Tasciaca

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Tasciaca
Image illustrative de l’article Tasciaca
De haut en bas et de gauche à droite :
les ruines des Mazelles ;
le temple de Pouillé et une collection de fibules au musée archéologique.
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Loir-et-Cher
Protection Logo monument historique Classé MH (1840, ruines romaines des Mazelles)[1].
Coordonnées 47° 19′ 47″ nord, 1° 17′ 42″ est

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(Voir situation sur carte : France)
Tasciaca
Tasciaca

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(Voir situation sur carte : Loir-et-Cher)
Tasciaca
Tasciaca
Histoire
Époque IIe siècle

Tasciaca est une agglomération secondaire antique, caractérisée par un ensemble d'aménagements gallo-romains situés sur les communes de Thésée, Pouillé et Monthou-sur-Cher, de part et d’autre du Cher, dans le département français de Loir-et-Cher.

Le nom de Tasciaca apparaît sur la table de Peutinger, étape sur l’itinéraire d'Avaricum (Bourges) à Caesarodunum (Tours).

Le site comprend un fanum, un bassin au rôle peut-être religieux et deux puits, une trentaine de fours de potiers dont les productions de céramique se retrouvent dans plusieurs sites archéologiques en région Centre-Val de Loire, mais aussi d’autres aménagements à la fonction moins bien attestée comme des bâtiments aux multiples salles, plusieurs gués (même s'ils ne sont pas datables), peut-être deux appontements et un pont potentiel dans le lit du Cher. L'élément le plus connu du site est toutefois le complexe des Mazelles (ou Maselles), ensemble monumental de bâtiments sur la rive droite du Cher, peut-être lié à la navigation sur la rivière ou au trafic routier et dont le plus grand des édifices mesure plus de 40 mètres de long sur une vingtaine de large. D'autres vestiges mis au jour au début des années 2000 à l'ouest du site jusqu'alors identifié sur Thésée et Pouillé, dont peut-être un temple, montrent que Tasciaca semble en fait s'étendre à la commune voisine de Monthou-sur-Cher, vers l'aval, et s'étirer sur plus de deux kilomètres le long du Cher. Tout reste à découvrir du cœur de cette agglomération et de ses bâtiments publics.

L'agglomération, à la limite des civitates des Turons, des Carnutes et des Bituriges Cubes, semble se développer dès le début de notre ère ; elle est très active sous le Haut-Empire avec une importante production de céramique, de verrerie et d'objets métalliques avant de décliner à partir du IIIe siècle, sans toutefois être totalement délaissée sous les Mérovingiens.

Contexte géographique et historique[modifier | modifier le code]

Une vallée fluviatile entre deux coteaux calcaires[modifier | modifier le code]

Le site de Tasciaca est localisé dans la vallée du Cher, canalisé au XIXe siècle, et qui mesure à ce niveau environ 50 m de large. Cette vallée, composée d'alluvions quaternaires apportées par le Cher, entaille profondément le plateau calcaire (Turonien et époques postérieures) qui se développe à une altitude d'environ 80 m en limite nord de Thésée ainsi que vers Pouillé au sud, quand la vallée s'établit à 65 m au niveau du site archéologique de Pouillé et s'abaisse à 61 m à Monthou-sur-Cher[E 1].

Ces caractéristiques géologiques permettent de trouver sur place les matériaux utilisés dans l'Antiquité : sable dans la vallée, chaux et roches calcaires en partie inférieure des coteaux pour les constructions, argile de dégradation du calcaire sur les hauts flancs des coteaux pour la poterie.

Un site stratégique aux confins de plusieurs territoires[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs localisant une agglomération antique.
Tasciaca dans la civitas des Turones (en rouge).

Sous l'Empire romain, la navigation fluviale est un mode de transport privilégié ; elle est relayée et accompagnée par un réseau routier dont une part importante, dans les territoires gaulois, est héritée d'avant la conquête[2]. La vallée du Cher se trouve sur un axe important qui, depuis Lugdunum (Lyon) en passant par Bourges, permet d’atteindre les côtes de l'Océan atlantique et de la Manche[C 1].

Le site de Tasciaca s'étend sur les deux rives du Cher. Or, depuis le Moyen Âge, la rivière marque la limite des diocèses. À cette époque, les paroisses situées sur la rive droite du Cher relèvent du diocèse d'Orléans, celles de la rive gauche du diocèse de Tours. Ces diocèses reprennent généralement les limites des civitates de l'administration romaine dans l'Antiquité[3]. Dans cette hypothèse, la partie nord du site aurait appartenu à la civitas des Carnutes puis, plus tard, des Aureliani, alors que la partie sud aurait fait partie de la civitas des Turones. Pourtant, et bien que n'ayant aucune certitude à ce sujet, les chercheurs s'accordent pour intégrer volontiers l'ensemble du site de Tasciaca au territoire turon[Z 1],[4]. Quoi qu'il en soit, l'agglomération occupe à l'évidence une position géographique particulière, renforcée par la proximité de la limite territoriale du puissant peuple des Bituriges Cubes[C 2].

Les vestiges sont localisés dans la vallée, mais également à l'amorce des pentes des coteaux de rive, sur trois noyaux différents : Monthou-sur-Cher (le Moulin du Ru), Pouillé (les Bordes et la Soler) et Thésée (le Grand Cimetière et le bourg, se prolongeant vers l'ouest jusqu'aux Mazelles). Si certains secteurs de la vallée sont inondables au XXIe siècle, il semble que dans l'Antiquité ces terrains étaient moins sujets aux crues, le niveau moyen du Cher non canalisé étant alors plus bas[C 3].

Une étape sur la table de Peutinger[modifier | modifier le code]

Extrait d'une carte médiévale, copie d'un document antique.
Extrait de la table de Peutinger mentionnant Tasciaca.

La table de Peutinger est un parchemin médiéval, copie plusieurs fois actualisée d'un document antique, qui représente les principaux itinéraires de l'Empire romain et les étapes sur les trajets d'une ville à l'autre. Sur l'itinéraire d'Avaricum (Bourges) à Casaroduno (pour Caesarodunum, Tours), qui suit selon toute vraisemblance la vallée du Cher depuis Foëcy, la consonance des noms ainsi que les distances mentionnées, malgré des divergences d'interprétation pouvant provenir d'erreurs commises par les copistes de la table de Peutinger[C 4], permettent d'assimiler la station de Tasciaca à Thésée, la station située en amont et notée Gabris désignant très probablement Gièvres et/ou Chabris[5].

Pour l'historien Jean Martin-Demézil, le nom de Tasciaca pourrait provenir d'un toponyme gallo-romain et du suffixe -acum, l'ensemble étant décliné au pluriel[6]. Pour Albert Dauzat et Charles Rostaing, il faut y voir l'anthroponyme latin Tatius avec le même suffixe -acum[7].

