Solitude (esclave guadeloupéenne)

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Solitude
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Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Rosalie
Surnoms
La Mulâtresse Solitude, SolitudeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Statut
Autres informations
Genre artistique

La « mulâtresse Solitude », de son prénom Rosalie, née vers 1772 en Guadeloupe et morte le sur la même île, est une ancienne esclave et figure historique de la résistance des esclaves noirs et mulâtres luttant contre le rétablissement de l'esclavage en 1802. À la suite de l'échec du mouvement de résistance de Louis Delgrès face aux forces coloniales, elle est condamnée à mort et pendue à l'âge de 30 ans.

Biographie réelle et romancée[modifier | modifier le code]

La partie connue et historique de la biographie de Solitude est très succincte. Elle a été popularisée par André Schwarz-Bart, qui dans son roman La Mulâtresse Solitude a largement extrapolé les quelques éléments qu'il a découverts dans trois ouvrages distincts[1].

Biographie romancée : naissance et esclavage[modifier | modifier le code]

Née vers 1772, Rosalie, surnommée la « mulâtresse Solitude », est la fille de Bayangumay, esclave africaine, violée par un marin sur le bateau qui la déportait aux Antilles[2]. Le qualificatif de « mulâtresse » rappelle ses origines métisses.

Solitude est séparée de sa mère lorsqu'un colon remarque qu'elle a la peau et les yeux clairs ; il en fait une domestique de maison, catégorie supérieure dans la hiérarchie des esclaves[3]. Elle connaît l'abolition de l'esclavage décrétée en 1794, et rejoint une communauté marronne de Guadeloupe[4]. Elle s'intègre à cette communauté, installée à Goyave et dirigée par le Moudongue Sanga[3],[5].

Résistance antiesclavagiste[modifier | modifier le code]

Louis Delgrès lance un appel à la résistance le et publie une proclamation intitulée À l'Univers entier, le dernier cri de l'innocence et désespoir[6].

Lorsque le rétablissement de l’esclavage en Guadeloupe est officialisé par l'arrêté consulaire du 16 juillet 1802 (27 messidor an X) signé par Napoléon Bonaparte, Solitude, alors enceinte de trois mois, se rallie à l'appel de Louis Delgrès et combat à ses côtés pour la liberté. Au bout de plusieurs jours de combat, les forces coloniales acculent trois cents résistants dans l'habitation fortifiée d'Anglemont, à Matouba. Le , tout espoir perdu, Delgrès et ses compagnons se suicident à l’explosif. Les survivants sont exécutés. Arrêtée, Solitude est condamnée à mort et emprisonnée. Elle est « suppliciée » le lendemain de son accouchement, le [6].

Mémoire et hommages[modifier | modifier le code]

Jardin Solitude, à Paris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Catherine Rovera, « « La femme Solitude de Guadeloupe ». Ce que nous dit l’avant-texte de La Mulâtresse Solitude », Continents manuscrits. Génétique des textes littéraires – Afrique, Caraïbe, diaspora, no 16,‎ (ISSN 2275-1742, DOI 10.4000/coma.6673, lire en ligne, consulté le )
  2. Marie-José Corentin-Vigon, « À propos de La mulâtresse Solitude », dans Franck Chaumon, Okba Natahi, Des solitudes, Erès, (ISBN 9782749255712), p. 133-146.
  3. a b et c 2019 DEVE 67 Dénomination « jardin de la Mulâtresse Solitude » attribuée aux pelouses nord de la place du Général Catroux (17e), projet de délibération de la mairie de Paris, 2019, [lire en ligne], consulté le 24 septembre 2020.
  4. Reines et héroïnes d'Afrique.
  5. Marie-Christine Rochmann, L'esclave fugitif dans la littérature antillaise : sur la déclive du morne.
  6. a et b « Mulâtresse Solitude », sur unesco.org, (consulté le ).
  7. a et b Denis Cosnard, « Une première statue de femme noire bientôt à Paris », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. 10 mai 2007. Statue en l'honneur de Solitude à Bagneux, site du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage.
  9. « Google Maps », sur Google Maps (consulté le ).
  10. Frédéric Lesgrands-Terriens, Spigaoù, (ISBN 978-2-9560212-1-6).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sylvia Serbin, Reines d'Afrique et héroïnes de la diaspora noire, Sépia.
  • Maryse Condé, La civilisation du bossale, L'Harmattan.
  • Arlette Gautier, Les Sœurs de Solitude. La condition féminine dans l'esclavage aux Antilles du XVIIe au XIXe siècle, PUR, 2010 (ISBN 2753510393).
  • Frédéric Régent, La France et ses esclaves. De la colonisation aux abolitions (1620-1848), Grasset, 2007, 368 p.
  • Henri Bangou, La Guadeloupe, histoire de la colonisation de l'île. 1492-1848, t. 1, L'Harmattan, 2000 (ISBN 978-2858028450)
  • Kathleen Gyssels, Filles de Solitude, L'Harmattan, 1996 ( (ISBN 2-296-30665-9))

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]