Sivapithèque

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Sivapithecus

Le sivapithèque (Sivapithecus) est un genre éteint de primates connu dans le nord du sous-continent indien. Les restes fossiles datent de 13 à 8-7 millions d'années[1] (Miocène), ils ont été découverts depuis le XIXe siècle dans la chaîne des Siwaliks, comprenant le plateau du Potwar (Pakistan) et les piémonts himalayens en Inde et au Népal. On les trouve dans les formations du Siwalik inférieur (formation Chinji de 14,2 à 11,2 Ma) et du Siwalik moyen (formation Nagri de 11,2 à 9 Ma et formation Dhok Pathan de 9 Ma à 3,4 Ma).

Certaines espèces de ce genre pourraient être à l’origine des orang-outans modernes.

On distingue plusieurs espèces[1]:

  • Sivapithecus indicus qui date d'environ 13 à 10,5 millions d’années. L'espèce aiyengari correspond en réalité à indicus[1],[2]
  • Sivapithecus sivalensis dont les fossiles sont connus entre 9,5 à environ 7 millions d'années (formations Nagri et Dhok Pathan)
  • Sivapithecus lewisi L'espèce parvada de la formation Nagri (9,2 Ma), correspond en réalité à lewisi[1], c'est la plus grande des espèces et celle dont la denture antérieure ressemble le plus à celle de Pongo (l'orang outan actuel)[3].
  • Sivapithecus hysudricus, (Chinji Formation)[4]

En 1982, David Pilbeam a publié la description d'une découverte fossile importante - une grande partie de la face d'un sivapithèque avec sa mâchoire. Le spécimen présente beaucoup de ressemblances avec un crâne d'orang-outan, ce qui conforte la théorie déjà avancée par d'autres selon laquelle le genre Sivapithecus serait étroitement lié aux orangs-outans.

Ramapithèque[modifier | modifier le code]

Des spécimens des Siwaliks[5],[6] Siwalik, autrefois attribués au genre Ramapithecus (le ramapithèque), sont maintenant considérés par la plupart des chercheurs comme appartenant à une plusieurs espèces du genre Sivapithecus. Le ramapithèque n'est plus considéré comme un ancêtre potentiel des humains.

Le premier spécimen type, YPM 13799, Ramapithecus brevirostris, est un demi-maxillaire découvert en 1932. par G. Edward Lewis dans les piémonts himalayens indiens situés en Himachal Pradesh dans la région d' Haritalyangar[7]. Lewis montrait que le maxillaire était plus proche de celui du genre Homo qu'aucun de ceux des fossiles de singes connus jusqu'alors. Ce point de vue fut revu dans les années 1960 à la suite d'une reconstruction par symétrie et qui correspondait à la forme upsiloïde caractéristique des grands singes[8]. Il était alors accepté que la lignée humaine avait divergé de celle des grands singes il y a 14 millions d'années. Les études biochimiques ont revu ce point, suggérant que la lignée des ancêtres des orangs-outans s'était séparée très tôt de celle des chimpanzés, des gorilles et des humains.

Des fossiles plus complets de Ramapithecus furent découverts en 1975 et 1976, montrant qu'il était moins proche des humains que ce que l'on pensait auparavant. Il présentait au contraire de nombreuses similitudes avec Sivapithecus, et priorité fut donnée à ce nom qui était antérieur. Il se pourrait que les fossiles attribués à Ramapithecus correspondent à des femelles de Sivapithecus. Ils sont sans aucun doute membres du même genre. Il est également acquis qu'ils étaient déjà distincts de l'ancêtre commun des chimpanzés, des gorilles et des humains, même si aucun fossile de celui-ci n'a encore été mis au jour[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) Pickford M, Tiwari B.N., « Precisions concerning the distribution and identfification of Miocene hominoid from India », Revista Española de Paleontología, 25, (2),‎ , , 107-121. (ISSN 0213-6937, lire en ligne)
  2. (en) Kelley, « A new large species of Sivapithecus from the Siwaliks of Pakistan. , », Journal of Human Evolution, 17,‎ ,1988, p. 305–324.
  3. (en) Jay Kelley, Mohammad Anwar, Melanie A.Mc Collum, Steven C.Ward, « The anterior dentition of Sivapithecus parvada, with comments on the phylogenetic significance of incisor heteromorphy in Hominoidea », Journal of Human Evolution Volume 28, Issue 6,,‎ june 1995, pages 503-517, p. 503-517 (lire en ligne)
  4. (en) Pickford M, « Additions to the Dehm collection of Siwalik hominoids, Pakistan: descriptions and interpretations », Zitteliana, International Journal of Palaeontology and Geobiology,‎ , p. 111-125 (lire en ligne)
  5. « Siwaliks », sur Encyclopedia Universalis
  6. (de) « Siwaliks »
  7. (en) A.P Khatri, The early fossil hominids and the relative apes of Siwalik foothills in the Himalayas: recent discoveries and new interpretations. In Paleoanthropology: Morphology and Paleoecology, R.H. Tuttle (éd)., The Hague, De Gruyter, , p. 31-58
  8. (en) C. Vogel, Remarks on the reconstruction of the dental arcade of Ramapithecus. In Paleoanthropology: Morphology and Paleoecology, RH. Tuttle (éd)., The Hague, De Gruyter, , p. 87-98
  9. (en) Wu Rukang, John W Olsen, Paleoanthropology and Paleolithic Archaeology in the People's Republic of China, Left Coast Press, , p. 67

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Kelley, Jay. 2002. « The hominoid radiation in Asia ». In Hartwig, W. (ed.) The Primate Fossil Record, Cambridge University Press, p. 369–384.
  • Ann Gibbons, The first human, Doubleday, 2006

Articles connexes[modifier | modifier le code]