Solidarité internationale antifasciste

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Solidarité internationale antifasciste
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Cadre
Forme juridique Organisation non gouvernementale internationale
But humanitaire et solidarité libertaire internationale
Zone d’influence Monde
Fondation
Fondation 27 mai 1937
Fondateur Confédération nationale du travail
Identité
Personnages clés Louis Lecoin
Lucía Sánchez Saornil
Site web site officiel

Solidarité internationale antifasciste, en espagnol Solidaridad Internacional Antifascista (SIA), est fondée en Espagne, le 27 mai 1937, par la Confédération nationale du travail (CNT) avec les autres organisations libertaires, la Fédération anarchiste ibérique (FAI) et la Fédération ibérique des jeunesses libertaires (FIJL), composantes du Mouvement libertaire.

À la fois organisme humanitaire et politique en faveur de l'anarchisme, SIA est conçue comme une réponse à la mainmise des communistes et de leurs organisations (le Secours rouge notamment) sur la vie publique et politique lors de la guerre d’Espagne.

Fondation[modifier | modifier le code]

Affiche de SIA, Conseil régional de Catalogne (1937-1938).

SIA est effectivement créée en juin[1], après les affrontements des journées de mai 1937 à Barcelone qui opposent, d'une part les anarchistes et des groupes communistes anti-staliniens partisans de la Révolution sociale et d'autre part l'Etat républicain, la Généralité de Catalogne et des groupes politiques socialistes et communistes.

En quelques mois, SIA va regrouper des milliers d’adhérents (plus de 150000 ?) et de groupes (plus de 400 en Espagne républicaine ?)[2].

Actions humanitaires[modifier | modifier le code]

Photo de la SIA (1938).

Si la SIA est d'abord créée comme moyen politique au service du mouvement libertaire, elle est rapidement amenée à intervenir sur le terrain afin de pallier le manque d’efficacité des organismes déjà en place.

Pour aider les enfants orphelins ou réfugiés, la SIA a ouvert trois garderies à Barcelone, un foyer à Badalone installé dans un ancien couvent et des colonies à Masnou, Rabos, Cervera, Beguda Alta, Esparraguera, Sabadell (Catalogne) et deux foyers pour enfants à Madrid[3].

Solidarité internationale[modifier | modifier le code]

Journal de la section française (n°33, 29 juin 1939).
Statuts de la section française (30 octobre 1937).
Un convoi de la section française, sans doute en 1938.

Organisation politico-humanitaire, ayant une action non négligeable en Espagne, la SIA est aussi une organisation internationale.

Le 30 octobre 1937, à Paris. Lors du congrès de l'Union anarchiste, le Comité pour l'Espagne Libre créé par Louis Lecoin, Nicolas Faucier, Pierre Odéon[4] et Pierre Le Meillour se transforme (à la demande de la CNT-FAI) en section française de Solidarité internationale antifasciste et édite, à partir du 10 novembre 1938, l'hebdomadaire du même nom SIA[5],[6],[7]. La section française compte 15000 adhérents et son journal, 5500 abonnés, en février 1939[8]. Elle organise l’envoi de vivres, d'argent et de médicaments au profit des libertaires espagnols. Le produit des souscriptions lui permet d’entretenir une colonie d’orphelins à Llançà non loin de la frontière française. Mais ses activités ne se limitent pas à ces actions d’ordre humanitaire, elle organise également l’expédition d’armes et de munitions à l’intention des anarchistes espagnols qui en manquent cruellement[9]. Le journal est interdit par le gouvernement en avril 1939[10].

Dans le Portugal d'António de Oliveira Salazar, la section ne peut avoir qu’une activité clandestine.

En Suède, c'est la centrale anarcho-syndicaliste Sveriges Arbetares Centralorganisation qui fonde la section.

Le 1er novembre 1938, lors de la réunion internationale de la SIA tenue à Paris, est mentionné l’existence d’une section polonaise ainsi que de sections palestinienne, canadienne et japonaise en création.

Renaissance en 1945[modifier | modifier le code]

Après la Deuxième Guerre mondiale, mi-juin 1945, Solidarité internationale antifasciste (en exil) est reconstituée à Toulouse par des réfugiés espagnols[11].

