Solange Harvey

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Solange Harvey
Harvey,Solange,Quebec,Canada.jpg

Solange Harvey

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 77 ans)
Nationalité
Activité

Solange Harvey a été courriériste au Journal de Montréal et au Journal de Québec pendant vingt-cinq ans à travers une chronique quotidienne intitulée Le courrier du bonheur, devenue par la suite Le courrier de Solange. Au Québec, elle était une écrivaine autodidacte, née le à Roberval et décédée à l'âge de 77 ans, le à Longueuil.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Solange Harvey est née le 9 décembre 1930, à Roberval au Lac St-Jean. Elle était la quatrième d'une famille de cinq enfants soit, Lévy, Marcel, Rachelle, Solange et Normand. Son père, Amédée, était cultivateur et plus tard, il devint entrepreneur en construction. Sa mère, Ïda Simard et comme toutes les femmes de son époque, s'occupait de la famille et des travaux à la maison, quoiqu'elle fut tout de même la première femme marguillier au Québec. Malheureusement pour cette famille de cinq enfants, il y eut deux décès reliés à la maladie soit, Lévy à 18 mois et Rachelle à 17 ans. Solange était âgée de 13 ans lorsque sa sœur Rachelle décéda. Elle fut retirée du couvent des Ursulines de Roberval où elle étudiait, afin d'aider sa mère aux tâches quotidiennes. L'abandon prématuré de ses études fût un événement marquant dans son existence, puisque cela déclencha sa soif insatiable d'apprendre. À partir de cet événement, elle deviendra une autodidacte en puissance.

À l'époque des années d'après-guerre, lorsque l'on vivait en région éloignée, l'achat d'un seul livre était mal perçu et souvent interprété comme étant une dépense exagérée, pour ne pas dire nuisible au bon fonctionnement de la famille. En conséquence, elle lut tous les livres disponibles qu'elle pouvait obtenir sans débourser, souvent dans le plus grand secret, afin d'éviter la désapprobation parentale. Et elle lira quotidiennement jusqu'à la fin de sa vie.

Vie familiale[modifier | modifier le code]

En 1947 à l'âge de 17 ans, elle épousa Roland Gauthier, le père de leurs cinq enfants : Pierre, Hélène, Serge, Daniel et Lou Ida. Après les hauts et les bas que connaissent bien des couples et familles, il y eut un divorce. Solange, qui fréquentait les Alcooliques anonymes (AA) depuis 1970, a redoublé de ferveur dans l'aide apportée aux nouveaux arrivants dans ce groupe d'entraide et, elle-même a reçu beaucoup de soutien dans ses périodes de difficultés. C'est alors qu'elle s'engagea dans un cheminement qui la guida toute sa vie : transmettre à d'autres personnes son expérience et sa recherche du mieux-être. C'est ce désir d'aider l'autre, ainsi que son amour de l'être humain qui transforma sa vie dans les années 1970. Travaillant à faible revenu comme barmaid, puis, plus tard, obligée de faire appel à l’Assistance sociale et chef de famille monoparentale, deux nouvelles avenues s'offrirent à elle : une grande amitié qui prit naissance et un nouveau travail dont elle raffolera toute sa vie durant.

Pierre Péladeau[modifier | modifier le code]

Pierre Péladeau et Solange Harvey, à une réunion des employé-e-s du Journal de Montréal et de Québec vers 1995

Sans d'abord savoir qui il était, Solange découvrit Pierre Péladeau — de l’empire Quebecor — ainsi que sa famille, à travers des groupes d’entraide anonymes de la région des Laurentides. Les années ont par la suite forgée une amitié solide, inconditionnelle et sans attente de réciprocité. Ce lien s’est maintenu jusqu'à la mort de Pierre Péladeau le 24 décembre 1997. Il fut son grand ami et mentor durant toutes ces années.

