Sonerien Du

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Sonerien Du
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Les Sonerien Du au Festival Yaouank 2016 à Rennes.

Informations générales
Pays d'origine Drapeau de la France France
Genre musical musique bretonne, chanson bretonne, rock celtique, musiques du monde
Années actives Depuis 1972
Labels Coop Breizh
Site officiel www.sonerien-du.com
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Logo de Sonerien Du.

Sonerien Du est un groupe de musique bretonne et plus particulièrement de la musique à danser de fest noz. Le groupe a été créé en 1971 par cinq Bretons du pays Bigouden (Cornouaille) : Yann Kaourintin Ar Gall, Daniel Tanneau, Didier Quiniou, Gilles Rolland et Raymond Riou, très vite rejoints par Yann Goas, puis dans le 2e semestre 1972 par Jean-Pierre Le Cam, aux cuillères et au banjo puis à la basse et au chant.

Les membres du groupe modernisent leur musique d'inspiration traditionnelle, par l'ajout de nouveaux sons et l'écriture de chansons, en breton et en français. Ils conservent les caractéristiques des danses bretonnes (gavottes, plinn, an dro, ridées...). Ils ont enregistré une vingtaine d'albums studio et trois albums live. La notoriété du groupe l'a fait voyager dans toute la Bretagne, en France, mais aussi dans beaucoup de villes d’Europe (Vienne, Oslo, Porto, Milan, Cromer) pour plus de 4 000 concerts et festoù-noz.

Biographie[modifier | modifier le code]

Raymond Riou, l'un des fondateurs, au chant et à la guitare

Le groupe effectue sa première tournée au Danemark, jouant lors des intermèdes du spectacle du cercle celtique de Pont l'Abbé ; un couple de sonneurs, accompagné d'un guitariste et d'un accordéoniste, font donc patienter le public au rythme des danses bretonnes[1]. À leur retour, ils découvrent que les Diaouled ar Menez à Carhaix marient également la tradition à la modernité. L'équipe fondatrice composée en 1971 de Yann Kaourintin Ar Gall, Daniel Tanneau, Didier Quiniou, Gilles Rolland et Raymond Riou ne restera pas très longtemps telle quelle. Yann Kaourintin Ar Gall laisse rapidement la place à Yann Goas.

Puis dès 1972, arrive aux cuillères, banjo, basse et chant, Jean-Pierre Le Cam. La formation est alors constituée de Yann Goas (bombarde), Dany Tanneau (biniou, washboard), Gilles Rolland (accordéon), Didier Quiniou (guitare et chant), Raymond Riou (guitare et chant) et Jean-Pierre Le Cam (basse, chant). Le groupe enregistre sous cette formation deux albums, Bal Breton volume 1 et 2.

En 1976, la formation change, les Sonerien Du devenant le premier groupe de fest-noz à passer entièrement professionnel[2]. Didier Quiniou et Dany Tanneau passent la main à cette occasion. C'est ainsi que sera appelé en renfort pour l'enregistrement de l'album Sonerien Du vol.3, Dan Ar Braz, premier guitariste électrique à jouer dans un groupe de fest-noz, au côté du batteur Michel Santangeli (Alan Stivell, Jacques Higelin, Ys...). Un autre musicien intègre la groupe pour quelque temps, c'est Christian Desbordes qui y tiendra le violon, en remplacement du biniou de Dany. En 1979, c'est Hervé Kernéis qui intègre la formation au violon et guitares, apportant une couleur plus "folk" à la musique[3].

Le groupe, ayant l'idée de fêter ses dix ans en 1982, décidera de décaler sa date de naissance à 1972. Sonerien Du a lancé le principe de fêter en musique et lors de grands concerts fest-noz, leurs 10, 15, 20, 25, 30, 35 et en 2012, 40 ans ! Concept repris depuis par pas mal d'autres groupes. En 1982 arrive la première rythmique des Du en la personne du percussionniste quimpérois Jacques Moreau alors accompagnateur de la chorégraphe togolaise Flora Théfaine. Sonerien Du deviendra le premier groupe à danser breton à utiliser la percussion jouée avec les mains (congas, djembé). Il enregistre un album avec les Du en 1987 (Tradition vibrante) et sera invité pour quelques titres en 1998 (Steir).

