Simonne Mathieu

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Simonne Mathieu
Image illustrative de l’article Simonne Mathieu
Simonne Mathieu au Racing Club en 1926.
Nom de naissance Simonne Passemard
Pays Drapeau de la France France
Naissance
Neuilly-sur-Seine
Décès
Chatou
Prise de raquette Droitière
Hall of Fame Membre depuis 2006
Palmarès
Meilleurs résultats en Grand Chelem
Aust. R-G. Wim. US.
Simple V (2) 1/2
Double V (6) V (3) F (1)
Mixte V (2) F (1)

Simonne Mathieu, née Simonne Emma Henriette Passemard le 31 janvier 1908 à Neuilly-sur-Seine et morte le 7 janvier 1980 à Chatou, est une joueuse de tennis française.

Numéro un tricolore dans les années 1930, elle devient troisième mondiale en 1932. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle crée et dirige le Corps des Volontaires françaises dans les Forces françaises libres.

Elle est la championne de tennis française la plus titrée après Suzanne Lenglen[1].

Elle est membre du International Tennis Hall of Fame depuis 2006.

Biographie[modifier | modifier le code]

Simonne Passemard est la fille d'un banquier d'affaires[1]. De santé fragile, elle entretient sa forme en pratiquant le tennis sur les courts du Stade français, tout comme son frère cadet, Pierre[1]. Elle gagne ses premiers tournois dès l'âge de 15 ans et participe aux Internationaux de France à partir de 1925, année où elle se marie avec René Mathieu, fils du secrétaire général du Stade français. Elle a deux fils, Jean-Pierre en 1927 et Maurice en 1928, tout en continuant sa carrière sur les courts internationaux[1].

Six fois finaliste à Roland-Garros au cours des années suivantes, Simonne Mathieu finit par triompher en finale du simple dames en 1938 face à Nelly Landry[1].

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, en septembre 1939, Simonne Mathieu s'apprête à disputer un tournoi aux États-Unis et décide alors de rentrer immédiatement en Europe. En février 1940, elle rejoint l'Auxiliary Territorial Service, la branche féminine non combattante de la British Army où elle travaille comme conductrice et traductrice. Lors de l'armistice du 22 juin 1940, elle rejoint le général de Gaulle à Londres[2]. Ne pouvant intégrer l'armée française, elle s’engage auprès du Women’s Royal Voluntary Service[3].

En septembre 1940, l'amiral Muselier lui confie la tâche de constituer un corps féminin des volontaires françaises auprès de la France libre, organisme officiellement créé le 7 novembre 1940 et institutionnalisé sous le nom de Corps des Volontaires françaises par décret. Elle en devient le commandant et organise le recrutement et les entraînements[4].

En décembre 1941, elle est affectée au Service du chiffre auprès du BCRA. En 1943, elle est à Alger aux côtés du général de Gaulle, auprès duquel elle défile aussi le jour de la Libération de Paris le 26 août 1944[5]. Elle achève la guerre avec le grade de capitaine des FFL[6]. C'est sous cet uniforme qu'elle arbitre le 17 septembre 1944 le match de la Libération opposant l'ancien champion Henri Cochet au jeune Yvon Pétra sur le central à Roland-Garros[1].

Carrière tennistique[modifier | modifier le code]

Après six finales perdues, dont trois face à Hilde Krahwinkel Sperling, elle remporte à deux reprises le tournoi de Roland-Garros en simple, en 1938 contre sa compatriote Nelly Landry et 1939 face à la Polonaise Jadwiga Jędrzejowska. En 1938 précisément, elle réussit même un exceptionnel triplé, s'imposant aussi en double dames et en double mixte.

Ses treize titres en Grand Chelem (deux en simple, neuf en double dames et deux en double mixte) en font la deuxième Française la plus titrée de tous les temps, derrière Suzanne Lenglen (vingt et un trophées)[7]. La coupe remise aux gagnantes de l'épreuve du double dames à Roland-Garros porte aujourd'hui son nom.

Durant sa carrière, Simonne Mathieu a parcouru le monde, glanant des titres aux Pays-Bas, en Grèce, en Egypte, en Suisse et même en Asie.

Elle adoptait sur le court un jeu plutôt défensif en s'appuyant sur une excellente condition physique et un coup droit puissant[8].

Elle est capitaine de l'équipe de France féminine de 1949 à 1960[9] puis sera présidente de la commission féminine à la Fédération française de tennis.

Hommage[modifier | modifier le code]

En 2017, la ville de Paris décide de donner son nom au 3e court principal du stade Roland-Garros, installé au cœur du jardin des serres d'Auteuil, et pratiqué pour la première fois lors des Internationaux de France de tennis 2019[10],[11]. Le court est inauguré le par le président de la Fédération Bernard Giudicelli, en présence notamment de l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy, de la maire de Paris Anne Hidalgo et d'un neveu de Simonne Mathieu[12].

Palmarès (partiel)[modifier | modifier le code]

En simple dames[modifier | modifier le code]

En double dames[modifier | modifier le code]

En double mixte[modifier | modifier le code]

Parcours en Grand Chelem (partiel)[modifier | modifier le code]

Si l’expression « Grand Chelem » désigne classiquement les quatre tournois les plus importants de l’histoire du tennis, elle n'est utilisée pour la première fois qu'en 1933, et n'acquiert la plénitude de son sens que peu à peu à partir des années 1950.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f « Simonne Mathieu, joueuse de tennis et femme engagée », par Marie-France Chatrier, Paris Match n° 3654 du 23 au 29 mai 2019.
  2. Nicolas Skopinski, « Simonne Mathieu, la joueuse et militaire tempétueuse célébrée par Roland-Garros », sur Slate,
  3. « Une gloire fuyante, portrait d’une oubliée. Simonne Mathieu », mémoire de maîtrise de Séverine George (Université Paris 1)
  4. Article "Des femmes dans la France combattante pendant la Deuxième Guerre mondiale : Le Corps des Volontaires françaises et le groupe Rochambeau", Élodie Jauneau, 2008 http://genrehistoire.revues.org/373
  5. http://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=84221
  6. Portrait audiovisuel de la résistante Simonne Mathieu réalisé par Yves Jeuland: http://www.ecpad.fr/18-destins-du-18-juin-portrait-de-simonne-mathieu
  7. Apolline Merle, « Roland-Garros : Simonne Mathieu, l'âme d'une combattante », sur francetv.sport,
  8. Martin Couturié, « Simone Mathieu, la maîtresse femme », sur Le Figaro,
  9. Alard 2019.
  10. « Roland-Garros : le troisième court s'appellera Simonne-Mathieu », L'Équipe,‎ (lire en ligne)
  11. Gilles Festor, « La magie du court Simonne-Mathieu opère déjà », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  12. « Simonne Mathieu, l’héroïne enfin honorée », sur SoTennis,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Biographie[modifier | modifier le code]

  • Lucile Alard, « Simonne Mathieu, championne de l'ombre », L'Équipe,‎ , p. 15.

Liens externes[modifier | modifier le code]