Simone Guillissen-Hoa

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Simone Guillissen-Hoa
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 80 ans)
BruxellesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Fratrie
Léon Hoa (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Autres informations
Lieux de détention
Bureau et atelier de Simone Guillissen-Hoa, rue Langeveld à Uccle

Simone Guillissen-Hoa (, Pékin - , Bruxelles) est une architecte belge, l'une des premières femmes à pratiquer l'architecture dans le pays.[1]Après la Seconde Guerre mondiale, elle participe à la rénovation de complexes résidentiels, en concevant de nombreuses maisons et immeubles résidentiels modernistes qui se mêlent harmonieusement au style local.

Avec Roger Bastin, Jacques Dupuis, Willy Van Der Meeren , Jacques Wybauw et Jean-Pierre Blondel entre autres , Simone Guillissen-Hoa est considérée comme une des architectes les plus talentueuses du deuxième courant moderniste de l'immédiat après-guerre en Belgique, " qui s'inscrit dans une des étapes fondamentales de l'architecture belge : l'émergence d'une conception organique de la composition, liée à une inspiration formelle qui, malgré ses origines scandinaves, était fortement attachée au terroir .... Dans son oeuvre trop rare, elle se signala surtout par d'admirables habitations où tout se succède, s'enchaine et se combine avec ce naturel qui est la marque d'une profonde maturité et d'une grande imagination , car rien de ce qu'elle construisit n'était conventionnel, tout était réinventé et placé dans l'espace comme se place un arbre dans un jardin." (Pierre Puttemans)

Biographie[modifier | modifier le code]

Née à Pékin, son père est un ingénieur chinois et sa mère une écrivaine juive polonaise , son frère, Léon Hoa a également étudié l'architecture et a pratiqué en France et en Chine.[2],[3] Après ses études à Bruxelles, au lycée Henriette Dachsbeck, elle intègre La Cambre pour y étudier l'architecture et y obtient son diplôme en 1938.[4] Elle est alors la quatrième femme diplômée de l'école dans cette branche, 8 ans après Claire Henrotin. Peu après, elle commence un stage chez Charles Van Nueten, son enseignant à La Cambre, mais l'a terminé à Zurich aux côtés d'Alfred Roth.[5] En 1937, elle épouse Jean Guillissen. Bien qu'elle l'ait quitté avant la guerre, elle continue à utiliser son nom. Pendant la Seconde Guerre mondiale, en tant que membre de la résistance, il est fusillé, alors qu'elle est déportée au camp de concentration de Ravensbrück et plus tard au Kommando Agfa, un satellite du camp de concentration de Dachau.[2]

Carrière[modifier | modifier le code]

Pratique de l'architecture[modifier | modifier le code]

En 1947, elle reprend son activité, participant à des programmes de reconstruction. Elle reçoit , en son nom propre, une commande importante pour le centre sportif de Jambes qui ne fut achevé qu'au début des années 1960.

En 1950, elle conçoit son premier immeuble à appartements, l' Immeuble Hou Avenue Bel Air à Uccle, dans lequel elle aménage son propre appartement et ses bureaux. Cet immeuble a reçu la troisième et quatrième mentions au Prix Van de Ven en 1952.

De 1952 à 1956, elle travaille en partenariat avec Jacques Dupuis, avec lequel elle réalise, en autres, la superbe Maison Wittmann à Rhode-Saint-Genèse (démolie), la Bijouterie Degreef à Bruxelles et la Maison Steenhout à Uccle.En 1954, elle réalise les Ateliers et l' Ecole des garçons pour l' Institut pour aveugles et amblyopes à Ghlin - en association avec Dupuis.

Elle réalise, en son nom propre, plusieurs projets résidentiels: un immeuble à appartements, Avenue Legrand à Uccle, la Maison Tenzer à Uccle,la Maison Smissaert à Wezembeek-Oppem et la Maison Watelet à Woluwe Saint-Lambert.

En 1957, elle réalise l'un de ses projets résidentiels les plus importants pour le Marquis d'Assche à Woluwe Saint Pierre . Cette réalisation emblématique a été démolie.

