Sidi Ahmed ou el Kadhi

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Sidi Ahmed ou el Kadhi
Titre
Fonctionnaire au service des derniers Hafsides de Tunis.
Gouverneur de la province de Annaba XVIe siècle
Roi du royaume de Koukou
Couronnement (Koukou)
Successeur Elhocine Ou el Kadhi
Chef tributaire indépendant
Biographie
Titre complet Roi de Koukou
Nom de naissance Sidi Ahmed ou el Kadhi
Lieu de naissance Ait Ghobri (Royaume de Koukou)
Date de décès
Lieu de décès Thénia (Royaume de Koukou)
Nature du décès Assasinat
Père Si Ammar-ben-el-Kadi
Religion Islam
Résidence Koukou

Sidi Ahmed ou el Kadhi (en arabe : Ahmed ben El-Qadi ou Ahmed Belkadi), est, au début du XVIe siècle, le fondateur d'une principauté en Kabylie, le royaume de Koukou[1]. Il prend le contrôle d'Alger de 1520 à 1527, dans le cadre d'un conflit avec Khayr ad-Din Barberousse, qui finit par l'emporter.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

La famille des Ben-El-Kadi possède des parchemins sur lesquels leur généalogie est indiquée comme remontant aux idrissides, souverains de Fèz et de Tlemcen, et, par conséquent , au prophète Mahomet, leur ancêtre est Amer-Ben-Idris[2].

La fondation du royaume de Koukou (1510)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Royaume de Koukou.

Fonctionnaire au service des derniers Hafsides de Béjaïa, il est, au début du XVIe siècle, gouverneur de la province d'Annaba. En 1510, au moment de la prise de Béjaïa par les Espagnols, il se réfugie sur la terre de ses ancêtres ; fédérant autour de lui plusieurs tribus kabyles, il établit le centre de son pouvoir dans le village-citadelle de Koukou (dans l'actuelle commune d'Aït Yahia, wilaya de Tizi Ouzou), un peu au sud-ouest d'Achallam.

Louis Rinn écrit en 1891, dans une note de son ouvrage sur l'insurrection de 1871[3] :

« Le royaume de Koukou fut fondé en 1510 par Ahmed-ben-el-Qadi, qui était juge à la cour des derniers rois de Bougie. Lors de la prise de cette ville, le 6 janvier 1509, il s’était réfugié chez les Qbaïls [= Kabyles] des Aït-Ghoubri, à Aourir ; il était devenu le chef d’une confédération puissante. »

Les combats des années 1510[modifier | modifier le code]

Article connexe : Siège de Béjaïa (1512).

En 1512, il est chargé d'aider le corsaire Arudj Barberousse, à chasser les Espagnols de Béjaïa ; le siège est une réussite en premier temps, mais les troupes turques et kabyles doivent se replier, car Barberousse est gravement atteint au bras (il sera amputé plus tard à Tunis). Les Espagnols ne céderont la ville qu'en 1555, lors de la bataille de Béjaïa.

Ensuite, Sidi Ahmed ou el Kadhi est vainqueur du chef du royaume des Beni Abbès de la Kalaâ, dans les Bibans.

En 1518, Arudj, ayant trouvé la mort en défendant Tlemcen, son frère, Khayr ad-Din, reprend la lutte, et accuse Sidi Ahmed ou el Kadhi de trahison[réf. nécessaire]. Celui-ci se réfugie dans sa forteresse de Koukou en attendant un moment propice.

La prise d'Alger (1520)[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Bataille des Issers et Prise d'Alger (1520).

En 1520, Barberousse décide de lancer une expédition contre Koukou. La bataille a lieu dans la plaine des Issers (actuelle commune des Issers, wilaya de Boumerdès), à mi-chemin entre Koukou et Alger. Victorieux, Sidi Ahmed ou el Kadhi s'empare d'Alger et y règne jusqu'en 1527.

Le retour de Barberousse (1527)[modifier | modifier le code]

Khayr ad-Din revient alors à l'improviste, débarquant à l'embouchure du Oued Sebaou ; il vainc quelques contingents kabyles près de l'oued Bougdoura (actuelle commune de Draâ Ben Khedda).

Sidi Ahmed prend position au col d'Aït Aïcha des Issers. Cernés dans la plaine, Barberousse et ses partisans sont en très mauvaise posture, mais la nuit précédant le combat, Sidi Ahmed ou el Kadhi est assassiné, dans son propre camp.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Une Mission médicale en Kabylie ... Avec une planche de la Kabylie, Chez J.-B. Ballière, (lire en ligne), p. 61
  2. Société Archéologique de la Province de Constantine, Recueil des notices et mémoires de la Société Archéologique de la Province de Constantine, (lire en ligne), p. 121
  3. Louis Rinn, L'insurrection de 1871, page 10, note de bas de page.