Simone Berriau

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Simone Berriau
Nom de naissance Simone Blanche Eugénie Bossis
Naissance
Touques, Calvados, France
Nationalité Drapeau de la France française
Décès (à 87 ans)
Paris, France
Profession Actrice
Chanteuse
Directrice de théâtre

Simone Bossis, dite Simone Berriau, est une comédienne, chanteuse, productrice et directrice de théâtre française, née à Touques le et morte à Paris le .

Biographie[modifier | modifier le code]

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Née dans le Calvados, elle passe son enfance à Machecoul (où une salle de théâtre porte aujourd'hui son nom)[1], en Loire-Atlantique. À quinze ans, elle part au Maroc, emmenée par le fils d'un châtelain[2], mais épouse finalement le colonel Henri Berriau, bras droit du maréchal Lyautey et créateur du service des Affaires indigènes et des renseignements. Celui-ci meurt en 1918[3]. De ce mariage naît quelques mois plus tard une fille, Henriette, qui deviendra comédienne sous le nom d'Héléna Bossis, avant de prendre la direction du théâtre de sa mère, après la mort de cette dernière.

Après la naissance de sa fille, Simone Berriau quitte le Maroc pour retourner en France. Grâce à la famille Lyautey, elle fait la connaissance de Rose Caron, chanteuse et grande amie de Georges Clemenceau[4]. Cette dernière, découvrant la qualité de sa voix de soprano, lui donne les leçons de chant nécessaires à son entrée à l'Opéra-Comique. Après avoir débuté le 12 juillet 1923 sous le nom de « Simone Berry » dans Carmen de Georges Bizet, elle y interprète entre autres La Bohème de Giacomo Puccini aux côtés de Lauri Volpi, Le Roi d'Ys d’Édouard Lalo et surtout Pelléas et Mélisande de Claude Debussy[5].

En 1934, Simone Berriau achète le domaine viticole de Mauvanne à Hyères, où elle reçoit de nombreuses personnalités, hommes d'État comme le pacha de Marrakech Thami El Glaoui (avec lequel elle entretient une liaison[6]), ou artistes comme Charlie Chaplin, Louis Jouvet, Colette et Cécile Sorel. Elle fonde par la suite un complexe immobilier, à l'origine réservé aux acteurs, dans la commune des Salins-d'Hyères : Simone Berriau-Plage.

En 1935, lorsqu'un problème de cordes vocales lui fait abandonner le chant, elle s'est déjà lancée dans le cinéma. Elle tourne une quinzaine de films avec les réalisateurs du moment, dont Max Ophüls qui lui offre ses deux meilleurs rôles dans Divine (1935) et La Tendre ennemie (1936). Elle fonde parallèlement une maison de production, dont Pierre Lazareff est le directeur général.

À partir de 1943, elle prend la direction du théâtre Antoine[7], boulevard de Strasbourg dans le 10e arrondissement de Paris. Elle y crée la quasi-totalité de l’œuvre dramatique de Jean-Paul Sartre (dont les deux premières pièces, Les Mouches et Huis clos avaient été représentées respectivement en 1943 au théâtre de la Cité et en 1944 au théâtre du Vieux-Colombier). Elle produit aussi des pièces d'Albert Camus, Luigi Pirandello, Jean Cocteau, Harold Pinter, Arthur Miller, etc. et donne leur chance à de jeunes metteurs en scène comme Peter Brook, qui signe son premier spectacle en France en 1956 avec La Chatte sur un toit brûlant de Tennessee Williams.

Dans les années 1960, elle ouvre aussi le répertoire au théâtre de boulevard avec Marcel Achard, André Roussin, Robert Lamoureux ou encore Françoise Dorin, genre dans lequel triomphent Jacqueline Maillan, Jean Le Poulain ou encore Maria Pacôme.

Elle meurt le 26 février 1984 dans son théâtre, la veille de la générale du spectacle Nos premiers adieux de et avec Roger Pierre et Jean-Marc Thibault. Elle est inhumée au cimetière de Montmartre (5e division, 12e ligne).

Mariée deux fois, elle a été la compagne du chef d'orchestre Albert Wolff, du dramaturge et scénariste Yves Mirande et de l'écrivain Maurice Guénot.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Opéra-Comique
En tant que directrice du théâtre Antoine (1943-1984)

Source : Collection des programmes de l'Association de la régie théâtrale à la Bibliothèque historique de la ville de Paris

Filmographie[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Simone Berriau, Simone est comme ça, autobiographie, éditions Robert Laffont, 1973.
  • Maurice Guénot, La Chance apprivoisée, éditions Robert Laffont, 1991.
  • Jean-Luc Pouliquen, La Plage des comédiens - En souvenir de Simone Berriau, CIPP, 2017.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Regards, bulletin municipal d'information de la ville de Machecoul.
  2. Simone Berriau, Simone est comme ça, autobiographie, éditions Robert Laffont, 1973, chap. 2.
  3. Simone Berriau, op. cit., chap.3.
  4. Simone Berriau, op. cit., chap. 4.
  5. Stéphane Wolff, Un demi-siècle d'Opéra-Comique (1900-1950), éd. André Bonne, Paris, 1953.
  6. Christian Destrumeau et Jean Moncelon, Louis Massignon, le cheikh admirable, éd. du Capucin, 2005 (ISBN 2913493629).
  7. Rebaptisé en son honneur Théâtre Antoine-Simone Berriau après sa mort par sa fille.