Aller au contenu

Siège d'Avignon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Siège d'Avignon
Description de cette image, également commentée ci-après
À gauche, siège d'Avignon, au milieu mort du roi Louis VIII (Miniature de Jean FouquetXVe siècle).
Informations générales
Date 10 juin au 12 septembre 1226
Lieu Avignon
Casus belli fidélité des Avignonnais au comte de Toulouse
Issue Victoire française
Belligérants
Royaume de France Marquisat de Provence
Commandants

Louis VIII

Les consuls Guillaume Raymond et Raymond Riali, le troubadour Bertrand d'Avignon

Croisade des albigeois
(Interventions royales)
 

Batailles

Chronologie de la croisade des albigeois

Croisade des barons (1209)
Guerre du Languedoc (1209-1213)
Révolte du Languedoc (1216-1223)
Intervention royale (1226-1229)
Coordonnées 43° 56′ 55″ nord, 4° 48′ 30″ est
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Siège d'Avignon
Géolocalisation sur la carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur
(Voir situation sur carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur)
Siège d'Avignon

Le siège d'Avignon en 1226 est la première opération menée par le roi de France Louis VIII dans le cadre de la croisade des albigeois (1209-1229), commencée sous le règne de Philippe Auguste.

Le fils de Simon de Montfort (mort en 1218), Amaury, lui ayant cédé en 1224 ses droits sur le comté de Toulouse, Louis VIII décide d'attaquer à Avignon, ville du Saint-Empire détenue par Raymond VII de Toulouse. Le pape Honorius III donne à l'expédition le statut de croisade. Le siège d'Avignon débute le 10 juin 1226 et s'achève le 12 septembre, les consuls de la ville ayant conclu un traité de reddition en raison du manque de vivres.

Le roi Louis VIII meurt peu après (8 novembre), au cours de son voyage de retour.

Circonstances

[modifier | modifier le code]

Suites de la mort de Simon de Montfort (1218)

[modifier | modifier le code]

La mort de Simon de Montfort au siège de Toulouse en 1218 porte un rude coup aux croisés. Les anciennes possessions du comte de Toulouse se révoltent, les places fortes et les villes sont peu à peu reconquises par les barons fidèles au comte de Toulouse.

L’intervention du prince héritier du royaume, Louis de France, permet de reprendre Marmande, mais il échoue devant Toulouse. Reparti dans le Nord du royaume, il laisse le commandement au fils de Simon de Montfort, Amaury, mais avec des effectifs insuffisants, qui ne lui permettent pas de résister à l'offensive du comte de Toulouse.

En janvier 1224, alors qu'il ne lui reste plus que Carcassonne, Amaury conclut une trêve avec Raymond VII puis part en février pour la cour de France. Au cours d’une entrevue avec Louis VIII, il lui cède tous ses droits sur le comté de Toulouse.

Reprise de la croisade par Louis VIII (1224)

[modifier | modifier le code]

Louis décide alors d’intervenir en Languedoc, avec la bénédiction du pape Honorius III qui proclame la croisade, ce qui assure une aide politique et financière à l’expédition. Le roi prend la croix le

Il va profiter de la situation en Provence, convoitée par le comte de Toulouse au détriment du jeune comte Raimond-Berenger V, soutenu par l'Église alliée au roi de France[1]. Louis VIII décide donc d'attaquer Raymond VII en Provence.

Prélude au siège

[modifier | modifier le code]

Cheminement de Bourges à Avignon (mai-juin 1226)

[modifier | modifier le code]

Louis VIII rassemble son ost à Bourges le . L’armée royale arrive à Lyon le et se présente devant Avignon le 6 juin.

Détail de la miniature de Fouquet montrant l'assaut des remparts d'Avignon.

Lorsque Gautier II d'Avesnes, comte de Blois, qui dirige l’avant-garde, arrive devant la ville, il trouve un pont en bois qui permet à l’armée de traverser le Rhône en dehors de la ville et les portes de celle-ci closes. L’issue du siège de Marmande est encore dans les esprits et les Avignonnais craignent les exactions des soldats. Avignon passait pour imprenable et ses habitants pensaient que les croisés seraient pressés de rejoindre le Languedoc.

Le , le roi Louis VIII arrive à son tour et décide de mettre le siège devant la ville.

Contacts entre le roi de France et l'empereur

[modifier | modifier le code]

Avignon est une ville du Saint-Empire, bien qu'elle soit aux mains de Raymond VII de Toulouse. Le roi de France, voulant éviter une intervention de l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen, lui fait savoir que le siège n’a pour but que le châtiment des hérétiques vivant dans la ville[2], et non pas la conquête de la ville.

