Solitude (esclave guadeloupéenne)

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Solitude
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La « mulâtresse Solitude » (née vers 1772 en Guadeloupe et morte le sur la même île) est une figure historique de la résistance des esclaves noirs guadeloupéens. Personnalité emblématique de la lutte contre le rétablissement de l'esclavage en Guadeloupe, elle est condamnée à mort et pendue à l'âge de 30 ans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née vers 1772, Rosalie surnommée la « mulâtresse Solitude »[1] est la fille de Bayangumay[2], esclave africaine qui a été violée par un marin sur le bateau qui la déportait aux Antilles[3].

Ce terme de « mulâtresse » rappelle ses origines métisses.

Solitude est séparée de sa mère lorsqu'un colon remarque qu'elle a la peau et les yeux clairs ; il en fit une domestique de maison, une catégorie supérieure dans la hiérarchie des esclaves[4].

Elle connaît l'abolition de l'esclavage en 1794 et rejoint une communauté marronne de Guadeloupe[5]. Elle s'intègre à cette communauté, qui est située à Goyave et dirigée par le Moudongue Sanga[4],[6].

Louis Delgrès lance un appel à la résistance le et publie une proclamation intitulée À l'Univers entier, le dernier cri de l'innocence et désespoir[7].

Lorsque, par la loi sur la traite des noirs et le régime des colonies du 20 mai 1802, Napoléon Bonaparte rétablit l'esclavage dans les colonies, Solitude, alors enceinte de trois mois, se rallie à l'appel de Louis Delgrès et combat à ses côtés pour la liberté. Au bout de plusieurs jours de combat, les forces coloniales acculent trois cents résistants dans l'habitation d'Anglemont, fortifiée, à Matouba. Tout espoir perdu, le , Delgrès et ses compagnons se suicident à l’explosif. Les survivants sont exécutés. Arrêtée, Solitude est condamnée à mort et emprisonnée. Elle est pendue le lendemain de son accouchement, le [8].

Mémoire et hommages[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sylvia Serbin, Reines d'Afrique et héroïnes de la diaspora noire, Sépia.
  • Maryse Condé, La civilisation du bossale, L'Harmattan.
  • Arlette Gautier, Les Sœurs de Solitude. La condition féminine dans l'esclavage aux Antilles du XVIIe au XIXe siècle, PUR, 2010 (ISBN 2753510393).
  • Frédéric Régent, La France et ses esclaves. De la colonisation aux abolitions (1620-1848), Grasset, 2007, 368 p.
  • Henri Bangou, La Guadeloupe, histoire de la colonisation de l'île. 1492-1848, t. 1, L'Harmattan, 2000 (ISBN 978-2858028450)
  • Kathleen Gyssels, Filles de Solitude, L'Harmattan, 1996 ( (ISBN 2-296-30665-9))

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ROSALIE La mulâtresse SOLITUDE Mémoires de Guadeloupe
  2. Marie-José Corentin-Vigon, « À propos de La mulâtresse Solitude », dans Franck Chaumon, Okba Natahi, Des solitudes, Erès, (ISBN 9782749255712), p. 133-146.
  3. Portraits de femmes remarquables : La mulâtresse Solitude / 1772-1802 Musée du quai Branly.
  4. a b et c 2019 DEVE 67 Dénomination « jardin de la Mulâtresse Solitude » attribuée aux pelouses nord de la place du Général Catroux (17e), projet de délibération de la mairie de Paris, 2019, [lire en ligne], consulté le 24 septembre 2020.
  5. Reines et héroïnes d'Afrique.
  6. Marie-Christine Rochmann, L'esclave fugitif dans la littérature antillaise : sur la déclive du morne.
  7. « Mulâtresse Solitude », sur unesco.org, (consulté le 26 mars 2019).
  8. a et b 10 mai 2007. Statue en l'honneur de Solitude à Bagneux, site du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage.
  9. a et b Denis Cosnard, « Une première statue de femme noire bientôt à Paris », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 24 septembre 2020)
  10. « Google Maps », sur Google Maps (consulté le 26 mars 2019)
  11. Frédéric Lesgrands-Terriens, Spigaoù, (ISBN 978-2-9560212-1-6)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]