Songkran

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Songkran en Thaïlande, la fête du Nouvel An thaïlandais traditionnel *
Image illustrative de l’article Songkran
« Fête de l'eau » à Chiang Mai.
Pays * Drapeau de la Thaïlande Thaïlande
Liste Liste représentative
Année d’inscription 2023
* Descriptif officiel UNESCO

Songkran (thaï สงกรานต์) est le nom thaïlandais de la fête du nouvel an bouddhique. Le mot est dérivé d'un terme sanskrit signifiant « mouvement (du soleil dans le zodiaque) »[1]. Propre au bouddhisme theravāda et basée sur le calendrier lunaire, elle est fêtée également en Birmanie (Thingyan), au Cambodge (Chaul Chhnam), au Laos (Pimay), au Sri Lanka et chez les Dai du Yunnan.

Date[modifier | modifier le code]

En Thaïlande, la fête a lieu en général dans le courant avril (en fonction du calendrier lunaire), et cela quand bien même le pays fête aussi, depuis 1939, le Nouvel An le 1er janvier[1]. Cependant, les réjouissances attachées à cette fête sont désormais fixes afin de faciliter la vie civile : elles ont lieu tous les ans du 12 au , bien que les dates puissent varier d'une ville à l'autre. En outre, la date exacte du nouvel an est toujours tributaire du cycle lunaire. Elle correspond aussi à la période la plus chaude de la saison sèche.

Traditions anciennes et nouvelles[modifier | modifier le code]

Traditionnellement, les Thaïlandais rentrent à cette occasion dans leur famille et font preuve de respect envers leurs aînés en leur versant un peu d'eau parfumée sur les mains ; on acquiert des mérites en offrant de la nourriture aux bonzes ; on arrose les statues du Bouddha et on libère des oiseaux et des poissons[2]. Si cette tradition se perpétue dans les familles, les manifestations publiques ont énormément évolué et, aujourd'hui, la fête est devenue prétexte à de gigantesques batailles d'eau dans les rues des villes, si bien que durant les trois jours de célébrations, il est quasiment impossible de se déplacer dans les rues sans se faire asperger copieusement plusieurs fois[3]. À Chiang Mai notamment, où les festivités sont particulièrement importantes, des pick-up transportant des jeunes gens avec des bidons d'eau défilent dans les rues le long desquelles la foule est massée, elle-même « armée » de seaux d'eau. Les deux groupes, motorisés et piétons, s'aspergent mutuellement dans une ambiance bon enfant. Il y a aussi une procession des Demoiselles Songkran et la "danse des ongles" d'une centaine de jeunes filles de Chiang Mai. À Pattaya, la présence d'une foule de touristes et l'arrivée d'une multitude d'habitants de Bangkok fait prendre à la fête un tour délirant et souvent excessif.

Chaque année, le nouvel an bouddhique, qui génère un très vaste mouvement de population annuel en Asie du Sud-Est (par exemple des millions de thaïlandais retournent pour cette fête voir leur famille et leurs proches dans les provinces en car, camionnette, voiture, moto...), est marqué d'accidents de la circulation dus à la conduite en état d'ébriété, mais aussi à des jets d'eau qui font perdre aux motocyclistes le contrôle de leur machine[4]...

Une autre coutume consiste à construire des pagodes de sable dans les temples. Les Thaïlandais pensent que les fidèles qui visitent les temples pendant l'année emportent à chaque fois un peu de terre sous les semelles de ses chaussures. Ce sable est donc « rendu  » aux temples à l'occasion du nouvel an, sous la forme de pagodes de sable dont la construction est considérée comme un acte de piété[5].

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

« Songkran en Thaïlande, la fête du Nouvel An thaïlandais traditionnel » est inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'UNESCO en [6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Prakong Nimmanahaemind, Myth and Ritual : A Studyof the Songkran Festival, The Journal of the Royal Institute of Thailand, Vol. 29 (2), 2004, p. 345-350. Lire en ligne (consulté le 8 décembre 2019)
  2. (th + fr) Wanee Pooput et Michèle Conjeaud (préf. Gilles Delouche), Pratique du thaï - Volume 2, L'Asiathèque - maison des langues du monde, , 352 p. (ISBN 978-2-36057-012-6), Leçon 18 - L'histoire de Songkran pages 135 à 141
  3. « Songkran, de l'eau jusqu'aux os ! », Gavroche Thaïlande, no 107,‎ , p. 49 (lire en ligne [PDF])
  4. « Thaïlande: batailles d'eau pour le Nouvel An bouddhique », sur rtbf.be, (consulté le )
  5. (en)The magic and traditions of Thai New Year (Songkran), canchamthailand.org, 4 avril 2014.
  6. « Songkran en Thaïlande, la fête du Nouvel An thaïlandais traditionnel », UNESCO

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Le Nouvel an bouddhique in Le patrimoine immatériel religieux du Québec, 2011 (Lire en ligne - consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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