Société du Jardin Berset

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Société du Jardin Berset
Situation
Fondation
Siège social
Pays
Langue
Organisation
Membres
Fondateur

La Société du Jardin Berset est une société littéraire et artistique lavalloise. Fondée en 1763, elle disparaît en 1792. À Laval, à l'instar de plusieurs villes de France[1], de petites académies sont créées à la fin du XVIIIe siècle. Certaines, telle le Cercle Louis XVI à Nantes subsistent de nos jours. À cette époque, presque partout se formèrent des clubs[2], que l'on appela plus généralement des sociétés[3].

Historique[modifier | modifier le code]

Jardin du Vaumorin[modifier | modifier le code]

Le 8 décembre 1755, René Pichot de la Graverie insère cette note dans son recueil de Sentences : J'ay proposé une association d'un bail du jardin de M. Le Clerc de Vaumorin et, à la prière des associés, j'ay dressé le bail à ferme et les statuts et règlements de cette société, lesquels ont été lus, examinés, approuvés dans une assemblée générale des associés et par eux signés ce jourd'huy 8 décembre 1755..

Le fondateur projetait d'y faire venir les gazettes, journaux et mercures, d'y installer une bibliothèque où l'on pût consulter les grands dictionnaires tels que le Dictionnaire de Trévoux et Moréri, d'y tenir des conférences utiles, agréables et curieuses un jour peut-être d'y former une espèce d'académie.

Le chroniqueur Guitet de la Houllerie consigne : Vers la fin de cette année 1755, écrit-il, a été exécuté le projet d'avoir un jardin où l'on pût former une société et aller prendre un divertissement honnête ; on a pris à ferme pour neuf ans un jardin situé au haut de la rue des Chevaux, appartenant à M. Le Clerc de Vaumorin. La société de quatre-vingts personnes est composée de presque tous les officiers des sièges, de gentilshommes, de bourgeois et de négociants. M. Pichot de la Graverie, juge civil, est le secrétaire et président.

Pichot de la Graverie réunit autour de lui presque tous les officiers du siège de Laval.

Création[modifier | modifier le code]

On ne sait s'il y a eu scission au sein de la société Vaumorin, ou si d'autres habitants de Laval ont imité cette initiative. Le 16 avril 1763, quelques Lavallois se réunissaient chez Jean-Baptiste Berset, seigneur d'Hauterive et arrêtaient avec lui les conditions du bail[4] d'un pavillon et d'un jardin lui appartenant, situés en la rue du Marchis.

Membres fondateurs[modifier | modifier le code]

C'est à la bourgeoisie, aspirant souvent à la noblesse[5] qui compose le cercle.

La minute était signée de:

  • Jean-Baptiste Berset, qui entrait dans la nouvelle société,
  • Jean-Baptiste Laureau de l'Enaudière[6], conseiller du Roi, président du siège de l'Élection de Laval,
  • Ambroise Letourneur de la Borde[7], conseiller du Roi, juge au siège de l'Élection de Laval,
  • Jean-Pierre Guérin de la Marche, conseiller du Roi, contrôleur au grenier à sel de Laval,
  • Mathurin-Louis Bidault de la Touche, ancien capitaine au régiment de Piémont, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis,
  • François Richard de la Mitrie, négociant, et
  • René Le Lamier, sieur des Prés-Neufs, avocat au siège ordinaire de Laval.

Au traité ainsi rédigé et signé déclarèrent s'associer :

Statuts[modifier | modifier le code]

Quelques jours plus tard, les sociétaires se réunissent pour approuver les statuts et voter quelques dispositions réglementaires. Ils élisent pour président François Martin de la Blanchardière, pour receveur M. de Vaudichon[21]. Les statuts approuvés par l'assemblée comprennent quatorze articles et précédés d'un préambule où sont exposés les avantages et le but de la Société[22],[23].

Les statuts sont adoptés[24]. Au mois d'août suivant, on modifiait l'article Ier du règlement en portant à quarante-cinq le nombre des associés : les dix nouveaux membres étaient :

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

La société fonctionnait[30].

Les procès-verbaux donnent avec exactitude les mutations des associés : les uns meurent, les autres sont retenus au logis par leurs infirmités ou amenés par leurs affaires à quitter Laval ; encore en voit-on revenir après quelques années passées au loin, à Paris, en Espagne, aux Iles, où les a conduits le commerce des toiles.

Article détaillé : Histoire du textile à Laval.

Les autres sont les nouveaux élus, et l'abondance des demandes est telle qu'il faut à maintes fois modifier le règlement en augmentant le nombre des associés; mais on décrète toujours que cette augmentation est la dernière et ne sera jamais dépassée[31].

Recrutements[modifier | modifier le code]

1763[modifier | modifier le code]

Dès la fin de l'année 1763, le nombre des sociétaires est de 45.

1764[modifier | modifier le code]

En 1764, pas de réceptions.

1765[modifier | modifier le code]

En 1765, on mentionne le décès ou la démission de MM. de Tournely, Douard, Le Duc, Perier de la Girardière, Richard de la Mitrie, du chevalier du Mesnil, et leur remplacement par

1766[modifier | modifier le code]

En 1766, MM. Julien Richard l'aîné[34], Pierre-Louis Le Long[35], de Launay du Fresne, Corbinière, de Tournely succèdent à MM. d'Armencourt, du Parc de la Provôtière, Ruffin, d'Auvais des Loges, Hardy.

1767[modifier | modifier le code]

En 1767, MM. Gérard et Cassin remplacent M. Duchemin de Beaucoudray fils et feu M. Foucault de Vauguyon.

