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Sihem Habchi

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Sihem Habchi
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Biographie
Naissance
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ConstantineVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation

Sihem Habchi, née le à Constantine en Algérie, est une féministe engagée dans la lutte contre la précarité et l'exclusion. Elle est la présidente de l'association Ni putes ni soumises (NPNS) entre juin 2007 et décembre 2011. Dans le cadre de la primaire présidentielle socialiste de 2011, elle est porte-parole d'Arnaud Montebourg. Elle est aussi membre du Collège de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE) depuis juillet 2007.

Biographie

Immigrée algérienne, Sihem Habchi suit un parcours scolaire et universitaire classique dont les fondamentaux sont la linguistique et le multimédia. Elle obtient un diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) « Chef de projet multimédia - Ingénierie de formation » à l'université Pierre-et-Marie-Curie en 2001.

Après avoir enseigné le français langue étrangère auprès d'un public essentiellement de femmes en réinsertion, elle se lance dans la production multimédia et oriente sa recherche vers la pédagogie et le multimédia en direction des enfants.

Depuis novembre 2013, elle s'engage au côté de l'association Aurore auprès des personnes en grandes précarités et dirige plusieurs centres d'hébergement d'urgence au sein de l'association. Elle a ouvert le 21 mars 2017 à l'Hôpital Hôtel Dieu un centre d'hébergement d'urgence pour femmes sortant de maternité sans solution d'hébergement[1]

En parallèle, elle mène un travail de recherche au Laboratoire de recherche Ethique, Santé et Politique de l'Université Paris 5 René Descartes depuis septembre 2013 après avoir obtenu en 2012 un master en prise en charge des victimes et des auteurs de violences. Ancienne présidente de l'association Ni Putes Ni Soumises de 2007 à 2011 qu'elle intègre après avoir travaillé pendant quatre ans sur la promotion de l'autonomie des femmes des quartiers. Elle est, depuis la fin de son mandat en 2011, membre du conseil d'administration.[réf. nécessaire]

Elle fait part de son expertise auprès des entreprises et des institutions sur le leadership des femmes, l'éthique et l'autonomisation. Elle défend l'audit de droits humains dans la compléance sociale avec un focus sur la place des femmes comme créatrices de richesses et de valeurs. Elle participe en collaboration avec l'organisation indépendante d'audit Mazars aux débats et aux ateliers de travail organisés lors du deuxième forum des droits de l'Homme au Maroc en novembre 2014[2].

De septembre à décembre 2015, elle intervient au sein du programme « Agir » lancé par Ethiqueformations à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis afin de promouvoir les valeurs de la République et la Laïcité auprès de jeunes détenus[réf. nécessaire].

En 2016, elle poursuit ses réflexions sur le champs de la psychanalyse en contribuant à l'organisation d'un colloque à Tunis pour le comité Freud en collaboration avec Youssef Seddik « les printemps arabes entre effacement et inscription » en partenariat avec l'institut français et l'IRMC[3].

Le 11 novembre 2010, elle est nommée par décret au grade de chevalier de l’ordre du mérite pour ses activités professionnelles et associatives en matière de Politique de la ville[4].

Ni putes ni soumises

Article détaillé : Ni putes ni soumises.

Débuts

Elle participe à la marche de Vitry-sur-Seine organisée à la suite de l’affaire Sohane Benziane, la jeune femme brûlée vive dans un local à poubelle de la cité Balzac. Cette première marche atteint son objectif, briser l’omertà. Plus de 30 000 personnes défilent derrière la banderole Ni putes ni soumises lors de la Journée internationale des femmes, le 8 mars 2003.

Militant contre l'intolérance et les discriminations, Sihem Habchi revendique son rôle d'« agitatrice ». Elle rejoint Fadela Amara et le mouvement Ni putes ni soumises en avril 2003. Sous les traits des « Mariannes d’aujourd’hui » exposées sur le fronton de l’Assemblée nationale du 12 juillet au 31 août 2003, Sihem Habchi devient parmi 14 visages de femmes, l'image d'une génération multiculturelle. Cette exposition a été hautement symbolique en termes d'identification aux valeurs républicaines d'égalité et de fraternité. Des portraits grandeur nature de jeunes filles « black blanc beur » rendent ainsi hommage à Marianne, citoyenne d’élite et rebelle.

Réalisations

Elle propose ses compétences pour la réalisation du guide du respect, vendu aujourd’hui à 100 000 exemplaires dans toute la France (une version européenne est aujourd’hui à l’étude). La marche a permis de recueillir des milliers de témoignages de jeunes filles et jeunes garçons en souffrance.

En septembre 2003, Sihem Habchi occupe la position de vice-présidente du mouvement Ni putes ni soumises. Elle est chargée du pôle multimédia, du lien avec les collectifs associatifs et des relations internationales.

En février et mars 2004, elle participe, pendant le débat national sur la laïcité, au « Tour de France républicain » afin de décentraliser ce même débat confiné jusque là dans des sphères politiques, médiatiques et intellectuelles. Elle animera plus de 100 réunions publiques, devant des salles de près de 1 000 personnes au prix souvent de menaces verbales ou physiques.