Repères chronologiques[modifier | modifier le code]

Photographie en couleurs d'une monnaie représentant une tête couronnée de lauriers et vue de profil.
Statère de Philippe II de Macédoine, type ayant servi de base aux copies gauloises, dont celles trouvées à Thésée.

Une présence humaine au Néolithique est attestée par la présence de dolmens, menhirs et cromlechs à Thésée et Pouillé, mais ces mégalithes ont tous disparus au XXIe siècle[E 2]. En préalable à la construction de l'autoroute A 85, des fouilles préventives, en limite de Thésée et de Mareuil-sur-Cher ont révélé l'existence d'habitats néolithique et de l'âge du bronze[Z 2].

Le site lui-même n'a livré que de rares témoignages de son occupation avant la conquête romaine : il s'agit de quelques monnaies en or (imitations de statères romaines) et de tessons de céramiques ou d'amphores datables de La Tène[C 5].

Le début de la période augustéenne est mal documenté mais, dès les premières décennies du Ier siècle, le commerce et l'artisanat se développent de manière importante et simultanée sur l'ensemble du site, bien que les rapports entre les trois principaux pôles d'occupation (Monthou, Pouillé et Thésée) restent flous. Au siècle suivant, les zones artisanales de Pouillé prennent de l'extension et de nouvelles constructions y remplacent les anciennes, en même temps que les bâtiments des Mazelles sont édifiés. Aucun vestige de monument public n'ayant été découvert, il n'est pas possible de localiser le centre de cette agglomération[C 5].

Cette période de forte activité de Tasciaca prend fin au début du IIIe siècle, ce que semble indiquer le petit nombre d'indices archéologiques attribuables à cette époque, mais des populations représentant une élite sociale continuent de fréquenter le site qui n'est pas totalement délaissé ; certaines personnes frappent même leur monnaie[C 6]. Il n'est toutefois pas possible d'affirmer que l'ensemble des pôles actifs sous le Haut-Empire continuent à être habités comme il n'est pas possible de déterminer les causes de ce déclin général[C 7].

Photographie en couleurs d'un édifice religieux sous la neige.
L'église Saint-Georges.

Pendant le Haut Moyen Âge, Tasciaca continue d'être occupée, mais au seul profit du bourg de Thésée. La nécropole mérovingienne identifiée au niveau de l'église Saint-Georges, grâce à la présence de sarcophages en pierre, le montre. Une première église pourrait avoir été édifiée au Xe siècle au même emplacement ; une chapelle disparue, localisée un peu au nord de l'église, pourrait être plus ancienne[C 8]. La viticulture, dès cette époque, prend une place grandissante dans l'économie locale, se substituant aux activités manufacturières[C 6]. Les sites antiques de Pouillé (la Soler et les Bordes) ainsi que le secteur des Mazelles semblent désertés puisque aucune mention n'en est faite dans les sources médiévales ; le Moulin du Ru est par contre cité dans le livre terrier du prieuré de Monthou-sur-Cher au début du XVIe siècle[C 9].

En 1972, environ dix ans après les premières fouilles révélant la richesse du patrimoine antique local, le conseil municipal de Thésée demande à la préfecture du Loir-et-Cher l'autorisation de rebaptiser la commune « Thézée-la-Romaine » (sur le modèle de Vaison-la-Romaine). La préfecture refuse à la fois l'ajout du déterminant « -la-Romaine » et la substitution du « z » au « s »[8].

Aménagements du site[modifier | modifier le code]

L'ensemble des aménagements du site de Tasciaca connus en 2016 s'inscrit dans une bande de plus de 2,5 km de long sur la rive droite du Cher, dans la vallée entre la rivière et le coteau, et entre Thésée à l'est (le Grand Cimetière et le Bourg, les Mazelles) et Monthou-sur-Cher à l'ouest (le Moulin du Ru). Face à Thésée, sur la rive gauche du Cher, sur la commune de Pouillé, un autre secteur d'occupation est nettement identifié dans le lit majeur de la rivière (La Soler et les Bordes).

Carte représentant des zones de concentration de vestiges antiques dans un plan moderne.
Emprise connue du site de Tasciaca reportée sur un plan moderne[C 10].

Les voies de communication[modifier | modifier le code]

La voie fluviale, le franchissement du Cher et les aménagements de berge[modifier | modifier le code]

Photographie en couleurs de deux massifs de maçonnerie au milieu d'un cours d'eau.
Piles du moulin médiéval de Thésée.
Photographie en couleurs d'une zone empierrée au milieu de la végétation bordant une rivière.
Vestiges d'un gué potentiel sur la rive gauche du Cher.

Dans l'Antiquité, le Cher est probablement navigable de Vierzon jusqu'à Tours ; des vestiges de pirogue monoxyle sont d'ailleurs retrouvés sur plusieurs sites en amont, mais ce type d'indice fait défaut aux environs de Tasciaca. Il semble que le cours de la rivière, contrairement à de précédentes hypothèses, n'ait pas sensiblement varié depuis l'Antiquité[C 11].

L'existence d'un ouvrage de franchissement du Cher (pont ou gué) dans le secteur de Tasciaca est une hypothèse qui repose sur la nécessité de mettre en communication les sites occupés sur chacune des rives. Les deux piles d'un ancien moulin médiéval, dans le lit du Cher, semblent réutiliser des structures plus anciennes qui pourraient être celles d'un pont antique (piles en maçonnerie, tablier en bois) mais ceci reste une hypothèse en l'état actuel des connaissances. En outre, le caractère antique des gués qui ont été identifiés, grâce à des vestiges ou parce que la toponymie en a gardé des traces, ne peut être affirmé[C 12].

À faible profondeur dans le lit du Cher, près de la rive droite en aval des Mazelles, des vestiges assimilables à un quai empierré sont repérés sur une trentaine de mètres de long[9] ; une structure comparable est identifiée à l'ouest des ateliers de potiers sur la rive gauche (Pouillé), mais, là encore, il n'y a aucune certitude quant à sa fonction[C 13].

L'itinéraire terrestre Bourges-Tours[modifier | modifier le code]

Photographie en couleurs d'un chemin herbeux surélevé par rapport aux champs qui le bordent;
Ancien chemin de Montrichard à Pouillé.

La voie antique Bourges-Tours, mentionnée sur la table de Peutinger[E 3], n'a pas été formellement identifiée sur la rive droite du Cher au niveau du site, bien qu'elle soit attestée en d'autres lieux voisins (Chisseaux ou Nohant-en-Graçay)[E 4]. Toutefois, les observations collectées dans les années 2000 (vues aériennes, prospection électrique) suggère qu'une voie, non datée, longe le Cher sur sa rive droite, entre la rivière et la ligne de chemin de fer ; elle est localisée au niveau des Mazelles (couche de cailloutis dense reposant sur du sable jaune, limitée d'un côté par des pierres) et plus à l'ouest, sur le site du Moulin du Ru (traces fossiles sur des clichés photographiques) ; la prospection électrique révèle une structure linéaire entre ces deux points et dans leur prolongement. Un autre itinéraire, toujours sur la rive droite, chemine certainement par la crête du plateau, à l'abri des inondations ; des traces parallèles sur 2 km de long pourraient en être un vestige. Sur la rive gauche, un ancien chemin, parallèle au Cher, s'intercale très probablement entre la D 976 au nord et la D 17 au sud[C 14].

