Souad Abderrahim

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Souad Abderrahim
Illustration.
Portrait de Souad Abderrahim en novembre 2011.
Fonctions
Constituante de la deuxième circonscription de Tunis
Élection 23 octobre 2011
Groupe politique Ennahdha
Biographie
Date de naissance (53 ans)
Lieu de naissance Sfax, Tunisie
Nationalité tunisienne
Parti politique Ennahdha
Diplômé de Université de Monastir

Souad Abderrahim (arabe : سعاد عبد الرحيم), née le à Sfax, est une pharmacienne et femme politique tunisienne.

Formation[modifier | modifier le code]

Souad Abderrahim est originaire de Métouia et membre d'une fratrie de sept enfants[1]. Elle est élève au lycée Khaznadar en banlieue de Tunis, elle porte le voile pendant ses années d'études à la faculté de médecine de Monastir. Elle commence à militer et à rencontrer des activistes comme Ajmi Lourimi, devenu plus tard membre du bureau politique d'Ennahdha. Elle devient par ailleurs membre du bureau exécutif du syndicat islamiste de l'Union générale tunisienne des étudiants (UGTE)[2].

Son implication militante lui vaut quinze jours d'emprisonnement en 1985, alors qu'elle tente de calmer une violente querelle entre étudiants. Elle est contrainte de quitter la faculté et reprend plus tard des études de pharmacie à Monastir. En 1991, à la décision du retrait du visa de l'UGTE, elle entame un parcours de militante et commence à déranger les détenteurs du pouvoir de l'époque : son activisme lui vaut l'arrestation et l'emprisonnement en tant qu'opposante du régime[3]. À cette époque, elle abandonne le hijab[2].

Elle obtient son diplôme de pharmacie en 1992. Elle quitte alors son voile et devient dirigeante d'un grossiste en produits pharmaceutiques à Tunis[2].

Militantisme[modifier | modifier le code]

Souad Abderrahim durant un meeting de campagne à Ben Arous, en octobre 2011.

Elle ne se lance dans la vie associative et l'activité politique qu'après la révolution du 14 janvier 2011[4].

Elle rejoint le parti islamiste Ennahdha, à la suite d'une réunion de l'UGTE, qu'elle préside et où des personnalités du parti sont présentes. Le bureau politique d'Ennahdha la contacte alors pour la faire entrer dans le parti dont elle est considérée comme la vitrine au niveau international[5].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Elle est élue le 23 octobre 2011 à l'assemblée constituante, représentant Ennahdha dans la circonscription de Tunis 2 où elle est tête de liste[3]. Elle préside la commission parlementaire sur les droits de l'homme et les libertés[2].

Le , elle déclare lors d'un débat sur Monte Carlo Doualiya que les libertés doivent être « encadrées par les coutumes, les traditions et le respect des bonnes mœurs » ; elle illustre son propos en dénonçant les mères célibataires, « une infamie, une plaie pour la société tunisienne », qui « ne devraient pas aspirer à un cadre légal qui protège leurs droits »[6]. Elle est alors surnommée « Souad Palin », en référence à Sarah Palin, égérie de la droite conservatrice américaine[2].

Après ces propos sur les mères célibataires, elle se fait agresser le devant le siège de l'assemblée constituante[7]. Elle s'est par ailleurs excusée de ses déclarations[2].

Elle porte plainte contre Jalel Brick, « Facebooker » tunisien, qu'elle accuse de diffamation en l'insultant et en attentant à son honneur sur les réseaux sociaux. Le ministère public enregistre la plainte, estime qu'elle est recevable et demande à la brigade criminelle de Tunis de mener son enquête[8].

En 2014, elle est décorée des insignes de chevalier de l'Ordre tunisien du Mérite[9].

En 2017, elle intègre le bureau politique d'Ennahdha même si elle ne se considère pas comme islamiste mais comme indépendante[2].

Elle est candidate d'Ennahdha à la mairie de Tunis lors des élections municipales de 2018[10].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Abderrahim est mariée à Anouar Landa, gérant de société spécialisée dans les logiciels de pharmacie. Le couple a deux enfants : Samy et Nourhene[11],[1],[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Hella Habib, « Tunisie : congé parlementaire - Des constituants de tous bords se confessent », sur fr.allafrica.com, (consulté le 1er mai 2018)
  2. a, b, c, d, e, f et g Bénédicte Tassart, « Tunisie : qui est Souad Abderrahim, la probable future maire de Tunis ? », sur rtl.fr, (consulté le 13 mai 2018)
  3. a, b et c Dorra Megdiche Meziou, « Portrait : Souad Abderrahim, le revers de la médaille ! », sur businessnews.com.tn, (consulté le 1er mai 2018)
  4. Frida Dahmani, « Tunisie : Souad Abderrahim, le pasionaria d'Ennahdha se dévoile », sur jeuneafrique.com, (consulté le 1er mai 2018)
  5. Thierry Oberle, « La Tunisie s'attend à une percée islamiste », sur lefigaro.fr, (consulté le 1er mai 2018)
  6. « Tunisie - Les bonnes mœurs selon Souad Abderrahim », sur businessnews.com.tn, (consulté le 1er mai 2018)
  7. « Tunisie : manifestation pour des libertés », sur lefigaro.fr, (consulté le 1er mai 2018)
  8. « La plainte de Souad Abderrahim contre Jalel Brick officiellement acceptée », sur businessnews.com.tn, (consulté le 1er mai 2018)
  9. « Décrets et arrêtés », Journal officiel de la République tunisienne, no 33,‎ , p. 972 (ISSN 0330-7921, lire en ligne [PDF])
  10. « Municipales : Souad Abderrahim candidate d'Ennahda pour être Cheikhet El Médina », sur realites.com.tn, (consulté le 1er mai 2018)
  11. (en) Diana Hodali, « Tunisia's Ennahda party seeks modern image », sur dw.de, (consulté le 1er mai 2018)

Lien externe[modifier | modifier le code]

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