Sisowath Monivong

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Sisowath Monivong
Illustration.
Sa Majesté Sisowtah Monivong, huile sur toile par Mascré-Souville.
Titre
Roi du Cambodge

(13 ans, 8 mois et 15 jours)
Couronnement
Prédécesseur Sisowath
Successeur Norodom Sihanouk
Biographie
Nom de naissance Preah Bat Sisowath Monivong
Date de naissance
Lieu de naissance Phnom Penh
Date de décès (à 65 ans)
Lieu de décès Kampot
Père Sisowath
Mère Neak Moneang Van
Conjoint Voir chapitre Descendance
Enfants Voir chapitre Descendance

Sisowath Monivong
Monarques du Cambodge

Preah Bat Sisowath Monivong ( - ) est roi du Cambodge de 1927 à sa mort.

Biographie[modifier | modifier le code]

Quatorzième fils du roi Sisowath, il naît à Phnom Penh en 1875, à une époque où, depuis Oudong - alors capitale du pays -, son oncle le roi Norodom Ier avait été placé sous la tutelle du protectorat français.

En 1884, alors que les Français avaient conquis le Laos et occupé le Vietnam, le Siam subit une défaite militaire mais bénéficia d’un accord franco-anglais qui l’érigea en État tampon entre les deux puissances coloniales, ce qui lui permit d’échapper à une occupation. Toutefois, la famille royale dut quitter Oudong pour s’installer à Phnom Penh, devenue la nouvelle capitale et où résidait déjà Sisowath Monivong.

En 1904 son oncle mourut, et son père, le prince Sisowath, accéda au trône. En 1906, Monivong accompagnait son père en France [1], mais restera en métropole afin de suivre une formation militaire[2].

Sorti de Saint-Maixent en 1908 avec un grade de sous-lieutenant, il sera affecté au 126e régiment de ligne à Brive, avant de rejoindre le 2e régiment de la légion étrangère à Saïda en Algérie, qu'il quittera en 1927 avec le grade de capitaine. Le 2 février 1909, dans une lettre adressée à Louis Paul Luce, résident général à Phnom Penh, et à Antony Klobukowski, gouverneur général de l'Indochine française, Sisowath fait part de son désir de voir son fils Monivong lui succéder, après que son frère Sisowath Essaravong l'héritier présomptif ne décède deux ans avant, en 1907[réf. nécessaire]. Si dans un premier temps, les protecteurs souhaitent plutôt appuyer un descendant de Norodom, ils se rangeront finalement au souhait du roi[3].

Ainsi, quand le monarque décède, et sachant qu'on prêtait au principal candidat Norodom, le prince Sutharot, des affinités avec les milieux nationalistes, on pencha tout naturellement pour Monivong, l'aîné des fils encore en vie du roi défunt, qui abandonna son ambition de devenir le premier général asiatique de l’armée française pour accéder au trône le 9 août 1927.

Comme son père, il s'effaça devant l’administration coloniale française, où l’essentiel du pouvoir était entre les mains du résident général. Le roi était toutefois entouré d'un conseil composé de ses cousins : Sisowath Rathary (père de Sisowath Sirik Matak), Sisowath Vatchayavong, Norodom Singhara, Norodom Suramarit et Norodom Phanouvong.

C’est sous son règne que le Cambodge s’ouvrit aux influences communistes extérieures. Le 3 février 1930, le Vietnamien Hô Chi Minh fonda le Parti communiste indochinois, qui devint très vite populaire au Cambodge. Les premiers communistes cambodgiens avaient alors comme but principal de chasser les Français.

En 1940, quand la France dut capituler devant l’Allemagne nazie, le gouvernement de Vichy obtint de conserver l’administration de l’empire colonial français, dont le Cambodge. Toutefois, à la fin de 1940, c’est un Monivong impuissant qui assista aux incursions japonaises au Viêt Nam. Finalement, l'empire du Japon envahit et occupa le Cambodge au début de 1941, mais il maintint en place l’administration coloniale, se contentant de la superviser. Le roi khmer rendait alors compte aux Français, qui à leur tour rendaient compte aux Japonais. De son côté, la Thaïlande, alliée du Japon, réinvestit les provinces occidentales de Battambang et Siem Reap, qu’elle avait dû restituer en 1907. Comme l’oppression japonaise et thaïe devenait de plus en plus évidente, Sisowath Monivong se retira à Kampot, où il mourut le 22 avril 1941[4].

Sa jeune concubine, Roeung, était la cousine de Saloth Sâr, le futur Pol Pot.