En 1960, elle réalise pour Mr et Mme Regniers la superbe Villa 'La Quinta' à La Roche-Tangissart (Court Saint Etienne), dans le Brabant wallon, actuellement défigurée , et qui a reçu la première mention au Prix Van de Ven en 1963. Cette réalisation, selon Pierre Puttemans, marque le mieux cette liberté créatrice qui fut la sienne.

A la même époque, elle réalise la Maison Spedener à Uccle, les maisons groupées Posselt et Schuppisser à Kraainem et la Maison Penasse à Linkebeek.

En 1963, elle conçoit un immeuble à appartements Rue Langeveld à Uccle, où elle aménage ses bureaux et son propre appartement .qui ont été conservés selon les dispositions d'origine.

Au début des années 1970, elle participe au développement de Louvain-la-Neuve en concevant une résidence étudiante.

En 1971 , elle conçoit la Maison de la Culture à Tournai, réalisée en collaboration avec Winance, Ginion et Pirson, et terminée en 1980.

Autres activités professionnelles[modifier | modifier le code]

En plus de ses réalisations personnelles, Simone Guillissen-Hoa a également travaillé comme Architecte conseil des Ministères de la Santé publique (1946-47) et de la Culture française (1967-68). Par la suite elle a été membre de la S.C.A.B et de l'UfvAB - l'Union des femmes Architectes de Belgique, fondée en 1978 par l'architecte et militante Dita Roque-Gourary (1915-2010), également diplômée de La Cambre.[5],[6]

Elle a également été membre de jurys : à l'école Saint-Luc de Liège, au concours interscolaire F.A.B et pour le concours Van de Ven en 1964, un an après en avoir obtenu la première mention.[5]

Réalisations[modifier | modifier le code]

Simone Guillissen-Hoa est à l'origine d'un grand nombre de maisons et bâtiments divers, principalement en Belgique et à Bruxelles et construites entre 1942 et 1980.[4] Ses réalisations les plus publiées datent de son association avec Jacques Dupuis mais son œuvre s'étend bien au-delà de ces 4 années. La liste ci-dessous reprend le bâti neuf mais elle a également contribué à des rénovations et transformations de projets existants .[4]

  • 1942 : Monument funéraire de Voghel à Halle
  • 1947 : Villa Faniel , 92 avenue Lancaster à Uccle
  • 1947 :Centre sportif de Jambes - Parc de sports et tribunes de balle pelote
  • 1949 : Double maison Hou , 22 avenue Bel-Air à Uccle - Inventaire du patrimoine architectural en Région Bruxelles Capitale
  • 1950 : Immeuble à appartements Hou , 6 avenue Bel-Air à Uccle - Inventaire du patrimoine architectural en Région Bruxelles Capitale
  • 1950 : Maison Jeunehomme , 77 avenue des Chênes à Uccle
  • 1950 : Villa Gobbe-Coelembier, 57 avenue Alphonse XIII à Uccle
  • 1952 : Transformation d'une maison avec atelier de sculpture pour Josine Souweine, 70 avenue Kamerdelle à Uccle
  • 1954 : Villa Vindal , 282 chaussée de Malines à Wezembeek - Inventaire du patrimoine architectural en Région Flamande
  • 1954 : Tribunes du centre sportif de Jambes
  • 1955 : Immeuble à appartements Becquevort , 88 avenue Legrand à Uccle
  • 1955 : Maison Tenzer, 69 rue General Lotz à Uccle[7] - Inventaire du patrimoine architectural en Région Bruxelles Capitale
  • 1955 : Villa Smissaert , 13 avenue des Pavots à Kraainem
  • 1956 : Maison Watelet , 95 rue Tomberg à Woluwe-Saint-Lambert - Inventaire du patrimoine architectural en Région Bruxelles Capitale
  • 1957 : Résidence Marquis d'Assche, 35 avenue des Lauriers à Woluwe-Saint-Pierre (aujourd'hui démolie)
  • 1960 : Villa Regniers "La Quinta" , 91 avenue des Cerisiers à Baisy-Thy - La Roche Tangissart (Court Saint Etienne)
  • 1960 : Maison Spedener , 7 rue Marie Depage à Uccle - Inventaire du patrimoine architectural en Région Bruxelles Capitale
  • 1960 : Groupe de 2 maisons Posselt - Schuppisser, 120 route Gouvernementale à Kraainem
  • 1961 : Villa Penasse , 80 drève de la Fauvette à Linkebeek - Inventaire du patrimoine architectural en Région Flamande
  • 1963 : Immeuble à appartements , 21 rue Langeveld à Uccle - Inventaire du patrimoine architectural en Région Bruxelles Capitale
  • 1968 : Villa Janlet , 9 Velasquezlaan à Den Haan-aan-zee
  • 1968: Maison Spilliaert , 20 avenue Bel Oeil à Uccle
  • 1971 : Groupe de 2 bâtiments de logements étudiants à Louvain-la-Neuve
  • 1980 : Maison de la Culture de Tournai (en association avec Winance, Ginion et Pirson)

