Sospel

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Sospel
Vue sur Sospel. La Bévéra sous le Pont Vieux.
Vue sur Sospel. La Bévéra sous le Pont Vieux.
Blason de Sospel
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Alpes-Maritimes
Arrondissement Arrondissement de Nice
Canton Contes
Intercommunalité Communauté d'agglomération de la Riviera française
Maire
Mandat
Marie-Christine Thouret (SE)
2014-2020
Code postal 06380
Code commune 06136
Démographie
Gentilé Sospellois
Population
municipale
3 709 hab. (2014)
Densité 59 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 52′ 41″ nord, 7° 26′ 57″ est
Altitude Min. 257 m – Max. 1 737 m
Superficie 62,39 km2
Localisation

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Sospel (en italien Sospello) est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont appelés les Sospellois. En alpin sospellois, on dit Sospèr (prononcer Souspèr) et E Sospelencs pour ses habitants[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Sospel, panorama.

Sospel est située à 20 km de Menton, à environ 350 m d'altitude, aux portes du parc national du Mercantour. Avec son célèbre Pont vieux à péage, un pont fortifié datant du XIIIe siècle, un des derniers d'Europe, Sospel est un bourg médiéval tranquille sur le bord de la Bévéra.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Sospel
Moulinet Moulinet, Breil-sur-Roya Breil-sur-Roya
Lucéram Sospel Olivetta San Michele(Drapeau de l'Italie Italie)
Peille Peille, Castillon Castellar

Histoire[modifier | modifier le code]

Du comté de Vintimille au comté de Provence[modifier | modifier le code]

Commune sous la tutelle des comtes de Vintimille au Moyen Âge, Sospel affirme très tôt son indépendance face aux revendications des comtes, contraints de faire acte d'allégeance à la république de Gênes qui avait des visées sur la région. Sospel cherche donc la protection du comte de Provence, seul contrepoids à l'hégémonie génoise.

Le 28 mars 1258, la cession de Sospel à la Provence est effective. Chef-lieu de viguerie, Sospel gagne en importance sur le plan administratif. Il existait en 1258 seulement 6 vigueries dans le comté de Provence : Marseille, Hyères, Draguignan, Nice, Grasse, Sospel (viguerie de Vintimille - Val de Lantosque) et 4 bailliages : Toulon, Saint-Maximin, Brignoles, Puget-Théniers. Il suffit de constater l'étendue de cette viguerie pour juger de l'importance de cette cité médiévale.

Le grand Schisme d'Occident permet à Sospel de devenir évêché dès 1378, en faisant pression sur le nouvel évêque de Vintimille, qui s'établit définitivement à Sospel. En représailles, le pape romain Urbain VI nomme un autre évêque à Vintimille. Un nouvel évêque, Pierre Marinaco, est nommé à Sospel en 1384, et ce dernier ayant été promu archevêque à Famagouste (Chypre) laisse le poste vacant. À la suite de l'élection d'un troisième souverain pontife en 1409 au concile de Pise (Alexandre V), l'église catholique romaine, en plein chaos, ne se soucie guère de trouver un remplaçant à Pierre Marinaco, et Sospel se retrouve donc sans évêque. Il faut attendre la fin de l'année 1411 pour que l'évêque de Vintimille pardonne à Sospel ses infidélités épiscopales pendant le schisme.

L'Acte de dédition à la Savoie[modifier | modifier le code]

Face à la guerre de succession pour la couronne provençale, déclenchée par l'assassinat de la reine Jeanne, Sospel, tout comme l'ensemble du comté de Nice, fait acte de dédition à la Savoie en 1388. S'ensuit pour Sospel une longue période de prospérité entrecoupée par de terribles épidémies de peste. L'allégeance des comtes de Tende (les célèbres Lascaris) au comte de Savoie permet enfin la libre circulation des marchandises entre Nice et Turin, pour le plus grand bénéfice de la communauté de Sospel. À partir de la seconde moitié du XVe siècle, l'hérésie vaudoise commence à s'implanter dans les vallées et de grands bûchers sont organisés, ce qui n'entrave nullement le commerce florissant. Mais un fait majeur remet tout en question à long terme : en décembre 1481, la Provence est rattachée à la France. Le comté de Piémont-Savoie fait connaissance avec un nouveau voisin : le puissant royaume de France.