Cet ensemble d'observations permet d'envisager que l'itinéraire unique porté sur la table de Peutinger recouvre en réalité un ensemble de voies sur le terrain : l'itinéraire principal, utilisable en toutes saisons, suivrait ainsi la crête du coteau sur la rive droite ; dans le vallée, hors périodes de crues, il serait possible d'emprunter soit un chemin de rive droite, soit un chemin de rive gauche, celui-ci semblant plus spécialement destiné à la desserte des ateliers artisanaux de Pouillé[C 15].

Les autres voies terrestres[modifier | modifier le code]

La voirie secondaire desservant l'agglomération de Tasciaca est presque totalement inconnue. D'orientation sud-ouest nord-est, sensiblement parallèles et se dirigeant vers le Cher, seuls deux chemins sont mis en évidence à Pouillé, dans la zone des fours qu'ils semblent desservir ; le plus occidental longe le fanum par l'ouest. Ces voies, semble-t-il secondaires, paraissent bien structurer ce secteur et tous les bâtiments identifiés, sauf le temple, s'alignent sur elles[C 16] ; elles ne se raccordent pas de manière certaine, en l'état actuel des connaissances, à un réseau plus important[E 5]. Vers le nord, du côté du Cher, elles semblent se diriger vers l'une des structures identifiées comme un possible quai ou aménagement de berge[C 17].

Le complexe des « Mazelles »[modifier | modifier le code]

Description[modifier | modifier le code]

Plan d'un site antique
Plan du site des Mazelles (en pointillés, les structures attestées mais non mises au jour)[C 18].

Cet important ensemble est situé sur la rive droite du Cher, plus de 500 m à l'ouest des dernières maisons du village moderne de Thésée ; le site occupe l'extrémité sud d'un thalweg qui coupe le plateau et descend vers la vallée du Cher[C 19]. Les données archéologiques disponibles au XXIe siècle montrent un ensemble de quatre bâtiments (dont deux mitoyens pouvant être considérés comme une même structure) au sein d'une vaste esplanade de 1 400 m2 partiellement enclose par un mur dont seule une partie est préservée[C 20]. Cet ensemble est classé au titre des monuments historiques par la liste de 1840[1].

Le plus important des bâtiments, au nord, mesure plus de 48 m de longueur sur près de 20 m de largeur, l'élévation de ses murs étant localement conservée sur 5,50 m. Il se compose d'une vaste salle non cloisonnée flanquée au sud d'une galerie accompagnée de deux pavillons (40 × 19,40 m pour l'ensemble de ces constructions). Plusieurs portes y donnent accès et 24 fenêtres, majoritairement situées en partie haute des murs, l’éclairent. L'emplacement de ces fenêtres, à 4,70 m de hauteur, probablement juste sous la charpente, est difficile à expliquer. Composés de deux parements en petit appareil de moellons calcaires liés au mortier rose de tuileau et enserrant un noyau en blocage, ses murs mesurent de 0,50 à 0,80 m d'épaisseur. Leur architecture fait également appel à des lits de tuiles et à des assises dans lesquelles les moellons, moins larges, sont assemblés à l'oblique (opus spicatum). Les tuiles se retrouvent aussi dans les arcs en plein cintre, les chaînages d'angle ou en partie supérieure d'un alignement de trous de boulins. Les fondations des murs sont directement assises sur le calcaire du coteau qui affleure presque sur les côtés nord et ouest, alors qu'elles reposent sur les sables d'anciens lits du Cher qui tapissent l'extrémité du thalweg, à l'est et au sud[C 21]. Ce bâtiment fait l'objet d'une extension non datée vers l'est (8,50 × 14,70 m). La reprise de construction est bien visible sur le mur nord, côté extérieur : absence de ressaut à la base du mur, disposition différente des lits de terres cuites[C 22]. Rien n'a été découvert de sa charpente ni de sa toiture, mais une charpente à fermes en bois, même sur une portée de cette dimension, est techniquement réalisable[C 20].

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Les deux autres bâtiments sont situés dans la partie sud du site ; ils sont construits selon le même principe architectural. Le bâtiment du sud-ouest, composé d'une seule salle, mesure 11,50 × 9,60 m ; ses murs, arasés au niveau de la troisième assise d'élévation, ménagent peut-être une entrée vers l'ouest. Le bâtiment du sud-est, mesurant 30,60 × 17,80 m, est en réalité composé deux deux bâtiments juxtaposés. Celui du nord, à l'image du grand bâtiment des Mazelles, comporte sur sa face ouest deux pièces carrées probablement reliées par une galerie[E 6].

Le mur d'enceinte du site n’est que partiellement connu : son grand côté ouest mesure 82 m de long et il est percé d'une porte de 3,16 m de large équipée d'une forme de vestibule en avancée à l'intérieur de la cour. À partir l'angle nord-ouest de ce mur, le côté nord est conservé sur 18 m en direction du bâtiment des Maselles. Il est attesté mais non visible côté sud sur plusieurs dizaines de mètres sous l'emprise de la D 176 ainsi que, côté est, au droit du grand bâtiment[E 6].

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Datation et fonction[modifier | modifier le code]

Il a été trouvé sur le site peu de matériel archéologique, quelques tessons de poterie ou de tuiles et quelques rares monnaies, ce qui rend plus difficile la datation de l'ensemble mais le sol des bâtiments semble avoir été l'objet d’une récupération à différentes époques dont récemment, dans les années 1960[C 21]. Il a même été suggéré, ce qui semble de moins en moins plausible, que le chantier de construction, qui s'est déroulé en plusieurs étapes, avait pu être abandonné prématurément[E 7]. Dans ces conditions, la datation des Mazelles repose sur des hypothèses fragiles liées au style architectural ; il est toutefois avancé, et les indices récemment trouvés confortent cette hypothèse, que la construction a pu commencer dès le début du IIe siècle et connaître une nette accélération sous le règne d'Hadrien dans le cadre d'un vaste programme de construction dans les Gaules voulu par l'empereur[E 8],[C 23]. Une datation plus tardive avait initialement proposée lorsque les érudits pensaient que l'inclusion de lits de terres cuites dans les maçonneries n'était apparue que sous le Bas-Empire romain[C 23].

