Hypnotique

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Les hypnotiques (ou somnifères) sont une classe de médicaments ayant la propriété d'induire le sommeil chez des patients qui souffrent de difficultés d'endormissement et/ou de réveils précoces.

Tablette de Normison 10 mg (hypnotique).

Liste des médicaments[modifier | modifier le code]

Effets secondaires[modifier | modifier le code]

La prise d'hypnotiques induit de nombreux effets secondaires. Elle altère la vigilance et cause des troubles de la mémoire à court terme. Le Zolpidem a été dans de rares cas associé à un syndrome de somnambulisme amnésique[1], voire, en cas de prise nocturne de nourriture, à l'obésité[2].

Elle peut être associée à une légère réduction du sommeil paradoxal ainsi qu'à une augmentation du ronflement[3] et du risque d'apnée obstructive du sommeil[4],[5]. La prise d'hypnotique est associée (pour certains hypnotiques) à un risque accru de survenue de cancer[6], dont cancer de la peau [7]. Elle est également associée à un risque accru de mortalité, selon des indices forts (notamment relatifs aux liens entre dépression et mortalité accrue[8],[9] ou selon des conclusions scientifiques respectivement et successivements publiées en 1979[10], 1998[11], en 2009[12], 2010[13] confirmée en février 2012[14] par une nouvelle étude américaine publiée ayant porté sur plus de 10 000 patients auxquels on avait prescrit du zolpidem, témazépam, eszopiclone, zaleplon, d'autres benzodiazépines, les barbituriques et les antihistaminiques sédatifs. Cette étude a conclu à un risque de décès quatre fois plus élevé que dans la population générale, chez ces utilisateurs de somnifères[15].
Avec moins de 18 pilules par an, le risque de mort pour ces patients était déjà multiplié par trois[14], ensuite, le risque augmente encore avec la dose, les auteurs précisant que le risque de décès et de cancer associés aux médicaments hypnotiques ne pouvaient pas être imputables à une maladie préexistante[14].
Cette dernière étude ne concerne cependant pas l'usage médical de la mélatonine [16].

Chez les sujets âgés, elle est associée à une augmentation du risque de chute et de fracture du col du fémur[17],[18],[19]. Elle est également associée à un risque accru de troubles cognitifs[20],[19] et de troubles cardiaques [21]. Chez les sujets de plus de 60 ans : des effets indésirables accrus, de type fatigue, troubles cognitifs, céphalées, cauchemars, nausées, sans différence entre hypnotiques et benzodiazépines, pour un gain de sommeil d'une demi-heure en moyenne[22].

Étant donné que des résidus de ces médicaments sont retrouvés en quantités significatives et croissantes dans les stations d'épuration ou à leur aval, ou dans certains milieu naturel, la question d'éventuels effets écoépidémiologiques et écologiques pourrait aussi être posée ;

Précaution[modifier | modifier le code]

En raison de l'altération de la vigilance, les patients doivent ne pas conduire ou ne pas prendre de médicament hypnotique avant d'avoir des activités dangereuses demandant une attention soutenue[23], et en particulier ne pas conduire[24], ou passer le volant à un autre conducteur.

De nombreux hypnotiques sont incompatibles avec d'autres médicaments et avec l'alcool. Des prises conjointes sont des sources fréquentes d'hospitalisation[25].

Dépendance[modifier | modifier le code]

Les somnifères peuvent entraîner une certaine dépendance : « Il est désormais bien connu que les tranquillisants et les somnifères de la classe des benzodiazépines peuvent causer une pharmacodépendance, aussi dans des doses dites thérapeutiques et ce, même après un traitement de courte durée. La découverte de ce risque est cependant de date relativement récente[26]. »

Situation très préoccupante[modifier | modifier le code]

Les Français sont les plus gros consommateurs au monde d'hypnotiques (somnifères) : trois fois plus que les Britanniques, ou que les Allemands[27].

Les personnes qui prennent des somnifères risquent d’être vite (quelques semaines ou mois) dépendantes de ces médicaments notamment car la qualité du sommeil devient moins bonne avec l’utilisation de ces hypnotiques.

