Simone Michel-Lévy

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Simone Michel-Lévy est une résistante française, née le à Chaussin dans le Jura et pendue le au camp de Flossenbürg en Bavière. Elle est l'une des six femmes nommées compagnons de la Libération par le général de Gaulle. Ses pseudonymes étaient nombreux : Emma, Françoise, Madame Royale, Mademoiselle Flaubert, Madame Bertrand.

Résistante aux PTT[modifier | modifier le code]

Entrée dans l'administration des PTT en 1924, reçue au concours des rédacteurs en 1941, Simone Michel-Lévy est nommée à la Direction régionale des téléphones à Paris, où elle s'occupe de la commutation des communications téléphoniques. Il s'agit d'un lieu stratégique, dont elle fait avec Ernest Pruvost et Maurice Horvais une agence clandestine d'information (réseau Action PTT), en particulier vers la Normandie, où ses activités permettent l'implantation d'un réseau de radios utilisé lors du débarquement. Elle organise également un système d'acheminement du courrier vers l'Angleterre, détourne du matériel télégraphique et téléphonique pour les organisations résistantes, et sabote des départs pour le STO[1].

A partir de l'automne 1942, le réseau Action PTT prend contact avec l'organisation civile et militaire ainsi qu'avec la Confrérie Notre-Dame, dont l'activité postale est désormais prise en charge par le réseau de Simone Michel-Lévy .

Elle est arrêtée le 5 novembre 1943 par l'Abwehr, trahie par le chef-radio de la CND (Robert Bacqué, alias Tilden). La trahison de Bacqué démantèle profondément la Confrérie Notre-Dame. Simone Michel-Lévy est torturée par les hommes de Christian Masuy ; sans avoir donné aucun nom, elle est internée à Fresnes, puis au camp de Royallieu. Elle est déportée depuis Compiègne le 28 janvier 1944, vers le camp de concentration de Ravensbrück, où elle arrive le 3 février. En avril de la même année, elle est transférée au Kommando de Holleischen dépendant du camp de concentration de Flossenbürg ; elle y travaille dans une usine fabriquant des munitions anti-aériennes. Elle organise avec deux autres déportées, Hélène Lignier et Noémie Suchet, le sabotage de la presse à laquelle elles sont affectées ; le sabotage découvert, elles sont toutes les trois bastonnées devant l'ensemble des déportées, avant d'être condamnées à être pendues le 13 avril 1945, dix jours avant la libération du camp[2],[3].

Plaque de la place Simone-Michel-Lévy à Paris

Décorations[modifier | modifier le code]

  • Chevalier de la Légion d'Honneur
  • Compagnon de la Libération - décret du 26 septembre 1945[4]
  • Croix de Guerre 39/45 avec palme
  • Médaille de la Résistance
  • Croix du Combattant Volontaire de la Résistance
  • Médaille des Blessés
  • Médaille commémorative de la Guerre 39/45 avec barrette "Engagé volontaire"
  • Médaille de la Déportation et de l'Internement pour faits de Résistance

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Depuis 2006, la place Simone-Michel-Lévy à Paris porte son nom, sur le terre-plein central de l'avenue de Saxe.
  • Une résidence de vacances France Télécom porte également son nom à Trébeurden (Côtes-d'Armor).
  • Un timbre-poste a été émis en son honneur en 1958 dans la série "Héros de la Résistance II"[5].
  • Le conseil municipal de la ville d'Issy-les-Moulineaux (92) a décidé le 5 juillet 2018 à l'unanimité de baptiser la rue proche du futur siège social d'Orange, rue Simone Michel-Levy.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Simone Michel-Lévy, 1038 compagnons, Compagnons - Musée de l'Ordre de la Libération », sur www.ordredelaliberation.fr (consulté le 17 mai 2018)
  2. Gilles Perrault, Dictionnaire amoureux de la Résistance, Plon / Fayard, , 343 p. (ISBN 9782259227551, lire en ligne), « Michel-Lévy (Simone) »
  3. Annie Pennetier et Françoise Strauss, Le Maitron : Les fusillés 1940 - 1944 (lire en ligne), « Michel-Lévy Simone »
  4. « Résistance, la coexistence des mémoires », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)
  5. « Timbre : HÉROS DE LA RÉSISTANCE SIMONE MICHEL-LÉVY 1906-1945 | WikiTimbres », sur www.wikitimbres.fr (consulté le 17 mai 2018)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Gilles Perrault, Dictionnaire amoureux de la Résistance, Éditions Fayard, , « Michel-Lévy (Simone) », p. 317-321.
  • Jacques Péquériau, Simone-Michel Lévy, Éditions du Cèdre, .
  • Christine Levisse-Touzé, Guy Krivopissko et Vladimir Trouplin, Dans l'honneur et par la victoire. Les femmes Compagnon de la Libération, Éditions Tallandier, .
  • « Quarante ans après l'histoire s'entrouvre. Les agents des PTT et la Résistance », Messages des PTT, no 342,‎ .
  • « Simone Michel-Lévy », dans Vladimir Trouplin, Dictionnaire des compagnons de la Libération, Bordeaux, Elytis, (ISBN 9782356390332).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]