1768[modifier | modifier le code]

Le 8 mai 1768, l'assemblée décide d'augmenter de cinq le nombre des associés et de le porter à cinquante ; elle admet MM. Hardy de Courbusson et Douard de Vauraimbault[36] et à la pluralité des voix MM. François-Charles-César d'Aubert[37]., Emery-Jean Hardy de la Cherbonnerie[38] et Pierre-François Sauvage de la Martinière[39], procureur au grenier à sel de Laval.

1769[modifier | modifier le code]

Pendant ce temps, la société du jardin Vaumorin se mourait : elle n'avait vécu que quatorze ans. Plusieurs de ses membres sollicitèrent leur admission parmi les associés du Jardin Berset. Ceux-ci se réunirent le 30 avril 1769 au sujet de cette requête et votèrent une augmentation de dix, en considération des instances de messieurs les récipiendaires, sans tirera conséquence pour l'avenir ; le 7 mai, on choisissait pour ces dix associés MM. Étienne Letourneur du Teilleul[40], le Chevalier d'Andigné[41], Leclerc des Saudrais[42], Urbain Courte de la Nouérie[43], Jacques Duchemin des Genetais[44], Pierre Périer du Bignon, Lasnier de Melian[45], Prudhomme de la Boucherie, François Richard de la Mitrie[46] et Pierre-Joseph Perier de la Girardière[47]. Dans les autres séances de l'année, on reçut Jean-Baptiste Duchemin de Mottejean, Daniel-Anne Gaultier de la Villaudray[48], Jean-Baptiste Guitet de la Houllerie[49], Gabriel Choquet[50] et Jean Coustard du Plessis[51], à la place de MM. Martin de la Blanchardière, de la Borde, Richard de la Motte, Plaichard-Choltière, de Tournely.

La mort de Martin de la Blanchardière avait laissé vacante la présidence de la société : le 9 avril 1769, les associés élurent pour président M. d'Aubert de Launay.

1770[modifier | modifier le code]

L'année 1770 vit entrer René-François Gaultier de Vaucenay[52], Jean-Baptiste Duchemin de Boisjousse[53], Michel-Julien Dubois de Beauregard[54], en remplacement de MM. Le Lamier des Présneufs et d'Armancourt, décédés, et du chevalier d'Andigné, démissionnaire, et François Martin de Ligonnière[55] et Du Mans de Chalais à la place de MM. Chabrefils et Cassin, exclus de la société.

1771[modifier | modifier le code]

En 1771, MM. Dolsegaray[56] et François Lasnier de Vaucenay fils[57] remplacèrent MM . Seigneur du Halay et Brémont, démissionnaires

1772[modifier | modifier le code]

Le 19 janvier 1772, l'assemblée admet « sans aller au scrutin » M. Berset à la place vacante par la démission de M. Gérard[58]. Elle reçoit « ipso facto, sans tirer à conséquence pour l'avenir, par le désir qu'elle avait de voir M. Dubois l'aîné[59] au nombre des associés, eu égard au temps qu'il y a qu'il a témoigné l'envie d'en être».

En octobre 1772, on admet sans scrutin M. Berset de Vaufleury, et on décide d'augmenter de dix le nombre des associés en acceptant André Guillet du Préau[60], Pierre Turpin de la Bertinière[61], Gombert de Pontenard, René des Mazières[62], Pierre-Joseph Périer de la Corbinière[63], François Le Clerc de la Galorière[64], Letourneur du Teilleul, Le Jay des Attelais, Le Breton de Villeneuve fils[65] et Guitet de la Houillerie. Six semaines plus tard, à la fin de novembre, on vote encore une augmentation de huit membres au profit de Joseph Martin de la Tremblaye[66], Louis Corbineau[67], Le Breton de Villeneuve père, Noël Gaudin[68], Enjubault de la Roche[69], Leclerc de Beaulieu, Joseph-Nicolas Rousseau de Monfrand[70] et Perier de l'Audugerie. Aussi décide-t-on, en cette même réunion, l'acquisition de deux jeux de trictrac supplémentaires.

1773[modifier | modifier le code]

En 1773 sont recrutés : Jérôme Frin de Coméré[71], Pichot de la Graverie, sénéchal de Saint-Ouèn, Letourneurs du Teilleul fils, qui remplacent MM. Hoisnard de la Malonnière et d'Aubert, décédés, et Guitet de la Houllerie, démissionnaire. Le 14 novembre, on élit M. Foucault de la Morinière, avocat, à la présidence devenue vacante par le décès de M. d'Aubert.

1774[modifier | modifier le code]

En 1774, trois admissions : MM. Turpin de la Tréhardière, Michel René François du Mans et Antoine Davrillé des Essarts[72], remplacent MM. Rousseau de Monfrand, Le Balleur, et Le Breton de Villeneuve père, démissionnaires. En 1775, Jean-François Gaudin[73], Duval, Frin des Touches, Leclerc de la Jubertière, succèdent à MM. Leclerc des Saudrais, de la Porte, avocat, Lasnier de Meillan, démissionnaires, et Courte de la Nouërie, décédé.

1776[modifier | modifier le code]

En 1776, une seule admission : M. Pierre Turpin est élu à la place vacante par la démission de M. Leclerc de Beaulieu.

1777[modifier | modifier le code]

En 1777, on décide d'acheter aux meilleures conditions un billard qui devra être placé dans la salle d'en bas ; les demandes d'admission amènent : François Duchemin de la Gimbretière[74] fils, Lilavois de la Varenne[75]. Joseph Duchemin de Launay[76] et Davrillé l'aîné, succédant à MM. Corbineau, « absent du pays », Lasnier père, Bidault de la Touche, Le Jay des Attelais.

1778[modifier | modifier le code]

Seul M. de la Porte-Méral est admis en 1778 : il remplace M. Le Long, démissionnaire.

