Simon de Bardi

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Simon (de) Bardi
Nom de naissance Simone di Geri de' Bardi
Naissance av.1280
Décès ap.1346
Pays de résidence Italie
Profession
Autres activités
Ascendants
Geri de Ricco de Bardi[1]
Conjoint
Béatrice Portinari (v.1280-1290)
Sybille de Puccio Deciaioli (ap.1290)
Descendants
Dix enfants dont Francesca
Bartolo
Gemma
Famille
Cecchino de Geri de Bardi (frère)
Iacopo de Ricco de Bardi (oncle)[1]

Messer Simon de Bardi ou Simon Bardi[2] (en italien : Simone di Geri de' Bardi ; fl. 1280-1346) est un banquier et chevalier florentin de la famille Bardi, époux de Béatrice Portinari[3].

Homonymie[modifier | modifier le code]

Il fut longtemps difficile de trouver quel Simon de Bardi était l'époux de Béatrice. Le nom d'un Simon de Bardi apparaît dans le testament de son beau-père Folco Portinari (daté du ), dans le paragraphe dans lequel il fait lègue à sa fille : « Item, dominæ Bici etiam filiæ suæ et uxori domini Simonis de Bardis legavit de bonis suis libras L ad florenos »[n 1]. Le silence presque général des sources sur le père fit que l'on ne savait pas quelle était la place de Simon dans la vie florentine ni qui il était, car il y avait de nombreux Simon de Bardi contemporains du mari de Béatrice Portinari (Simone di Nello di Simone ; Simone di Giuliano di Ricco ; Simone di Geri di Ricco ; Simone del fu Cino di messer Iacopo ; Simone di messer Iacopo ; etc.), ce qui amena les chercheurs (tel Giovanni Andrea Scartazzini ou Isidoro Del Lungo) à se mélanger en essayant de lui donner une identité[4].

Dans un code Magliabechiano du Quattrocento, il y a de nouvelles informations (bien que toujours incomplètes car le manuscrit est déterioré) qui sont certainement très anciennes même si elles ne furent pas composés en même temps que le texte latin : « essa… era stata anima nobile di mona Biatrice figliuola che ffu… Folco de' Portinari di Firenze e moglie che fue di me… di Geri de' Bardi di Firenze »[n 2]. Boccace parle de la Béatrice historique, et il indique : « e [Beatrice] fu moglie di un cavaliere de' Bardi chiamato messer Simone »[5],[n 3].

Del Lungo, à la lumière de nouvelles recherches effectuées à la maison Ginori, située dans le quartier Saint-Jean de Florence, fait remarquer que le Simon auquel les livres comptable des Bardi font allusion comme mari de Béatrice Portinari, est le seul parmi ses contemporains homonymes à être appelé dominus, réservé aux avocats, aux chevaliers, aux ecclésiastiques[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Né Simone di Geri de' Bardi, il appartient à la branche cadette de la famille Bardi[1], de riches banquiers de Florence et connaissance des Portinari. Dans les archives des Bardi, un acte notarié de 1280 entre Simon et son frère Cecchino, auquel il cède des terres, indique que Béatrice est âgée de quinze ans[6]. Ce mariage n'est pas d'amour, mais souhaité par Foulque Portinari, qui doit se trouver des alliés[7],[1]. En 1290, son beau-père meurt et sa femme hérite de 50 florins. D'apès Del Lungo, il a occupé à plusieurs reprises les fonctions de podestatVolterra en 1288) et de capitaine du peuplePrato en 1290 et à Orvieto en 1310).

Parmi les actes du notaire Biagio Boccadibue (1298-1314), Simon de feu Geri de Bardi (Simone del fu Geri de' Bardi) dut payer une amende quand, avec d'autres personne, il prit la défense d'Andrea, fils de messire Tommaso de Mozzi, qui fut finalement reconnu coupable d'avoir battu un roturier. En 1300, il participa à une conspiration contre les Cerchi, mais cela fut découvert ; mais si bien des conspirateurs furent jugés et condamnés, il ne paya qu'une amende. Le , Simon nomme son frère Cecchino procureur pour la possession de certains avoir donnés par les Mozzi. Et le , Simon acheta à Vanni de Mozzi, le château de Moriano dans le val de Greve et d’autres biens qu'il mettra en location quelques mois plus tard.

En 1313, Cecchino a marié sa nièce Francesca, fille de Simon, avec Francesco de Pierozzo Strozzi. Simon avait deux autres enfants, Bartolo et Gemma (mariée à un Baroncelli) ; mais on ne sait pas s'ils sont issus de Béatrice (morte en 1290) ou de sa deuxième épouse, Sybille de Puccio Deciaioli, dont il a eu dix enfants. En 1315, il s'oppose à Philippe Ier de Tarente en prenant parti pour le condottière Uguccione della Faggiola. Dans les archives publiques de Florence, Del Lungo trouve un dominus Symon de Bardis nommé capitaine du peuple à San Miniato le , pour y rester à ce poste pendant six mois à partir du . Durant l'été 1346, des rumeurs veulent qu'une poignée de riches florentins prennent possession de la ville et un notaire est condamné pour avoir faussement accusé Simon d'avoir demandé à une connaissancce : « Vultis accedere et consentire ad mutationem praesentis status civitatis Florentiae ; placet vobis dictum statum nec ne[8],[n 4] ? »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) Istituto della enciclopedia italiana, Enciclopedia dantesca, Rome,

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Traduction : De plus, à madame Béatrice, sa fille et femme et de monsieur Simon de Bardi, il lègue 50 florins.
  2. Traduction : il… fut une âme noble en Béatrice qui était fille de… Foulque de Portinari de Florence et qui fut ma femme… de Geri de Bardi de Florence ; le prénom du mari est illisible, mais on peut lire celui du père
  3. Traduction : et [Béatrice] fut la femme d'un chevalier des Bardi nommé messire Simon.
  4. Traduction : Voudrais-tu et accepterais-tu de changer le statut actuel de la ville de Florence ; aime-tu l'état actuel ou non ?

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Marco Santagata, Dante: The Story of His Life, 2016
  2. César Balbo, Vie du Dante, t.1, 1844
  3. (it) Istituto della enciclopedia italiana, Enciclopedia dantesca, Rome,
  4. a et b (it) Arnaldo D'addario, « Bardi, Simone in "Enciclopedia Dantesca" », sur treccani.it, (consulté le 28 juin 2019).
  5. Jean Boccace, Commentaire sur la Comédie, XIVe siècle
  6. Domenico Savini, Beatrice, l'ultimo segreto, Corriere fiorentino, 6 mars 2008
  7. Marie-Antoinette Pacho, Du temps où les hommes écrivaient des lettres d'amour, 1995
  8. Gene A. Brucker, Florentine Politics and Society, 1343-1378, 2015