En octobre 2004, le mouvement Ni putes ni soumises accueillera des femmes du monde entier (Arabie saoudite, Allemagne, Pays-Bas, États-Unis, Maroc, Algérie…) venues témoigner de la nécessaire solidarité à l’heure où la montée des intégrismes religieux et des sociétés patriarcales tentent de battre en brèche l’émancipation des femmes. Son rôle de vice-présidente chargée des relations internationales a permis la création de comités NPNS en Espagne, en Suède, en Suisse, au Maroc et en Belgique.

Sa participation à de nombreuses conférences internationales n'a fait que conforter les constats de la dérive et du danger du relativisme culturel et du communautarisme.

À l’occasion de la Journée internationale des femmes, le 8 mars 2005, NPNS associé à un collectif d’associations de terrains et de personnalités, lancent l'appel «  Pour un nouveau combat féministe » dans lequel il est spécifié la nécessité de promouvoir l’égalité, la laïcité et la mixité pour assurer l'émancipation des individus. Cet appel dénonce aussi le communautarisme allié au particularisme culturel qui, au nom d’une relative liberté de choix, entraîne l'asservissement et l'enfermement.

En 2006, Sihem Habchi participe à l’élaboration de la Maison de la mixité, inaugurée le 8 mars de cette même année en présence du président de la République Jacques Chirac.

En 2007, grâce à son intervention à New York en tant que vice-présidente de Ni putes ni soumises, le mouvement obtient le statut consultatif à l'Organisation des Nations unies ce qui lui permet d’être un interlocuteur privilégié sur la scène internationale.

Une présidence contestée et agitée

Le 23 juin 2007, elle est élue présidente de Ni putes ni soumises par le Conseil national du mouvement, malgré les contestations internes des comités. Elle remplace ainsi Fadela Amara, nommée secrétaire d'État chargée de la politique de la Ville dans le gouvernement François Fillon (2).

En juillet 2007, quelques jours après son élection au poste de présidente de Ni putes ni soumises, Sihem Habchi est nommée par Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, au Collège de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE). Elle est également membre du comité diversité de France Télé.

Sihem Habchi se rend très vite au Pakistan afin de soutenir l'ex-ministre Nilofar Bakhtiar, menacée de fatwa. Depuis 2007, Sihem Habchi ne cesse de soutenir les femmes victimes de l'obscurantisme dans le monde : ainsi, elle rencontre Ayaan Hirsi Ali, Naeema Moghul, Nawal Saadawi, Taslima Nasrin, etc.

En 2007, Sihem Habchi invite Michèle Vianès du site islamophobe Riposte laïque à l'université d'été de Ni putes ni soumises[5].

Le , Sihem Habchi adresse une lettre à Nicolas Sarkozy, président de la République, pour lui demander de faire de la lutte contre les violences faites aux femmes la grande cause nationale. Afin de formaliser cette demande, le mouvement Ni putes ni soumises a initié un collectif d'associations.

Le 17 juin 2009, Sihem Habchi soutient le débat parlementaire qui s'ouvre sur la question de la burqa et voit dans la burqa « le symbole de l'oppression sur les femmes par ceux qui luttent contre la mixité »[6].

En juin 2011, elle rejoint l'équipe d'Arnaud Montebourg lors des primaires organisées par le PS en vue de l’élection présidentielle de l'année suivante.

En octobre 2011, l'association connait une grève importante, impliquant huit salariés sur neuf [7]. Une lettre anonyme accuse Sihem Habchi de favoriser ses proches et d'abuser des fonds de l'association, tandis que des membres et ex-membres de NPNS reprochent à Sihem Habchi d'avoir un comportement tyrannique, et se demandent où passent les importantes subventions reçues par l'association[8]. Sihem Habchi est alors contrainte à la démission[9].

Sihem Habchi sort un livre en collaboration avec Roland Castro, Nous sommes des millions à être seul, en juin 2012. En juillet 2011, elle a tenté de publier un livre, Ni voilée ni violée. Ce dernier a été imprimé, mais non distribué, et est critiqué notamment par l'essayiste Rokhaya Diallo.

Publications

  • Sihem Habchi et Roland Castro, Nous sommes des millions à être seuls : Pour en finir avec l'égoïsme ordinaire, , 120 p. (ISBN 2358690384)
  • Sihem Habchi, "Toutes libres. Rebelles et insoumises, exigeons l'impossible !" aux éditions Pygmalyon chez Flammarion, mars 2013.

Notes et références

  1. Julien Duffé, « Paris : à l’Hôtel-Dieu, un toit pour les mères sans abri qui sortent de maternité », sur leparisien.fr,‎
  2. « Forum mondial des droits de l'homme 2014, maroc », sur http://fmdh-2014.org (consulté le 22 mars 2017)
  3. http://www.institutfrancais-tunisie.com/?q=node/11579
  4. Décret du 11 novembre 2010 portant promotion et nomination (lire en ligne)
  5. Université de Ni Putes Ni Soumises à Dourdan, 1er décembre 2007.
  6. « Port de la burqa : des députés réclament un débat », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  7. « Grève à Ni Putes Ni Soumises », Europe1,‎ (lire en ligne)
  8. « Scandale à Ni Putes Ni Soumises ? », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  9. « Ni Putes Ni Soumises: contestée, la présidente doit démissionner le 19 novembre », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)

Liens externes