Effet paradoxal[modifier | modifier le code]

Des effets secondaires tels que dépression[28], avec ou sans tendances suicidaires[29], états phobiques, agressivité et comportement violent peuvent apparaître, dans 5 % des cas selon Malcolm Lader, de l'Institute of Psychiatry à Londres[30]. Ce qui, rapporté aux 7 millions de personnes (chiffre publié en 2001) en France qui consomment des somnifères, représenterait 350 000 personnes.

Aux États-Unis, les fabricants considèrent devoir faire état de ces effets secondaires et signalent par exemple le risque de dépressions. Dans plusieurs pays européens au contraire, les fabricants de médicaments gardent le silence sur cet effet secondaire, bien que la dépression soit un effet à long terme bien documenté dans les ouvrages médicaux.

Comme ces réactions sont souvent interprétées comme symptômes d'une aggravation de l'état de l'intéressé, de nombreux patients deviennent pharmacodépendants pour la raison même qu'ils présentent de graves effets secondaires, et, chose tragique, le lien entre ceux-ci et les benzodiazépines reste longtemps inconnu aussi bien au patient qu'au médecin prescripteur.

Précaution essentielle[modifier | modifier le code]

Il est conseillé de faire une diminution très progressive des doses[réf. nécessaire], et de voir un médecin pour cela. Notamment dès que des troubles (physiologiques ou évolution vers la dépression), liés au sevrage (comme pour n’importe quelle autre dépendance) apparaissent.

Alternative[modifier | modifier le code]

Selon le Dr Franck Gigon, médecin phytothérapeute[27], des plantes pourraient être utilisées sous forme d’infusions, de tilleul, camomille allemande, verveine, houblon, fleur d’orange amère.