Dès 1614 et jusqu'en 1796, Sospel est le siège de l'une des quatre préfectures du ressort du Sénat de Nice.

Sospel fut un village très important au Moyen Âge avec le passage de la route du Sel (existence d'un château dont il reste encore quelques ruines). Présence également de nombreux alchimistes à l'époque.

Sospel pendant la Révolution française et le Premier Empire[modifier | modifier le code]

De la Restauration de 1815 au rattachement à la France[modifier | modifier le code]

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Sospel était lors de la Seconde Guerre mondiale dans la zone libre. Un camp d'internement pour juifs italiens fut ouvert à Sospel[2] en fin 1942 et fermé en mai 1943.

Sospel aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Sospel possède depuis 2000 une des seules sociétés bigophoniques encore en activité en France : les cougourdons sospellois[3].

Il en existait des centaines en Belgique et en France depuis le début des années 1880 jusqu'à la fin des années 1930.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1971 1992 Pierre Gianotti RPR Conseiller Général
1992 2014 Jean-Mario Lorenzi UMP Conseiller Général
2014 en cours Marie-Christine Thouret SE Fonctionnaire
Conseil municipal de Sospel (mandature 2014-2020)[4].
Liste Tendance Président Effectif Statut
« Sospel différemment » SE Marie-Christine Thouret 21 Majorité
« Pour Sospel 2014-2020 » LR-DVD Jean-Mario Lorenzi 6 Opposition

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[6],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 3 709 habitants, en augmentation de 5,28 % par rapport à 2009 (Alpes-Maritimes : 0,39 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
2 453 2 990 3 307 3 620 4 394 4 437 3 818 3 936 3 912
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
3 547 3 465 3 425 3 695 3 887 3 756 3 570 3 768 3 529
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
3 361 3 070 3 705 3 815 2 156 2 181 2 321 2 582 1 828
1982 1990 1999 2005 2010 2014 - - -
2 171 2 592 2 885 3 394 3 527 3 709 - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Les langues des Alpes-Maritimes avec Sospel dans la zone mentonasque
  •      Occitan vivaro-alpin (mentonnais)
  •      Occitan vivaro-alpin (alpin)
  •      Occitan vivaro-alpin (intermédiaire)
  •      Occitan provençal (niçois)
  •      Occitan provençal (maritime)
  •      † Figoun (remplacé par le provençal)
  •      Royasque, dont
  •      Tendasque (Royasque)
  •      Brigasque (Royasque)

