Souvanna Phouma

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Souvanna Phouma

Le prince Souvanna Phouma, né à Luang Prabang le et mort à Vientiane le (à 82 ans), est un homme politique laotien, chef de file de la droite neutraliste au Laos. Il fut Premier ministre du Royaume du Laos à quatre reprises, en 1951 et 1952, de 1956 à 1958, en 1960, et de 1962 à 1975.

Contexte familial[modifier | modifier le code]

Souvanna Phouma était le fils de Bounkhong († 1920), dernier vice-roi de Luang Prabang, et le frère cadet des princes Phetsarath Rattanavongsa, Kindavong, Souvannarath qui furent Premier ministres respectivement en 1941-1945, 1946-1947 et 1947-1949. Il était aussi le neveu du roi Sisavang Vong, roi de Luang Prabang et qui régna sur le Laos de 1946 à 1959.

Il avait également un demi-frère, le prince Souphanouvong, (1909-1995), surnommé le Prince rouge, qui fut le chef du Pathet Lao, puis le premier président de la République démocratique populaire lao de 1975 à 1986.

Ainsi cinq fils du roi Bounkhong furent tour à tour impliqués au plus haut niveau dans la politique laotienne dans trois directions différentes, le neutralisme pro-français, l'indépendantisme royaliste et la révolution communiste.

Années de jeunesse[modifier | modifier le code]

Souvanna Phouma et Petsarath suivirent une scolarité au lycée français de Hanoï puis furent envoyés en France pour continuer leurs études à Paris et à Grenoble. Ils obtinrent un diplôme d'ingénieur et rentrèrent au Laos en 1931. Souvanna se maria alors avec une Eurasienne, Aline Claire Allard.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Lors de la présence française, bienvenue après la guerre difficile contre les Japonais, Souvanna Phouma et les autres princes ne jouèrent aucun rôle politique notable, le roi étant réellement chef de l'état.

Il y eut une rébellion communiste très limitée dans ce que les Français appelaient la région militaire 5; c'était les Lao Issara, "les Laotiens libres" avec lesquels Souvanna Phouma n'était pas pressé de vivre dans des camps militaires miteux dans une zone très humide où l'on souffrait constamment des sangsues et de la malaria.

Ce n'est que plus tard lorsque les Français furent partis et qu'avec l'aide des soldats nord-vietnamien les communistes laos devinrent plus forts militairement que les Lao Issara devinrent le Pathet Lao, c'est à dire "l'état laotien".

L'idée était la stratégie léniniste habituelle du double-pouvoir : le pouvoir "fantoche" à Vientiane et "l'Etat laotien" à la frontière du Nord-Vietnam.

Les Américains eurent le tort de ne pas s'intéresser du tout au Laos, pays pauvre contrairement au Vietnam.

L'armée royale faisait le poids face au Pathet Lao mais contenait difficilement les attaques nord-vietnamiennes et rarement chinoises, mais ces dernières étaient les plus redoutables.

Il apparut ainsi un courant "neutraliste" qui avait deux idées :

- Nous sommes neutres entre les Américains et les communistes vietnamiens

- Nous proposons un gouvernement d'union nationale.

C'est dans ce cadre que le prince Souvanna Phouma intégra le gouvernement du Pathet Lao, en tant que neutraliste alors que son cousins Souvanouvong y était en tant que représentant du Parti communiste.

L'essentiel des forces militaires du Pathet Lao étaient en fait des troupes vietnamiennes mais des officiers neutralistes et royalistes les rejoignèrent sans que les régiments se mêlent les uns aux autres.

De l'autre côté le roi et l'armée dans son ensemble continuaient de tenir le pays, négligeant le Pathet Lao compris à bon droit à l'époque comme une toute petite structure permettant aux Nord-Vietnamiens d'attaquer le Laos en prétendant avoir été appelés.

Dans les années 70 les Américains ne menant plus qu'une guerre défensive au Sud-Vietnam le Pathet Lao devint une vraie force politique mais tous les postes furent donnés à des communistes.

Le prince Souvanna Phouma se retrouva dans une situation étrange où il était premier ministre à Vientiane, où le roi acceptait de devenir une sorte de prêtre et de symbole de la nation sans pouvoir, alors que le gouvernement se rassemblait dans l'est du pays.

Mais Souvanna Phouma et les neutralistes obtinrent ainsi la fin de la guerre, au prix de l'abandon des soldats et des officiers qui refusèrent d'adhérer au Parti Communiste et furent "rééduqués" dans des camps d'où personne ne revenait.

Les Nord-Vietnamiens pratiquèrent un vrai génocide des Hmongs, des Khmous et des Yaos qui n'avaient toujours fait que défendre leurs villages.

Souvanna Phouma accomplit son rôle de potiche car il ne voyait pas quoi faire d'autre. Son statut de prince connu l'a probablement sauvé de la "rééducation".

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Laos - Autopsie d'une monarchie assassinée, Mangkra Souvanna-Phouma, L'Harmattan, 2010.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]