Silique (monnaie)

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Silique de Jovien (363-364).

La silique est une petite monnaie romaine d'argent dont la frappe a commencé au IVe siècle de notre ère pour stabiliser le système monétaire[1].

Terminologie[modifier | modifier le code]

Le substantif féminin ‹ silique › est emprunté au latin siliqua qui désigne, dans[2] le Code Justinien[3], une monnaie d'argent valant 1/24 du solidus d'or. Il est utilisé par les numismates pour désigner une pièce en argent de valeur égale à celui d'une silique / carat d'or[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

La silique apparait sous Constantin Ier[5] avec un poids de 2,24 grammes d'argent soit la moitié d'un solidus d'or, elle correspond en théorie à un poids d'or d'une silique, qui lui donne son appellation et son rapport de 1/24 par rapport au solidus[6].

En 353, le poids de la silique est diminué à 2 grammes environ pour un rapport théorique maintenu à 24 siliques pour un solidus, et elle devient abondamment frappée sous les règnes de Constance II et Julien[7]. Les émissions commémorent généralement les anniversaires impériaux, avec des revers où une couronne entoure une formule de vœux d'années de règne VOTA MVLTA. Elles se localisent en Bretagne et dans les régions rhénane et danubienne où stationnent les armées et sont probablement faites lors des donativa, versements de primes aux soldats, tandis que la partie orientale de l'empire utilise davantage la monnaie d'or[8].

Les nombreuses émissions de siliques continuent sous les Valentiniens. Les usurpations de Maxime (383-388) puis de Constantin III sont financées par une réduction de la silique à environ 1,35 gramme, provoquant chez les particuliers le rognage des siliques émises antérieurement à 2 grammes[9].

Après l'ultime division de l'empire en 395, Valentinien III est le dernier à émettre des siliques[10], tandis la silique perdure dans l'empire byzantin sous l'appellation keration (pluriel keratia), avec le même rapport de 24 keratia pour un nomisma d'or[11]

Une base de données, Siliquae[12], référence l'ensemble des siliques de la période 337-473, avec leur caractéristiques physiques, incluant également les imitations d'époque ainsi que quelques faux modernes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sacra-moneta La silique, une monnaie romaine en argent du IVe siècle
  2. (la+fr) Entrée « sǐlǐqua » [php] dans Félix Gaffiot, Dictionnaire illustré latin-français (dictionnaire bilingue), Paris, L. Hachette, (paru le ) [1re éd.], 1702-XVIII p., in-8o [26 cm] (OCLC 798807606, notice BnF no FRBNF32138560), p. 1442.
  3. Code Justinien, 4, 32, 26.
  4. Cécile Morisson, Byzance et sa monnaie (IVe ‑ XVe siècle) : précis de numismatique byzantine [suivi du Catalogue de la collection Lampart à l'université de Fribourg par Georg-D. Schaaf] (monographie), Paris, Lethielleux, coll. « Réalités byzantines » (no 15), [1re éd.], 230 p., 25 cm (ISBN 2-249-62312-0 et 978-2-249-62312-7, OCLC 911001996, notice BnF no FRBNF44348718), p. 3 [lire en ligne (page consultée le 22 mai 2016)].
  5. Roger Remondon, La crise de l’Empire romain, PUF, collection Nouvelle Clio – l’histoire et ses problèmes, Paris, 1964, 2e édition 1970, p 147
  6. Georges Ostrogorsky, traduction française de J. Gouillard, Histoire de l’état byzantin, Payot, 1977, (ISBN 2-228-07061-0), p 68
  7. Georges Depeyrot, La monnaie romaine : 211 av. J.-C. - 476 apr. J.-C. , Éditions Errance, 2006, 212 Pages, (ISBN 2-87772-330-5), p105
  8. Paul Petit, Histoire générale de l’Empire romain, Seuil, 1974, (ISBN 2-02-002677-5), p 671
  9. Georges Depeyrot, ouvrage précité, pp 108-109
  10. Georges Depeyrot, ouvrage précité, p 178
  11. Georges Ostrogorsky, ouvrage précité, p 219
  12. base Siliquae, http://www.siliques.fr/

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