Siwis

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Siwis
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Filles isiwan en tenues traditionnelles, fin du XXe siècle, Siwa, Égypte.

Populations significatives par région
Autres
Langues siwi, arabe égyptien
Religions islam

Les Siwis, Siwa, Isiwan ou Issiouane (en amazigh : Isiwan) sont un peuple berbère habitant dans la région de Siwa, zone d’oasis au nord-ouest de l'Égypte, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière libyenne. Ils parlent le siwi ou plus exactement le jlan n Isiwan[1] variante locale du berbère. En général, les Siwis sont également bilingues et savent parler le dialecte arabe égyptien ou libyen.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

L’industrie de Siwa se rapproche de l’industrie capsienne et des industries nilotiques (Fakhry 1973)[2]. Ces indices associés aux dates de peuplement, entre 8800 et 6700 B.P., pourraient indiquer que Siwa a été peuplée lors de la migration des Proto-Méditerranéens Capsiens vers le Maghreb[3]. Cependant, la continuité de peuplement entre la préhistoire et la période historique (mais également au sein de celle-ci) est loin d'être assurée[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Siwis descendent directement de la tribu des Bani Al Waswah qui fit partie du grand groupe berbérophone des Zenatah (ou Zénètes) répandu dans toute l'Afrique du Nord[5].

Mode de vie[modifier | modifier le code]

Les pratiques culinaires des Siwis se rapprochent de celles des autres berbères : ils préparent aussi le couscous[6], un mets traditionnel d'origine berbère, bien qu'il ne soit pas un plat quotidien, mais de fête. Peuple se montrant extrêmement fier et assez conservateurs, les Siwis tiennent à leurs traditions et résistent quelque peu à la culture dominante de l'Égypte nilotique. La plupart des villageois de l'oasis de Siwa se montrent en général réservés et les femmes mariées, sur une courte distance, peuvent se déplacer seules (mais en restant à vue) et entièrement recouvertes du tarfutet (grand voile bleu tissé à Kirdâsa près du Caire et brodé localement de motifs siwi)[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Madiha Doss et Vincent Battesti, « Les pratiques linguistiques et leurs contextes sociaux », dans L'Égypte au présent, Inventaire d'une société avant révolution, Éditions Sindbad - Actes-Sud, coll. « La Bibliothèque arabe, Hommes et Sociétés », (lire en ligne), p. 971–993
  2. Fakhry, 1973
  3. S. Amory, J.-M. Dugoujon, S. Despiau et F. Roubinet, « Diversité génétique de l’allèle O dans des populations berbères », Bulletins et mémoires de la Société d’Anthropologie de Paris, no 17 (3-4),‎ , p. 199–207 (ISSN 0037-8984, lire en ligne, consulté le 27 février 2020)
  4. Vincent Battesti, « Les possibilités d'une île, Insularités oasiennes au Sahara et genèse des oasis », dans Mer et désert de l'Antiquité à nos jours, Approches croisées, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », (lire en ligne), p. 105–144
  5. Le Monde,  : L'Egypte a rattrapé l'oasis de Siwa https://www.lemonde.fr/archives/article/1987/03/28/l-egypte-a-rattrape-l-oasis-de-siwa_4054062_1819218.html
  6. Dominique Auzias et Jean-Paul Labourdette, EGYPTE 2018 Petit Futé, Petit Futé, (ISBN 979-10-331-8278-8, lire en ligne)
  7. Vincent Battesti, « “ Pourquoi j'irais voir d'en haut ce que je connais déjà d'en bas ? ”, Centralités et circulations: comprendre l'usage des espaces dans l'oasis de Siwa », Égypte/Monde Arabe, vol. 3e série, no 3, ”Terrains d'Égypte, anthropologies contemporaines” (V. Battesti et N. Puig dirs),‎ , p. 139–179 (DOI 10.4000/ema.2893, lire en ligne, consulté le 18 janvier 2021)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]