1985 marque l'arrivée d'un « batteur de rock » en la personne de Gérard Belbéoc'h, soulevant quelques levers de boucliers de la part du public « intégriste » de la musique traditionnelle, pour qui cet instrument n'a rien à faire dans cette musique. Cette frange se manifestera encore lorsqu'en 1987, la guitare électrique intègre le groupe en la personne de Dominique Lardic qui succède à Raymond Riou. Ces choix d’intégrer batterie rock et guitares électriques deviendront une évidence après le succès de Sonerien Du et des nombreux groupes à faire de même, mais à l'époque ce n'était pas aussi simple.

C'est en 1986 que le groupe, pour les besoins d'une pochette de disque, va rencontrer l'artiste Fañch Le Henaff, qui lui proposera le « cœur-biniou », devenu l'emblème et le logo officiel du groupe[4] (pour la petite histoire, il fut créé pour le groupe Bleizi Ruz, qui le refusa). Puis, en 1988, départ du clavier Eric Dureau, qui sera remplacé par Dominique Robineau, qui prendra la suite aussi au niveau des arrangements, travail concrétisé par l'album Etre mor ha douar qui sortira en 1992.

Jean-Pierre Le Cam

En 1994, alors que les prémisses d'une nouvelle vague musicale celtique se fait sentir, Les DU croisent Philippe Férec, qui sera initiateur de l'album Puzzle, album qui fera découvrir aux jeunes générations les « tubes » du groupe des deux premières décennies. Il s'en vend 40 000 exemplaires[5]. Yann Goas décide ensuite de quitter le groupe après 22 ans en tant que sonneur. Après les intérims de quelques musiciens comme Bernard Quilien (Bleizi Ruz), Youenn Le Bihan (Skolvan) et Jean-Claude Petit (Pengollo), c'est finalement Jacques Beauchamp qui devient le sonneur du groupe et qui apporte les sonorités de son accordéon diatonique[3]. L'album Steir est enregistré en 1998, avec le nouveau venu, le claviériste Philippe Ferec. Fin 2004, après dix ans d'aventure, Jacques Beauchamp passe le flambeau à Christophe Morvan.

En 2012, le groupe fête ses 40 ans de scène au festival de Conouaille, en même temps que Tri Yann, puis à Pont-l'Abbé le 18 août, sur le site de Kervazegan, entouré de nombreux amis musiciens[6]. Jean-Pierre Le Cam quitte le groupe après l'été 2013 pour une retraite bien méritée, remplacé par Christophe Runarvot qui reprend la basse et le chant. On retrouvera de temps en temps Jean-Pierre en « guest » sur certaines dates.

La légende des Sonerien Du[modifier | modifier le code]

Le groupe accompagné du Bagad ar Meilhoù Glaz au festival de Cornouaille 2012.

Ils tiennent leur nom (« Sonneurs Noirs » en breton) en hommage aux deux sonneurs bigoudens de Lambour qui furent injustement pendus en 1786 à Pont-l'Abbé à la place de deux brigands qui sévissaient dans la région à la même époque.

Il faut savoir qu'à cette époque, la richesse des gens se voyait sur le costume. Plus une personne avait du bien, plus son costume était brodé. Les « Sonneurs Noirs » étaient appelés ainsi car pauvres, leur costume ne portait aucune broderie et, de ce fait, était noir. Ces Sonerien Du, avaient l'habitude d'animer mariages et autres fêtes, ne demandant pour salaire qu'à boire et à manger. Jamais vraiment fatigués de jouer, leurs prestations étaient réputées interminables. Il leur arrivait souvent de s'endormir dans les fossés, rentrant chez eux, repus de trop de boisson...

