Sophie Croizette

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Sophie Croizette
Sophie Croizette - photo Alphonse Liébert.jpg
Sophie Croizette, photographie de Alphonse Liébert
Fonction
Sociétaire de la Comédie-Française
-
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Sophie Alexandrine CroizetteVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domiciles
Château de Fitz-James (d), Hôtel Marcel DassaultVoir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activité
Fratrie
Conjoint
Jacques Stern (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Armand Croizette (grand-père)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Maître

Sophie Alexandrine Croizette, épouse Stern, née le à Saint-Pétersbourg et morte le à Paris 8e[1], est une comédienne française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sépulture au Cimetière de Passy (8e division).

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Sophie Alexandrine Croizette naît en 1847 à Saint-Pétersbourg, fille naturelle de Louise Fortunée Croizette[2],[Note 1], une ballerine française de Saint-Pétersbourg[3]. Selon certains[Qui ?], elle serait la fille d'un grand seigneur russe dont elle tenait un type physique légèrement oriental. Elle est la petite-fille d'Armand Croizette et la sœur de Pauline Croizette.

Sophie Croizette est élevée dans le couvent des Ursulines à Versailles[4]. Pendant les vacances, elle a comme partenaire d'étude Sarah Berhnard[5]. Puis elle passe ses examens à l’Hôtel de Ville et obtient un brevet d'institutrice[6].

Son enfance fut troublée par des maladies respiratoires et elle faillit mourir d'une fièvre scarlatine[6].

Élève de Prosper Bressant au Conservatoire dès 1867[7], elle obtient un premier prix de comédie en 1869 qui lui ouvre les portes de la Comédie-Française[6].

Carrière[modifier | modifier le code]

Elle fait ses débuts à la Comédie-Française le 7 janvier 1870 dans le rôle de la reine Anne, dans Le Verre d'eau d'Eugène Scribe[8],[9],[10]. Elle est alors une pensionnaire touchant mille huit cents francs par an[11]. Le 11 janvier 1873[7], elle est reçue comme la 296e sociétaire. C'est en juillet de cette même année qu'elle obtient son premier grand succès dans l’Été de la Saint-Martin de Ludovic Halévy et Henri Meilhac[6].

Elle joue au total quarante-cinq rôles pendant ses onze ans de carrière au Français[4], tenant notamment les rôles de jeune première.

Elle est considérée comme la principale rivale de Sarah Bernhardt avec qui elle joue dans Le Sphinx (1873) d'Octave Feuillet[12], L'Étrangère d'Alexandre Dumas fils et Le Mariage de Figaro (1873) de Beaumarchais[13].

Son interprétation de l'empoisonnement de Blanche de Chelles dans Le Sphinx d'Octave Feuillet en 1874 agita la critique qui tantôt lui reprochait son style trop réaliste ou bien s'exaltait devant une fin si tragique[6].

Son rôle de Catherine de Septmonts créée par Alexandre Dumas fils dans sa pièce L’Étrangère fut également un triomphe dès 1876[4].

Le 13 octobre 1881, lors de la sa dernière apparition à la Comédie-Française dans la Princesse de Bagdad, elle déclare vouloir démissionner[14]. Elle quitte le théâtre en 1882[15] pour s'occuper de son enfant et sa famille[16],[17].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Avant de quitter le théâtre, Sophie habite l'hôtel Le Hon, no 7 rond-point des Champs-Élysées où elle reçoit une brillante société dans son célèbre salon bleu[18],[4]. Son beau-frère[19], le peintre Carolus-Duran a laissé d'elle un célèbre portrait en amazone, prête pour sa promenade quotidienne au bois de Boulogne[20]. Ce tableau fut exposé en 1873[21].

À la suite d'une déception sentimentale, elle tente de se suicider en août 1872 en se jetant par la fenêtre tout en se tirant une balle de révolver, mais elle se rate[4].

Elle a une longue liaison avec le riche banquier Jacques Stern, l'un des fondateurs de la Banque de Paris et des Pays-Bas et fils d'Antoine Jacob Stern. Ils ont un fils, Michel, née le 24 février 1877[4]. Après un accouchement difficile, elle grossit de manière importante[réf. nécessaire].