La section belge est fondée le 18 mai 1946 et rassemble des anti-fascistes anti-staliniens (voir Anarchisme en Belgique). L’association organise la défense des demandeurs d’asile qui ont fui leur pays et les régimes autoritaires. Elle constitue un lieu de rencontre pour les immigrés dont les nombreux espagnols anarcho-syndicalistes de la CNT en exil[12],[13].

SIA continue son activité notamment à Toulouse où elle anime une campagne de solidarité avec les réfugiés syriens.

Personnalités[modifier | modifier le code]

En Espagne[modifier | modifier le code]

  • En 1937, Lucia Sanchez Saornil, est secrétaire de presse et propagande de la SIA. L’année suivante elle est secrétaire du Conseil Mondial de SIA et en mai est nommée secrétaire national. Elle fait pendant toute cette période de fréquents voyages en France pour y recueillir vivres et aides[14].
  • En juillet 1937, Pedro Herrera Camareto est le secrétaire du Comité national de la SIA[15].
  • En 1939, Mateo Baruta Vila (1901-1980), est le secrétaire national de SIA[16].
  • Renée Lamberet développe une intense activité au sein de la SIA, notamment avec la colonie d’enfant Spartaco organisée à Ajentona par le syndicat CNT des chemins de fer et la colonie organisée à Llançà pour accueillir des enfants réfugiés du Pays Basque, des Asturies et du front de Madrid[3],[17].

Au Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

En Belgique[modifier | modifier le code]

Citation[modifier | modifier le code]

« La SIA espagnole demande au peuple français solidarité complète pour aider à évacuer la population des zones d’opérations où l’armée de la liberté résiste héroïquement devant l’avalanche barbare. Nous prions la France républicaine, la France issue de 1789, de recevoir nos enfants, nos vieillards, nos femmes et de leur faire bon accueil. Ils le méritent. Mille et mille fois merci » - Télégramme envoyé par Mateo Baruta Vila et Lucia Sanchez Saornil au nom de la SIA, 26 janvier 1939.

Publications[modifier | modifier le code]

Outre la publication de périodiques locaux :

  • Solidarite internationale antifasciste. Son but : sa ligne de conduite ses moyens d'action et ses réalisations, 1937.
  • Grigor Balkanski, Solidarité internationale antifasciste, Le Fascisme hier et aujourd'hui, 1974.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Valentin Cionini, Solidarité internationale antifasciste, ou l’humanitaire au service des idées anarchistes, Studi di Storia Contemporanea, Diacronie, no 7, 2011, p. 11-12, texte intégral.
  • Jean Maitron, Le mouvement anarchiste en France de 1914 à nos jours, tome II, Paris, Gallimard, 1992.
  • David Berry, L’anarchisme français et la révolution espagnole 1936-1939, Paris, Éditions Alternative libertaire, 2001.
  • Valentin Frémonti, Avril 1939 : La SIA ne lâche pas le combat, Alternative libertaire, n°183, avril 2009, texte intégral.
  • CNT-AIT France, SIA une autre conception de la solidarité, Anarchosyndicalisme, n°157, Automne 2017, texte integral[25]

Travaux universitaires[modifier | modifier le code]

  • Valentin Cionini, L’Union Anarchiste face à la guerre d’Espagne. De la solidarité politique et matérielle au Front Révolutionnaire, Mémoire de Master 1, Université de Provence, Marseille 1, 2007, (OCLC 494322935)[26].
  • Valentin Cionini, Solidarité internationale antifasciste. Une organisation « proto-humanitaire » dans la guerre d’Espagne. 1937-1939, Mémoire de Master, Université de Provence, 2008, (OCLC 497029866)[27], texte intégral.
  • (en) David Berry, French anarchists in Spain, 1936-1939, Oxford University Press, 1989, pp. 427-465[28].

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • SIA finance quatre films en Espagne et un aux États-Unis.
  • Luis Franck, Juan Palleja, Amanecer sobre España, documentaire de près de 45 min, SIE Films, 1938[2].
  • Louis Frank, Amenacer sobre España (Réveil en Espagne - The Will of a PeopleSpain Fights On), moyen métrage en plusieurs langues, 1938-1939, SIA[2].
  • Homenaje a los fortificadores de Madrid (Éloge de l’Armée du Centre), SIA, 1937[2].
  • Picnic del SIA, film muet en 16 mm sur un repas de solidarité organisé par des anarchistes aux États-Unis le 28 août 1938[2].