1779[modifier | modifier le code]

En 1779, six vacances se produisent par les démissions de MM. Douard, Couanier de la Vivancière, de la Barre, Frin des Touches, et les décès de MM. Gaultier de la Villaudray et Perier de l'Audugerie ; les nouveaux associés sont MM. Jean-Baptiste Bigot[77], Claude Foucault des Bigottières[78], Joseph Gaultier de Saint-Cyr[79], Guitet des Nos, François Perier de la Saulais[80] et Le Doyen.

1780[modifier | modifier le code]

Le 2 janvier 1780, la société décide de prendre une prolongation de cinq ans du bail à ferme du jardin de société aux conditions proposées par M. Berset d'Argentré, propriétaire du dit jardin, sçavoir que pendant les dites cinq années on payera 400 livres de ferme et que M. d'Argentré renoncera à la faculté d'expulser les associés même en les dédommageant, et que dans le cas où il vendrait le dit jardin, il sera tenu de charger les acquéreurs d'exécuter la même clause.. Dans une autre séance, M. Corbineau, de retour à Laval, est réadmis à la place de M. Bezongnard de la Plante.

Les évènements de la guerre font acheter des cartes géographiques et un almanach de la marine.

1782[modifier | modifier le code]

En 1782, M. Berset d'Argentré prend la place de M. Duchemin du Tertre, décédé, et M. Letourneurs de Mouette celle de M. Laigneau, qui est allé demeurer à Nantes.

1783[modifier | modifier le code]

En 1783, la mort enlève trois des associés, MM. Foucault de la Morinière, président, Perier du Fresne et Coustard du Plessis ; à leur place sont admis Jean Barbeu de la Couperie[81], lieutenant général, Jean Bidault de Cornesse[82] et Ambroise Duchemin-Maisonneuve des Cepeaux[83] ; M. Martin de Ligonnière est élu à la présidence, qu'il conservera jusqu'à la dissolution de la société.

1784[modifier | modifier le code]

En 1784, MM. Gaultier, de Mayenne, Léon Périer du Coudray[84] et René Guays[85], remplacent MM. Prudhomme de la Boucherie, Gaultier de Vaucenay l'aîné et Delaunay-Gimbertière, « retiré à Nantes ».

1785[modifier | modifier le code]

À la séance du 8 mai 1785, le président signale que « la dépense annuelle et forcée excède la recette de 233 livres » ; l'assemblée décide alors « d'augmenter la contribution annuelle de chaque associé de 6 livres, et de la porter à 18 livres au lieu de 12 livres et ce à commencer du premier de ce mois. » Elle admet ensuite M. Étienne Bigot à la place de M. Letourneurs, décédé.

1786[modifier | modifier le code]

Les préoccupations financières avaient empêché le président d'ordonner le raccommodage du jeu de boules[86]. À la me époque, le propriétaire du jardin, M. Berset d'Argentré, exigeait que le prix de location fût porté de 400 livres à 600[87]. Les associés étaient sans doute attachés au jardin où ils avaient déjà passé plus de vingt années, et il leur en eût coûté de le quitter. En la même séance, ils remplaçaient M. Sauvage de la Martinière par MM. Gougeon de la Thébaudière[88] et Courte de la Goupillière[89], élus à égalité de voix, ce qui portait le nombre des associés au chiffre de quatre-vingt-un.

1787[modifier | modifier le code]

M. Turpin de la Bertinière étant décédé, on le remplaça, le 15 avril 1787, par Louis Sauvage de la Ville[90].

1788[modifier | modifier le code]

En 1788, Charles Frin du Guiboutier, maire de Laval, remplace M. Gougeon de la Thébaudière, démissionnaire ; M. Douard de Vauraimbault, de retour de Paris, réclame la place vacante par le décès de M. de la Porte-Méral, faveur qui lui avait été déjà accordée en 1764 lorsqu'il revint d'Amérique : la société fait droit à sa demande et le dispense de payer de nouveaux « deniers d'entrée » ; en 1789, à M. Letourneur du Teilleul, décédé, succèdent Jean-Baptiste Le Clerc de la Roussière[91] et Jean-René Martin de la Blanchardière[92] élus à égalité de suffrages.

L'hiver de 1788-89 est très rigoureux. Le 11 janvier 1789, M. Martin de Ligonnière expose à la société, formée en assemblée extraordinaire, la misère excessive à laquelle les pauvres étoient réduits par la rigueur du froid et le défaut de travail ; il dit que la Société de la place du Palais vient de voter une contribution aux aumônes publiques. Il demande à l'assemblée :

  • 1° Si elle veut y contribuer en corps ;
  • 2° Quelle serait en ce cas la quote-part de chaque associé ;
  • 3° En quelles mains serait remise cette contribution.

La Société décide immédiatement que la contribution sera de six livres par associé, que la somme sera remise aux commissaires des paroisses chargés de faire aux pauvres la distribution des aumônes recueillies, qu'elle sera répartie dans la proportion des trois cinquièmes pour la Trinité et des deux cinquièmes pour Saint-Vénérand. Ce fut l'aumône de la société qui venait s'ajouter à celle que chaque associé avait le devoir de faire en son particulier.

1790[modifier | modifier le code]

En 1790, l'assemblée refuse la démission de MM. Duchemin de la Morinière, Duchemin de Boisjousse et Guérin de la Marche ; elle déclare être « trop attachée à la société des associés cy-dessus pour ne pas s'opposer à leur retraite. Quelques mois plus tard, on élisait sociétaires Jean de la Haye[93] et de Cabannes à la place de M. du Préau, décédé, et de M. Pichot de la Graverie qui avait quitté Laval pour aller se fixer à Ernée : ce furent les dernières recrues. Personne ne se présente en 1791, et le registre ne mentionne que la nomination, qui se faisait tous les ans, des commissaires chargés de vérifier les comptes.

