Si on avait besoin d'une cinquième saison

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Si on avait besoin d'une cinquième saison
Album de Harmonium
Sortie
Enregistré Janvier à
Studio Six, Montréal
Durée 42 minutes
Genre Rock progressif
Folk progressif
Format 33 tours
Producteur Harmonium, Peter Burns
Label Quality/Celebration
CEL 1900

Albums de Harmonium

Si on avait besoin d'une cinquième saison (généralement dénommé Les cinq saisons ou La cinquième saison[1]) est le deuxième album du groupe québécois Harmonium. Lancé le par le label Celebration, division de Quality Records, cet album s'inscrit comme l'un des plus marquants de l'histoire de la musique québécoise.

Historique[modifier | modifier le code]

À la suite du grand succès du premier album d'Harmonium, Serge Fiori veut une sonorité différente pour le suivant. Il invite Pierre Daigneault, ex-membre du groupe l'Infonie[1], (flûtes, saxophones et clarinettes) à se joindre au groupe lors de la tournée du disque Harmonium et auditionne Serge Locat, ex-membre de Nécessité[1], (piano, claviers) qui est un des premiers musicien du Québec à s'être procuré un mellotron, directement de Londres. Charmé par le personnage et son instrument, qui leur ouvre de nombreuses possibilités, Locat se joint aussi à la tournée et de nouvelles chansons commencent à prendre forme[2].

Au début de 1975, le groupe a le luxe d'avoir un mois pour enregistrer leur album-concept. Cette fois, c'est au studio Six à Montréal qu'ils enregistrent, avec Peter Burns comme ingénieur du son. Pour économiser sur les coûts, les séances se font la nuit. Lors de l'enregistrement de la chanson Dixie, Daigneault, qui répète son solo de clarinette dans la cage d'escalier, trouve que la sonorité y est excellente. Au moment de l'enregistrer, il somme l’ingénieur de son d'y faire la captation[2]. Le mixage du disque est effectué par Burns et Nelson Vipond[3].

Le lancement est prévu le 15 avril 1975 dans un petit restaurant de la rue Prince-Arthur à Montréal mais la foule y est tellement grande que le tout est déplacé dans la rue. Le succès est encore au rendez-vous; cinquante mille exemplaires du disque sont déjà écoulés en prévente et deux cent spectacles à guichets fermés seront présentés en un an[2].

Analyse artistique[modifier | modifier le code]

Ce deuxième album est plus progressif et beaucoup plus poussé musicalement. En plus des deux musiciens qui se greffent au groupe on y invite aussi Marie Bernard, qui introduit les ondes Martenot et Judi Richards aux voix sur la pièce Histoires sans paroles. Le groupe y raconte Montréal, qui survit tant bien que mal aux saisons.

L'album débute en évoquant « le printemps et l'arrivée des couleurs » avec la chanson Vert, une des rares chansons du répertoire du groupe qui soit principalement composée par Michel Normandeau. Cette pièce sera reprise par celui-ci en 2011 pour son conte musical Mademoiselle de Paris. Le morceau le plus connu de l'album est sans doute Dixie (sous-titrée « Une toune qui me revient »), chanson joyeuse et colorée dans le style dixieland qui représente « l'été et l'arrivée de la chaleur ». Vient ensuite la pièce Depuis l'automne... (« L'automne et le départ de bien des choses ») qui débute au son des ondes Martenot qui soufflent comme un vent automnal auquel s'enchaîne des guitares acoustiques qui nous guident, pour plus de 10 minutes, d'un motif musical à l'autre, entrecoupés d'improvisations de guitare et de flûte, le tout ancré dans des mélodies riches chantées par Serge Fiori. La face 2 du 33 tours débute avec En pleine face (« L'hiver et le départ de bien des gens »), une courte ballade où l'accordéon de Normandeau prend la vedette, surtout sur la finale. La dernière pièce, Histoires sans paroles, est une suite de thèmes instrumentaux, d'une durée de plus de 17 minutes, écrite par Fiori, qui représente « la cinquième saison » imaginaire.

L'album est une réussite totale, musicalement et commercialement. De plus, certaines chansons évoquent les aspirations souverainistes de l'époque :

« Depuis que j'sais qu'ma terre est à moé
L'autre, y est en calvaire
Eh! calvaire, on va s'enterrer!
Si c't'un rêve réveille-moi donc
Ça va être not' tour ça s'ra pas long
Reste par icitte parce ça s'en vient... » (Depuis l'automne).

En 2007, le journaliste Bob Mersereau a placé ce disque à la 56e position dans son livre The Top 100 Canadian Albums (en)[4], tandis qu'en 2015, le magazine américain Rolling Stone classe cet album à la 36e position des 50 meilleurs disques de rock progressif et le considère au sommet du mouvement folk progressif[5].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Liste des chansons[modifier | modifier le code]

Face A
No Titre Paroles Musique Durée
1. Vert Serge Fiori, Michel Normandeau Michel Normandeau 5:34
2. Dixie Serge Fiori Serge Fiori 3:26
3. Depuis l'automne... Serge Fiori, Michel Normandeau Serge Fiori 10:25
Face B
No Titre Paroles Musique Durée
4. En pleine face Serge Fiori Serge Fiori 4:51
5. Histoires sans paroles Instrumental Serge Fiori 17:12
L'isolement
L'appel
La rencontre
L'union
Le grand bal

Interprètes[modifier | modifier le code]

Harmonium

Musiciens additionnels

Équipe de production[modifier | modifier le code]

  • Producteur: Peter Burns
  • Ingénieur: Peter Burns
  • Mixage: Nelson Vipond
  • Arrangements et direction musicale: Harmonium
  • Illustrations: Louis-Pierre Bougie
  • Direction artistique: Yves Ladouceur (Concept Québec)[6]

Références[modifier | modifier le code]