Simon Porte Jacquemus

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Simon Porte Jacquemus
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Marco Maestri (depuis 2018)
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Distinction

Simon Porte Jacquemus, né le à Salon-de-Provence[1], est un styliste français, fondateur de l'entreprise et de la marque Jacquemus. Créant régulièrement l'évènement et maitrisant l'usage des réseaux sociaux, sa marque ne cesse de progresser année après année.

Biographie[modifier | modifier le code]

Simon Daniel Elie Porte est né dans une famille relativement modeste d'agriculteurs[2],[3], d'un père chantant à l'occasion dans des groupes metal et d'une mère aimant la décoration. Il grandit à Mallemort[4]. « J'ai grandi dans les champs, pieds nus, libre de jouer avec les vêtements », dit-il[5]. En 2008, à dix-huit ans, il gagne Paris, étudie quelque temps à l'École supérieure des arts et techniques de la mode (ESMOD)[6], puis abandonne ce cursus pour un poste d'assistant de directeur artistique pour le magazine Citizen K International, poste qu'il quitte également[7].

Création de la marque[modifier | modifier le code]

Simon crée sa marque Jacquemus, du nom de naissance de sa mère, en 2009 à Paris[8]. Il dit que le décès de sa mère la même année provoque « un électrochoc » l'incitant à commencer son parcours de créateur[9]. La recherche d'une certaine simplicité est une des caractéristiques de ses créations. Ce minimalisme n'est pas uniquement un choix, mais est imposé aussi par un manque de moyen initial[10]. Au début des années 2010, il se fait connaître également en faisant porter ses créations à des amies, dans les boutiques, durant la Vogue Fashion Night Out à Paris[11],[12], et en attirant photos et caméras. Il se joue de la même façon du système lors du show Dior, à l'été 2011 : les mêmes amies « manifestent », habillées de sa collection Ouvrière, sous une banderole « Jacquemus en grève »[7]. « J'ai abordé Emmanuelle Alt avenue Montaigne. J'avais organisé un mini-happening - mes mannequins faisaient la grève du style habillées de ma collection automne-hiver 2011 », explique-t-il à L'Express, « La rédactrice en chef du Vogue Paris passait par là, je lui ai présenté mon travail. Je ne sais pas si ça l'a convaincue, mais si ce n'est pas le cas, je provoquerai d'autres occasions »[4]. Il crée « l'évènement » et le buzz[13],[14]. Et en 2012, il est invité à présenter sa collection lors de la Fashion Week de Paris[7], faisant du designer de 22 ans, le plus jeune créateur participant à la semaine de la mode française[15]. Il précise que « quand j'ai défilé pour la première fois en 2013, il y avait peu de jeunes créateurs dans la capitale, je me sentais isolé. C'est sans doute ce qui a suscité l'intérêt de la presse »[16].

Ayant réussi à acquérir une certaine notoriété, ses créations sont désormais en vente, dans des boutiques telles qu'Opening Ceremony à New York, colette (désormais fermé) ou Broken Arm à Paris, Gago à Aix en Provence et Dover Street Market à Londres[7]. Il annonce « 90 points de vente dans le monde » en 2015, même si l'entreprise est encore fragile[17],[18]. En 2014, il signe une collection pour La Redoute[19]. En 2015, il reçoit le Prix spécial du jury au Prix LVMH (un concours international, créé par Delphine Arnault, à destination des jeunes créateurs de mode)[17]. Il partage sa vie entre la Provence et Paris[10]. Il crée depuis 2018 des collections masculines avec un premier défilé à Sormiou en juin de la même année[20] ; cette année là toujours, il obtient un corner aux Galeries Lafayette[21].

2019–2023[modifier | modifier le code]

Son attachement à sa région natale se retrouve dans l'ouverture du café/restaurant « Citron », situé au sein des nouvelles Galeries Lafayette des Champs-Élysées, inaugurées le à la place de l'ancien Virgin Megastore[22],[23]. Cet attachement s'est aussi retrouvé lors de son défilé du , célébrant les dix ans de la marque, où le créateur a invité le monde de la mode au sein même d'un champ de lavande, typique du sud-est, pour présenter sa nouvelle collection : « Le coup de soleil »[24].

Dix ans après sa création, la marque Jacquemus est toujours indépendante, emploie 60 personnes et voit son chiffre d'affaires, qui avait atteint cinq millions d'euros en 2016[8] et 11,5 millions d'euros en 2018, estimé entre 23 et 25 millions d'euros pour 2019[25] puis 200 millions en 2022 avec 180 employés[26]. Simon Porte Jacquemus reste très présent sur Instagram, avec plusieurs millions d'abonnés, où sont postées parfois des images personnelles ou plus souvent des créations[27] ; il en maitrise parfaitement les codes et établi une communication soulignée comme étant toujours créative et soignée[28].

Lors de la Fashion Week de Paris en 2020, il présente sa collection « L'été de 1997 »[15] dans un décor épuré. Une collection minimaliste aux tons clairs, vert sauge et bleu Gauloises. Des silhouettes monochromes, et des coupes audacieuses. Ce défilé en hommage aux années 1990 est un succès[29]. D'une façon générale, ces défilés, à l'esthétique minutieuse, sont toujours remarqués par les médias ou le public et « tout le monde se presse pour y être invité » souligne Le Point[14].