Dissolution[modifier | modifier le code]

Le 22 avril 1792, la société tient son assemblée générale annuelle ; elle décide à l'unanimité de « faire signifier juridiquement à M. Berset d'Argentré que l'intention de la société étoit d'abandonner le bail verbal de son jardin au premier mai 1793 » ; elle nomme une commission chargée d'examiner la situation financière et la compose de MM. Martin de Ligonnière, président, Delaunay du Fresne, Richard et Sauvage de la Ville.

Un mois après, le 22 mai, cette commission déclare qu'il y a lieu d'exiger pour cette dernière année une cotisation de 24 livres. Mais déjà les associés se dispersent, les signatures sont moins nombreuses à la suite des délibérations ; elles se modifient, elles s'abrègent. Le 23 avril le président fait au bureau municipal la déclaration exigée par le décret du 29 juillet 1791 sur les sociétés[94].

Une feuille volante conservée dans le registre donne l'état des recettes et des dépenses de la société au moment de sa dissolution[95]

Le 28 avril 1793, les associés se réunirent pour la dernière fois; ils n'étaient pas nombreux : le registre ne porte que les noms de MM. Martin de Ligonnière, Frin, Delaunay du Fresne, Courte de Vilcler, Letourneurs de la Mouette, Letourneurs du Teilleul, Richard l'aîné, Richard de la Mitrie, Goupel de Beauvais, d'Abert, Gaultier de Vaucenay, de Lavarenne, Guays, de Bussy, Choquet, Gabriel-Charles Perier de Lhommeau[96], Foucault de Laubinière[97].

Une vente publique, sans doute, dispersa les meubles, les livres et les jeux de la société du jardin Berset. Quelques mois plus tard, en effet, le Comité révolutionnaire de Laval considérant que des sociétés connues sous le nom de jardins et sociétés particulières sont l'asile des égoïstes et des aristocrates, que c'est là qu'ils conspirent la perte du peuple et calculent froidement les moyens de l'affamer et d'exciter son mécontentement par le surenchérissement des denrées au mépris de la taxe, arrête qu'il sera fait une affiche pour dissoudre toutes ces sociétés particulières, maisons et jardins, tels que la Béraudière, le jardin Hubert, Beau-Soleil[98], etc., etc.

Bibliothèque[modifier | modifier le code]

Les procès-verbaux des délibérations nous ont gardé les titres de quelques gazettes qui étaient lues : On fera venir les mercures et journaux lit-on dans le procès-verbal de l'assemblée du 24 février 1765 : il s'agit des gazettes de France et de Hollande, du Journal de Verdun et du Mercure, prescrits aux statuts. Le 5 mai 1771, on décide de ne plus faire venir les mercures et journaux passé l'année présente et qu'au lieu et place des journaux et mercure, les Gazette de Leyde, Courrier de Monaco et Les Affiches de Paris y seront substitués.

L'année suivante, on reprend le Mercure, le Journal encyclopédique et le Journal historique. En 1780, on achète un dictionnaire géographique et un almanach de la marine ; en même temps on commande un « dressoir fermant de clef pour ramasser les livres ». On lisait beaucoup, et la Société du jardin Berset dut un jour — le 23 décembre 1770 — décréter que « tous ceux qui seront convaincus d'avoir emporté quelques papiers, mercures, journaux, généralement toutes choses appartenantes à la dite société seront exclus ipso facto »[99]. Il existait alors à Laval une sorte de gazette à la main, dont les copies circulaient entre les diverses sociétés, et dont les nouvelles défrayaient les conversations des salons lavallois[100],[101].

Franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

La loge Les Amis unis de Laval s'établit à Laval au mois de décembre 1785 avec des statuts imprimés. Ces statuts comportent un chapitre consacré au « travail de la table » ; on leur recommande d'y porter le toast de Roi, de la Reine, de la famille royale, et « de la Reine de Naples, protectrice des maçons persécutés ». Plusieurs associés du jardin Berset figurent parmi les fondateurs et les signataires des statuts.

Présidents[modifier | modifier le code]