Maladie et décès[modifier | modifier le code]

Solange Harvey a toujours voulu faire un pas de plus vers l'avant, sans rien attendre en retour. Ces réalisations furent exécutées dans le cadre ou non de son travail et ce, avec toute la volonté d’agir. À sa façon, elle a inscrit sa marque dans l'évolution des québécoises et québécois en favorisant la recherche d'un mieux-être. Sans les connaître, il advenait souvent dans la rue que des personnes l'abordaient comme une grande amie et la remerciaient de ce qu'elle avait fait pour eux. C'est toujours avec surprise qu'elle réalisait le bien qu'elle avait fait par sa présence, ses projets et son travail.

Âgée de 77 ans, à la suite d'une longue maladie respiratoire, elle s’éteint d’une arythmie cardiaque à l’hôpital Pierre Boucher de Longueuil le 2 juillet 2008. Selon ses volontés[1], elle a été incinérée avec les cartes d’amour, les photos, les souvenirs reçus et préservés tout au long de sa vie afin, disait-elle, d’emporter à ses côtés tout l’amour reçu pendant sa vie terrestre.

Carrière[modifier | modifier le code]

Dans le courant de l'année 1976, une autre voie s'offrit à Solange Harvey. En effet, après le décès de la courriériste du Journal de Montréal Réjeanne Desrameaux en 1975, un ami, Jacques Craig, lui parla de l'ouverture du poste de courriériste pour remplacer madame Desrameaux. Solange Harvey réalisait qu'elle pourrait peut-être faire ce qu'elle faisait déjà si bien et avec tant de cœur dans les groupes d’entraide c’est-à-dire, aider les autres. Cette fois-ci, ce serait par l'intermédiaire d'une chronique dans Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec.

Courriériste autodidacte[modifier | modifier le code]

À l’insu de Pierre Péladeau, elle passa à l'action avec la détermination de postuler et surtout, d'obtenir ce travail. Comme toujours, elle fonça tête baissée, car il s'agissait de sa survie économique et de réaliser un rêve. Cette femme fonceuse se présenta au bureau de Jacques Beauchamp, éditeur du journal, sans rendez-vous, sans curriculum vitæ et sans même y être invitée. Elle désirait faire valoir ses qualités et ses idées comme future courriériste. Lors de cette brève rencontre, elle spécifia à Jacques Beauchamp que Pierre Péladeau n'était pas au courant de sa démarche et que l'amitié ne devait être mêlée en aucun cas à cette proposition d'affaire. Sans autre expérience que celle de sa vie mouvementée et sa passion pour les êtres humains, elle obtint le poste de courriériste au Journal de Montréal le 11 octobre 1975 et ce, en pleine grève des postes (22 octobre-2 décembre 1975). Mais le Courrier du bonheur répondait parfaitement aux besoins de la population d’alors et c’est à « pleins sacs » que la nouvelle courriériste qu’elle était devenue, recevait les lettres du public montréalais d’abord, du Québec puis, des francophones en Amérique par la suite.

Elle étudia de 1975 à 1985 auprès du Docteur Franz Manouvrier, en tant que participante non-conformiste et autodidacte. Franz Manouvrier formait des psychanalystes non-conformistes, leur offrant un perfectionnement de leurs connaissances en matière de croissance personnelle, d'aide et d'intervention. Elle se joignit aux groupes, ce qui lui permit d'acquérir de nouvelles compétences utiles en relations humaines et aussi, d'apaiser ses propres souffrances intérieures. Habitée par un élan remarquable, Solange continuait à lire tous les ouvrages disponibles en sciences humaines.

Toute sa vie, elle aidera les autres et plus particulièrement, les femmes confrontées à une surconsommation d'alcool ou de médicaments. Elle donnera des conférences à l'échelle du Québec, dans le but de soulager une des grandes difficultés que rencontrent les femmes : la culpabilité. Elle le fera toujours avec l'amour de son prochain, plein de réalisme et aussi avec beaucoup d'humour.

