillies auprès des juridictions), ce qui en fait la juridiction des hauts-grades la plus importante du pays[7]. Sur le plan national, il entretient des relations de coopération avec le Suprême Conseil pour la Belgique (Liège) et le Suprême Conseil de Belgique (Persil). Ses relations internationales, notamment avec le Grand Collège des Rites du Grand Orient de France, sont importantes [8]. Ces deux juridictions ont mis en place « Les rencontres internationales des hauts-grades écossais »[9].

Le Rite écossais[modifier | modifier le code]

Le Souverain Collège du rite écossais pour la Belgique déclare pratiquer le « rite écossais » [10]. Dans les premiers statuts de l'organisation, c'étaient les termes de « rite écossais rénové » qui étaient repris [Note 6]. Il s'agit d'un nom générique, désignant le Rite écossais ancien et accepté en 33 grades, mais selon une structure modifiée gouvernant ces grades. Ainsi la juridiction est administrée par un « bureau exécutif national » composé de 33e, élus par le Conseil général tous les trois ans et un « Conseil général», dont les membres sont élus par les ateliers [Note 7]. D'autres caractéristiques, qui ne sont pas propres à cette juridiction, sont d'une part l'abandon de l'exigence des « symboles » (le GADLU, le Livre sacré (Bible), l'immortalité de l'âme, la croyance en un Dieu révélé) [11] et d'autre part l'exigence de la liberté absolue de conscience, par la méthode du libre examen et le caractère démocratique de l'organisme coordinateur [12]. Elles sont inscrites dans les statuts [Note 8].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une organisation qui s'est construite par la base. Elle est décentralisée (organisation fédérale). Chaque atelier de la juridiction désigne trois délégués qui forment, chacun selon leur mandat, un conseil de base. Il y en a trois : le Conseil des chapitres, le Conseil des aréopages et le Conseil initiatique supérieur. Ces conseils s'occupent de tout ce qui concerne le fonctionnement de leur niveau, en ce compris l'accueil des nouveaux ateliers, ainsi qu'une harmonisation minimale des rituels, dont la responsabilité reste celle des ateliers. Ces mêmes délégués forment tous ensemble le « Conseil général », qui est l'organe législatif de la juridiction. Il en est le garant de sa cohésion, ainsi que des statuts et règlements. Il nomme tous les trois ans un bureau exécutif national, composé exclusivement de 33èmes. C'est l'étage exécutif et représentatif sur le plan national et international de la juridiction [13].

Chapitres et aréopages[modifier | modifier le code]

Bijou de Rose-Croix.

En 2015, la juridiction regroupait seize chapitres et dix aréopages, ainsi qu'un Conseil initiatique supérieur (Bruxelles) qui confère les 31e, 32e et 33e degrés.

Les chapitres
Les aréopages
Les chapitres mixtes

Des chapitres libres et souverains ne dépendant pas du Souverain Collège du Rite écossais, pratiquent aussi le rite « dit » écossais:

  • Hypathie (Bruxelles), créé en 2004 par des membres du Chapitre Libre et Souverain des Amis Philanthropes de Bruxelles
  • Pierres de Meuse (Spy) créé en 2015 par des membres du Chapitre de l' Intérieur du Temple de Namur
Les aréopages mixtes

Des aréopages libres et souverains ne dépendant pas du Souverain Collège du Rite écossais, pratiquent aussi le rite « dit » écossais:

  • Theon (Bruxelles), créé en 2009 par des membres du Chapitre Libre et Souverain des Amis Philanthropes de Bruxelles

Juridictions écossaises (REAA) en Belgique[modifier | modifier le code]

Bijou de 33e du SCRE

Issues du Suprême Conseil de Belgique historique, fondé en 1817, il y a en Belgique, actuellement pour les hauts grades du rite écossais ancien et accepté, quatre juridictions (dans l'ordre d'apparition)[14]:

  • Le Suprême Conseil pour la Belgique (rue Royale[15],[Note 9]),
  • Le Souverain Collège du Rite écossais pour la Belgique (rue de Laeken),
  • Le Suprême Conseil pour la Belgique (Liège[Note 10]),
  • Le Suprême Conseil de Belgique (rue du Persil[16],[Note 11]).