  • François Martin de la Blanchardière (1763-1769)
  • François Charles d'Aubert de Launay (1769-1773)
  • Foucault de la Morinière (1773-1783)
  • François Martin de Ligonnière (1783-1793)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Quelques années plus tard (1765), se fondait à Mayenne une Société un Cercle littéraire sur laquelle Grosse-Duperon donne plusieurs renseignements (voir :Ville et pays de Mayenne, p. 576. Cette société traverse la Révolution française sans se dissoudre, et a continué jusqu'au début du XXe siècle. Plusieurs ecclésiastiques en font partie au XVIIIe siècle.
  2. Le chanoine Nepveu de la Manoullière décrit ainsi la société dont il était membre : Le 13 janvier 1786, j'ai été reçu à la Société du jardin de la rue Saint-Vincent. C'est une assemblée d'hommes de différents états, tous gens comme il faut.
  3. Louis Garnier possédait un registre in-folio de 28 feuillets des procès-verbaux de cette Société.
  4. Le bail était consenti pour une durée de neuf ans au prix annuel de 108 # ; le bailleur permettait aux sociétaires de transformer le jardin, tout en respectant les « espaliers, vignes, peschers et autres arbres étant près les murs », de manière à y planter des arbres formant ombrage et à y établir des « allées pour jouer à la boule » ; il s'engageait à édifier dans le délai d'un an, au-dessus de la salle du pavillon, une chambre avec cheminée et deux fenêtres, avec un escalier extérieur pour y monter. Puis « pour motifs connus aux soussignés, à la première réquisition du sieur Berset, on fera par sous-seing ou par devant notaire aux frais du dit Berset un bail simulé à raison de 30 livres par an, sans que de partny d'autre le bail simulé puisse estre tiré à aucune conséquence. »
  5. Ajoutant souvent un nom de terre à leur patronyme.
  6. président de l'Élection de Laval, marié à Angélique Périer de la Corbinière, mort en 1794.
  7. Né en 1725, marié à Renée-Françoise Thieslin.
  8. Marié à Catherine Moreau de la Chambrairie.
  9. Marié à Madeleine Dubois, bourgeois, demeurant place du Palais.
  10. conseiller du Roi, élu en l'Élection de Laval, marié à Gabrielle-Aune du Plessis-Montgenard, décédé le 31 mars 1769.
  11. Avocat, fils de Nicolas Seigneur et de Marguerite Beaumesnil
  12. Marié à Jeanne Le Jay des Attelais, anobli par l'achat d'une charge de contrôleur ordinaire des guerres, mort en 1773.
  13. Avocat, fils de Jean-Baptiste Hardy des Antoudières, marié en 1763 à Anne Guays.
  14. Conseiller du Roi, élu en l'élection de Laval, marié à Gabrielle Martin de la Blanchardière.
  15. Négociant, marié à Renée-Angélique Touchard.
  16. Lieutenant au siège ordinaire de Laval, marié à Madeleine Foureau, mort en 1785.
  17. écuyer, contrôleur ordinaire des guerres, marié à Catherine Guérin de la Gendronnière, mort en 1770.
  18. Maître chirurgien, mort en 1783.
  19. Le chevalier de Tournely, seigneur du Bois-Thibault, marié le 7 juillet 1751, en l'église de la Trinité de Laval, à Jeanne-Mathurine du Plessis-Montgenard, dont il eut quatre fils et trois filles, décédé le 28 mars 1771. Son fils est Léonor François de Tournely
  20. Président au siège des traites foraines de Laval, il rédige en 1789 les doléances des officiers de ce siège.
  21. Ils fixent à 24 livres le chiffre du denier d'entrée exigible dans la première quinzaine de mai, « et faute par aucun des dits associés de fournir les fonds dans le délay fixé, son nom sera affiché sur la cheminée du pavillon, et le dit temps révolu, sera prié secrètement et avec bienséance par le président de se retirer. » Ils nommaient aussi un concierge, « qui recevra pour gages 24 livres par an et les fruits du jardin ; on lui donnera en outre 12 livres d'étrennes, et 12 sols chaque fois qu'il aura à porter les convocations. »
  22. L'expérience, y est-il dit, a fait connoistre que rien n'est plus avantageux à la société civile que de former des assemblées pour s'y entretenir des belles-lettres, des nouvelles publiques, lire les gazettes, les journaux, les mercures, et cultiver l'esprit par des conversations sérieuses et agréables ; que d'un autre costé il est très utile à la société de faire de l'exercice par la promenade et le jeu de boules ; ce qui a porté nombre d'amis de cette ville à prendre un jardin où l'on puisse réunir ces différents avantages aux clauses et conditions cy référées.. Les premiers articles des statuts concernent les fonctions du président et du secrétaire, les assemblées, le nombre des membres fixé à trente-cinq, « sans qu'il puisse être augmenté pour quelque cause et considération que ce soit propter angustiam » ; mais on admettait des surnuméraires et parmi eux le scrutin devait désigner les élus appelés à l'honneur de remplacer les sociétaires décédés, ou devenus démissionnaires parleur départ de Laval ou par suite d'une infirmité qui les retenait au logis. Nul postulant n'était reçu surnuméraire avant l'âge de vingt-quatre ans ; une fois admis, le sociétaire payait la somme de 24 livres pour la première année courante, puis les années suivantes la même cotisation que les autres associés.