Le , il se marie avec Marco Maestri, avec qui il est en couple depuis 2018, lors d'une cérémonie civile organisée à Charleval, un petit village situé à une trentaine de kilomètres d'Aix-en-provence[30]. La même année, il signe une collection capsule de quinze pièces « Jacquemus x Nike », « l'une des collaborations les plus attendues » avec la marque sportive[31],[32].

En février 2023, il a l'exclusivité des vitrines des Galeries Lafayette à Paris[12]. Par la suite, il organise un défilé particulièrement remarqué dans les bassins du château de Versailles auquel le public assistait depuis des barques[33],[34].

Pièces cultes et mode poétique[modifier | modifier le code]

Avant d’imaginer les vêtements d’une collection, Simon Porte Jacquemus a cette particularité d’en trouver d’abord l’univers et le titre. Il s’imagine une histoire, la musique, la performance, puis lorsque le film est complété dans sa tête[15], il commence à créer ses vêtements, directement sur un mannequin de tailleur ou sur le modèle. En date de 2019, il est le seul designer de son studio, il dessine tout. La plupart des tissus utilisés dans ses collections proviennent d'un fournisseur de vêtements de travail[7]. La coupe reste simple, avec peu de détails, mais originale[19]. Les imprimés rappellent quelquefois l'univers des films de Jacques Tati ou de Louis Malle[35]. Il décrit ses créations comme étant une mode « naïve »[16]. Le rose reste sa couleur « signature »[12]. Il lance le « Chiquito » en 2018, un sac si petit qu'il ne sert pas à grand chose et n'a qu'un rôle d'accessoirisation de la tenue[14],[36].

Le positionnement « premium » de la marque fait que les prix n'atteignent pas le niveau des concurrents du luxe ; mais l'absence de campagnes publicitaires compense la marge plus faible[14].

Prix[modifier | modifier le code]

En 2015, il a reçu le prix spécial du jury au Prix LVMH[37],[38].

Distinction[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Simon Porte Jacquemus : biographie », sur gala.fr
  2. « Simon Porte Jacquemus », Biographie, sur voici.fr (consulté le ).
  3. Sharon Camara, « Jacquemus : la marque française qui s’impose », sur fashionunited.fr, (consulté le ).
  4. a et b Dormoy 2011, L'Express.
  5. (en) Eviana Hartman, « A Cheeky Peek Into the Life of Simon Porte Jacquemus », sur The New York Times,
  6. « Simon Porte Jacquemus : qui est le fondateur de Jacquemus ? », sur Business cool.com,
  7. a b c d et e Bougère 2013, Glamour.
  8. a et b Séverine Saas, « Jacquemus : « Je me tue à dire que je suis Français et pas Parisien » », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
  9. Rédaction LP, « Jacquemus, parcours d'un autodidacte de la mode », sur Le Parisien,
  10. a et b Rogers 2018, Vogue Australia.
  11. « Jacquemus », sur elle.fr
  12. a b et c Chahine 2023, p. 105.
  13. Alice Pfeiffer, « Dans l'univers de Jacquemus », sur L’Express,
  14. a b c et d Chahine 2023, p. 107.
  15. a b et c « Jacquemus, un coup de soleil dans la mode », sur Marie Claire (consulté le )
  16. a et b Brunel 2016, p. 44.
  17. a et b Rousseau et Pfeiffer 2015, Le Monde.
  18. Julien Neuville, « Paris subventionne les jeunes stylistes », Le Monde,
  19. a et b Guérin 2014, Elle.
  20. Chahine 2023, p. 105 puis 107.
  21. Chahine 2023, p. 106.
  22. « 'Citron' de Jacquemus, la nouvelle adresse où tout Paris se presse », sur elle.fr, (consulté le )
  23. Margaux Krehl, « Jacquemus et Caviar Kaspia ouvrent le restaurant le plus désirable du printemps aux Galeries Lafayette Champs-Elysées », Vanity Fair,‎
  24. « Jacquemus célèbre ses 10 ans avec un défilé féerique dans un champ de lavande - Elle », sur elle.fr (consulté le )
  25. MARIE-CAROLINE BOUGÈRE, « Jacquemus, un coup de soleil dans la mode », sur Marie Claire,
  26. Chahine 2023, p. 105 puis 108.
  27. Vicky Chahine, « En mode Instagram », Le Point, no 2622,‎ , p. 118 à 119 (ISSN 0242-6005)
  28. Chahine 2023, p. 105 - 106.
  29. « Paris Fashion Week Homme : Jacquemus fait son show à Paris », sur la depeche.fr,
  30. « Mariage de Simon Porte Jacquemus et Marco Maestri : toutes les photos de la cérémonie et des invités », sur elle.fr, (consulté le )
  31. Chahine 2023, p. 108.
  32. Condé Nast, « Jacquemus collabore avec Nike ! », sur Vogue France, (consulté le )
  33. « A Versailles, Jacquemus mène la vie de château », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  34. « Fashion Week Paris : 5 endroits insolites qui ont servi de podium aux défilés », sur Les Échos,
  35. Pierrick Geais, « Miley Cyrus déclare son amour à Simon Porte Jacquemus », sur Grazia,
  36. AFP, « Le micro-sac de Jacquemus déclenche un grand débat chez les fashionistas », sur fr.fashionnetwork.com, (consulté le ).
  37. « Prix LVMH 2023: Et les finalistes sont... », sur Le Figaro,
  38. Emmanuelle Ducournau, « Jacquemus : "Maman, mon amour, amour de ma vie." », sur Marie Claire.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

Documentaire[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]