Signalétique d'avertissement

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La signalétique est un dispositif matériel permettant d’avertir le public d’une disposition immatérielle souhaitable (signalétique d’invitation) ou non souhaitable (signalétique de protection).

  • Signalétique d’invitation ou d’obligation
  • Signalétique de dissuasion ou d’interdiction

Typologie[modifier | modifier le code]

On trouve de tels dispositifs dans le domaine matériel comme dans le domaine culturel.

Signalétique matérielle[modifier | modifier le code]

Les domaines de la signalétique routière et de la signalétique urbaine permettent d’illustrer simplement les 4 cas de signalétique ci-avant identifiés :

  • Signalétique d’invitation, permettant de signaler l’existence ; « I », d’un bureau d’information ; « P », d’emplacements de stationnements (« Parking »), etc.
  • Signalétique d’obligation, tel que respect d'une vitesse minimum obligatoire ;
  • Signalétique de dissuasion (avertissement, au sens négatif), permettant de signaler l’existence d’une anomalie : voie sans issue, chaussée déformée, etc.
  • Signalétique d’interdiction, dits de prescription absolue, constitués d’un cercle rouge : interdiction de dépasser un véhicule, de dépasser une certaine vitesse, etc.

Signalétique culturelle[modifier | modifier le code]

Un exemple historique[modifier | modifier le code]

Les œuvres visées étaient autrefois des œuvres libertines, mais également des attaques contre l'Église, ou des œuvres philosophiques de « libre penseurs » se plaçant hors du dogme établi. Le but de la mise à l'index était d'éviter que des œuvres susceptibles d'éloigner de la foi puissent « tomber entre toutes les mains » et être lues par des lecteurs non avertis.

Signalétique et censure[modifier | modifier le code]

La signalétique d’avertissement s’oppose à la censure : elle n’interdit pas la consultation des contenus, mais prévient à tout hasard de ce que l’on va y trouver.

La libre circulation de nombreux contenus (livres, disques, émissions télévisées, sites Internet…) conduit certains pays à mettre en place des signalétiques d’avertissement, voire d’évitement, permettant d’éviter que leur contenu tombe sous les yeux :

  • de personnes à protéger (par exemple enfants mineurs)
  • des personnes non intéressées.

(voir paragraphe technologie nouvelles)

Invitation à la culture[modifier | modifier le code]

  • dispositifs de publicité, permettant l’invitation à la connaissance
  • Dispositifs de conservation du patrimoine, tels que l’inscription de notions, noms ou symboles dans la pierre, ou l’édification de monuments symboliques (temples, églises, etc.)

Duel grammatical[modifier | modifier le code]

Un exemple majeur d’invitation à la culture est l’avertissement au lecteur, fait dans le patrimoine des langues orientales, permettant de distinguer du « pluriel », la relation d’amitié, signalée de manière spécifique par le cas grammatical « duel » - ou « dual ».

Dissuasion culturelle[modifier | modifier le code]

La considération – ou la négligence - de l’importance économique et affective de la relation humaine entre deux personnes, caractérisée par « Nemawashi », est au cœur de l’approche économique du Japon, et du caractère réputé « très étranger » de la langue japonaise dans la signalétique universitaire française.

Ouvrages politiques et religieux[modifier | modifier le code]

Les lois françaises contre les incitations à la haine religieuse ou raciale, si on les prend au pied de la lettre, interdiraient la publication d’ouvrages historiques comme le Manifeste du parti communiste, Mein Kampf, ou certains textes religieux anciens.

Le législateur n’a pas statué dans certains pays, dont par exemple la France, sur ce problème ponctuel est c’est donc le juridique qui s’est substitué à lui. Dans le cas particulier de Mein Kampf, il a assorti la non-interdiction de publication d’une obligation de placer un avertissement (l’arrêt de la Cour d’appel lui-même) en tête de chaque ouvrage imprimé, de façon fixe (il ne doit pas s’agir d’un encart amovible, et les pages doivent être de même nature que celles de l’ouvrage, à la manière d’un droit de réponse).