Le parler de Sospel (Susper, en occitan) est généralement classé avec le mentonnais ou mentonasque[9], un parler vivaro-alpin. Des textes en parler de Sospel sont présentés dans la revue Ou Cahegne du Cercle d'Études du Patrimoine et de l'Histoire de Sospel[10].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Le Pont-Vieux est certainement le symbole et l’endroit le plus romantique de la ville. Ce pont fortifié enjambe la Bévéra qui coupe en deux parties la ville. Il fut bâti au début du XIIIe siècle sans doute en bois puis reconstruit en pierre en 1522[11]. Les deux arcs ont apparemment été remplacés en 1823 sur lesquelles la reconstruction a été basée. Selon la tradition sa tour centrale aurait servi de poste de péage[12] entre le Piémont et la Méditerranée sur la fameuse Route royale du Sel entre Nice et Turin. Ses deux arches asymétriques permettaient à un système de canalisation d'acheminer l'eau vers les quartiers de la rive gauche[11]. Faisant le lien entre les deux rives de la Bévéra, sa tour servit d'habitation et abrita divers commerces jusqu'en 1960[11]. Il fut entièrement restauré par les Beaux-Arts en 1953 avec des matériaux utilisés sur place, après les dommages causes en octobre 1944 lors des combats pour la libération de la vallée. Il abrite actuellement dans sa tour le Cercle d’Étude du Patrimoine et de l'Histoire de Sospel[13].
  • La cocathédrale Saint-Michel : située sur une place bordée de maisons aux arcades du Moyen Âge, elle est de style baroque, seul le clocher du XIe siècle est de l'époque lombarde. La partie supérieure de la façade est de l'époque pré-baroque roman. Les deux statues à l'intérieur des niches représentent les protecteurs de la ville de Sospel « Saint-Hippolyte et Saint-Absende ». Sur la gauche, à l'intérieur de la cathédrale, se dresse la « Vierge Immaculée de Sospel ». Ce retable à trois volets a été réalisé par François Bréa membre d'une famille de peintres niçois des XVe et début du XVIe siècles, et sur la droite le retable de la vierge de pitié en bois sculpté.
  • La place Saint-Nicolas : ses maisons anciennes sur arcades, sa fontaine médiévale et son pavement de galets colorés. Elle mène par la rue de la République à la chapelle baroque Sainte-Croix (lieu de concerts de musique baroque en été), place Sainte-Croix.
  • À un kilomètre du centre du village, sur la route de Nice, le fort Saint-Roch est une véritable ville souterraine à 50 m de profondeur. Le fort faisait partie de la ligne Maginot des Alpes construite pendant les années 1930 dans la région. Cet ouvrage militaire a été conçu pour verrouiller la vallée de la Bévéra, couvrir le col de Brouis et la sortie du tunnel ferroviaire de Breil-sur-Roya. Un funiculaire transportant les munitions menait aux postes de tir et aux salles d'artillerie. Des périscopes permettent d'avoir une vue intéressante des environs.
  • Hôtel du Golf, construit par l’architecte danois Hans-Georg Tersling.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Vie militaire[modifier | modifier le code]

Unités ayant été cantonnées à Sospel :

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Sospel Blason De gueules à saint Georges contourné de carnation, vêtu d'azur, casqué d'or, sur un cheval d'argent, terrassant un dragon couché de sinople.
Détails

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Domérégo, Sospel, l'histoire d'une communauté, Éditions Serre

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. André Rolland de Denus indique dans son Dictionnaire (1889) Sospellitain pour seul gentilé mais à l'époque on appréciait avant tout les composés d'allure savante. La réédition (2004) du Petit Larousse 1906 indique encore Sospellitains. Le Petit Larousse 1985 n'indique aucun gentilé pour Sospel.
  2. À la fin de 1942, le camp de Sospel est ouvert, en réalité un hôtel et une caserne. Il fut fermé en mai et ses détenus furent transférés à Embrun et Modane. D’autres furent assignés à résidence à Digne, Vence, Guagno (en Corse), Saint-Martin de Vésubie, Barcelonnette, Moustier Sainte-Marie, Castellane, Enchastrayes et Château de Chavance, voir le paragraphe La France et la zone d’occupation italienne [1] .
  3. Déclaration au Journal Officiel le 1er juillet 2000 des cougourdons sospellois. Cette association est toujours active en 2011, voir son nom dans la liste des associations de la commune sur le site Internet officiel de Sospel.
  4. Ministère de l'Intérieur, « Elections municipales 2014 », sur elections.interieur.gouv.fr (consulté le 7 mai 2014).
  5. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  9. « Les parlers de Menton et de Sospel représentent donc le stade 0 des dialectes occitans, où il n'y a pas de clitique sujet. » Michèle Olivieri, Frontières linguistiques
  10. Archives de Ou Cahegne
  11. a, b et c Panneau d'information sur le pont
  12. Cependant aucun document historique officiel atteste la fonction de péage du pont
  13. http://www.sospel-patrimoine.org