Les moellons de calcaire utilisés pour la construction du grand bâtiment nord et des édifices sud-est semblent avoir été extraits d'une carrière située au nord-est du site. Des prélèvements effectués sur le bâtiment sud-ouest indiquent que la pierre a probablement été extraite d'un secteur différent dans la même carrière et suggèrent que cet édifice est plus ancien que les autres. Plusieurs types de mortiers de liaison sont également identifiés, permettant d'établir l'existence de plusieurs étapes de construction de l'ensemble, ainsi que d'établir une chronologie relative des ces phases de construction[C 21].

La vocation de cet ensemble n'est pas certaine. Il a parfois été assimilé à une villa dont le grand bâtiment nord constituerait la partie résidentielle (pars urbana), à un castrum (peu vraisemblable en raison de la faible épaisseur des murs) ou à une basilique civile. Une autre possibilité, récemment émise, fait du site des Mazelles un chai viticole, dont le plan semble s'apparenter à celui de constructions analogues à Sainte-Colombe, Cognac ou Port-des-Barques et dont la fonction est bien attestée, mais aucun élément (mobilier, aménagement) ne permet de corroborer cette hypothèse[C 23] même si la viticulture est attestée dans ce secteur à l'époque antique[Z 3]. Une fonction administrative n'est pas non plus à exclure[E 8],[C 24]. L'hypothèse qui est toutefois la plus vraisemblable est celle d'un établissement lié à la circulation et au commerce sur la voie Bourges-Tours (peut-être une mansio) ou au trafic fluvial sur le Cher[E 8] ; dans cette hypothèse, le bâtiment principal constituerait un entrepôt ou un bâtiment public à fonctions multiples, les structures les plus petites étant soit des bâtiments de service comme des écuries, soit des hôtelleries permettant de loger les voyageurs[E 8],[C 24].

Le sanctuaire[modifier | modifier le code]

Plan des vestiges d'un temple antique.
Plan simplifié du fanum.
  • S1 : sanctuaire primitif
  • A : autel (?)
  • C : cella
  • P : péribole
  • V : vestige de construction non définie
  • Ca : chemin antique
  • I : inscription lapidaire

Restitution de l'inscription dédicatoire trouvée dans le temple :


Élément 1 :
CAES
MPII

Élément 2 (assemblage de 10 fragments différents) :
AVG . GER
AE . FLUME
V . S . L . M.EX
DI. VITAE
NIS. PERICVL
VS. VIRTICOMBO
FIL

Un petit fanum est découvert en 1975 dans la partie sud du site, sur la rive gauche du Cher[10]. Longé au nord-ouest par un chemin antique (Ca) qui se dirige vers le Cher, il se présente sous la forme d'une cella (C) de forme carrée de 6,45 m de côté, probablement dépourvue de galerie périphérique. Ses murs, mesurant 0,50 m d'épaisseur, sont revêtus de petit appareil calcaire régulier sur leur face externe ; une porte s'ouvre vers le sud-est. Cette cella, flanquée au nord d'une autre construction (A), peut-être un autel ou une table d'offrandes et à l'ouest d'un autre édicule très dégradé (V), s'inscrit dans un péribole (P) dont la forme irrégulière semble avoir été dictée par la présence d'une voie qui longe le temple à l'ouest ; la construction du mur de ce péribole est beaucoup moins soignée que celle du sanctuaire proprement dit[E 9].

Une inscription lapidaire (I), trouvée dans la cella de ce sanctuaire, est peut-être une dédicace à un empereur romain, Domitien ou Trajan[L 1]. Selon la restitution et l'interprétation qui en sont faites, un personnage portant un nom latin remercierait l'empereur au nom de son père, dont le nom serait gaulois et qui aurait échappé à un danger lié au fleuve, le mot flume pouvant constituer une référence au Cher[11],[C 25].

Une construction sur plan carré (murs de pierres sèches et poteaux en bois aux angles), peut-être un premier état du sanctuaire (S1), a été mise en évidence sous la cella du fanum. Il est possible de proposer la chronologie suivante pour la construction de ce sanctuaire, basée sur la nature des pierres et la composition des mortiers utilisés dans les maçonneries[C 26] :

  1. construction du sanctuaire primitif ;
  2. édification de la cella du fanum gallo-romain, venant coffrer le sanctuaire primitif ;
  3. établissement d'un sol de circulation autour de la cella ;
  4. construction du mur du péribole ;
  5. construction de l'autel contre le mur nord de la cella.

Les phases 2 à 4 ont pu se succéder rapidement dans le cours du second quart du Ier siècle[E 10] et la cinquième est potentiellement contemporaine de l'édification du grand bâtiment des Mazelles, comme il ressort de l'étude des moellons qui composent l'autel[C 26].

De l'autre côté d'une route moderne, au sud du temple, existe un bassin de 6,00 × 4,75 m ; deux niches pratiquées dans l'épaisseur de ses murs et sa faible capacité — son eau n'avait donc probablement pas une fonction utilitaire — suggèrent qu'il pourrait être rattaché au fanum avec lequel il constituerait, selon Claude Bourgeois, un sanctuaire « de l'eau guérisseuse », mais les sources utilisées pour son remplissage ne sont pas connues[E 11] ; cette fonction votive du sanctuaire est par ailleurs renforcée par la découverte d'un riche mobilier à proximité, plaquettes représentant des poissons ou deux ex-voto en forme d'yeux[9]. Pourtant, cette fonction votive ne fait pas l’unanimité, temple, bassin et mobilier n'étant pas obligatoirement liés[12].

Un puits circulaire d'un diamètre d'environ 0.80 m est creusé à une vingtaine de mètres au nord du fanum. Profond d'un peu plus de 4 m, sa margelle a disparu mais son cuvelage en pierres sèches est parfaitement conservé. Son caractère votif ne peut être affirmé[E 12]. Un autre puits, aux caractéristiques assez similaires bien que d'un diamètre inférieur, est creusé plus au nord, dans la zone des fours[C 16].

En raison de ses petites dimensions, il est peu probable qu'il s'agisse d'un groupe cultuel public destiné aux populations avoisinantes, comme cela a pu être envisagé[13],[L 2]. Un sanctuaire à l'usage de l'une des corporations d'artisans opérant sur le site est plus probable[C 26].

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Les activités artisanales[modifier | modifier le code]

Poterie et céramique[modifier | modifier le code]

Coupe stylisée d'un four à briques antique.
Schéma simplifié d'un four de potier antique de type « à sole ».
Vue de poteries en céramiques rassemblées dans un musée.
Productions de céramiques des ateliers de Thésée (musée de Thésée).

Le site de Tasciaca a développé une importante activité de poterie (céramique et amphores vinaires), comme en témoigne la trentaine de fours de potiers retrouvés sur les deux rives du Cher, avec toutefois une concentration plus importante sur la rive gauche (la Soler puis les Bordes, de construction plus tardive), au regard des données disponibles[14]. Tous ces fours sont du type à sole, dans lequel les poteries à cuire sont disposées sur une sole de cuisson chauffée par-dessous. Une voûte en maçonnerie recouvre le four ; elle est détruite après la chauffe pour permettre de récupérer les poteries cuites puis reconstruite pour la chauffe suivante, si l'état général du four ne justifie pas son abandon[15] ; la durée limitée d'exploitation de ces fours peut expliquer en partie leur nombre important à Tasciaca[16].

