Signe de piste (collection)

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Signe de piste est une collection française de romans pour la jeunesse créée en 1937 par les éditions Alsatia, qui a été reprise par d'autres maisons d'éditions à partir des années 1970. Fleurus-Mame n'édite que les œuvres de Serge Dalens, et la marque Signe de piste a été reprise en juin 2007[1] par les éditions Delahaye.

Historique[modifier | modifier le code]

La collection est créée en 1937, par Jacques Michel (pseudonyme de Maurice de Lansaye, commissaire Scout de France et directeur de la collection « Feu de camp » aux éditions J. de Gigord de 1930 à 1936) et Madeleine Guilleron. À l'origine, elle rassemble principalement des romans scouts. Les premiers volumes accueillis sont : Sous le Signe de la tortue de Georges Cerbelaud Salagnac, Le Bracelet de vermeil, premier volume de la saga du Prince Éric de Serge Dalens et Le Tigre et sa panthère de Guy de Larigaudie. La Bande des Ayacks de Jean-Louis Foncine y est publié en 1938.

Dès le début, l'illustrateur Pierre Joubert accompagne la création. Il a dessiné environ 50 % des couvertures de la collection. Par le volume et la renommée, Michel Gourlier est le second « grand illustrateur » de cette collection. Mais il faut citer également Igor et Cyril Arnstam, Robert Gaulier ou René Follet.

La collection est dirigée à partir de 1954 par Jean-Louis Foncine et Serge Dalens.

Cette littérature de jeunesse a eu un très gros succès dans les années 1950 à 1970 dans le cadre des éditions Alsatia. Cependant, malgré un réel effort des principaux auteurs pour relancer la collection dans les années 1980, l'engouement n'est plus le même auprès du grand public et la collection souffre du désintérêt ou du manque de moyen de ses repreneurs successifs.

Les principaux auteurs sont Serge Dalens, Jean Louis Foncine, Georges Ferney, Pierre Labat, Bruno Saint-Hill et quelques autres dont les livres ont été réédités par Fleurus, puis de nos jours par les éditions : Delahaye, Elor, du Triomphe, de la Licorne ou Téqui. Des journalistes comme Bertrand Poirot-Delpech (Portés disparus, sous le pseudonyme de Bertrand Mézière) ou des artistes comme Philippe Avron (Le coup d'envoi, Patrouille ardente) y publièrent leurs premiers romans.

En 1977, Alain Poher, Président du Sénat, remet à la collection « Signe de piste », représentée par ses directeurs Serge Dalens et Jean-Louis Foncine, la Minerve d'Or de la Société d'Encouragement au Bien. Hergé, l'auteur de Tintin, est de la même promotion.

Meilleures ventes [2][modifier | modifier le code]

  • Le Prince Éric – Éric 2 : 1 300 000
  • Les Enquêtes du Chat-Tigre, série policière de Mik Fondal, 13 vol. : 1 250 000
  • La Tache de vin – Éric 3 : 1 000 000
  • La Bande des Ayacks – Pays Perdu 1 de Jean-Louis Foncine : 1 000 000
  • Le Relais de la Chance au Roy – Pays Perdu 2 : 1 000 000
  • La Mort d’Éric – Éric 4 : 900 000
  • Le Foulard de sang – Pays Perdu 3 : 700 000
  • Yug de Guy de Larigaudie : 650 000
  • Le Tigre et sa panthère de Guy de Larigaudie : 550 000
  • La Forêt qui n’en finit pas – Pays Perdu 4 : 500 000
  • Éric le magnifique – Éric 5 : 450 000
  • Mission A.D.N. (8 vol) : 425 000
  • Fort Carillon de Georges Ferney : 85 000
  • Ainsi régna le prince Éric – Éric 6 : 60 000
  • Deux rubans noirs de Pierre Labat : 55 000.

Quelques œuvres[modifier | modifier le code]

Le nombre de titres publiés depuis 1937 est d'environ 400, en incluant les satellites de la collection comme Rubans Noirs.

  • Les Cent Camarades, de Claude Appell ill. Cyril, Alsatia / Signe de piste, 1948 qui fut le premier film Signe de piste adapté au cinéma par Georges Ferney en 1957.
  • Le Merveilleux Royaume, de Pierre Labat ill. phographique, Alsatia / Signe de piste, 1953, second film Signe de piste adapté au cinéma par Georges Ferney en 1954.
  • Haut le champ, de Claude Appell ill. Cyril, Signe de piste, 1949 (prix Larigaudie 1950)

Débats[modifier | modifier le code]

Des tentatives régulières de récupération de cette collection ont eu lieu par des mouvements traditionalistes ou d'extrême-droite sous prétexte de scoutisme. La collection n'a pas un but scout même si elle énonce des sujets chers aux yeux des scouts. L'approche de « Signe de piste » n'est pas très éloignée de celle de la collection Medium des éditions L'École des loisirs, à savoir des romans ne prenant pas les lecteurs enfants et adolescents pour des êtres dénués de jugement personnel[3].

Thèmes abordés[modifier | modifier le code]

Les thèmes principaux sont l'amitié, l'aventure et le plus souvent, la nature. C'est une des raisons pour lesquelles le scoutisme s'y reconnait particulièrement.

Dès la fin des années 1950, l'on peut remarquer le roman José-Mohamed qui évoque de façon très crue la discrimination dont sont victimes les Juifs et les Arabes en Algérie pendant la présence française, et qui parle déjà d'indépendance. Marc, lycéen (François Brune, 1976) montre la prise de conscience et la recherche existentielle dans la jeunesse d'après 1968 et pose déjà la question de l'engagement dans les organisations humanitaires. Claude Raucy, avec Le Doigt tendu (1989), traite de la déportation des Juifs en France pendant la guerre. Le Cœur et la Pierre est même écrit par trois lycéens marocains et fournit une vision fraîche et originale des rapports entre l'Orient et l'Occident.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Laurent Déom, Le Roman scout : Du texte à la réception : Essai de psychosociologie d’un imaginaire littéraire : Dalens, Foncine, Leprince, Valbert, Vauthier (1937-2000), université catholique de Louvain-la-Neuve (thèse de doctorat), 2007.
  • Alain Gout, Signe de piste : Étude structurale et socio-thématique d'une collection de romans pour adolescents, université de Paris VIII (thèse de troisième cycle), 1973.
  • Christian Guerin, Éclaireurs, scouts de France et Signe de piste : histoire d'un système de représentations (1920-1964), Université Paris 10, 1993, 3 vol. (thèse d'Histoire)
  • Michel Menu, Raiders scouts, presses d'Île de France, 1955.
  • J. Scheer, Signe de piste et scouts de France, université de Paris VIII (mémoire de maîtrise en sciences de l'éducation), 1983.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Valeurs actuelles, 29 juin 2007
  2. Quid p.358, 2003, éditions Robert Laffont
  3. Christian Guérin, L'Utopie Scouts de France, Fayard, 1997, p. 404