Iconographie[modifier | modifier le code]

  • Fédération internationale des centres d'études et de documentation libertaires : affiches.
  • Bibliothèque de documentation internationale contemporaine : affiche.
  • (it) La Tradizione Libertaria : affiches et cartes postales.

Notices[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicolas Inghels, Histoire du mouvement anarchiste en Belgique francophone de 1945 à aujourd'hui, revue Dissidences, 3 novembre 2011, texte intégral.
  2. a b c d et e Œuvre mutualiste, Filmographie : Guerre et Révolution Espagnole 1936-1939, CNT-f, Paris, 1re édition 1995, mise à jour septembre 2011 texte intégral
  3. a et b Dictionnaire international des militants anarchistes : Renée Lamberet.
  4. Thierry Maricourt, Histoire de la littérature libertaire (en France), Albin Michel, 1990, page 141.
  5. L'Éphéméride anarchiste : SIA.
  6. Laurent Martin, « Collaboration « chaude » ou collaboration « froide » ? Le cas d'Henri Jeanson (1938-1947) », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, Presses de Sciences Po, vol. 86, no 2,‎ , p. 91-106 (ISBN 2724630033, ISSN 0294-1759, DOI 10.3917/ving.086.0091, résumé, lire en ligne).
  7. Dan Franck, Minuit : Les Aventuriers de l’Art moderne (1940-1945), Grasset, 2010, lire en ligne.
  8. Centre d'histoire sociale du XXe siècle : Inventaire du Fonds Faucier.
  9. Fabrice Magnone, « Le Libertaire (1917-1956) - La solidarité internationale antifasciste », sur Le Libertaire.
  10. Claude Mauriac, Le Temps immobile 9 (Mauriac et fils), Grasset, 1986, lire en ligne.
  11. Dictionnaire des guérilleros et résistants antifranquistes : José Pujol Grua.
  12. Nicolas Inghels, Le mouvement anarchiste en Belgique francophone de 1945 à 1970, Université libre de Bruxelles, 2002, Solidarité internationale antifasciste (SIA).
  13. Jacques Gillen, Les anarchistes en Belgique, in Anne Morelli, José Gotovitch, Contester dans un pays prospère: l'extrême gauche en Belgique et au Canada, Peter Lang, 2007, p. 30, texte intégral.
  14. Dictionnaire des guérilleros et résistants antifranquistes : Lucia Sanchez Saornil.
  15. Dictionnaire international des militants anarchistes : Pedro Herrera Camareto.
  16. Daniel Bénédite, « Le Centre américain de secours après le départ de Varian Fry », revue Agone. Histoire, Politique & Sociologie, Editions Agone, nos 38-39,‎ , p. 255-277 (ISBN 978-2-7489-0071-2, ISSN 1157-6790, lire en ligne).
  17. Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : Renée Lamberet.
  18. Edgar Morin, « Pour une politique de civilisation », La pensée de midi, Actes sud, vol. 7, no 1,‎ , p. 40-50 (ISBN 2742736042, ISSN 1621-5338, résumé, lire en ligne).
  19. a b c d et e Benjamin Stora, La gauche socialiste, révolutionnaire et la question du Maghreb au moment du Front populaire (1935-1938), Aden, 2009, note 127.
  20. Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : Fernand Vintrigner.
  21. L'Éphéméride anarchiste : Jean Roumilhac.
  22. L'Éphéméride anarchiste : Henri Jeanson.
  23. Boris Souvarine, « Boris Souvarine à Alfred Rosmer », Agone. Histoire, Politique & Sociologie, Editions Agone, no 28,‎ , p. 245-253 (ISBN 2-7489-0003-0, ISSN 1157-6790, lire en ligne).
  24. René Bianco, Où en est l'histoire de l'anarchisme ?, Le Mouvement social, n°144, octobre-novembre 1988, pp. 45-54, texte intégral.
  25. Design: Wolfgang (www.1-2-3-4.info) / Modified: Matthieu Marcillaud pour CMS SPIP, « CNT-AIT - Toulouse | Anarchosyndicalisme ! », sur CNT-AIT - Toulouse | Anarchosyndicalisme ! (consulté le )
  26. Centre international de recherches sur l'anarchisme (Lausanne) : notice.
  27. Centre international de recherches sur l'anarchisme (Lausanne) : notice.
  28. Notice Centre international de recherches sur l'anarchisme (Lausanne) : lire en ligne.