Siège d'Étampes (1652)

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Le siège d'Étampes s'est déroulé du 27 mai au lors des troubles de la Fronde. Les troupes royales, commandées par le vicomte de Turenne, ont assiégé la ville occupée par l'armée des Princes. Ce siège fut la suite de la bataille d'Étampes qui avait eu lieu le précédent.

Le siège d'Étampes[modifier | modifier le code]

Le , le vicomte de Turenne est de retour devant Étampes avec environ 10 000 hommes[1]. À l'intérieur de la ville, il y a le baron de Clinchamp, le comte de Tavannes, Jacques de Saulx et le comte de Valon[2].

Les défenseurs ont fortifié les portes Saint-Jacques, Saint-Pierre et Saint-Martin avec des demi-lunes, et les portes de la Couronne et du Château sont défendues par des canons et des couleuvrines[3]. Ils ont également détruit tous les édifices proches des murailles à l'intérieur comme à l'extérieur de la ville[3], ce qui fait écrire à l'historien l'abbé Fleureau « Ceux qui entreprirent d'abattre la chapelle de Saint-Jacques de Berdegon, furent par un effet visible de la divine justice écrasés sous ses ruines »[4]. Ils brûlent également les faubourgs[5] et obligent les habitants à porter leurs armes à l'hôtel-de-ville pour qu'elles soient redistribuées aux troupes[2]. Pareillement, les greniers à sel et à blé sont saisis[2]. Les assiégés sont dans l'attente de renforts demandés auprès du gouverneur des Pays-Bas, l'archiduc Léopold-Guillaume de Habsbourg et qui n'arriveront pas[2]. Dès son arrivée, Turenne fait installer 6 canons sur les hauteurs de la ville qui sont attaqués par les hommes des Princes qui enclouent 3 pièces et mettent hors de combat environ 80 mousquetaires[6] avant d'être repoussés, ce qui n'empêche pas l'artillerie de Turenne de tirer sur la ville et d'envoyer ses hommes à l'assaut plusieurs fois dans la journée, assauts constamment refoulés[7]. Après une canonnade en règle, Charles-Félix de Galéan, duc de Gadagne attaque, avec environ 1 000 hommes, un petit fort construit devant la porte d'Orléans et s'en rend maître sans trop de pertes. Plus tard, les frondeurs reprennent la construction avant que les assiégeants n'en viennent à bout[8].

Tous les jours, les forces recluses font des sorties qui occasionnent de lourdes pertes comme celle du , le jour de la Fête-Dieu, où ils perdent environ 300 hommes dont le marquis de La Londe[3]. Les troupes de Condé entreprennent de reprendre le fort avec 20 escadrons de cavalerie et 5 régiments d'infanterie. De l'autre côté, le comte de Renel charge avec un escadron mais échoue et est tout proche d'être capturé. Le comte de Schomberg est blessé lors de cette escarmouche. Après d'âpres combats, l'ennemi est finalement défait[8]. Le 1er juin, c'est le faubourg Saint-Martin qui est le théâtre de furieux combats auxquels prend une part active le duc d'York[2]. Le marquis de Vardes et le chevalier de la Vieuville y sont blessés, ce dernier mortellement[9].

Le , après 13 jours, les troupes de Turenne lèvent le siège et partent vers Étréchy afin de couper la route de Paris au duc de Lorraine[2]. Deux jours plus tard, ce sont les troupes de l'armée des princes qui se retirent d'Étampes pour monter sur Paris[2].

Étampes, après le siège[modifier | modifier le code]

Après le départ des belligérants, la ville est exsangue, dévastée, en ruines. Dans les rues s'amoncellent les cadavres abandonnés, les blessés et les orphelins errent. Il n'y a pas qu'Étampes qui a souffert, les villes voisines et les terres alentour également. Tout est ravagé et livre un spectacle de désolation, amenant la famine et son lot de maladies.

De bonnes âmes viennent au secours de la ville et, plus particulièrement un homme qui organise l'ensevelissement des corps et la création d'hospices et d'hôpitaux où sont reçus les pauvres et les malades. Grâce à Vincent de Paul, la ville revit[10].

Note historique[modifier | modifier le code]

Le , le roi qui arrive de Corbeil vient visiter les troupes[11]. Alors qu'il traverse la plaine, il est accueilli par deux coups de canon, tirés de la ville, dont l'un tombe sur un escadron de gendarmes avec le roi à sa tête, ce qui vaudra la disgrâce du comte de Tavannes[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mémoires du maréchal de Turenne
  2. a b c d e f et g Essais historiques sur la ville d'Étampes
  3. a b et c La Guerre d'Étampes en 1652
  4. Les Antiquitez de la ville
  5. Lettres de Turenne à Le Tellier
  6. a et b Mémoires du comte de Tavannes
  7. Mémoires du comte de Chavagnac
  8. a et b Mémoires du duc d'York
  9. Mémoires de François de Clermont
  10. Vie de Saint-Vincent de Paul
  11. Mémoires de Pierre de la Porte

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Essais historiques sur la ville d'Étampes, avec des notes et des pièces justificatives, tome 2, par Maxime Furcheux de Mont-Rond. Fortin éditions (1836/37) (p. 111 à 128)
  • La Guerre d'Étampes en 1652 par René Hémard, annotée par Paul Pinson. Charpin éditions (1884)
  • Mémoires du comte Gaspard de Chavagnac, revue, corrigée et annotée par Jean de Villeurs. Flammarion éditions (1900)
  • Mémoires de Mademoiselle de Montpensier par A. Chéruel. Charpentier éditions (1858)
  • Mémoires de Jacques de Saulx, comte de Tavannes, revue et annotée par C. Moreau. Jannet éditions (1858) (p° 131 à 147)
  • Mémoires de Jacques II. Béchet aîné éditions (1824)
  • Journal des guerres civiles 1648-1652 de Dubuisson-Aubenay. Saige éditions (1883)
  • Lettres de Turenne à Mr Le Tellier, secrétaire d'État au département de la Guerre
  • Mémoires du marquis de Montglat. Foucault éditions (1826)
  • Mémoires de Pierre de la Porte, premier valet de chambre de Louis XIV. Foucault éditions (1827)
  • Mémoires du maréchal de Turenne 1643-1653, tome 1 par Paul Marichal. Laurens éditions (1909)
  • abbé Basile Fleureau, Les Antiquitez de la Ville et du Duché d'Estampes
  • M. Collet, prêtre de la Mission, Vie de Saint-Vincent de Paul,
  • Dictionnaire historique et biographique des généraux français depuis le onzième siècle jusqu'en 1822 par M. le Chevalier de Courcelles (1820)
  • La levee du siege de la ville d'Estampes. Avec la defaite des troupes commandées par le Marefchal de Turenne dans le faux-bourg de ladite ville; & la mort du fieur de Baradas Conducteur des volontaires, chez JACQUES LE GENTIL, ruë d'Efcoffe à l'enfeigne S.Jerôme, prés Saint Hilaire, Paris, 1652.

Articles connexes[modifier | modifier le code]