Ayant fonctionné sur une période de 100 à 150 ans, les fours utilisaient des ressources locales : argile extraite à proximité, eau du Cher et combustible prélevé dans les bois de Pouillé[17]. Les productions de céramique commune du site de Tasciaca semblaient avoir eu une distribution assez locale lorsque les fouilles ont été faites dans les années 1970 mais la découverte en 2005 de tessons de poteries sur le site de la pile de Cinq-Mars[18], à 64 km à l'ouest de Thésée à « vol d'oiseau », vient tempérer cette appréciation ; les céramiques en provenance des ateliers de Tasciaca paraissent être distribuées dans les vallées du Cher et de la Loire, notamment en aval du site de production[19]. Thésée se livrait aussi à la revente de céramique sigillée « de luxe » en provenance d'autres sites de production, comme La Graufesenque[20].

Verrerie[modifier | modifier le code]

Les fouilles anciennes du secteur artisanal de Pouillé et les prospections plus récentes sur le pôle de Thésée montrent une production d'objets en verre datables des trois premiers siècles de notre ère, ce qui indiquerait la présence d'ateliers de verriers sur ces deux sites. Il s'agit principalement d'ustensiles lié au service de table (coupes, bols, gobelets, bouteilles et vases). Quelques bijoux en verre, perles et bagues, sont également présents. En outre, à Thésée, des fragments d'un four associés à déchets de verre fondu semblent indiquer l'existence d'un atelier de verrier[C 27].

Métallurgie[modifier | modifier le code]

Photographie en couleurs de couteaux et serpes en métal.
Outils agricoles (musée de Thésée).

Des activités de forge sont également attestées par la présence d'importants déchets métalliques — certains blocs de scories pèsent 2 kg —[14], même si aucun gisement de fer n'est signalé dans les environs et qu'aucun équipement de forge n'est formellement identifié. Les outils manufacturés sont principalement des fibules, mais également des outils de soin corporel (spatules, pince à épiler, cure-oreille), des outils agricoles (serpettes) ou des pièces de harnachement ; il s'agit de productions locales ou de pièces « d'importation » (Aquitaine, Bourgogne, Suisse, Germanie)[C 28].

Des aménagements à la fonction mal définie[modifier | modifier le code]

Pouillé[modifier | modifier le code]

Photographie en couleurs de vestiges de murs arasés au niveau du sol.
Vestiges de bâtiments à la fonction indéfinie (Pouillé).
Photographie en couleurs d'une figurine en pierre.
Statuette en calcaire (musée de Thésée).

Sur la rive gauche du Cher, outre le sanctuaire (fanum, bassin et peut-être puits) et les fours de potiers, se trouve un vaste ensemble de murs identifiés en 1973. Ils bordent la voie antique et la superficie connue de tout cet ensemble est d'environ 6 ha. Les deux principaux édifices de ce complexe sont des bâtiments rectangulaires mesurent 48,10 × 14,80 et 29 × 12 m ; contigus par l'un de leurs plus grands côtés, ils comportent des cloisons et sont pourvus de caves en sous-sol qui ont livré de nombreux objets probablement votifs, dont une statuette en calcaire représentant un pâtre qui tient dans sa main une flûte de Pan[C 17]. Leurs grandes dimensions (comme les bâtiments d'une villa, leur présence près de la zone des fours (comme des entrepôts) et la présence d'objets votifs dans leurs caves (comme des édifices dont au moins une partie a une vocation cultuelle) sont autant d'éléments apparemment non concordants qui ne permettent pas de leur attribuer une affectation précise[C 29].

Sous le sol de ces bâtiments se trouvent les vestiges de constructions plus anciennes, orientées de manière identique, dont la nature précise et la fonction sont inconnues, mais de nombreux fragments de poteries gauloises sont retrouvées dans cette strate. L'examen de clichés aériens révèle également la présence d'autres structures, dont les vestiges semblent très dégradés, de part et d'autre des bâtiments déjà fouillés dans les années 1960 et 1970[C 30].

Thésée[modifier | modifier le code]

L'accès à d'éventuels vestiges antiques dans le bourg de Thésée lui-même se heurte aux habituels obstacles de l'archéologie urbaine : vestiges potentiels enfouis sous de multiples strates anthropiques plus récentes, zones de fouilles de faible surface résultant souvent d'opportunités, délai très court pour leur examen[C 18],[21]. C'est ainsi que des vestiges de constructions gallo-romaines, qui n'ont pu être caractérisés, sont signalés dans le bourg. Les recherches récentes ont mis en évidence la présence d'un important mobilier (terres cuites architecturales, tessons de poterie, pâte de verre)[C 31].

Monthou-sur-Cher[modifier | modifier le code]

Photographie en couleurs d'une vaste friche à l'herbe rase.
Le site du Moulin du Ru à Monthou-sur-Cher.

Sur la commune de Monthou-sur-Cher, au lieu-dit le Moulin du Ru, Louis de La Saussaye signale, après des fouilles réalisées entre 1830 et 1840, tout un ensemble de structures qu'il attribue « à une localité de quelque importance » ou à « la villa d'un habitant de l'antique Thésée »[C 23]. La construction de la route royale de Tours à Vierzon, devenue la D 976 (1834), celle de la ligne de chemin de fer de Vierzon à Saint-Pierre-des-Corps (1869) et le relèvement général du sol dans le secteur pour prévenir les effets des crues (fin du XIXe siècle) remodèlent fortement le site. Les anciens apports de limons par les crues, les remembrements ainsi que le creusement puis le comblement d'un bassin de pisciculture ont contribué à bouleverser les sols de ce secteur, qui est de plus largement boisé à l'époque contemporaine. C'est le programme initié en 2003 qui met en évidence trois ensembles de structures — aucun vestige n'en est visible au sol — sur une superficie totale d'environ 13 ha[C 32]. Le premier, difficilement lisible, pourrait correspondre à plusieurs bâtiments juxtaposés ou un seul compartimenté. Au nord de cet ensemble deux traces linéaires parallèles suggèrent la présence d'une voie, peut-être Bourges-Tours[C 33]. Le second ensemble montre un grand bâtiment cloisonné d'au moins 100 × 30 m dont l'une des pièces était peut-être le foyer de thermes. Le troisième et dernier ensemble pourrait correspondre à l'emprise d'un fanum[C 34]. Un important mobilier (céramique, verre, objets métalliques) est retrouvé sur l'ensemble du site ; ces objets sont datés de l'époque gauloise jusqu'au début du IVe siècle[C 35]. Enfin, de grands blocs de mortier (briques concassées et ciment de liaison) en remploi dans des constructions modernes peuvent être d'origine antique[C 36]. L'ensemble de ces vestiges pourrait correspondre à un hameau situé entre la voie romaine et le Cher, bien que les bâtiments ne semblent pas orientés sur la voie, comme c'est généralement le cas[C 37]. La présence du possible quai antique, entre le Moulin du Ru et les Mazelles, établit une continuité géographique de l'occupation de ce secteur[9].

