Skinhead Attitude

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Skinhead Attitude
Réalisation Daniel Schweizer
Pays d’origine Drapeau de la Suisse Suisse
Durée 90 min.
Sortie 2003

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Skinhead Attitude est un film documentaire suisse réalisé par Daniel Schweizer sorti en 2003.

Ce documentaire brosse un portrait général du mouvement skinhead, de l'extrême gauche à l'extrême droite.

Synopsis[modifier | modifier le code]

L'héroïne du documentaire, Karole, une skinhead girl française proche du SHARP, est suivie dans une tournée à la rencontre des skins.

Le documentaire relate l'origine du mouvement dans les années 60, quand il apparaît en Angleterre avec l'arrivée du ska de Jamaïque. À cette époque les skins ne sont pas politisés et s'affirment juste comme rebelles et membres de la classe ouvrière. Bien que majoritairement blancs, les skinheads, comme l'ensemble de la population britannique comptent une importante minorité noire en leur sein . Puis le film montre la déviance de certains à la fin des années 70 avec la reformation du groupe Skrewdriver de Ian Stuart, faisant l'apologie du nationalisme puis du nazisme.

Le réalisateur part ensuite à la rencontre de skins, d'extrême-droite, d'extrême-gauche et apolitiques, dans une tournée en France, Suisse, Angleterre, Suède, Allemagne et Pologne.

Il s'attarde ensuite sur l'apparition des skins antifascistes, les SHARP puis les RASH. Il aborde ensuite la radicalisation des skins nazis, avec la formation de Blood and Honour et sa déviance terroriste avec Combat 18.

Il part ensuite à la rencontre de néonazis à Dallas. Les interviewés prônent ouvertement l'extermination des noirs, des musulmans et des juifs pour protéger la race blanche. Ceux-ci font étalage de leur arsenal d'armes.

Le documentariste part ensuite pour rencontrer les skins antifascistes de Chicago, mais ceux-ci refusent au dernier moment de participer à un documentaire où sont présents des skinheads d'extrême droite et où ils n'ont pas de droit de regard. Il ne précise pas s'il devait rencontrer des SHARP ou des RASH. Il part donc tourner son documentaire à Montréal, auprès de skins apolitiques qui souffrent de la "logique de guerre" dans laquelle sont entrés les skins antifascistes. Le documentaire devient alors à charge contre les antifas, accusés de détruire la culture skin traditionnelle. Les skins traditionnels rencontrés se disent accusés par les redskins de sympathiser parfois avec les « fafs » lors de concerts…

Le documentaire se termine à Las Vegas sur les traces de deux skins militants antiracistes, un noir et un blanc, Lin Newborn "Spit" et Dan Shersty, assassinés le 4 juillet 1998 dans un guet-apens tendus par des naziskins en plein désert. On apprend que les néo-nazis impliqués dans ce meurtre ont disparu de Las Vegas après cette affaire, mais y sont revenus par la suite. Le réalisateur finit son documentaire par une référence à la bible surprenante et des propos de Karole considérés comme très naïfs. Karole dit en parlant de l'affaire de Las Vegas « ça n'a rien à voir avec les petites bagarres qu'on avait, les courses poursuites [...] nous ça restait marrant [...] là quand même y a des morts. Ces gens sont morts pour leurs idées anti-racistes ou parce qu'ils étaient noirs et skins, enfin c'est pas des raisons pour tuer quelqu'un, moi je pense. » Schweizer finit par « sacrifice symbolique, meurtres fratricides, je me rappelle la Bible et l'histoire d'Abel et Caïn, les deux frères et la haine qui pousse l'autre à l'effacer, [...], comme dans la Bible, ici, les fils de Caïn sont de retour alors que les anti-racistes n'ont pas eu de descendance.»

Analyse[modifier | modifier le code]

Ce documentaire est le seul en français qui tente de retracer l'histoire du mouvement skinhead et toutes ses composantes, il n'aura cependant pas la même reconnaissance que le "World of Skinhead" de Georges Marshall (lui-même ancien skinhead) produit pour le compte de la BBC 4.

L'idée de ce film est né de nombreuses protestations épistolaires de skinheads antiracistes Français et Allemands reçus pas Daniel Schweitzer, lui reprochant son précédent reportage " Skin or die" jugé incomplet car uniquement consacrés aux skinheads d’extrême droite:

Pour autant, malgré la volonté initiale de replacer l'histoire des Skinheads dans une perspective plus large, il a reçu de nombreuses critiques de nombreux skins antiracistes. Daniel Schweitzer a été accusé de mettre dos à dos antifascistes et néonazis comme deux facettes d'une même mouvance, en limitant sa vision à un affrontement idéologique, il lui a été de plus reproché de donner, une fois de plus, la parole aux groupes néonazis les plus virulents. Enfin nombreux sont les skins qui remettront en cause les méthodes d'approche du documentariste. Les membres du Rash refusèrent d'être filmés en raison de la présence le même week-end dans leur ville de membres du Ku Klux Klan, il semble que Schweitzer n'avait pas mesuré les risques inhérents pour ces militants d'apparaître à découvert. Daniel Schweitzer sera aussi assez mal reçu par des skins bordelais au Festival Rudeboy unity à Genève pour sa propension à filmer des témoignages sans véritable travail d'approche.

Par ailleurs ce documentaire a été fortement critiqué par des skins y trouvant un sensationnalisme masquant bien des aspects peu connus mais centraux de cette contre-culture (sound systems, scooterisme). On peut retenir du documentaire que les skins aiment la bière, la musique, un style vestimentaire spécifique et la violence.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]