On dit aussi qu'à l'époque, les mariages bretons ne se terminaient que lorsque la musique s'arrêtait, et la légende raconte que les Sonerien Du les faisaient durer souvent plus de 3 jours et 3 nuits. Adulés du « petit peuple », ces deux sonneurs, dont l'un était Pierre Canévet, de Lambour, étaient les plus populaires du pays bigouden. Cette situation ne plaisait guère aux bourgeois du pays (qui voyaient leurs ouvriers plus occupés à célébrer mariages et fêtes qu'à travailler), ni au clergé, car la musique et les danses traditionnelles étaient des rites païens. Si bien que le jour où deux brigands de grand chemin furent arrêtés par la maréchaussée à la suite d'un vol commis dans la nuit du 25 au dans une ferme de Plomeur et que, sur la route, ils trouvèrent les Sonerien Du, « ivres mort », dormant dans le fossé, nos gens d'armes acceptèrent, contre monnaie « sonnante et trébuchante », de substituer les uns aux autres. Ainsi, les deux sonneurs furent pendus, sans autre forme de procès, sur la place du Marchallac'h à Pont-l'Abbé et les corps exposés aux fourches patibulaires de la colline de Bringall, au lieu-dit « ar justiciou » (Les justices) en Pont L'Abbé, à la grande joie de l'église et de la bourgeoisie Bigoudène. Bien sûr, cette nouvelle se répandit comme une traînée de poudre dans le pays et la population fut scandalisée par cette nouvelle.

Parallèlement, une épidémie de peste dévasta le pays Bigouden, celle-ci s'ajouta à la légende. En effet, les corps des 2 sonneurs, excommuniés, furent laissés en l'état, et la légende raconte que le fait de toucher leurs corps immunisait de la peste. Ainsi, ils passèrent du statut de musiciens populaires au statut de porte-bonheur. Depuis, les femmes bigoudènes, lorsqu'elles cassaient des assiettes, allaient jeter les morceaux à l'endroit où les 'Sonerien Du ont été finalement enterrés, non loin du lieu-dit « Ar justicioù » où ils furent pendus, car cela portait bonheur. Ces morceaux de faïence étaient appelés des « bravigoù ».

Des recherches avaient été effectuées par Yann Corentin Ar Gall, sonneur Bigouden renommé, membre fondateur du groupe. C'est lui qui donne le nom Sonerien Du au groupe. Il avait trouvé jusqu'au nom de famille des véritables sonneurs noirs. Malheureusement, il a emporté toutes ces recherches avec lui lors de son décès. Pour ce qui est de l'anecdote, le lieu-dit « Les justices » se trouve à Pont L'Abbé, juste derrière la gendarmerie.

Membres[modifier | modifier le code]

Le groupe actuel[modifier | modifier le code]

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Anciens membres[modifier | modifier le code]

  • Yann Kaourintin Ar Gall (De 1971 à 1972) : Bombarde
  • Didier Quiniou (de 1971 à 1976, décédé en octobre 2014[7]) : Guitare acoustique
  • Raymond Riou (de 1971 à 1988) : Chant, Guitare acoustique
  • Gilles Rolland (de 1971 à 1979) : Accordéon chromatique
  • Daniel Tanneau (de 1971 à 1976) : Biniou
  • Yann Goas (de 1972 à 1994) : Bombarde
  • Jean-Pierre Le Cam (de 1972 à 2013[8]) : basse, chant
  • Dan Ar Braz (1976) : Guitare électrique
  • Michel Santangelli (1976) : Batterie
  • Christian Desbordes (de 1976 à 1979) : Violon
  • Hervé Kerneïs (de 1979 à 2011) : Chant, Guitare électrique, Violon
  • Éric Dureau (de 1982 à 1988) : Claviers
  • Claude Le Brun (de 1983 à 1985) : Claviers, Harpe
  • Jacques Moreau (de 1984 à 1985) : Congas, Percussions
  • Dominique Robineau (de 1988 à 1995) : Claviers
  • Jacques Beauchamp (de 1994 à 2005) : Accordéon chromatique, Biniou, Bombarde, Chant
  • Christophe Morvan (de 2005 à 2009) : Cornemuse, flûtes

Tableau chronologique[modifier | modifier le code]


Nota : Les couleurs sont indicatives, puisque les musiciens du groupe pratiquent plusieurs instruments (en particulier le chant qui n'est pas représenté dans le tableau ci-dessus).