Des équipements publics à découvrir[modifier | modifier le code]

En l'état des connaissances disponibles au XXIe siècle, aucun bâtiment ou aménagement à usage public (forum, thermes, grand temple public, dispositif d'alimentation en eau), n'a été identifié sur le site de Tasciaca, même si la qualité de la maçonnerie de l'ensemble des Mazelles pourrait faire entrer ces bâtiments dans ce corpus[C 5]. L'existence d'une nécropole pose également question : des sépultures isolées sont découvertes, sans indice d'une concentration en un lieu donné[C 38]. Le cœur de cette agglomération secondaire, qui regrouperait un ou plusieurs de ces monuments, reste à localiser, s'il existe[C 6]. Il est possible qu'il se soit trouvé sous le village actuel de Thésée, où se rencontre la plus forte concentration de vestiges et de mobilier sur la rive droite, et que seule l'absence de fouilles d'ampleur dans ce secteur soit responsable de cette lacune dans la connaissance topographique du site antique. Le fait que, parmi les pôles actifs sous l'Antiquité, seul celui de Thésée ait survécu et se soit développé donne également du sens à cette hypothèse mais aucun indice ne vient la confirmer.

Fonctions de l'agglomération secondaire[modifier | modifier le code]

La mention de Tasciaca sur la table de Peutinger, la destination possible du complexe des Mazelles — même si ce point fait encore débat — et les pièces de mobilier retrouvées, notamment à Pouillé (hipposandales, mors, pièces de harnais) militent pour attribuer à cette agglomération un rôle à préciser (commercial, administratif, politique), mais pressenti comme important, sur la voie antique de Bourges à Tours et aux limites de trois civitates[E 8].

Tasciaca est également, au moins entre la seconde moitié du Ier siècle et le début du IIIe siècle, un pôle important de production de céramique, de verrerie et de métallurgie. L'agglomération est également le siège d'un commerce important le long du Cher, pour les produits de Tasciaca, poterie entre autres, mais aussi les productions d'autres sites (Lyon, La Graufesenque.

L'environnement de Tasciaca dans l'Antiquité[modifier | modifier le code]

Les vestiges de Tasciaca ne sont pas les seules preuves de la présence humaine dans cette partie de la vallée du Cher dans l'Antiquité. Même si les signalements, en majorité du milieu du XIXe siècle, doivent être interprétés avec prudence, ils témoignent d'une occupation dense de la vallée. À Saint-Romain-sur-Cher, à 4 km en amont de Thésée, sur la même rive du Cher, un village-rue est occupé au moins depuis Auguste jusqu'à la fin du IIe siècle avec plus de dix bâtiments et un balnéaire, des ateliers artisanaux et peut-être un mausolée, organisés de part et d'autre d'une voie[C 39]. Dans le bourg de Pouillé, au sud du pôle artisanal de Tasciaca, un aqueduc, des sépultures et des vestiges de constructions enfouies sont signalées au XIXe siècle[C 40]. À l'ouest de Pouillé, à Angé et Bourré, une occupation antique est certaine (villa et/ou nécropole, possible temple). En amont de Pouillé, à Mareuil-sur-Cher, des auteurs du XIXe siècle attribuent des vestiges de balnéaire privé à une grande villa, peut-être accompagnée d'une nécropole[C 41].

Recherches et études[modifier | modifier le code]

Toutes les recherches menées sur le site de Tasciaca jusqu'au XXIe siècle sont partielles, limitées à un secteur bien précis du site, différentes dans l'objectif qu'elles se proposent d'atteindre comme dans les techniques d'investigation mises en œuvre. La perception globale de l'agglomération antique, dans son organisation spatiale, son histoire et ses fonctions s'en trouve d'autant compliquée.

XVIIIe et XIXe siècles : premières mentions et travaux des érudits[modifier | modifier le code]

Dès 1741, le géographe Jean-Baptiste Bourguignon d'Anville voit dans l'agglomération de Thésée la Tasciaca de la table de Peutinger[C 4].

Dessin en noir et blanc de bâtiments antiques ruinés.
Les ruines romaines des Mazelles, dessinées par Charles Roach Smith en 1854[22].

Les vestiges des Mazelles (les seuls alors connus) suscitent l'intérêt des érudits français ou étrangers comme Charles Roach Smith (en) dès la première moitié du XIXe siècle, dans un contexte national très favorable à l'archéologie[Note 1]. Les ruines sont d'ailleurs classées dans la liste des monuments historiques de 1840. Des investigations sont menées, des plans des Mazelles publiés et des hypothèses variées sur la destination de ces bâtiments sont formulées par Arcisse de Caumont[23] et Louis de La Saussaye puis, plus tard, par Albert Grenier[24]. Pourtant, jusqu'à la fin des années 1950, aucune opération de fouille méthodique n'est entreprise sur ce qui est alors appelé le « site de Thésée »[C 42].

Du mobilier est récolté sur la rive gauche du Cher à l'occasion de prospections de surface effectuées sans coordination ; ces trouvailles ne débouchent pas alors sur l'identification claire d'un site antique à étudier dans ce secteur. De même, des investigations menées à Monthou-sur-Cher dans les années 1830 permettent d'identifier des structures antiques dont la fonction n'est pas précisée[C 23].

XXe siècle : découverte progressive du site[modifier | modifier le code]

icône image Image externe
Les fouilles des Mazelles en 1963 sur le site des archives départementales de Loir-et-Cher.

C'est en 1961 que, sous la conduite de Georges Gaume, ingénieur habitant à Thésée appuyé par la préhistorien André Högström,, les Mazelles sont dégagées de la végétation et les bâtiments sud-est fouillés. Dans le même temps, les premières structures sont mises au jour à Pouillé, sur la rive gauche du Cher[C 43], bien qu'elles aient été signalées dès 1842. En 1966, Maurice Druon achète les parcelles recelant des vestiges pour les préserver des risques de spéculation immobilière et afin que les archéologues puissent s'y livrer à des investigations ; il les revend dix ans plus tard au conseil général de Loir-et-Cher pour le franc symbolique[25].

Photographie de poteries antiques exposées derrière une virine.
Une vitrine du musée archéologique de Thésée en 2013.

Après une interruption de quelques années, les fouilles reprennent jusqu'en 1980, sous la direction de Claude Bourgeois, au nord mais surtout au sud du Cher où le temple est mis au jour. Les publications font dès lors état du « site de Thésée-Pouillé ». Ces programmes de fouilles s'accompagnent de prospections visant à recueillir le mobilier de surface. En 1983, année de l'arrêt des opérations après la mort de Georges Gaume, une exposition au château de Blois est consacrée à Tasciaca et aux études dont la cité a fait l'objet. Le catalogue de l'exposition[E 13] est un ouvrage qui fait toujours référence en la matière[C 44].