Déroulement du siège

[modifier | modifier le code]

Résistance des Avignonnais

[modifier | modifier le code]

Sous la conduite des consuls de la ville, Guillaume Raymond et Raymond Riali, et encouragés par les sirventes[pas clair] du troubadour Bertrand d'Avignon[3], les Avignonnais montrèrent autant de vaillance à repousser les assauts que les Toulousains en 1218. Raymond VII ne dispose pas de troupes suffisantes pour attaquer les croisés à revers, mais il parvient à harceler les convois de ravitaillement en vivres et en fourrage.

Difficultés dans l'armée royale

[modifier | modifier le code]

Le camp des croisés est très vite frappé par la dysenterie, qui cause de nombreuses morts.

Certains grands seigneurs, peu enclins à aider le roi à déposséder l’un des leurs, se plaignent de la longueur et de l’inutilité[réf. nécessaire] du siège. Début août, le comte Thibaud IV de Champagne invoque la fin de l'ost, dont la durée traditionnelle pour un vassal est fixée à 40 jours au service de son seigneur, et quitte le siège, malgré l’ordre du roi de rester. Craignant le départ d’autres féodaux, le roi ordonne un nouvel assaut, qui est de nouveau repoussé (.

Conquête d'Avignon par Louis VIII. Enluminure du manuscrit MS M.536 fol.228r de la BNF.

Phase finale (8 août-12 septembre)

[modifier | modifier le code]

À la demande des ecclésiastiques, le siège est cependant maintenu. Le blocus de la ville finit par avoir de l'effet : les vivres commencent à manquer.

Les consuls négocient la reddition de la ville. Selon le traité de reddition (10 septembre), la cité d'Avignon doit abattre ses fortifications, céder au roi la ville de Beaucaire et payer 6 000 marcs d’argent au roi et 1 000 marcs à l’Église.

Le , Louis VIII fait son entrée dans la ville.

Louis VIII fait construire Villeneuve-lès-Avignon où il installe une garnison.

Il est dit que le , Louis VIII a fondé la Confrérie des Pénitents Gris d'Avignon. Le roi se serait rendu sur les bords de la Sorgue, en procession expiatoire, pieds nus et vêtu d'un sac, pour s'agenouiller à la chapelle Saint-Croix[3]. Cette présentation hagiographique est contestée. Il est plus probable que le roi de France ait convoqué Pierre III, l'évêque d'Avignon, avec ordre de lui porter le Saint-Sacrement. Les fidèles, qui le suivaient, pieds nus et recouverts d'un sac en signe d'expiation, se seraient dès lors constitués en une confrérie dénommée « Disciples des Battus de la Croix ». Ils furent plus connus sous le nom de « Pénitents Gris »[3].

Après avoir été retardé de trois mois pendant le siège, l’armée royale reprend la route et le roi reçoit la soumission (sans combats) de nombreuses villes et de plusieurs alliés du comte de Toulouse comme Bernard V, comte de Comminges.

Remettant le siège de Toulouse à l’année suivante, il repart vers le nord au mois d’octobre. Mais, durant son voyage de retour, il tombe malade et meurt à Montpensier le .

La crue du Rhône du 17 septembre 1226

[modifier | modifier le code]

La victoire de Louis VIII a tenu à peu de choses : cinq jours plus tard, le [4], une forte crue du Rhône a lieu. À quelques jours près les assaillants auraient été noyés et la cité sauvée.[réf. nécessaire][5]

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. Édouard Baratier (dir.), Histoire de la Provence, page 155. Le comté de Provence est alors une terre du Saint-Empire.
  2. Ce prétexte est subjectif[pas clair], car la ville a toujours été majoritairement catholique. Ce qui lui est reproché est sa fidélité à Raymond VII.[réf. nécessaire]
  3. a b et c Jean-Paul Clébert, Guide de la Provence mystérieuse, Paris, Éd. Tchou, , p.85.
  4. Émile Fassin, Bulletin archéologique d’Arles, 1890 no 9, pages 135-138.
  5. Cette phrase ressemble beaucoup à du « travail inédit ».

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • Georges Bordonove, La Tragédie cathare, Paris, Pygmalion – Gérard Watelet, coll. « Les Grandes Heures de l’Histoire de France », , 462 p. (ISBN 2-85704-359-7), p. 364-369.
  • Léon-Honoré Labande, Avignon au XIIIe siècle, Marseille, Laffitte reprints, 1975.

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]