Animatrice radio & télévision[modifier | modifier le code]

Solange Harvey avec son invité Pierre Péladeau à Radio confidence 1978

En 1978, assistée de sa fille aînée Hélène, elle fondera un centre de croissance personnelle à Montréal afin de permettre aux gens de se connaître davantage à travers une philosophie de gros bon sens, et leur permettre de soulager leurs souffrances intérieures. Pour rejoindre un plus grand nombre de personnes aux prises avec des difficultés émotives, elle utilisera les médias radiophoniques et télévisés comme moyen de communication. En effet, de 1978 à 1981, elle animera à la radio CKVL l'émission Micro confidences. En 1984, elle animera l'émission Vie de couple à la radio de CKAC. Et par la suite, Solange Harvey animera 184 émissions télévisées à Télé-Québec intitulées Les jeux de la Vie.

Thérapie pour femmes[modifier | modifier le code]

Solange Harvey, courriériste au Journal de Québec et de Montréal, fondatrice de l'Auberge du Nouveau chemin, Val-David, 1989

En 1989, avec l'aide de son fils aîné Pierre, des soirées d'activités et de loisirs pour personnes seules seront organisées sous le titre d’Amitié-Rencontres. Cette même année, dans les Laurentides et avec le soutien financier de Pierre Péladeau, elle fonde la seule maison de thérapie pour femmes alcooliques et toxicomanes au Québec : l'Auberge du Nouveau Chemin située à Val-David puis ré-nommé la Maison Raymonde-Chopin-Péladeau (et déménagée à Ivry-sur-le-Lac) en mémoire de la mère des enfants de Mme Raymonde Chopin Péladeau.

L'Auberge du Nouveau chemin de Val-David, à ses origines en 1989

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Puis, elle se retira de cet organisme à but non lucratif, entre autres, afin de prêter main-forte à une grande amie, Paulette Guinois, fondatrice et directrice de La Maisonnée de Laval (anciennement La Maisonnée d'Oka). Occasionnellement, elle continua de visiter les résidentes pour partager ses propres expériences et tâcher de leur insuffler l'espoir, afin qu’elles puissent se libérer de la consommation des substances toxiques. Soulignons que monsieur Pierre Péladeau a toujours appuyé et soutenu ses initiatives à but non lucratif.

Âgée de 70 ans, Solange Harvey décida de prendre sa retraite et c’est en l’an 2000 qu’elle quitta Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec. Cette décision fut éprouvante pour elle. En effet, la fatigue accumulée par la lecture et les réponses essentielles aux personnes en détresse, finit par devenir un fardeau émotivement trop lourd à porter. Ce cumul de stress a prématurément usé sa santé respiratoire, déjà ébranlée par le passé.

Publications[modifier | modifier le code]

Entre 1978 et jusqu’en 2004, elle publiera livres et cassettes d’entraide dont les principaux volumes sont Le courrier du bonheur (Éditions Québécor, 1978), Comment être heureux et Le courrier du Bonheur, vol 2 (Éditions Québécor, 1983). Enfin, l'auteur Jean-Pierre Bélanger lui consacrera une biographie intitulée Solange Harvey : Quand il ne reste que l’amour (Éditions Publistar, 2004). Aussi, elle produisit deux cassettes pour le public soit, Cessez de fumer, technique de relaxation ainsi que Moment de détente, technique pour contrer l’angoisse.

En 2001, avec l’aide de son troisième fils Daniel — concepteur de sites internet —, cette femme énergique a créé son propre site SolangeHarvey.com[2], maintenant archivé sur la toile. Puis, elle s'implique pendant quelque temps avec Réseau Contact[3] à titre de courriériste virtuelle. Elle poursuivit ainsi sa mission. Ses lectrices et lecteurs l'ayant suivi, lui ont offert de l’aide, fort appréciée d’ailleurs, afin qu'elle puisse poursuivre son œuvre : venir en aide aux gens dans le besoin. Son site recueillit près d'un million de « hits » mensuels soit, environ 13 000 visites quotidiennes, sans compter les 33 000 pages regardées et ce, partout dans le monde francophone. Appuyée par plus d’une douzaine de bénévoles qui la soutenaient, on pouvait donc s’y retrouver tous les jours. Ce site était gratuit. Mais, pour les raisons de santé déjà exposées, Madame Harvey a été dans l’obligation de cesser les activités du site en 2003 et ce, après une grande réunion des bénévoles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]