Le musée archéologique de Thésée, mettant en valeur de nombreux objets issus des fouilles et retraçant l’histoire du site, est ouvert entre 1985 et 1987 ; en 2002, il obtient l'appellation « musée de France »[26]. Une synthèse des connaissances est publiée en 1999 dans un numéro spécial de la Revue archéologique du Centre de la France[L 3]. Il n'y a dès lors plus d'avancée sensible dans la compréhension du site de Tasciaca jusqu'au début du XXIe siècle.

XXIe siècle : programme collectif interdisciplinaire de recherches[modifier | modifier le code]

Un nouveau programme de recherches, initié en 2003 et achevé en 2007, associe études documentaires (bibliographie et archives de clichés aériens de l'IGN), prospections aérienne et au sol, étude du mobilier et du bâti. Ses résultats conduisent à considérer que l'emprise de Tasciaca s'étend sur 2,5 km le long du Cher, sur trois communes, justifiant l'appellation « site de Thésée-Pouillé-Monthou-sur-Cher ». Ce programme permet également de mieux cerner les activités exercées dans l'agglomération secondaire, à défaut de progresser sur certains points, comme la destination réelle du complexe des Mazelles. Ce programme devait initialement accompagner une restructuration du musée de Thésée, en définitive abandonnée[C 45]. Les conclusions de cette étude sont publiées en 2016 dans un copieux chapitre d'un numéro spécial de la Revue archéologique du Centre de la France.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Publications spécifiquement consacrées à Tasciaca[modifier | modifier le code]

  • Ouvrage collectif, Fouilles et méthodes archéologiques en Loir-et-Cher : Thésée-la-Romaine et Pouillé, château de Blois, 4 décembre 1982-20 janvier 1983, exposition réalisée avec le concours de l'Université de Paris-Sorbonne, Blois, Conservation du château et des musées de Blois, , 136 p. 
  • Jacqueline Cadalen-Lesieur, « Thésée-Pouillé (Loir-et-Cher), l'agglomération antique », dans Élizabeth Zadora-Rio (dir.), Atlas Archéologique de Touraine : 53e supplément à la Revue archéologique du Centre de la France, Tours, FERACF, (lire en ligne [PDF]).
  • Jacqueline Cadalen-Lesieur (dir.), « Nouvelle approche de l'agglomération antique de Tasciaca (Thésée, Pouillé, Monthou-sur-Cher, Loir-et-Cher) », dans Christian Cribellier (dir.), Agglomérations secondaires antiques en région Centre-Val de Loire (Volume 4) : 64e supplément à la Revue archéologique du Centre de la France, Tours, FERACF, , 164 p. (ISBN 978-2-9132-7250-7), p. 9-99. 
  • Élisabeth Latrémolière, « Thésée-Pouillé (Loir-et-Cher) », dans Michel-Édouard Bellet, Christian Cribellier et Alain Ferdière (dir.), Agglomérations secondaires antiques en région Centre (Volume 1) : 17e supplément à la Revue archéologique du Centre de la France, Tours, FERACF, (lire en ligne), p. 179-186.

Publications consacrées à l'archéologie et l'histoire antique[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Céramique sigillée

Lien externe[modifier | modifier le code]

Le site internet de Tasciaca, site archéologique

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Après la campagne d'Égypte menée par Bonaparte entre 1798 et 1801, l'intérêt pour les antiquités égyptiennes mais aussi romaines avait conduit à la création de nombreuses sociétés savantes dans le domaine de l'archéologie.

Références[modifier | modifier le code]