Le 15 août 1885, Jacques Stern et Sophie Croizette régularisent leur union et se marient au château de Fitz-James à Fitz-James (Oise), propriété de Jacques Stern[4]. Ils font embellir le château et y créent un équipage de chasse à courre[4]. Jacques Stern est élu conseiller général de Clermont en 1894[4].

Mais il meurt bientôt en 1900, suivi dans l'espace d'une année par sa femme[22] puis par son fils en 1902[16].

Mort[modifier | modifier le code]

Elle meurt d'une grippe infectieuse le 19 mars 1901 dans son hôtel du rond-point des Champs-Élysées[9], dans le 8e arrondissement de Paris. Elle avait 54 ans.

Les obsèques de Sophie Croizette se déroulent le vendredi 22 mars 1901 en l'église Saint-Pierre de Chaillot[10] et elle est enterrée au cimetière de Passy.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Carrière à la Comédie-Française[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Son acte de décès indique par erreur qu'elle est née le et non le , mais il s'agit probablement d'une confusion avec son jour de décès.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de décès à Paris 8e, n° 562, vue 21/31.
  2. Acte de mariage no 25, , Fitz-James, Archives de l'Oise
  3. Louise Fortunée Croizette (1810-1882), danseuse au théâtre Mariinsky sous le nom de Louise Carbonna, était la fille du dramaturge Armand Croizette.
  4. a b c d e f g h et i C.A, « Sophie Croizette », Comptes-rendus & mémoires de la Société archéologique et historique de Clermont-de-l'Oise,‎ , p. 264-267 (BNF 34443457, lire en ligne)
  5. « Causerie dramatique et musicale », La Dépêche algérienne,‎ , p. 2 (BNF 32755912, lire en ligne)
  6. a b c d et e Francisque Sarcey, « Sophie Croizette », Le XIXe siècle : journal quotidienpolitique et littéraire, Paris,‎ , p. 3-4 (BNF 32757974, lire en ligne)
  7. a et b Georges d'Heylli, « Mlle Croizette », Foyers et coulisse, Paris, Tresse, vol. 2 « Comédie-Française »,‎ , p. 133-136 (BNF 42194436, lire en ligne)
  8. « Mlle Croizette », Le Monde illustré,‎ , p. 103 (BNF 32818319, lire en ligne)
  9. a et b « Mort de Sophie Croizette », Le Petit Journal,‎ , p. 2 (BNF 32895690, lire en ligne)
  10. a et b « Nécrologie », Le Temps,‎ , p. 3 (BNF 34431794, lire en ligne)
  11. Hippolyte Hostein, « Théatres », Le Constitutionnel,‎ , p. 1 (BNF 32747578, lire en ligne)
  12. Elle tient le rôle de Blanche et Sarah Bernhardt celui de Berthe de Savigny. Le public se divisa entre « croizettistes » et « bernhardtistes ». Selon Sarah Bernhardt dans ses Mémoires les deux femmes s'entendaient très bien et étaient plutôt amusées qu'on tente de les opposer. Elle décrit Sophie Croisette comme gaie et aimant à causer.
  13. Elle tient le rôle de Suzanne et Sarah Benhardt celui de Chérubin.
  14. C. de Rille, « Théâtres & Concerts », Gazette d'Aulus,‎ , p. 3 (BNF 32780183, lire en ligne)
  15. Eugène Destez, « Sophie Croizette », Le Messin : organe des intérêts lorrains,‎ , p. 1 (BNF 32815346, lire en ligne)
  16. a et b Jules Claretie, « Profil de Théatre », Les Annales politiques et littéraires,‎ , p. 39-40 (BNF 34429261, lire en ligne)
  17. Alexandre Hepp, « Une maman », Le Matin,‎ , p. 1 (BNF 32812305, lire en ligne)
  18. Félicien Champsaur, « Sophie Croizette », Le Contemporains, no 25,‎ , p. 2-4 (BNF 32747803, lire en ligne)
  19. Il avait épousé sa sœur, Pauline Croizette.
  20. Portrait par Carolus-Duran, Musenor
  21. Jean-Bernared, « Lettre parisienne », Le Courrier de Metz,‎ , p. 1 (BNF 32750674, lire en ligne)
  22. Acte de décès no 562, , Paris 8e, Archives de Paris
  23. L’Univers illustré du 22 mai 1880.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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