Bien que son fils Sisowath Monireth apparût comme l’héritier naturel au trône, les autorités françaises lui préférèrent le fils de sa fille, Norodom Sihanouk, 19 ans, à la fois arrière-petit-fils du roi Norodom Ier par son père et de Sisowath par sa mère. Certains prétendent aussi que l’administration coloniale escomptait également que le jeune prince soit plus docile que son oncle[5].

Il fut incinéré et ses cendres furent transférées le 3 novembre 1941 dans un stūpa de la nécropole royale à Oudong[6].

Descendance[modifier | modifier le code]

Le roi Sisowath Monivong a eu 16 épouses et 24 enfants :

  1. de son union avec la reine Norodom Kanviman Norelak Tevi :
    1. la princesse Sisowath Thavet Ruongsy Nearivong ( - 1975)
    2. la princesse Sisowath Kossamak ( - )
    3. le prince Sisowath Monireth ( - 1975)
    4. le prince Sisowath Monipong ( - )
  2. de son union avec la princesse Sisowath Sisoda :
    1. la princesse Sisowath Sodaruonsi ( - 1975)
  3. de son union avec Kim Ho :
    1. le prince Sisowath Monicheat ( - 1975)
  4. de son union avec Sowathchhom Norleak Meakh :
    1. le prince Sisowath Kussarak ( - 1975)
  5. de son union avec Norleak Bavar Saokhon :
    1. le prince Sisowath Pongdarak ( - 1975)
  6. de son union avec Anong Leakhana Ban Yen :
    1. le prince Sisowath Vongmoni (-1975)
  7. de son union avec Bopha Norleak Tat:
    1. la princesse Sisowath Monikessan ( - 1946)
    2. la princesse Sisowath Samanvorapong ( - 1975)
    3. le prince Sisowath Vongchivan ( - 1970)
    4. le prince Samdech Sisowath Chivanmonirak ( - 2016)
  8. de son union avec Kessar Meali Nat :
    1. la princesse Sisowath Pongsanmoni ( - 1974)
    2. le prince Sisowath Monileakhana ( - 1971)
  9. de son union avec Neary Kessar Trayang Yem:
    1. la princesse Sisowath Rinmoni ( - 1984)
    2. le prince Sisowath Monichivan ( - 1975)
  10. de son union avec Nearin Ketsan Ol :
    1. le prince Sisowath Rothmoni ( - 1975)
  11. de son union avec Bavar Meali Phieng:
    1. la princesse Sisowath Samanrak ( - 1975)
  12. de son union avec Neary Bopha Pheap :
    1. la princesse Sisowath Sopheap Neary ( - 1975)
  13. de son union avec Kanin :
    1. la princesse Sisowath Phuongmoni ( - 1975)
  14. de son union avec Chhavi Kessar Samoo :
    1. la princesse Sisowath Lomarkessar ( - 2006)
  15. de son union avec Mam Duong Monirak Ous :
    1. le prince Sisowath Duong Chivin ( - 1975)
  16. de son union avec Nearisisaman Neary :
    1. la princesse Sisowath Nearibonga ( - 2022)

Hommages[modifier | modifier le code]

Nommés en son honneur :

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Félix Fénéon, Nouvelles en trois lignes, éditeur Libella, collection Libretto, Paris, 2019, 162 p. (ISBN 978-2-36914-446-5), p. 42, p. 55
  2. Chaufea Veang Thiounn (trad. Olivier de Bernon), Voyage du roi Sisowath en France : En l'année du Cheval, huitième de la décade correspondant à l'année occidentale 1906, royaume du Cambodge, Mercure de France, coll. « Le Temps retrouvé », , 288 p. (ISBN 978-2-7152-2653-1, présentation en ligne), chap. I (« Les préparatifs du voyage »), p. 16
  3. Alain Forest, Le Cambodge et la colonisation française : Histoire d'une colonisation sans heurts (1897 - 1920), vol. 1, Éditions L'Harmattan, coll. « Centre de documentation et de recherches sur l'Asie du Sud-Est et le monde insulindien », , 546 p. (ISBN 9782858021390), chap. IV - 1 (« Détournement de pouvoir - la royauté récupérée »), p. 80-81
  4. Jean-Marie Cambacérès, Sihanouk : le roi insubmersible, Le Cherche midi, coll. « Documents », , 459 p. (ISBN 9782749131443, présentation en ligne), « Les premières années », p. 23-26
  5. Jean-Marie Cambacérès, Sihanouk : le roi insubmersible, Le Cherche midi, coll. « Documents », , 459 p. (ISBN 9782749131443, présentation en ligne), « Les premières années », p. 27
  6. Jean-Marie Cambacérès, Sihanouk : le roi insubmersible, Le Cherche midi, coll. « Documents », , 459 p. (ISBN 9782749131443, présentation en ligne), « Les premières années », p. 30-31