Gris souris

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Gris souris est un nom de couleur utilisé dans le domaine de l'hippologie et des sciences naturelles, de la décoration, de l'habillement et de la mode. C'est un gris chaud, de clarté moyenne, évoquant le poil de la souris commune.

Histoire[modifier | modifier le code]

Robe du cheval 
« Le gris souris est un gris mêlé[1] ». C'est le premier sens attesté dès 1722.
Histoire naturelle 
On trouve « gris souris » et « gris de souris » dans le Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle de 1816-1819[2].
Décoration 
Le « gris souris », couleur mate en vente parmi les « couleurs lucidoniques, inventées en 1802 par Mme Cosseron[3] ».
Mode 
masculine : « l'habit gris de souris ne laissait à désirer, pour son élégance (…) », L'écrivain public, 1826[4], et féminine : « Les couleurs les mieux portées, sont le violet et le gris souris », La Presse, 1840[5]. On retrouve le « gris souris » les annnées suivantes dans la mode, tant féminine que masculine.

Nuanciers[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle Chevreul s'est attaché à définir les couleurs. Il les repère sur une sphère dont les teintes sont repérées entre elles et par rapport aux raies de Fraunhofer du spectre lumineux, et du blanc au noir[6]. Il définit le gris souris type (c'est-à-dire qu'il y en a plusieurs nuances) comme un
« 2 orangé 6/10 du 10  au 13 ton », ce qui signifie un gris moyen, réchauffé par un orangé jaunâtre[7].

Le Répertoire de couleurs de la Société des chrysanthémistes (1905) présente un gris souris, avec quatre tons et la définition « Dénomination de cette couleur dans le commerce des draps, étoffes, etc. Allusion à la couleur la plus fréquente de la robe des rongeurs. Reproduction du Murinus du professeur Saccardo[8] », et comme synonymes français gris taupe et gris graphite. Malgré la dégradation des pigments du nuancier, il semble que les gris présentés aient eu une tendance orangée.

Le nuancier RAL présente une couleur gris souris (« Mausgrau »), 7005[9], sans le caractère chaud noté par Chevreul.

Dans des nuanciers actuels, on trouve 168 gris souris[10].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe-Étienne Lafosse, Cours d'hippiatrique, ou Traité complet de la médecine des chevaux,‎ (lire en ligne), p. 203
  2. lire en ligne.
  3. Armand-Joseph-Marie de Saint-Félix, Architecture rurale, théorique et pratique, à l'usage des propriétaires et des ouvriers de la campagne, Toulouse, Douladoure,‎ (lire en ligne), p. 211. La peinture lucidonique est une peinture à l'huile sans odeur, semi-transparente et hydrofuge.
  4. Sophie Pannier, L'Ecrivain public, ou Observations sur les mœurs et les usages du peuple au commencement du XIXe siècle, recueillies par feu Le Ragois, t. 3,‎ (lire en ligne), p. 122.
  5. Louise de Saint-Loup, « Modes — Thiébaud-Guichard », La Presse,‎ (lire en ligne).
  6. Michel-Eugène Chevreul, « Moyen de nommer et de définir les couleurs », Mémoires de l'Académie des sciences de l'Institut de France, t. 33,‎ , p. 118 (lire en ligne)
  7. Le système de description de couleurs de Chevreul peut être approché avec une longueur d'onde dominante de 591 nanomètres, La fraction 6/10 signifie que sur une échelle visuellement régulière du gris de même luminosité à la couleur la plus pure possible pour Chevreul, la nuance se trouve à la sixième position. Les tons se traduisent approximativement en clarté par la formule L*=(21-ton)/21. Les fonctions colorimétriques CIE XYZ donnent les coordonnées trichromatiques de la lumière monochromatique. On lui ajoute la quantité de gris (éclairant D55, correspondant à la méthode d'éclairage préférée par Chevreul, soleil direct) pour arriver à une pureté correspondant à une estimation des 6/10, puis pour chaque valeur de ton, on multiplie les trois valeurs par un coefficient permettant d'arriver à la clarté visée. On convertit ensuite les valeurs en sRGB.
  8. Henri Dauthenay, Répertoire de couleurs pour aider à la détermination des couleurs des fleurs, des feuillages et des fruits : publié par la Société française des chrysanthémistes et René Oberthür ; avec la collaboration principale de Henri Dauthenay, et celle de MM. Julien Mouillefert, C. Harman Payne, Max Leichtlin, N. Severi et Miguel Cortès, vol. 2, Paris, Librairie horticole,‎ (lire en ligne), p. 360.
  9. « RAL classic Farben ».
  10. « Nuancier DMC numéros et noms », sur sd-g1.archive-host.com.