Plantes qui peuvent être trouvées dans des pharmacies spécialisées en phytothérapie, ou chez les herboristes qui subsistent.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tsai JH, Yang P, Chen CC et al., Zolpidem-induced amnesia and somnambulism: rare occurrences? Eur Neuropsychopharmacol 2009;19:74–6.
  2. Morgenthaler TI, Silber MH . Amnestic sleep-related eating disorder associated with zolpidem. Sleep Med ; 2002 ;3:323–7
  3. Guilleminault C . Benzodiazepines, breathing, and sleep. Am J Med ; 1990 ; 88:25S–8.
  4. Cirignotta F, Mondini S, Zucconi M et al. Zolpidem-polysomnographic study of the effect of a new hypnotic drug in sleep apnea syndrome. Pharmacol Biochem Behav 1988;29:807–9.
  5. Eckert DJ, Owens RL, Kehlmann GB et al. Eszopiclone increases the respiratory arousal threshold and lowers the apnea/hypopnea index in obstructive sleep apnea patients with low arousal threshold. Clin Sci (Lond) 2011 ; 120:505–14
  6. Kripke et al., Hypnotics' association with mortality or cancer: a matched cohort study ; BMJ Open 2012;2:e000850-e000850 (Résumé).
  7. Kripke DF, Possibility that certain hypnotics might cause cancer in skin. J Sleep Res 2008;7:245–50
  8. Mallon L, Broman JE, Hetta J. Relationship between insomnia, depression, and mortality : a 12-year follow-up of older adults in the community ; Int Psychogeriatr ; 2000 ; 12:295–306.
  9. Cuijpers P, Smit F, Excess mortality in depression: a meta-analysis of community studies. J Affect Disord ; 2002 ;72:227–36
  10. Kripke DF, Simons RN, Garfinkel L. & et al. Short and long sleep and sleeping pills : is increased mortality associated ? ; Arch Gen Psychiatry 1979 ; 36:103–16.
  11. Kripke DF, Klauber MR, Wingard DL & al. Mortality hazard associated with prescription hypnotics. Biol Psychiatry 1998;43:687–93.
  12. Mallon L, Broman JE, Hetta J., Is usage of hypnotics associated with mortality ? Sleep Med 2009 ; 10:279–86.
  13. Belleville G . Mortality hazard associated with anxiolytic and hypnotic drug use in the national population health survey. Can J Psychiatry 2010;55:137–46.
  14. a, b et c Daniel F Kripke, Robert D Langer, Lawrence E Kline, Hypnotics' association with mortality or cancer: a matched cohort study ; BMJ Open 2012;2:e000850 doi:10.1136/bmjopen-2012-000850 ; Pharmacology and therapeutics
  15. "L'express, étude sur les somnifères, 28 février 2012"
  16. « Usage médical de la mélatonine »
  17. Wang PS, Bohn RL, Glynn RJ et al. Zolpidem use and hip fractures in older people. J Am Geriatr Soc 2001;49:1685–90.
  18. Tinetti ME, Speechley M, Ginter SF, Risk factors for falls among elderly persons living in the community. N Engl J Med ; 1988 ; 319:1701–7.
  19. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées BMJ2005.
  20. Vermeeren A, Coenen AM, Effects of the use of hypnotics on cognition. Prog Brain Res ; 2011 ; 190:89–103.
  21. Merlo J, Hedblad B, Ogren M et al. Increased risk of ischaemic heart disease mortality in elderly men using anxiolytics-hypnotics and analgesics. Eur J Clin Pharmacol 1996 ; 49:261–5.
  22. Glass J, Lanctôt KL, Herrmann N, Sproule BA, Busto UE, « Sedative hypnotics in older people with insomnia: meta-analysis of risks and benefits », BMJ, vol. 331, no 7526,‎ 2005, p. 1169 (PMID 16284208, lire en ligne) modifier
  23. Rod NH, Vahtera J, Westerlund H & al. Sleep disturbances and cause-specific mortality: results from the GAZEL cohort study. Am J Epidemiol 2010;173:300–9.
  24. Gustavsen I, Bramness JG, Skurtveit S & al. Road traffic accident risk related to prescriptions of the hypnotics zopiclone, zolpidem, flunitrazepam and nitrazepam. Sleep Med 2008;9:18–22.
  25. Zosel A, Osterberg EC, Mycyk MB., Zolpidem misuse with other medications or alcohol frequently results in intensive care unit admission. Am J Ther 2011;18:305–8.
  26. Réactions paradoxales et effets secondaires à long terme
  27. a et b Hypnotiques (somnifères) et dépendance. Comment en sortir, Magazine de la Santé, France5, 1er novembre 2005
  28. Kripke DF, Greater incidence of depression with hypnotics than with placebo. BMC Psychiatry 2007;7:42.
  29. Carlsten A, Waern M. Are sedatives and hypnotics associated with increased suicide risk in the elderly ? ; BMC Geriatr 2009;9:20.
  30. Lader M, Morton S. Benzodiazepine Problems. British Journal of Addiction 1991; 86: 823-828.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Allgulander C, Ljungberg L, Fisher LD., Long-term prognosis in addiction on sedative and hypnotic drugs analyzed with the Cox regression model. Acta Psychiatr Scand 1987;75:521–31.
  • (en) Anthierens et al., Barriers to nonpharmacologic treatments for stress, anxiety, and insomnia: Family physicians' attitudes toward benzodiazepine prescribing ; cfp 2010;56:e398-e406.
  • (en) International Narcotics Control Board. Psychotropic Substances: Statistics for 2008; Assessments of Annual Medical and Scientific Requirements for Substances in Schedules II, III and IV of the Convention on Psychotropic Substances of 1971. New York: United Nations, 2010.
  • (en) Glass J, Lanctot KL, Herrmann N & al. Sedative hypnotics in older people with insomnia : meta-analysis of risks and benefits. BMJ 2005;331:1169 (Résumé).
  • (en) Joya FL, Kripke DF, Loving RT & al., Meta-analyses of hypnotics and infections : eszopiclone, ramelteon, zaleplon, and zolpidem. J Clin Sleep Med 2009;5:377–83
  • (en) Jacobs GD, Pace-Schott EF, Stickgold R et al., Cognitive behavior therapy and pharmacotherapy for insomnia. Arch Intern Med ; 2004 ;164:1888–96
  • (en) Lynch et al., State of the Art Reviews: Nonpharmacologic Approaches for the Treatment of Insomnia ; American journal of lifestyle medicine 2007;1:274-282 (résumé).

Lien externe[modifier | modifier le code]