  23. L'article 10 traite de la bienséance qui doit régner entre sociétaires : « On évitera toute altercation et dispute, et l'on ne parlera en aucune façon des matières qui exigent le silence ni de celles qui peuvent regarder l'administration et le gouvernement de la ville. Et si cela arrivoit, les associés qui se trouveront présents seront obligés d'imposer le silence avec la circonspection et la politesse qui règne toujours entre des associés aussi bien choisis ; cependant, si quelqu'un d'eux, ce qu'on n'a pas lieu d'attendre, donnoit quelque mécontentement aux autres, il pourra être exclu de la société dans une assemblée générale convoquée, à laquelle assisteront au moins les deux tiers des associés. » Il ne paraît pas que la société se soit jamais trouvée dans la nécessité d'appliquer cette mesure de rigueur. Tous les sociétaires sont liés pour la durée du bail et aucun ne peut prétendre à une part du mobilier ou de l'actif social, tant que l'association prolongera son existence par des baux successifs. Un tableau placé sur la cheminée du pavillon doit contenir la liste des associés et la copie des statuts. Enfin l'article 14 est relatif à la bibliothèque : « Il a été convenu et arrêté de faire venir pour la société les Gazettes de France, de Hollande, le Journal de Verdun et le Mercure, qui resteront en fond à la ditte société sans qu'ils puissent être ôtés et déplacés du pavillon, et qui resteront à la garde du président avec les autres livres de la société ; les frais nécessaires seront payés et avancés par le receveur sur la bourse commune ; il aura également soin de faire les achapts des cartes de géographie, livres et autres effets qui seront convenables et décidés par une assemblée composée des deux tiers des associés. »
  24. L'assemblée tient à remercier de sa bienveillance M. Berset et, pour lui témoigner sa gratitude, décide d'admettre ses fils dès qu'il voudront se présenter et quel que puisse être le nombre des sociétaires.
  25. Négociant, né en 1703, mort en 1789, marié à Perrine Jousse.
  26. Fils de Jean Foucault de Vauguyon et de Catherine Pottier, marié en 1754 à Marie-Catherine, fille de Jacques Lilavois de la Bréhinière, négociant, et de Marguerite Duval.
  27. Négociant, marié en 1762 à Julie, fille de René Enjubault de la Bizollière, avocat, et de Marguerite Pichot.
  28. Mort en 1770, directeur des gabelles.
  29. Contrôleur général des gabelles.
  30. Nouvelle assemblée au mois d'octobre, où l'on charge deux des sociétaires d'acheter « un foyer, des chandeliers et de faire la provision de bois et de chandelles. » ; la société n'avait pas eu besoin d'autorisation administrative ; elle n'avait pas eu d'impôt spécial à porter à son budget. Chaque année deux sociétaires étaient désignés pour les vérifier les comptes; quant aux fonctions de receveur, qui étaient annuelles et peu recherchées, il fut décidé qu'elles seraient toujours exercées par le dernier sociétaire reçu.
  31. Ce serment fut si bien tenu qu'on atteignit en 1786 le nombre de 81 sociétaires : à vrai dire on s'en tint là.
  32. Procureur du Roi au siège des traites de Laval.
  33. Directeur des traites à Laval, puis à Nantes, marié en 1766 à Marie Duchemin du Boismorin
  34. Marié à Marguerite Guays, négociant, l'aîné de huit enfants, Richard de la Fournière, Richard de la Mitrie, négociants, Richard de la Motte, bourgeois, Françoise Richard, mariée à Pierre Bigot, négociant, Anne, mariée à Louis Morin de la Beauluère, négociant, Renée, mariée à Louis Bidault de la Touche, capitaine au régiment de Piémont, Marie, mariée à Pierre Guays des Touches, avocat.
  35. (1724-1812), marié en 1765 à Marie-Mélanie Devernay de l'Angellerie.
  36. sans passer au scrutin, attendu qu'ils avaient déjà été de la société
  37. seigneur de l'Aunay, en Beaulieu, écuyer, né en 1737, marié en 1765 à Louise-Jeanne Coustard du Plessis (1747-1807), mort en 1773
  38. Né en 1742, avocat, lieutenant du siège des Exempts de Laval, marié à Pulchérie Devernay de l'Angellerie.
  39. Marié à Charlotte Le Jay, procureur du Roi au grenier à sel de Laval, mort en 1772
  40. Négociant, marié en 1753 à Catherine-Josèphe Renusson, morte en 1759; de là trois enfants : Étienne Letourneur, marié à Julienne Le Clerc de la Pinsonnière ; Joseph-Louis Letourneur du Teilleul, marié à Françoise Le Clerc de la Jubertière ; François Letourneur de Mouette , marié à Françoise-Marie Aubin de la Messuzière, dont la fille, veuve de Jean-Baptiste Berset de Vaufleury, a donné sa propriété de la Petite-Bédouère pour un évêché.
  41. Capitaine au régiment d'Aquitaine, marié à Anne-Françoise du Buat.
  42. Avocat, puis juge civil, mort en 1787.
  43. Avocat, marié à Françoise Devernay.
  44. (1723-1796), négociant, marié à Renée Barbeu du Boulay.
  45. Avocat, mari de N. Thieslin du Plessis, commandant de la compagnie rouge de la milice lavalloise (l'autre compagnie avait l'uniforme bleu)
  46. Négociant, marié à : 1° Charlotte Sauvage de la Martinière ; 2° Anne Plaichard-Choltière.
  47. (1736-1800), négociant, marié en 1761 à Marie Foucault de Laubinière.
  48. Seigneur de Bouère et de la Vezouzière, capitaine au régiment de Picardie, représenté à l'assemblée de la noblesse du Maine en 1789 ; ou son frère cadet Joseph, lieutenant au régiment de Béarn.
  49. Neveu du chroniqueur lavallois, vice-président du Directoire de la Mayenne.
  50. Sieur des Ferrières, bourgeois, marié à Charlotte Aveneau.
  51. Receveur des tailles, marié à N. Leclerc de Beaulieu, mort en 1783.
  52. Négociant, marié en 1764 à Charlotte Guesdoux des Pommiers, et Charles Gaultier de Vaucenay, négociant, marié en 1780 à Judith-Elisabeth Seré du Teil (leur père est l'un des fondateurs de la Société), mort en 1786.
  53. Marié à Anne Rondelou de la Touche.
  54. Maître des forges du Port-Brillet, marié à Sophie Moraine de la Motte, mort en 1798.
  55. Avocat, juge criminel, subdélégué de l'Intendance, marié à N. Le Clerc de Vaumorin, mort en 1797.
  56. Deux frères de ce nom dont l'un épouse en 1772 Charlotte Guitet de la Houllerie.
  57. Négociant, marié en 1782 à Louise de Vaudichon, député du tiers-état aux Etats généraux de 1789.