En association avec Jacques Dupuis[modifier | modifier le code]

  • 1952 : Villa Wittmann (aujourd'hui démolie), 29 avenue des Genêts à Rhode-Saint-Genèse
  • 1953 : Cité pour vieux travailleurs, Rue Leburton à Quaregnon
  • 1953 : Bijouterie Degreef, 24-26 rue au Beurre à Bruxelles - classée en 2005
  • 1953 : Maison Steenhout, 57 avenue Napoléon à Uccle - classée en 2011[8]
  • 1954 : Maison Durieu, 26 rue de la Fraicheur à Molenbeek - classée en 2009
  • 1954 : École gardienne, Place Calmette à Frameries
  • 1954 : Centre pour aveugles et amblyopes, 115 Route de Mons à Ghlin - Ateliers et Ecole des garçons

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Simone Guillissen-Hoa a connu une réelle reconnaissance des critiques et architectes de son époque, elle est souvent l'unique femme citée dans les recueils d'architecture moderne belge et a remporté un certain nombre de récompenses et prix pour son travail :[5]

  • 1939 : primée au concours de Mobilier Type à Zurich ;
  • 1942 : primée au concours Art et Industrie ;
  • 1945 : primée au concours de Jette du Centre social ;
  • 1952 : troisième et quatrième mentions au prix Van de Ven ;
  • 1963 : première mention ex-aequo au prix Van de Ven.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Une bourse FRESH FNRS pour Apolline Vranken, architecte et collaboratrice scientifique du laboratoire hortence », ULB, Faculté d'Architecture La Cambre-Horta,‎ (lire en ligne)
  2. a et b Irene Eber et Joan Hill, « Luo Chen (1883–1970), a Jewish Author in China », Nashim: A Journal of Jewish Women's Studies & Gender Issues, no 31,‎ , p. 169–179 (ISSN 0793-8934, DOI 10.2979/nashim.31.1.08, lire en ligne, consulté le )
  3. « Notice bibliographique de Léon Hoa (1912-?) », Arles, inventaire de la production architecturale et urbaine (1900-1980)
  4. a b et c Diane Fettweiss, Simone Guillissen-Hoa - une architecte moderniste belge, mémoire de fin détudes d'architecture à La Cambre, sous la dir. De Jacques Aron, 2000
  5. a b c et d Paul-Emile Vincent, France Van Laethem, La Cambre a 60 ans, Bruxelles, ISAE La Cambre,
  6. (nl) Nena Madalijns, In Search of a 'forgotten' history - reflecties over gender en architectuurhistoriografie in de belgische context. Masterproef aan de UGent onder de directie van Johan Lagae, Gent, 2019-2020, 127 p.
  7. « Maison Tenzer – Inventaire du patrimoine architectural en Région Bruxelles Capitale », sur monument.heritage.brussels (consulté le )
  8. « Maison Steenhout – Inventaire du patrimoine architectural », sur monument.heritage.brussels (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]