Bien que l’arrêt ne le précise pas, il semble logique de supposer que la disposition est reconduite pour toute publications d’extraits de taille significative du livre, les citations brèves (en tout cas lorsqu’elles ne sont pas elles-mêmes en contradiction avec le texte de la loi) pouvant s’en passer.

Les autres ouvrages cités se situent pour le moment dans une sorte de no man’s land juridique et restent susceptibles à tout moment d’un procès intenté par telle ou telle association estimant l’intérêt de ses membres - voire l’intérêt général si elle a autorité à se constituer partie civile - lésé par l’absence d’avertissement.

Autres domaines[modifier | modifier le code]

Nouvelles technologies, etc.

Carré blanc, rectangle blanc et pictogrammes TV en France[modifier | modifier le code]

Le « carré blanc » fut institué à la télévision, en France, en mars 1961[1], peu de temps après la diffusion de L’Exécution, drame de Maurice Cazeneuve, où apparaissait quelques secondes un nu féminin[2]. Son rôle était d’avertir les téléspectateurs qu’un film n’était pas « pour tout public ». Ce « carré blanc » fut transformé en rectangle blanc en 1964[1] et son apparition en contrebas d'un programme était toujours précédé d'un avertissement verbal de la speakerine. Le carré blanc visait principalement les représentations de violence et de pornographie selon des critères moraux établis par un comité de surveillance composé de personnalités du monde de la science, de la littérature, de la médecine pédiatrique et du cinéma. Sont ainsi affublés du carré blanc des films comme Ivan le Terrible, Hôtel du Nord, la Femme du boulanger, French Cancan ou Les Désaxés dont certaines scènes furent jugées à l'époque par cette commission ad hoc comme pouvant présenter un danger pour la jeunesse par leur caractère immoral ou choquant.

Catégorie 1 : Tous publicsCatégorie 2 : accord parental souhaitableCatégorie 3 : accord parental nécessaireCatégorie 4 : interdit aux moins de 16 ansCatégorie 5 : interdit aux moins de 18 ans
Pictogrammes de la protection de l'enfance à la télévision utilisés de 1996 à 2002.

Une signalétique ultérieure a été établie par le CSA le sous forme de codes couleurs[3],[4]. Cette signalétique, dessinée par Étienne Robial et Olivier Bontemps pour l'agence View[5], comprenait cinq pictogrammes correspondant à cinq catégories de programmes[6] :

  • un losange blanc dans un disque vert, facultatif, pour les programmes tous publics (catégorie I) ;
  • un disque blanc dans un disque bleu, pour les programmes avec « accord parental souhaitable » (catégorie II) ;
  • un triangle blanc dans un disque orange, pour les programmes avec « accord parental indispensable ou interdits aux moins de 12 ans » (catégorie III) ;
  • un carré blanc dans un disque rouge, pour les programmes pour « public adulte ou interdit aux moins de 16 ans » (catégorie IV) ;
  • une croix blanche dans un disque violet, pour les programmes « interdits aux moins de 18 ans » (catégorie V).

Pictogramme d'interdiction aux moins de 10 ansPictogramme d'interdiction aux moins de 12 ansPictogramme d'interdiction aux moins de 16 ansPictogramme d'interdiction aux moins de 18 ans

Signalétique jeunesse utilisée pour signifier la limite d'âge préconisé par le CSA.

Cette signalétique a été modifiée en [7] avec l’obligation d’un avertissement préalable pour les films déconseillés aux moins de 10 ans (catégorie II) sous forme d’un pictogramme présent à l’écran cinq minutes en début de programme et l’inscription permanente d’un pictogramme pour les programmes où l’âge minimal conseillé est de 12, 16 ou 18 ans (respectivement les catégories III, IV et V). Ce pictogramme est constitué d'un disque blanc dans lequel est découpé en pochoir l'âge concerné précédé du signe moins[6]. Cependant, les signalétiques utilisées de 1996 à 2002 ont été reprises aujourd'hui par divers pays comme la Grèce ou la Macédoine. Depuis le 12 décembre 2012, le pictogramme déconseillé aux moins de 10 ans est affiché durant tout le programme concerné.