  58. Elle renouvelle le bail de location avec une augmentation de 100 livres par an, à la charge par M. Berset de faire un escalier extérieur au pavillon, d'augmenter l'appartement en y annexant l'ancienne cage d'escalier et de « réformer les cheminées en cas qu'elles viennent à fumer » ; elle décide que les « flambeaux » seront désormais payés par le receveur, « avec défense au concierge d'en aller chercher sous peine de les payer lui-même » ; elle vote un don de 100 livres à l'hôpital Saint-Joseph de Laval
  59. L'aîné des frères Dubois de Beauregard, maître des forges de Chailland, marié à Thérèse Martin de la Blanchardière, anobli par une charge de contrôleur des guerres, mort en prison pendant la Terreur
  60. Marié à Renée-Jeanne Martin de Beauregard, mort en 1790.
  61. Négociant, frère de Noël Turpin de la Tréhardière, négociant, et de Jean Turpin du Cormier, curé de l'église de la Trinité de Laval.
  62. Lieutenant de maréchaussée, puis sous l'Empire capitaine de gendarmerie, marié à Thérèse Renusson.
  63. Négociant (1736-1800), marié en 1761 à Marie-Ambroise Foucault de Laubinière.
  64. Marié à Madeleine Salmon, avocat fiscal, puis membre du Directoire de la Mayenne, mort en 1795
  65. Père et fils, tous deux receveurs généraux des fermes du Roi à Laval
  66. Frère cadet de Martin de Ligonnière, procureur fiscal des sièges du comté de Laval, mort en décembre 1793 à Doué-la-Fontaine.
  67. Jacques-Louis Corbineau est né le 22 mars 1734 à Saint-Jean-d'Angély, et mort le 8 juin 1805 à Laval. Il épouse le 22 juin 1794 Jeanne Renée Barbeu de la Couperie. Ancien officier de cavalerie, initié à la franc-maçonnerie par la Loge L'Union de Laval. Il est membre de la Loge Zèle, loge fondée à Paris en 1778, et dont l'un des fondateurs était le prêtre Jean-Gabriel Tugal des Valettes, originaire de Laval. Rose-Croix, il est l'un des fondateurs de la Loge Les Amis unis de Laval. Il est capitaine de la garde nationale de Laval en 1791. À ce titre, il accompagne Michel-Joseph Thoumin des Vauxponts et un de ses compagnons, détenus au Monastère de Patience de Laval, le 20 août 1792, à Granville s'embarquer pour Jersey. Leur embarquement a lieu le 27, sous la surveillance de Louis Corbineau, commandant du bataillon de la garde nationale de Laval, qui avait été chargé de les accompagner. Il est emprisonné pendant la Terreur pour cause de fédéralisme. Il est l'oncle des frères Corbineau, les « Trois Horaces » de Napoléon Ier : Claude Corbineau (1772-1807), ; Jean-Baptiste Juvénal Corbineau (1777-1848) ; Hercule Corbineau (1780-1823).
  68. Receveur des traites au bureau de Laval.
  69. Fils de René Enjubault de la Roche.
  70. Ecuyer, trésorier au bureau des finances de Metz, marié à Marie Duchemin.
  71. Marié à Marie Le Clerc du Flécheray, receveur des finances de l'Élection de Laval, puis receveur du District, mort maire de Laval, en 1813.
  72. Négociant, marié à Renée Richard de la Mitrie.
  73. Avocat, marié à Joséphine Frin de Saint-Germain.
  74. Négociant, né en 1745, marié à Françoise Bigot, mort en 1815.
  75. Bourgeois, futur administrateur du district de Laval.
  76. Né en 1748, marié en 1795 à Marie Riobay, veuve de Pierre de Laage.
  77. Négociant, marié à Anne Gougeon du Coudray.
  78. Il assiste à l'assemblée de la noblesse d'Anjou en 1789, émigré..
  79. Ancien officier, chevalier de Saint-Louis, émigré, mort en 1820, avait épousé Charlotte Duchemin du Bois du Pin
  80. Fils de Pierre Périer de la Corbinière, négociant, marié à N. Géhard.
  81. Lieutenant général depuis 1781, mort le 13 avril 1820, juge honoraire
  82. Fils de Jean-Louis Bidault de Glatigné, marié à Ambroise-Renée Duchemin de la Morinière.
  83. (1758-1804), marié à Anne Foucault de la Morinière, père de Jacques Duchemin des Cepeaux.
  84. Négociant, banquier, marié à Marguerite Barbeu de la Couperie.
  85. Avocat, né en 1751, fils de René Guays et de Marie Choquet des Ferrières, marié à Renée-Françoise Bidault de Glatigné.
  86. Qui exigeait, au dire des ouvriers, une dépense évaluée à près de 180 livres ; il convoqua pour le 12 février 1786 une assemblée chargée d'en délibérer, et celle-ci, par dix-neuf voix contre quatre, autorisa la dépense.
  87. « sinon il rentrerait dans la jouissance du jardin au 1 er may 1787 » ; on tint séance le 23 avril, et par vingt-deux voix contre seize, l'assemblée refusa d'accéder à cette demande ; elle autorisait son président à offrir un prix de 500 livres et lui adjoignait MM. Guays, Courte de Vilcler et Dumans pour chercher, en cas de refus, « un emplacement pour la dite société. » Quelques jours plus tard, le 7 mai, convoquée de nouveau, la société décidait « de savoir définitivement de M. Berset d'Argentré si son intention était de rentrer dans son jardin, et dans le cas où il voudrait le laisser à la société de luy en offrir la somme de six cents livres, et, s'il ne veut pas accepter la dite proposition, de prendre à ferme le jardin de Mme Lasnier, situé sur le Gast. » Le propriétaire paraît s'être empressé d'accepter. Le 26 mai, une nouvelle assemblée autorisait les commissaires « à passer bail avec M. d'Argentré au prix de 600 livres et aux conditions les plus avantageuses que faire se pourra. »
  88. Bourgeois.
  89. Bourgeois, frère de Courte de Vilcler.
  90. Contrôleur au bureau des traites de La Gravelle, frère de Pierre Sauvage de la Martinière, procureur au grenier à sel, et de François, chanoine de la Collégiale Saint-Tugal de Laval, puis de Notre-Dame de Paris; vivait célibataire en 1807.
  91. Marié à Renée Duchemin des Loges, futur fondateur de l'abbaye du Port-du-Salut, mort en 1823.
  92. Né en 1750, ancien garde du corps du Roi.
  93. Chevalier, seigneur du Moulin-Geslin, marié à Marguerite Foucault de Vauguyon.
  94. Ceux qui voudront former des sociétés ou clubs seront tenus, à peine de 200 livres d'amende, de faire préalablement au greffe de la municipalité la déclaration des jours et lieux de leur réunion et, en cas de récidive, ils seront condamnés à 500 livres d'amende. L'amende sera poursuivie contre les présidents, secrétaires ou commissaires de ces clubs ou sociétés. » (décret du 29 juillet 1791, art. 14).