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

  • 1972 : Bal Breton
  • 1974 : Bal Breton vol. 2
  • 1976 : Sonerien Du vol.3
  • 1978 : Gwerz Penmarc' h
  • 1980 : Feunteun an aod
  • 1982 : Ten Years !!
  • 1984 : Roue Marc'h
  • 1986 : Amzer Glaz
  • 1988 : Tradition vibrante
  • 1989 : Tredan
  • 1992 : Etre Mor ha Douar
  • 1994 : Puzzle
  • 1996 : Reder Noz
  • 1998 : Steïr
  • 2002 : Le bel âge...
  • 2004 : Puzzle 2
  • 2006 : Be... New !
  • 2008 : Liv an amzer
  • 2012 : Seizh !!
  • 2015 : Frankiz[9]

Albums en concert[modifier | modifier le code]

En 2012, le groupe fête ses 40 ans en même temps que Tri Yann lors d'une soirée spéciale au festival de Cornouaille.
  • 2000 : Noz-Live (concert)
  • 2011 : Live 2011 (premier album entièrement dématérialisé)
  • 2012 : Live'niversaire (CD/DVD)
  • 2017 : 45 ans de Fiesta : album document constitué d'enregistrements lives de plusieurs époques (1978, 1994, 1999 et 2017) et capté à différents endroits, de Berlin à Guénin, en passant par Quimper, Baud etc. Pas moins de quinze musiciens des Sonerien Du sont présents sur ce CD.

Compilations[modifier | modifier le code]

  • 2010 : La Komplèt' (double album, premier vrai best of)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jigourel 2009, p. 104
  2. Jigourel 2009, p. 105
  3. a et b Dossier de presse
  4. Gwenaelle Pelliet, « Les Sonerien Du fêtent leurs 40 ans à Kervazégan », sur Agence Bretagne presse, (consulté le 21 février 2016)
  5. Marc Ollivier, « L'épopée des « Du » , de 1972 à nos jours », Ouest-France,‎
  6. Ronan Gorgiard, « Diaouled et Sonerien Du : Ils fêtent leurs 40 ans cette année », Cultures bretonnes, Hors-Série Ouest-France, 2012, p. 50
  7. Décès de Didier Quiniou, l'un des fondateurs de Sonerien Du
  8. Fest-deiz en guise de pot de retraite pour Jean-Pierre Le Cam, bassiste et chanteur du groupe Sonerien Du
  9. Avant-goût du prochain album de Sonerien Du : Frankiz arrivera le 9 juin 2015.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gilles Simon, Sociologie d'un groupe de fest-noz : Sonerien Du, L'Harmattan, 2016, 348 p. (ISBN 978-2-343-07545-7)
  • Gilbert Cariou, L'épopée du rock au Pays Bigouden 1962-1972, SEB éditions, , 160 p. (ISBN 978-2954144306)
  • Ronan Gorgiard, L'étonnante scène musicale bretonne, Palantines, coll. « Culture et patrimoine », , 255 p. (ISBN 978-2-911434-98-3), « La fête de nuit », p. 98-105, (notice BnF no FRBNF41381758)
  • Thierry Jigourel (préf. Pascal Lamour), Festoù-Noz: Histoire et actualité d'une fête populaire, CPE, coll. « Reflets de terroir », (ISBN 2845036833), « Sonerien Du, des sonneurs noirs au pays du Cheval d'Orgueil », p. 102-107
  • Daniel Morvan (photogr. Bernard Galéron), Bretagne, Terre de musiques, e-Novation, , 144 p. (ISBN 978-2-9516936-0-9), « Danser (dañsal) : Réactions en chaîne dans le village du soir. Sonerien Du, poussez les chaises », p. 48-49

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]