Autres juridictions écossaises

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pour la facilité de compréhension et le différentier du Suprême Conseil de Belgique actuel, il sera désigné dans la suite de l'article comme le « Suprême Conseil de Belgique historique »
  2. Voir par exemple Cahiers du Grand Orient de Belgique, 1961, 3-4 où le texte du Traité est reproduit.
  3. Marcel Van Campenhout, 1974, qui précise « pas comme seule obédience régulière, car la rupture du traité d'alliance n'a pas encore entraîné la rupture des relations avec le GOB qui ne viendra que plus tard ».
  4. Date de prise d'effet du Décret 11/65 du 10 juin 1965 du Suprême Conseil de Belgique historique qui termine la période temporaire. Au 1er janvier 1966, tout membre provenant du GOB était réputé démissionnaire. Ce décret faisait suite à la reconnaissance par la GLUA de la Grande Loge de Belgique. Pierre Noël, 6011.
  5. Les loges exclues étaient celles nouvellement constituées: De Geuzen (Anvers), Les Vrais Amis (Gand), Le Libre Examen (Bruxelles), De Zwijger (Gand). Décret du 9 juin 1960 du Suprême Conseil de Belgique. Cet épisode apparaît déterminant dans la rupture de 1960.
  6. Statuts du 4 novembre 1962, remplacés par les statuts du 17 novembre 1974.
  7. Le bureau remplace la « commission administrative du suprême conseil des 33e actifs » nommé pour des périodes de neuf ans renouvelables. D'autre part le « Conseil général », composés des délégués des ateliers, élus tous les trois ans, remplace le Suprême Conseil des 33e actifs, élus ad vitam par ses pairs : Règlements généraux du Suprême Conseil de Belgique (historique), 1939, articles 11 et 23.
  8. Statuts généraux du 17 novembre 1974, Titre I, art 2: « Du Rite Écossais: Le Rite Écossais, héritier des traditions maçonniques dont il garde les principes, participe ainsi de la nature et du caractère essentiel de l'institution, par sa contribution à l'évolution de la pensée et notamment à l'idée que l'honnête homme ne doit accepter que ce que peut admettre sa conscience. La Bible et les notions du Grand Architecte de l'Univers et de l'Immortalité de l'Âme, comme tout livre, objet ou instrument dont les Ateliers font éventuellement usage, ne peuvent donner lieu à aucune exigence dogmatique; rien, et en particulier aucun serment ne peut être susceptible d'en impliquer une ».
  9. C'est l'héritier direct du Suprême Conseil de Belgique historique. Il recrute exclusivement au sein de la GLRB.
  10. Ce suprême conseil fut officiellement inauguré en 1969. Il fait suite à une scission du Suprême Conseil de Belgique historique, lorsque ce dernier décréte que son recrutement ne se ferait plus qu'au sein de la GLB, au 1er janvier 1966. Ensuite, il se sépare en deux parties en 2002. A ce moment, une des deux parties (Persil) fusionnera avec le « Grand Suprême Conseil » (Gand, issu de la scission de 1979 du Suprême Conseil de Belgique historique : c'était la partie restée entée sur la GLB).
  11. Grignard & Duys analysent en profondeur la création de ce Suprême Conseil de Belgique, apparu en 2002, à partir de la fusion de deux Suprêmes Conseils: le « Grand Suprême Conseil » (Gand) et partiellement le Suprême Conseil pour la Belgique (Persil-Liège), dont une partie resta hors la fusion (Suprême Conseil pour la Belgique - Liège).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Étienne Rousseau, discours d'installation du 24 mai 1981, dans Notre Écossisme publication du Souverain Collège du rite écossais, n°5, 1983, pp 1-9.
  2. Le fac-simile du procès-verbal de cette réunion se trouve dans: "50 ans CIS. Une Histoire." Édition du Conseil Initiatique Supérieur (SCRE), 2012.
  3. voir Aloïs H.L.
