Siège de la citadelle d'Anvers (1832)

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Siège d'Anvers
Description de cette image, également commentée ci-après
Siège de la citadelle d’Anvers, 22 décembre 1832. (Horace Vernet, 1840).
Informations générales
Date 15 novembre -
Lieu Anvers (Belgique)
Issue Victoire française pour la Belgique
Belligérants
Drapeau de la Belgique Belgique Drapeau de la France FranceDrapeau des Pays-Bas Royaume uni des Pays-Bas
Commandants
Étienne Maurice GérardDavid Chassé
Forces en présence
Armée du Nord4 500 hommes
Pertes
370 morts[1]560 morts[1]

Guerre belgo-néerlandaise

Coordonnées 51° 13′ nord, 4° 24′ est
Géolocalisation sur la carte : Belgique
(Voir situation sur carte : Belgique)
Siège d'Anvers
Géolocalisation sur la carte : Europe
(Voir situation sur carte : Europe)
Siège d'Anvers

Le siège de la citadelle d'Anvers eut lieu du au , lors de la guerre belgo-néerlandaise et faisant suite à la campagne des Dix-Jours. Il opposa les troupes du Royaume uni des Pays-Bas, qui occupaient Anvers, à l'Armée du Nord, corps expéditionnaire envoyé par le Royaume de France après la révolution belge et commandé par le maréchal Étienne Maurice Gérard.

Contexte[modifier | modifier le code]

Vue de la citadelle d'Anvers après le bombardement de 1832 (Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique).
Monument rappelant le souvenir des soldats français morts durant le siège de la citadelle d'Anvers en 1832. (Tournai, place de Lille).

Lorsque les troupes du Royaume uni des Pays-Bas se retirèrent de Belgique à la suite de la campagne des Dix-Jours, ils laissèrent une garnison dans la citadelle d'Anvers, ce qui entraîna une seconde intervention de l'Armée du Nord du maréchal Gérard qui revint en Belgique le , où il mit le siège devant Anvers.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Le général néerlandais David Chassé, un ancien militaire de Napoléon Bonaparte, bombarda depuis le fort la ville d'Anvers à boulets rouges, mettant le feu à des centaines de maisons et faisant de nombreuses victimes dans la population civile. Cela provoqua la participation au siège de volontaires belges qui, jusque-là, avaient été tenus à l'écart des combats. Pendant ce temps, la jeune armée régulière belge, progressivement formée et rééquipée, s'en allait défendre les digues de l'Escaut, au nord d'Anvers, empêchant les néerlandais de les faire sauter. Il fallut 24 jours au spécialiste français des sièges, le général Haxo, pour faire céder le général néerlandais qui capitula le , estimant qu'il avait fait une démonstration de force. Le chef d'escadron Pierre Nicolas Gannal, frère de l'inventeur Jean-Nicolas Gannal est mort au cours de ce siège en 1832, décapité par un boulet tiré par les Néerlandais assiégés dans la citadelle, en présence du duc d'Orléans[2].

Aspects tactiques[modifier | modifier le code]

La citadelle d'Anvers à l'époque.

Alors que depuis plusieurs décennies, les tactiques de siège de forteresses à la Vauban se résumaient à la méthode des sapes et parallèles, entraînant habituellement la capitulation du fort assiégé peu de temps après que les fortifications furent percées, l'Armée du Nord eut l'idée d'employer pour l'une des premières fois des mortiers, utilisant à la fois cette arme de manière massive et dans des dimensions exceptionnelles[3]. À la différence des canons et mousquets qui ont un tir tendu (ou par ricochet), les mortiers permettent des tirs paraboliques qui survolent les fortifications pour bombarder directement l'intérieur d'une citadelle ou d'une ligne fortifiée.

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Forces françaises[modifier | modifier le code]

Mortier de gros calibre utilisé lors du siège d'Anvers.
Le duc de Nemours et le maréchal Gérard dans la tranchée de la citadelle d'Anversen décembre 1832. Peinture d'Amédée Faure de 1837.

Avant-garde[modifier | modifier le code]

L'avant-garde était commandée par le Duc d'Orléans, Ferdinand-Philippe d'Orléans et composée de trois régiments :

Infanterie[modifier | modifier le code]

Quatre divisions d'infanterie :

Cavalerie[modifier | modifier le code]

Deux brigades et deux divisions de cavalerie :

Réserve[modifier | modifier le code]

Une cinquième division, dite de réserve, formée à Valenciennes, Lille et Maubeuge :

Elle était commandée par le général Schramm qui avait sous ses ordres les généraux Rullière et Durocheret et composée du 4e régiment d'infanterie de ligne. Le général Haxo commandait le génie. Le général Neigre commandait l'artillerie.

Forces néerlandaises[modifier | modifier le code]

Mémoire et notoriété[modifier | modifier le code]

  • Léopold Ier donna plusieurs canons de différents calibres à la France et le maréchal Gérard reçut une épée d'honneur offerte par le roi et le gouvernement belge en témoignage de reconnaissance.
  • Un Monument français, fut sculpté en 1897 et érigé Tournai pour célébrer la mémoire des soldats français tombés pour la prise d'Anvers en 1832. Il se trouve là en raison du refus de la ville d'Anvers d'accueillir ce monument[4].
  • En , pour célébrer le mariage du duc d'Orléans, le Champ-de-Mars de Paris servit de scène pour représenter le simulacre de la prise de la citadelle d'Anvers[5].
  • A Paris, la place d'Anvers et le square d'Anvers rappellent le souvenir de cette bataille.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Martinet, La seconde intervention française et le siège d'Anvers, 1832, Bruxelles, Société Belge de Librairie, 1908, 291p.
  • A. Hugo (dir.), France militaire. Histoire des armées françaises de terre et de mer, de 1792 à 1837. Tome 5. Paris, Delloye, 1838. 1832. Siège et prise de la citadelle d'Anvers, p. 343-346.
  • Félix Fénéon,Nouvelles en trois lignes, collection Libretto, 162 pages, éditeur Libella, Paris, 2019.
  • Alfred De Ridder, « Journal du siège de la citadelle d'Anvers (1832), par le lieutenant-colonel Vaillant », Bulletin de la Commission royale d'Histoire, vol. 96,‎ , p. 417-562 (lire en ligne, consulté le ).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Extra Le Vif/L'Express, "Les documents inédits de notre histoire", 26 janvier 2010
  2. Gallica, in Quelques traits de la vie du prince royal, Paris, 1843.
  3. Le « mortier monstre », engin envoyant des projectiles de 500 kg, utilisé pour le siège, venait d'être mis au point par le général Paixhans.
  4. La ville de Tournai fut choisie pour deux raisons. Parce qu’Anvers n’a pas accédé au souhait émis en 1894 par des bourgeois bruxellois d’y faire ériger un monument en l’honneur des 871 soldats français tués, blessés ou restés invalides durant le siège en 1832. Et ensuite parce que la ville de Tournai a accédé au souhait du Comité bruxellois auquel s’était joint un Comité tournaisien, du fait que c’est par Tournai que le corps expéditionnaire français était entré en Belgique pour aller assiéger Anvers. Hommage aux soldats français, discours d’André BRUNEAU, Président du Comité FNACA de Belgique, .
  5. Nouvelle histoire de Paris et de ses environs par M. J. De Gaulle, 1839, page 392 et suivantes.