Sidereus nuncius

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Page de garde de la première édition du Sidereus nuncius de Galilée, 1610.

Sidereus nuncius (traduit en français sous le titre Le Messager des étoiles[1]) est un court traité d'astronomie, écrit en latin par Galilée en mars 1610, et publié le mois suivant. C'est le premier ouvrage scientifique reposant sur des observations effectuées grâce à une lunette astronomique[2]. Il contient les résultats des premières observations de Galilée sur la Lune, les étoiles et les satellites de Jupiter. L'ouvrage a été publié six semaines à peine après le début de sa rédaction.

Observations de la Lune[modifier | modifier le code]

Lors de ses observations de la Lune avec sa lunette, Galilée observa que la ligne (appelée terminateur) séparant les surfaces éclairées et ombragées de la Lune était régulière au niveau des régions les plus sombres, mais irrégulière au niveau des régions les plus claires. Il en déduisit que la surface lunaire devait être montagneuse. En observant ces irrégularités du terminateur, il estima que les montagnes lunaires pouvaient atteindre jusqu'à 6 km de hauteur. C'était un résultat s'opposant frontalement à la cosmologie d'Aristote, qui affirmait que, les corps célestes étant parfaits, ils devaient avoir la forme de sphères régulières dépourvues d'aspérités.

Dessins de Galilée de la surface de la Lune, où on voit clairement les irrégularités au niveau du terminateur.

Observation des étoiles[modifier | modifier le code]

Grâce à sa lunette, Galilée a pu observer de nombreuses étoiles invisibles à l’œil nu, donc inconnues à son époque. Selon ses estimations, il pouvait voir environ 10 fois plus d'étoiles, ce qui lui a permis d'établir une carte de la ceinture d'Orion et des Pléiades. En observant certaines des étoiles nébuleuses figurant dans le catalogue d'étoiles de Ptolémée (Almageste), il se rendit compte que ces dernières ne ressemblaient pas à de grosses sphères vaporeuses d'un seul tenant, mais qu'elles résultaient d'une agglomération de nombreuses petites étoiles distinctes, d'où cet aspect nébuleux. Il en déduisit que la Voie lactée elle-même était constituée d'une multitude de petites étoiles, trop petites et trop proches pour être distinguées à l'œil nu.

Observations des lunes de Jupiter[modifier | modifier le code]

Dans la dernière partie de Sidereus nuncius, Galilée expose sa découverte, en janvier 1610, de quatre corps célestes alignés près de la planète Jupiter. À travers une série de croquis, il décrit l'évolution de la disposition relative de ces astres par rapport à Jupiter, tels qu'ils apparaissent entre début janvier 1610 et début mars de la même année. Il s'aperçoit que ces positions varient de nuit en nuit, mais que les petites planètes restent toujours groupées à proximité de la planète ; il en déduit que ces quatre corps célestes se trouvent en fait en orbite autour de Jupiter. En 1611 Kepler les baptisera du nom de satellites. C'est sans doute la découverte de ces lunes qui incita Galilée à rédiger et publier son ouvrage[réf. souhaitée].

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Recherche d'un mécène[modifier | modifier le code]

Au moment de la publication de l'ouvrage, Galilée était mathématicien à l'université de Padoue, et venait d'obtenir un poste permanent pour la construction de lunettes plus puissantes. Désirant retourner à Florence en espérant y obtenir un patronage de la part du grand-duc de Toscane Cosme II de Médicis (1590–1621), c'est à ce dernier qu'il dédia opportunément son Sidereus nuncius, baptisant de surcroît les quatre corps célestes qu'il avait découverts « planètes médicéennes ».

Le Sidereus nuncius et l'Église catholique[modifier | modifier le code]

Éditions[modifier | modifier le code]

En ligne[modifier | modifier le code]

Éditions modernes[modifier | modifier le code]

  • Galileo Galilei. Sidereus nuncius : Le messager céleste, texte, trad. et notes d'Isabelle Pantin, Paris, Les Belles Lettres, 1992 (ASIN B0028S7JLK)[4]
  • Le messager des étoiles, trad., présentation et annotations de Fernand Hallyn, coll. « Points », Seuil, 2009 (ISBN 978-2757812259)[4]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La traduction « Le message céleste » serait peut-être meilleure. En effet, le mot « nuncius » avait les deux sens et les manuscrits de Galilée appuient l'opinion qu'il voulait transmettre un message, non présenter un messager. Voir : Edward Rosen, « The title of Galileo's Sidereus nuncius », dans Isis, vol. 41, nos 3 et 4 (déc., 1950), p. 287–289.
  2. Bien que Galilée n'ait pas été le premier à diriger un télescope vers le ciel — des savants hollandais et l'Anglais Thomas Harriot l'avaient précédé — le Sidereus nuncius fut le premier traité scientifique fondé sur de telles observations.
  3. Tirage : 550 exemplaires. Un exemplaire s'est vendu en décembre 2010 pour $662 500 USD : (de) Alexandra Topping, « Christie's New York - Beautiful Evidence: The Library of Edward Tufte Lot 13 »,‎ . En mars 2007, un exemplaire a fait surface, comprenant des dessins originaux de Galilée ; c'était un faux :
  4. a et b William A. Wallace, (Recension), dans Isis, vol. 85, no 2 (juin 1994).

Liens externes[modifier | modifier le code]