  4. Le premier nom proposé pour la juridiction était « Souverain Collège du Rite Écossais Ancien et Accepté pour la Belgique ». Mais c'est l'autre option qui fut finalement préférée. Voir Aloïs H.L., p 42.
  5. À la suite de discussions difficiles, parfois houleuses, précise Aloïs H. L., p 45.
  6. "Convention entre le Grand Orient de Belgique, le Souverain Collège du Rite écossais pour la Belgique et le Suprême Conseil pour la Belgique". Cahiers du Chapitre Libre et Souverain des Amis Philanthropes. Cahier n°19, 2006, p 28. Le texte de la Convention est repris dans Aloïs H.L., pp 59-62.
  7. Pierre Noël, 6011: "Il est sans aucun doute l'obédience majoritaire des hauts grades du rite écossais dans ce pays."
  8. Aloïs H.L., pp 63-74
  9. A l'origine, ce fut une initiative du SCRE (cf Aloïs H.L.): la 1re rencontre s'était dès alors déroulée à Bruxelles en 1976, réunissant sept Juridictions, ... , la XXIe s'est déroulée à Barcelone en 2011, la XXIIe à Dinant en Belgique en 2013 et la XXIIIe à Lisbonne en 2015. La prochaine rencontre est prévue à Beyrouth au Liban en 2017. Jusqu'à la fin des années 1980, le Suprême Conseil de France participa à ses travaux.
  10. Un bon résumé de cette « variante » du REAA est proposé par Philippe Benhamou et Christopher Hodapp, dans La Franc-Maçonnerie pour les nul, pp 234 & 239.
  11. Notamment, aucune exigence ne sera posé aux sujets des notions et des symboles du Grand Architecte de l'Univers, de l'immortalité de l'âme, de Dieu et de la Bible. Déclaration de principes de la Juridiction du 25 avril 1961: 5°. On peut trouver cette proclamation reproduite dans l'ouvrage d'Aloïs H.L., p31.
  12. Une bonne explication de ceci se trouve dans les Cahiers du Chapitre Libre et Souverain des Amis Philanthropes. Cahier n°19, 2006, p25.
  13. Aloïs H.L., pp 75-81.
  14. Voir Ernest Duys, 2008 ; & Pierre Noël, 6011.
  15. Voir Pierre Noel, 6011 & 6012.
  16. Voir Grignard & Duys, 2010.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Aloïs H. L. Histoire du Souverain Collège du Rite Écossais pour la Belgique. Edimaf, 2002.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Collectif. Contribution à l'histoire des Hauts Grades Maçonniques en Belgique. Les Cahiers du Chapitre Libre et Souverain des Amis Philanthropes. Cahier n°19. 2006.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Marcel Van Campenhout. Le REAA en Belgique. Contribution à l'Historique de son Évolution de 1945 à 1975. Édition du Suprême Conseil Pour la Belgique (non daté: 1975?).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Collectif. Notre Écossisme. Édition du Souverain Collège du rite écossais, n°5, 1983.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Collectif. 50 ans CIS. Une Histoire. Édition du Conseil Initiatique Supérieur (SCRE), 2012.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Noël. Le Rite Ancien et Accepté en Belgique. Ce qu'il advint depuis la création de la Grande Loge de Belgique jusqu'à celle de la Grande Loge Régulière de Belgique. Acta Macionica 6011, n°21, 197-223.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Noël. Le Rite Ancien et Accepté en Belgique. Les années 1973-1980. Acta Macionica 6012, n°22, pp 103-190.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Ernest Duys. La Lumière (ne) luit (pas toujours) dans les ténèbres ... Trigonum Coronatum, 2008.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Roger Grignard et Ernest Duys. L'Odyssée Écossaise. Genèse et développement du R.E.A.A. Trigonum Coronatum, 2010.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Philippe Benhamou & Christopher Hodapp. La Franc-maçonnerie pour les nuls. Éditions First, 2012.Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]