  95. Elle porte ce titre : « Aperçu de la recette et dépense du compte qu'a à rendre à MM. les associés du jardin Berset, Louis Sauvage-Laville, chargé de la recette ». Celle-ci était de 1.936 livres 5 sols; les dépenses au premier mai, y compris le loyer de 600 livres, montaient à 1.846 livres 10 sols, d'où un boni de 89 livres 15 sols. M. Sauvage ajoute : « Le receveur a présenté une requête à MM. les administrateurs du Directoire de département pour être payé de l'abonnement de ceuxdes associés dont ils ont saisi les biens ; si elle est répondue favorablement, ce qu'il n'y a pas bien lieu d'espérer, vu qu'il y a plus de six mois qu'elle est présentée, la somme qui en proviendroit seroit à joindre à celle cy-dessus en bon de 89 livres 15 sous ». Le Directoire ne répondit point, et l'honorable receveur dut perdre ses dernières illusions.
  96. Négociant, marié en 1765 à Anne Duchemin de la Favardière.
  97. Le Président prie les associés de « lui tracer la marche qu'il devroit suivre dans un moment où l'absence et la retraite de la majeure partie des membres qui composoient cette société rendoit sa dissolution inévitable ». L'assemblée nomme pour commissaires MM. Delaunay du Fresne et Richard l'aîné et leur donne tout pouvoir « de procéder à tel jour et heure qu'il leur plaira fixer, et de la manière qu'ils jugeront convenable, à la vente des meubles et effets appartenant à la société, à faire remettre les clefs du jardin et des appartements à ceux à qui elles doivent être remises, à arrêter le compte de M. Sauvage-Laville, receveur actuel, sauf, après toutes ces opérations remplies, à présenter à la société l'état des sommes qu'ils pourroient avoir avancées ou qui pourroient leur rester en mains ». Toutes ces mesures arrêtées, avant de lever la séance pour la dernière fois, le président prit la parole et prononça le discours suivant : Messieurs, si le moment où vous m'avez élevé à la place de président de cette Société, fut le plus flatteur de ma vie, celui où je suis obligé de vous annoncer sa dissolution en est le plus douloureux. J'ai fait, pendant les dix années dont j'en ai été revêtu, tout ce qui a dépendu de moi pour répondre à la confiance dont vous m'avez honoré. Si je n'y ai pas pleinement réussi, je vous prie, en rendant hommage à ma bonne volonté, de n'attribuer les erreurs que j'ai pu commettre qu'à la médiocrité de mes talents. Je ne me rappellerai jamais sans la plus vive sensation les jours brillants de cette assemblée et les plaisirs purs et tranquilles que les citoyens les plus respectables de cette ville venaient partager avec nous. Privé par les circonstances du titre le plus honorable dont j'ai jamais été revêtu, je pense que vous ne trouverez pas surprenants les regrets que m'occasionne cet événement malheureux. Puissent des circonstances plus fortunées, puisse un soleil plus brillant dissiper les nuages qui couvrent depuis longtemps nos malheureuses contrées! Je me livrerais alors à tout l'espoir de voir réunis les membres dispersés de cette Société; je ferais tout ce qui dépendrait de moi pour lui donner en général et à chaque membre en particulier des preuves de mon zèle et de mon parfait dévouement
  98. A Château-Gontier.
  99. Le procès-verbal de cette séance mentionne les noms des candidats reçus au scrutin « au lieu et place de Messieurs Chabrefils et Cassin exclus » .
  100. Mme Lemonnier de la Jourdonnière écrit, le 22 avril 1767, à son fils : Vendredi, Messieurs du Grand Jardin étaient sur le chapitre des prêtres ; ils agaçaient le père Frin et enfin l'on tomba sur toi, et tous en firent un bel éloge. Ce jour-là le Bulletin marquait l'affaire des jésuites d'Espagne qui ont été arrêtés. M. Bricet le transcrivait et dit aux Messieurs que c'était pour ses voisines ; les Messieurs se mirent à rire. Tu sais ce que c'est que le Grand Jardin. Tout ce qu'il y a de bon y est associé. C'est là que sont toutes les nouvelles. Il y a un nommé Loyant qui va y transcrire le Bulletin et le porte dans les autres jardins et dans celui des prêtres. Cela lui vaut de l'argent que ces Messieurs veulent bien lui laisser gagner . Et plus loin : Voici l'abbé Laubinière qui sort d'ici pour nous dire les nouvelles du bulletin d'aujourd'hui lundi et que je ne savais pas au commencement de cette lettre qui est le désastre des jésuites d'Espagne.. Mme Lemonnier de la Jourdonnière était une ardente janséniste; l'expulsion des jésuites d'Espagne la combla de joie : « Il faut, écrit-elle le 5 juin 1767, que le Roi (de France) donne une déclaration qui les chasse entièrement du Royaume. » On se réunissait en son salon pour discuter, livres en mains, les graves questions religieuses de ce temps et l'on y foudroyait les orthodoxes défendus par Mme Bricet, et parmi lesquels se trouvait l'abbé Pierre-Jérôme Chatizel, alors vicaire de la Trinité, dont sa tante blâmait fort les opinions anti-jansénistes.
  101. L'assemblée tenue au jardin Berset le 24 février 1765 avait décidé qu'on ferait venir les mercures et journaux et qu'on prendrait de M. Loyand copie du manuscrit du Grand Jardin moyennant salaire compétent. Queruau-Lamerie, La vie à Laval au XVIIIe siècle. Extrait des correspondances de Mesdames Lemonnier de la Jourdonnière et Royer-Dubignon. Laval, 1883, p. 21.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jules-Marie Richard, La Société du Jardin Berset, Bulletin de la Commission Archéologique et Historique de la Mayenne, 1910.
  • Christine Peyrard, Les Jacobins de l'Ouest: sociabilité révolutionnaire et formes de ...

Articles connexes[modifier | modifier le code]