Sophie Volland

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Louise Henriette Volland, dite Sophie Volland, née le , et morte le , est une épistolière française dont aucune lettre n’a été conservée.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sophie Volland s’appelait en réalité Louise-Henriette, mais en mesurant rapidement ses dons, Diderot, admiratif et amoureux, lui donna le prénom de « Sophie » soit, en grec, « sagesse ». C'est au printemps 1755 qu'âgée de 39 ans elle rencontra le philosophe, de trois ans son ainé. Elle fut l’amie, la maîtresse et la correspondante privilégiée de Denis Diderot de 1755 à 1769 qui aimait sa personne et estimait son esprit comme son jugement.

Sophie était cultivée ainsi que bien et régulièrement informée par Diderot sur les évènements, les artistes et auteurs de son époque. Elle était pour le philosophe une confidente à laquelle il pouvait parler en détail de son travail, de ses rencontres et aussi des inquiétudes de sa vie privée ; par la confiance qui les liait, il pouvait aussi éventuellement lui demander conseil, voire consolation. Célibataire, elle avait une relation difficile avec une mère très égoïste qu'elle devait suivre à peu près six mois par an à Isle, alors qu’elle aurait préféré vivre à Paris. D'où des séparations régulières et douloureuses. Les très nombreuses lettres de Diderot à Sophie donnent des indications sur sa vie, ses informations et ses réflexions sur la vie politique, artistique (ses critiques d'art) et intellectuelle de son temps. Elles sont considérées comme une partie importante de son œuvre. On en connaît seulement 187 sur un total de 553 ; toutes étaient numérotées pour vérifier qu'elles avaient bien été reçues, malgré les aléas des circuits mis au point par eux.

Les lettres de Sophie n’ont pas été retrouvées. Aucun portrait de Sophie n’est parvenu jusqu’à nous alors que Diderot en possédait deux, dont un peint par Anne Vallayer-Coster, qu’il avait fait enchâsser dans la reliure d’un volume du poète latin Horace[1]. Les seuls détails concrets que l’on connaisse de Sophie sont qu’elle portait lunettes, qu’elle était de constitution fragile, avait « la menotte sèche » mais était douée d’un esprit solide, occupé de science et de philosophie, ce qui comblait l’amant d’admiration. Diderot ne lui a survécu que cinq mois.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Maurice Tourneux, Diderot et Catherine II, p. 480, note 1.

Éditions modernes[modifier | modifier le code]

  • Lettres à Sophie Volland 1759-1774, texte présenté et annoté par Marc Buffat (Paris-7 Diderot) et Odile Richard-Pauchet (Université de Limoges), Paris, Éd. Non Lieu, mai 2010. (ISBN 978-2-35270-078-4)
  • Lettres à Sophie Volland, Jean Varloot, Paris, Gallimard, coll. « Folio », 1984. (ISBN 978-207037547-9) (sélection de lettres)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Odile Richard-Pauchet, Diderot dans les Lettres à Sophie Volland : une esthétique épistolaire. Paris, Champion, 2007. (ISBN 978-274531608-0).
  • Anne-Marie Boilleau, Liaison et liaisons dans les lettres de Diderot à Sophie Volland, Paris, Champion, 1999. (ISBN 978-274530047-8).
  • Jacques Chouillet, Denis Diderot, Sophie Volland : un dialogue à une voix, Paris, Champion, 1986. (ISBN 978-2051007795).
  • Martine Darmon Meyer, Lettres et réponses de Diderot à Sophie Volland : échos personnels, politiques et littéraires, Paris, Lettres modernes, 1967.
  • Paul Ledieu, Diderot et Sophie Volland, Paris, Publications du Centre, 1925.
  • Jacques Attali, Diderot ou le bonheur de penser, Fayard 2012

Liens externes[modifier | modifier le code]