Société de physique et d'histoire naturelle de Genève

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Société de physique et d'histoire naturelle de Genève
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Ville Genève
Publications Mémoires de la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève. Archives des Sciences

La Société de physique et d'histoire naturelle de Genève créée en 1791 à Genève, est une société savante suisse, aujourd'hui principalement active dans le domaine de la botanique[1], après avoir longtemps couvert tout le spectre des sciences naturelles ainsi que des sciences physiques.

Histoire[modifier | modifier le code]

Tout d'abord fondée sous le nom de « Société des Naturalistes Genevois », la société change en 1792 de nom pour devenir de manière éphémère la « Société d'Histoire Naturelle » puis en 1799 « Société de Physique et d'Histoire Naturelle de Genève » (en anglais Society of Physics and Natural History of Geneva[2] et en abrégé SPHN).

Créée à l'instigation de Henri-Albert Gosse, la société regroupe tout d'abord une douzaine de naturalistes et de physiciens dont Pierre Vaucher, Louis Jurine, Marc-Auguste Pictet, Jean Senebier, Horace-Bénédict de Saussure et Nicolas-Théodore de Saussure et d'autres membres moins célèbres. Ceux-ci se réunissent chaque quinze jours chez l'un des membres pour des séances de lectures de mémoires, de communications plus brèves et d'échanges d'informations.

Rapidement élargie à 24 membres, dont Pierre Prevost, Gaspard De la Rive, Guillaume-Antoine Deluc, Louis Odier et François Huber, la société est également ouverte, sur invitation, à un public choisi. Elle ne manque pas de profiter dès son origine du passage à Genève de personnalités savantes comme Dolomieu (1796, 1801), Volta (1801, 1802), Brugnatelli (1801), von Buch (1802, 1813), van Marum (1802), Rumford (1803), Escher von der Linth (1803, 1817), Biot (1804), Bonpland (1805), Prony (1805), Berthollet (1808), Davy (1814), Faraday (1814), Wollaston (1816), etc.

Dans ses jeunes années, la Société contribue beaucoup à une meilleure connaissance de l'histoire naturelle des environs de Genève, jusqu'au massif du Mont-Blanc. Elle se dote d'ailleurs dans ce but d'un petit jardin botanique, situé sur le bastion de St-Léger (1793), où est érigé un cénotaphe à la mémoire de Charles Bonnet. Jean-Pierre Vaucher y dispense à partir de 1794 les premiers cours de botanique jamais donnés à Genève, cours suivis par le jeune De Candolle. Une station de relevés météorologiques y est aussi installée en 1798, dont les relevés sont publiés mensuellement dans la Bibliothèque Britannique.

Faute d'organe de publication propre, beaucoup de travaux présentés à la Société demeurent inédits, ou sont publiés dans des périodiques étrangers comme le Journal de Physique de Lamétherie ou les Annales de Chimie fondées par Lavoisier. A partir de 1816, un certain nombre de travaux trouvent aussi leur place dans la Bibliothèque Universelle. A partir de 1821, la société publie cependant ses propres « Mémoires » dans lesquelles se retrouvent les signatures de ses membres, parmi lesquels Augustin Pyrame de Candolle, Jean-Louis Prévost et Jean-Baptiste Dumas[3], ou plus tard Auguste De la Rive, François-Jules Pictet, Alphonse de Candolle, Edouard Sarasin, Charles-Eugène Guye, etc. Après 1846, un grand nombre de travaux des membres de la Société trouvent également une place dans les Archives des Sciences physiques et naturelles, qui prennent alors le relais de la série "Sciences et Arts" de la Bibliothèque Universelle.

En 1829, la Société fusionne avec la Société des Naturalistes Genevois. Elle est demeurée un foyer de la science genevoise tout au long du 19e siècle et encore pendant une partie du 20e. Ses archives, qui représentent plusieurs mètres linéaires, sont aujourd'hui déposées au département des manuscrits de la Bibliothèque de Genève.

Prix et bourses[modifier | modifier le code]

Actuellement, la société attribue trois prix périodiques, à savoir:

  • le « prix et médaille Marc-Auguste Pictet » (biennal), créé en 1990 à l'occasion du bicentenaire de la fondation de la société et qui récompense un jeune chercheur dans le domaine de l'histoire des sciences[4];
  • le « Prix de la Vocation Scientifique » (PVS) (annuel), créé en 2007 et qui récompense le travail scientifique d'un élève du collège de Genève lors de son travail de maturité[5];
  • le « Prix Augustin-Pyramus de Candolle » (quadriennal) récompensant l'auteur de la meilleure monographie d'un genre ou d'une famille de plantes[6].

La société attribue également à des étudiants de l'Université de Genève 1998 une « bourse Augustin Lombard » destinée « à couvrir les frais liés à l'acquisition et/ou au traitement de données scientifiques, en Suisse ou à l'étranger »[7].

Publications[modifier | modifier le code]

Depuis 1821, la société publie ses Mémoires de la Société de Physique et d'Histoire Naturelle de Genève, à raison d'un demi-fascicule annuel jusque dans les années 1940, puis plus rarement jusque dans les années 1990[2]. La plupart de ces volumes ont été scannés dans le cadre du projet Biodiversity Heritage Library et sont maintenant disponibles en ligne[8].

En 1981, la société a repris l'édition de la revue Archives des Sciences [9], à raison de trois fascicules par année jusqu'en 2004. Elle se poursuit depuis 2005 sur un rythme semestriel avec un format agrandi et en couleurs.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Erwin Neuenschwander, « Botanique » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.
  2. a et b (en) « Société des Naturalistes Genevois », sur Scholarly Societies Project (consulté le 17 juin 2009)
  3. « Histoire de la SPHN », sur le site de la Société (consulté le 17 juin 2009)
  4. « Prix et médaille Marc-Auguste Pictet », sur le site de la Société (consulté le 17 juin 2009)
  5. [PDF] « Prix de la Vocation Scientifique », sur le site du collège Sismondi (consulté le 17 juin 2009)
  6. « Prix Augustin-Pyramus de Candolle », sur le site de la Société (consulté le 17 juin 2009)
  7. « Bourses Augustin Lombard », sur le site de la Société (consulté le 17 juin 2009)
  8. Voir par exemple sur www.archive.org
  9. « Archives des Sciences », sur le site de la Société (consulté le 17 juin 2009)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Sigrist, Les origines de la Société de Physique et d'Histoire naturelle (1790-1822). La science genevoise face au modèle français, Genève, 1990. (Mémoires de la SPHN, t. 45/1).
  • Pierre Speziali, Physica Genevensis. La vie et l’œuvre de 33 physiciens genevois, 1546-1953, Genève, Georg, 1997.