  • Fouilles et méthodes archéologiques en Loir-et-Cher, Thésée-le-Romaine et Pouillé…, Conservation du château et des musées de Blois, 1982 :
  1. Danielle Magnan, Géographie physique, p. 28.
  2. Danielle Magnan, Le site de Tasciaca, p. 27.
  3. Danielle Magnan, Les voies antiques et anciennes, p. 37.
  4. Danielle Magnan, Les voies antiques et anciennes, p. 39.
  5. Claude Bourgeois, Le bassin, le puits et les deux voies, p. 69.
  6. a et b collectif, L'ensemble des Maselles, p. 53-55.
  7. collectif, L'ensemble des Maselles, p. 55.
  8. a b c d et e collectif, L'ensemble des Maselles, p. 56.
  9. Claude Bourgeois, Le sanctuaire, p. 62-63.
  10. Claude Bourgeois, Le sanctuaire, p. 66.
  11. Claude Bourgeois, Le bassin, le puits et les deux voies, p. 67.
  12. Claude Bourgeois, Le sanctuaire, p. 68.
  13. collectif, 1999.
  • Thésée-Pouillé (Loir-et-Cher), FERACF, 1999 :
  • Nouvelle approche de l'agglomération antique de Tasciaca, FERACF, 2016 :
  1. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Les voies de communication, p. 42.
  2. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Contexte historique, p. 13-14.
  3. Jacqueline Cadalen-Lesieur, L'emprise de Tasciaca, p. 83.
  4. a et b Jacqueline Cadalen-Lesieur, Les voies de communication, p. 47.
  5. a b et c Jacqueline Cadalen-Lesieur, Conclusion, p. 90.
  6. a b et c Jacqueline Cadalen-Lesieur, Conclusion, p. 91.
  7. Jacqueline Cadalen-Lesieur, L'Antiquité tardive, p. 78.
  8. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Le Haut Moyen Âge, p. 79.
  9. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Le Haut Moyen-Âge, p. 79-80.
  10. Jacqueline Cadalen-Lesieur, L'emprise de Tasciaca, p. 82.
  11. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Les voies de communication, p. 42-43.
  12. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Les voies de communication, p. 46-47.
  13. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Les voies de communication, p. 46.
  14. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Les voies de communication, p. 47-52.
  15. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Les voies de communication, p. 52.
  16. a et b Jacqueline Cadalen-Lesieur, Tasciaca durant le Haut-Empire, p. 77.
  17. a et b Jacqueline Cadalen-Lesieur, Tasciaca durant le Haut-Empire, p. 74.
  18. a et b Jacqueline Cadalen-Lesieur, Tasciaca durant le Haut-Empire, p. 55.
  19. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Tasciaca durant le Haut-Empire, p. 54-55.
  20. a et b Jacqueline Cadalen-Lesieur, Tasciaca durant le Haut-Empire, p. 61.
  21. a b et c Jacqueline Cadalen-Lesieur, Tasciaca durant le Haut-Empire, p. 57.
  22. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Tasciaca durant le Haut-Empire, p. 58.
  23. a b c d et e Jacqueline Cadalen-Lesieur, Tasciaca durant le Haut-Empire, p. 63.
  24. a et b Jacqueline Cadalen-Lesieur, Tasciaca durant le Haut-Empire, p. 62.
  25. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Tasciaca durant le Haut-Empire, p. 75.
  26. a b et c Jacqueline Cadalen-Lesieur, Tasciaca durant le Haut-Empire, p. 76.
  27. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Le mobilier en verre, p. 36-38.
  28. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Le mobilier métallique, p. 38-41.
  29. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Tasciaca durant le Haut-Empire, p. 70.
  30. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Tasciaca durant le Haut-Empire, p. 70-71.
  31. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Tasciaca durant le Haut-Empire, p. 52-54.
  32. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Tasciaca durant le Haut-Empire, p. 64.
  33. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Tasciaca durant le Haut-Empire, p. 64-65.
  34. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Tasciaca durant le Haut-Empire, p. 65-66.
  35. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Tasciaca durant le Haut-Empire, p. 66-67.
  36. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Tasciaca durant le Haut-Empire, p. 66.
  37. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Tasciaca durant le Haut-Empire, p. 67.
  38. Jacqueline Cadalen-Lesieur, L'emprise de Tasciaca, p. 85.
  39. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Le site de Tasciaca et son territoire durant la période romaine, p. 80.
  40. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Le site de Tasciaca et son territoire durant la période romaine, p. 80-81.
  41. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Le site de Tasciaca et son territoire durant la période romaine, p. 81.
  42. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Histoire de la recherche, p. 14.
  43. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Histoire de la recherche, p. 14-15.
  44. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Introduction, p. 11.
  45. Jacqueline Cadalen-Lesieur, Introduction, p. 11-12.
  • Atlas archéologique de Touraine, FERACF, 2014 :
  1. Jacques Seigne, « L'architecture monumentale gallo-romaine » [lire en ligne (page consultée le 06/08/2019)] [PDF].
  2. Thibaud Guiot, « Les grandes opérations d’archéologie préventive : l’exemple de l’autoroute A85, de Saint-Romain-sur-Cher à Druye) » [lire en ligne (page consultée le 06/08/2019)] [PDF].
  3. Alain Ferdière, « La viticulture gallo-romaine » [lire en ligne (page consultée le 06/08/2019)] [PDF].
  • Autres références
  1. a et b Notice no PA00098619, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Georges Gaume, « L'énigme de la voie romaine Tours-Bourges », Revue archéologique du Centre de la France, t. XI, nos 3-4,‎ , p. 204 (DOI 10.3406/racf.1972.1800).
  3. Stephan Fichtl, Les peuples gaulois, IIIe – Ier siècle av. J.-C., Paris, Errance, , 180 p. (ISBN 2-87772-290-2), p. 49-55.
  4. Christèle Hervé, Sandrine Riquier et Murielle Troubady, « Les agglomérations secondaires de la civitas Turonorum », dans Christian Cribellier et Alain Ferdière (dir.), Agglomérations secondaires en région Centre (Vol. 2) : supplément à la Revue archéologique du Centre de la France no 42, Tours, FERACF, , 187 p. (ISBN 978-2-9132-7227-9), p. 70.
  5. Alain Ferdière, « La Carte de Peutinger et la Touraine », dans Élizabeth Zadora-Rio (dir.), Atlas Archéologique de Touraine : 53e Supplément à la Revue Archéologique du Centre de la France, Tours, FERACF, (lire en ligne [PDF]), p. 2.
  6. « De Tasciaca à Thésée », sur le site de Tasciaca (consulté le 14 juillet 2019).
  7. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Paris, Guénégaud, , 738 et XXIV p. (ISBN 2-8502-3076-6), p. 668.
  8. Stéphane Gendron, Les noms de lieux du Centre, Paris, C. Bonneton, , 232 p. (ISBN 978-2-8625-3226-4), p. 104.
  9. a b et c Cadalen-Lesieur 2014, p. 2.
  10. Claude Bourgeois, « Poursuite des Fouilles de Thésée et Pouillé », Revue archéologique du Centre de la France, t. XV, nos 1-2,‎ , p. 99 (DOI 10.3406/racf.1976.2024).
  11. Claude Bourgeois, « Poursuite des Fouilles de Thésée et Pouillé », Revue archéologique du Centre de la France, nos 1 et 2,‎ , p. 105 (DOI 10.3406/racf.1976.2024).
  12. Émilie Roux, Approche qualitative et quantitative de l'usage du mobilier non céramique dans les agglomérations (IIe s. av. J.-C. - IIIe s. apr. J.-C.) : l'exemple des territoires turon, biturige et carnute : thèse de doctorat en archéologie / préhistoire, vol. I, II et III, Tours, Université François-Rabelais, , 375, 344 et 65 p., p. 162 (Vol. I).
  13. Provost 1995, p. 102.
  14. a et b Cadalen-Lesieur 2014, p. 1.
  15. Coulon 2006, p. 129.
  16. collectif, Le site archéologique de Thésée-Pouillé. Les fours de potiers de Tasciaca, Thésée, Les amis du musée de Thésée-Pouillé, , 17 p., p. 12.
  17. collectif, Le site archéologique de Thésée-Pouillé. Les fours de potiers de Tasciaca, Thésée, Les amis du musée de Thésée-Pouillé, , 17 p., p. 8.
  18. Emmanuel Marot et Olivier Marlet, Cinq-Mars-La-Pile (Indre-et-Loire). La fouille des abords de la Pile : rapport de fouilles du 27 juin au 31 juillet 2005, Tours, Conseil général d'Indre-et-Loire, Service archéologique départemental, Université François Rabelais, UMR 6173 CITERES, Laboratoire "Archéologie et Territoires", , 178 p., p. 40.
  19. Chimier 2014, p. 1.
  20. collectif, Le site archéologique de Thésée-Pouillé. Les fours de potiers de Tasciaca, Thésée, Les amis du musée de Thésée-Pouillé, , 17 p., p. 14.
  21. (de) Henri Galinié, « L'archéologie urbaine française face à des choix, Actes du Colloque « Archaologisch-historischen Stadtforshung », (Münster 1982) », Lübecker Schriften zur Archaölogie und Kulturgeschichte, no 14,‎ , p. 163-170.
  22. Roach Smith 1854, planche I.
  23. Arcisse de Caumont, Cours d'Antiquité monumentale, histoire de l'art dans l'ouest de la France : troisième partie, Paris, Derache, 507 p., p. 145-149.
  24. Albert Grenier, Archéologie gallo-romaine - L'archéologie du sol - Les routes, Paris, , 468 p., planches hors-texte 1 à 3.
  25. « Documents du mois d'avril 2018 : Maurice Druon et les ruines romaines de Thésée », sur Culture41.fr (consulté le 16 juillet 2019).
  26. « Le musée archéologique », sur le site de Tasciaca (consulté le 16 juillet 2019).