Horaire[modifier | modifier le code]

De plus, les programmes déconseillés au moins de 12 ans, a fortiori ceux déconseillés au moins de 16 ou de 18 ans, doivent être diffusés après 22 heures, et avant 6 heures du matin. Parfois cette règle est un usage (autocensure). Au Royaume-Uni et dans les pays du Commonwealth, cette règle héritée de la BBC est appelée watershed, littéralement rideau d'eau, ou ligne de crête.

Documents sonores (États-Unis)[modifier | modifier le code]

Quelques mouvements, principalement aux États-Unis, suspectent à tort ou à raison certains disques de contenir des messages subliminaux destinés à augmenter artificiellement leurs chiffres de ventes. La création d’un label indiquant la présence possible de tels messages a été proposée dans les années 1990.

Systèmes de contrôle parental[modifier | modifier le code]

Certains fournisseurs d’accès Internet comme AOL proposent des options de contrôle parental permettant d’interdire la consultation de certaines pages du web, ou de certains forums Usenet (en général à contenu sexuel explicite, par exemple ceux commençant par alt.binaries.pictures.erotica.…) aux membres mineurs de la famille. Des dispositifs de même but existent aussi sur certains lecteurs DVD.

Mais là encore il s’agit davantage de censure (aussi justifiée soit-elle) que d’avertissement.

Signalétique pour tous[modifier | modifier le code]

La signalétique peut être considéré comme un outil de communication d'une information. L'émetteur (ou auteur du message) utilise un langage (code et support) à destination du récepteur (le public). Le public est mixte et peut donc être composé de personnes handicapées et la signalétique se doit de transmettre l'information. Ainsi, il existe des supports particuliers adaptés aux différents types de handicap. La loi 2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées[8] élargie la notion du handicap (moteur, visuel, auditif, mental, polyhandicap, de taille et.) et impose une accessibilité généralisée au cadre bâti, transports et nouvelles technologies (titre IV, chapitre III). L'article L.111-7-3 du Code de la Construction et de l'Habitation informe que les bâtiments « doivent être tels que toute personne handicapée puisse y accéder, y circuler et y recevoir les informations qui y sont diffusées, dans les parties ouvertes au public. L'information destinée au public doit être diffusée par des moyens adaptés aux différents handicaps. » Selon la loi du 11 février 2005 dite « loi handicap », « …les conditions d’accès des personnes handicapées doivent être les mêmes que celles des autres publics…». C'est pourquoi, des systèmes signalétiques spécifiques existent et se développent: utilisation du braille, de message audio, de pictogrammes, d'informations en reliefs, de bande de cheminement, etc..,. afin d'utiliser la signalétique pour rendre accessible à tous les lieux publics.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Hélène Duccini, article « Carré blanc et signalétique télévisée en France, 1961-1998 », dans Le Temps des Médias, no 1, automne 2003, Nouveau monde éditions, Paris, 2003, 192 p., (ISBN 978-2-84736-037-0), pages 65-76.
  2. Bernard Papin, L’invention du carré blanc, images convenables, images inconvenantes sur le petit écran des années soixante, L’Harmattan, Coll. De Visu, 2006.
  3. CSA, « Éthique et qualité des programmes : premières propositions des diffuseurs », sur csa.fr,
  4. ,CSA, « Table ronde sur l'application de la signalétique par les chaînes hertziennes », sur csa.fr,
  5. Etienne Robial, Pyramyd, Coll. design&designer, 2004, 120 p., (ISBN 978-2-91056-584-8), page 117.
  6. a et b Historique de la signalétique, sur le site de l'Union des familles. Le premier pictogramme de l'ancienne signalétique n'est pas représenté.
  7. CSA, « Le CSA adopte une nouvelle signalétique », sur csa.fr,
  8. loi du 11 février 2005

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]